2 septembre 2026

Une bouche saine

Une bouche saine, ce n’est pas seulement se brosser les dents rĂ©guliĂšrement et comme il faut. L’aspect spirituel de l’hygiĂšne buccale est plus important : il s’agit d’un discours sain. Rien ne contamine la bouche d’une personne comme les insultes et autres malĂ©dictions. Le PĂ©lĂ© Yoets Ă©crit que les malĂ©dictions causent d’Ă©normes dĂ©gĂąts, non seulement pour les gens qui sont maudits mais aussi pour la personne qui maudit. Bien que personne ne ressorte indemne d’une malĂ©diction, celui qui maudit est celui qui souffre le plus. Il souffrira particuliĂšrement s’il maudit en sĂ©rie. MĂȘme s’il ne maudit pas rĂ©guliĂšrement – mĂȘme s’il ne maudit qu’occasionnellement et que ses malĂ©dictions sont apparemment justifiĂ©es – il cherche les ennuis. Le PĂ©lĂ© Yoets apporte la preuve du roi David : toutes les malĂ©dictions que le roi David a profĂ©rĂ©es contre Yoav ont fini par se concrĂ©tiser dans sa propre progĂ©niture.

La personne doit faire preuve d’une extrĂȘme prudence et faire attention Ă  son discours, car les malĂ©dictions provoquent des malheurs que l’on s’inflige Ă  soi-mĂȘme. Les malĂ©dictions sont tel le donjon profond des tĂ©nĂšbres, et tous ceux qui leur sont liĂ©s en souffrent. Ceux qui maudissent seront tenus responsables de toutes les souffrances qu’ils ont causĂ©es aux autres. Le meilleur conseil Ă  suivre est de choisir le chemin des magnanimes et de bĂ©nir les autres. Transformer chaque malĂ©diction en bĂ©nĂ©diction !

Les parents, en particulier les mĂšres, doivent faire trĂšs attention Ă  garder une langue propre et Ă  parler d’une maniĂšre positive, sans jamais maudire leurs enfants dans un accĂšs de colĂšre, D.ieu nous en prĂ©serve. Si ces malĂ©dictions se concrĂ©tisent sur les enfants, que D.ieu le garde, le parent souffrira au centuple. Par consĂ©quent ici, la maitrise de soi est le mot d’ordre.

Un parent devrait se rendre compte de la gravitĂ© d’une malĂ©diction ou d’une autre parole nĂ©gative, et s’entrainer Ă  se retenir. La bouche des parents devrait prononcer des bĂ©nĂ©dictions, pas des malĂ©dictions. Et si un parent ne peut pas se retenir, il ou elle devrait dire : « Que le nom d’Amalek soit effacĂ© » ou quelque chose comme ça. La retenue donne au parent le temps de retrouver son sang-froid, il peut alors dire une bĂ©nĂ©diction Ă  la place de la malĂ©diction instinctive, incontrĂŽlĂ©e, dĂ©clenchĂ©e par la colĂšre et.

Ne maudissez jamais vos enfants ou votre conjoint, car un tel acte est tout simplement catastrophique. Aussi, comme nous l’avons dĂ©jĂ  dit, ne poussez personne – ici, votre conjoint ou vos enfants – Ă  un stade d’exaspĂ©ration Ă©motionnelle qui fait qu’il/elle finit par maudire. Ne maudissez aucun ĂȘtre humain sur cette terre, car cela ne fait qu’accĂ©lĂ©rer et invoquer des jugements sĂ©vĂšres. Il est clair que l’on ne devrait jamais irriter ses parents, car cela pourrait les amener Ă  maudire ; malheur aux fils et aux filles qui poussent leurs parents jusque-lĂ .

Le roi Salomon dit : « Le fils sage rĂ©jouit le pĂšre » (Proverbes 10: 1). Les fils et les filles devraient faire de leur mieux pour apporter de la joie Ă  leurs parents ; alors, ils bĂ©nĂ©ficieront non seulement des bĂ©nĂ©dictions de leurs parents, mais aussi des bĂ©nĂ©dictions d’Hachem. Ceux qui apportent la joie Ă  leurs parents gagnent des rĂ©compenses, mesure pour mesure : ils finissent par tirer de la joie de leurs propres enfants.

Quand je donne des cours dans les prisons, je demande aux dĂ©tenus : « Qui a Ă©tĂ© condamnĂ© pour avoir transgressĂ© le Chabat ou pour ne pas avoir mis ses tefillin ? » Ils me regardent comme si j’Ă©tais fou et me demandent de quoi je parle. Personne n’a Ă©tĂ© envoyĂ© en prison pour ça, me disent-ils. Alors je lĂąche la bombe : « VĂ©rifiez vous-mĂȘmes et vous verrez que vous ĂȘtes ici pour avoir transgressĂ© les mitsvotes entre l’homme et son prochain – la violence, le vol, l’abus dans la famille
 Vous vous retrouvez derriĂšre les barreaux pour des crimes contre vos semblables. » Nous apprenons en consĂ©quence que les gens souffrent Ă  cause de la souffrance qu’ils causent aux autres.

MĂȘme en prison, si un dĂ©tenu a des problĂšmes dans ses relations avec d’autres dĂ©tenus, il est envoyĂ© Ă  l’isolement, complĂštement sĂ©parĂ© de tous les autres. Il ne peut pas s’entendre avec les autres ; ils ne l’aiment pas, l’agacent et le dĂ©noncent. D’un autre cĂŽtĂ©, le dĂ©tenu qui fait des efforts pour s’entendre avec les autres – Ă  la fois avec ses codĂ©tenus et avec les gardiens de prison – y gagne. Les gens lui rendent volontairement des services, le bĂ©nissent et se rĂ©jouissent en sa prĂ©sence. Une personne comme cela est heureuse, parce qu’elle rend les autres heureux, et elle a Ă  peine le sentiment d’ĂȘtre en prison parce qu’elle s’enveloppe d’Ă©nergie positive, encourageant les autres et leur remontant le moral.

Son incarcĂ©ration se passe relativement bien et il est aussi heureux qu’on puisse l’ĂȘtre dans sa situation. C’est ce que je dis toujours : regardez bien ce pour quoi vous payez un prix si Ă©levĂ©. Toutes vos souffrances et toutes les souffrances du monde, sont dues Ă  des violations des lois de la Torah entre l’homme et son prochain. Du coup, rectifiez maintenant la raison qui vous a mis en prison en premier lieu. Traitez le problĂšme de la racine et identifiez ce que vous avez fait pour nuire Ă  votre prochain. Maintenant, soyez un ĂȘtre humain – traitez les autres avec respect, avec misĂ©ricorde et avec encouragement. Cela vous donnera dĂ©jĂ  un sentiment de libertĂ©.