Archives de catégorie : La paracha de la semaine

Réflexion sur la paracha par le Rav Mordékhaï Bismuth

Noa’h : PRÉSERVER NOTRE OXYGÈNE

« Elokim dit à Noa’h  : « La fin de toute chair est venue devant Moi, car la terre est remplie de violence à cause d’eux et voici Je les détruis avec la terre.» Beréchit  (6 ; 13)

Tout le monde connaît l’histoire de l’arche de Noé! Hachem décida de détruire le monde et ordonna à Noa’h de construire une arche afin de s’y réfugier et de sauver sa vie.

Comme le monde est un éternel recommencement, nous allons voir comment la génération de Noa’h et la nôtre se ressemblent sous divers aspects, malgré les milliers d’années qui les séparent.

La terre était remplie de vol, de violence, de corruption, et de débauche tant chez les hommes que chez les animaux. D.ieu annonça donc à Noa’h Sa décision de détruire le monde par un déluge.

Ce déluge, dont les eaux étaient bouillantes, devait anéantir tout être vivant sur la surface de la terre, excepté Noa’h et sa famille ainsi que les poissons qui n’avaient pas fauté. Hachem fit d’ailleurs un miracle en leur faveur : les eaux se trouvant dans le périmètre de l’arche restèrent à une température normale afin de les maintenir en vie.

Hachem ordonna donc à Noa’h de construire une arche qui devait les contenir lui et ses proches, ainsi que les couples de chaque espèce animale qui ne s’était pas débauchée.

Noa’h exécuta les ordres du Créateur.

Le Sefer « Maayane Hachavoua » rapporte la Guémara (Zévah’im 113b) qui relate l’histoire du Réem, une espèce de gros mammouth, trop grand pour rentrer dans l’arche. Il fut pourtant sauvé du déluge en nageant sans cesse dans ce fameux périmètre protégé.

La Guémara pose la question suivante : Comment pouvait-il respirer ? Même s’il nageait dans des eaux à température vivable, les eaux avaient submergé le monde et il n’était pas poisson.

La Guémara répond que sa trompe était dans l’arche et que seul son corps était resté à l’extérieur. Et effectivement, pour la survie de Noa’h, sa famille ainsi que des animaux, il y avait de l’oxygène à l’intérieur de l’arche.

En quoi l’histoire du déluge nous parle-t-elle aujourd’hui ? En quoi la génération de Noa’h et du déluge représente-t-elle une mise en garde pour la postérité ?

Hachem nous a fait la promesse de ne plus ré-envoyer de déluge sur le monde, comme il est écrit : « … et il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre. » (Beréchit 9 ; 11)

Pourtant, n’avons-nous pas reproduit les mêmes horreurs que cette génération passée ?

Vol, violence, corruption, débauche, constituent malheureusement la toile de fond de notre quotidien. D’autant que les nouvelles technologies permettent de propager, diffuser, gangrener et empoisonner à vitesse grand V et à échelle internationale.

Notre société actuelle pousse à la recherche des plaisirs immédiats et l’un des mots d’ordre aujourd’hui est : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! » (Yechaya 22 ; 13)

La perversité s’est installée et nos pensées sont polluées.

Apprenons de nos pères et sauvons nos enfants.

Noa’h a vécu à contre courant, malgré les gens qui le prenaient pour un fou, et toutes les tentations du monde environnant sans limites et sans lois, il est pourtant resté droit, intègre, sincère avec D.ieu, et déterminé : il n’a pas cessé de construire l’arche afin de sauver sa vie et celle de ses proches,et surtout, afin de respecter la volonté de Son Créateur.

Hachem est bon et miséricordieux, Il a donné à Noa’h les plans de l’arche, mais nous aussi nous avons notre Arche. Une Arche des temps modernes, qui diffuse de l’oxygène dans les synagogues, les centres d’étude, les yéchivoth, etc… Alors n’hésitons pas ! Nous devons absolument y entrer, nous y asseoir, étudier, prier, et bien sûr comme Noa’h, y emmener nos proches.

Comme Noa’h nous devons nous déconnecter de la société, abandonner notre génération, et pénétrer dans l’Arche spirituelle qui nous assurera un avenir sain et saint dans le monde de la Torah et des Mitsvot.

Il est évident qu’il n’est pas toujours facile de se couper totalement de la société, notamment pour des raisons de parnassa, ou autre. Ces raisons sont presque toujours d’un ordre matériel et on ne peut pas les négliger, mais Hachem donne à chacun des moyens d’accès à l’évolution.

Prenons comme exemple notre mammouth. Malgré son impossibilité physique de rentrer complètement dans l’arche, il est resté à côté en nageant autour, dans le périmètre vivable. Son corps (le matériel) est donc resté à l’extérieur, mais sa tête (ses pensées, son être) était à l’intérieur de l’arche afin de pouvoir respirer.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Que le matériel : l’argent, le travail… ne doivent pas être ce qui nous maintient en vie.

Notre oxygène à nous se trouve dans la Torah.

Étudier, ne serait-ce que quelques minutes pour commencer, ne serait-ce que quelques passages de Torah, doit représenter pour nous l’essentiel de la vie.

Le Juif est fait pour cela ! Lorsqu’il plonge dans la Torah, il est comme un poisson dans l’eau. Véritablement! D’ailleurs la Torah est comparée à l’eau.

Aidons nos enfants à respirer de l’air pur, guidons-les vers les sommets. Et si nous n’avons pas la chance d’avoir tout notre corps dans l’Arche, faisons en sorte que nos enfants aient ce privilège.

Il s’agit véritablement de sauver sa vie même si cela n’en a pas l’air et si nous pouvons sembler fous. C’est l’éternel recommencement !

Étudions ce qui s’est passé, regardons ce qui se passe aujourd’hui, et réfléchissons, interrogeons-nous, ouvrons les yeux, ne soyons pas comme des moutons, à suivre aveuglément la première mode venue !

Pensons ! Avec le souci de l’authenticité.

Et puis sautons dans l’Arche avant qu’il ne soit trop tard ! Le déluge menace, il a peut-être déjà commencé…

Chabat Chalom

Rav Mordekhai Bismuth

Noa’h: Pourquoi le déluge?

Voilà qu’à peine 10 générations depuis Adam – le premier homme – les hommes ont fauté. Le verset rapporte deux catégories de fautes: les relations interdites et le vol. Mais étrangement, Rachi – citant les Sages – enseigne que le décret final d’extermination de toute la génération par le déluge a été scellé à cause du VOL! Or on sait tous que la sanction du vol n’est PAS la peine capitale, mais uniquement le remboursement du larcin et l’amende sera doublée dans le cas où c’est un vol à la dérobade. Tandis que pour une bonne partie des relations interdites il en va de la peine capitale! Donc comment expliquer le fait que ce soit justement le vol qui ait entraîné la destruction de toute la civilisation de l’époque de Noah?

Le Rav Chaoul Nétenzon Zatsal (rapporté dans Tlalé Orot) l’explique d’une manière formidable à partir d’une allégorie de Michelei du Roi Salomon. Un jour un pélican rentra son bec dans la mer afin de pécher sa proie. Il attrapa un poisson qui avant d’être englouti implora l’oiseau de ne pas l’avaler! Mais au moment où notre pauvre poisson ouvrit sa bouche pour parler, sortirent de sa propre bouche plein de tous petits poissons qu’il venait d’avaler! Le pélican lui dit alors: ‘Tu n’es qu’un grand menteur! Tu me supplies de te laisser en paix tandis que toi, dans le même temps tu n’as pas de pitié de tes propres FRERES!’.

Le Rav Nétenzon explique que c’est la raison pour laquelle la génération du déluge a été condamnée pour vol! Effectivement il existait des fautes beaucoup plus graves comme l’adultère et autres relations interdites, seulement l’Attribut de Miséricorde du Créateur empêchait le terrible châtiment de s’abattre. Mais à partir du moment où la population entre elle ne pratiquait pas la générosité et la miséricorde alors Hachem de son côté a RETIRA sa miséricorde pour laisser place à la Justice Divine!! Donc la punition c’est pour les fautes lourdes des relations interdites, cependant le décret est tombé à cause du vol qui témoigne d’une grande cruauté des uns envers les autres.

EST-CE QUE LES GENTILS DOIVENT FAIRE LA BENEDICTION « CHE HAKOL » AVANT DE BOIRE UN VERRE DE COCA ?

L’admour de Gour « Imré Emet » dans une de ses lettres (53) pose une belle question. La Guémara Brah’ot 35 enseigne que celui qui ne fait pas de bénédiction avant de manger VOLE Hachem et aussi le Clall Israel! Le Maharcha explique que toute la nourriture appartient à Hachem, donc il y a vol si on ne la bénit pas (car la Brah’a c’est comme si on demandait la permission au Créateur de profiter des produits de ce monde), et aussi la bénédiction amène le Chéfa/la profusion et la bénédiction dans le monde entier. Donc ne pas faire une belle Brah’a avant de manger entraîne un manque de profusion sur la planète entière! S’il en est ainsi, alors pourquoi n’est-il pas mentionné dans le Talmud que les Gentils doivent faire EUX aussi la bénédiction?

On s’explique, les Bné Noah’/les fils de Noé sont redevable de 7 Mitsvots. L’une d’entre elles c’est l’interdit de voler. Donc puisque la Guémara enseigne qu’il y a vol d’après cela, si j’invite Jean Marc à ma table je devrais lui demander de faire une bénédiction avant qu’il ne boive son coca !!!

Intéressant comme question, n’est-ce pas? Sa réponse c’est qu’à l’époque d’Adam et de Noah, Hachem a donné la permission à l’homme de manger les fruits de la terre et à la sortie de l’Arche, le Créateur a permis de manger les animaux qui venaient d’être sauvés par Noah. Cette permission est restée pour toujours. Seulement pour nous, les Bné Israel, le Don de la Thora a transformé les choses. C’est qu’à partir du moment où le divin est descendu sur terre, alors des interdits sont apparus dans notre grand monde. C’est du fait de la sainteté de la Thora qu’il est devenu interdit de manger sans bénir au préalable! Mais pour les gentils, le Don de la Thora ne s’adressant pas à eux – car ils ont refusé le cadeau – alors reste la permission première.

Une autre explication a été apportée, à partir d’un Yad Rama. Il explique que les Mitsvots des Bné Noah ne ressemblent pas aux Mitsvots du Clall Israel. C’est vrai que pour nous il est interdit de voler, cependant le souci du Créateur est ici de nous faire acquérir des niveaux de perfection de l’âme. Tandis que chez les gentils l’intention dans les 7 Mitsvots se limite à faire perdurer la société de la meilleure manière possible. Donc, s’il est vrai que le Talmud enseigne que c’est du vol le fait de ne pas faire de bénédiction avant de manger, mais c’est un vol qui est lié à la perfection de l’homme, à laquelle les Nations du monde n’ont pas accès!

Rav David Gold

Mieux qu’une plaque commémorative sur la grande place du village…

Cette semaine notre paracha traite d’un évènement fondamental dans l’histoire de l’humanité : le déluge. On le sait, la 10° génération (après la création du premier homme  Adam Harichon) avait déjà trébuché dans de nombreux interdits. Et en final, Hachem décidera d’en finir avec tout ce monde à l’exception d’un homme Tsadik (droit) : Noa’h et ses enfants. Donc, nous apprenons de ce passage que le monde ne ressemble pas au navire perdu en pleine mer dans la tempête, prêt à faire naufrage. Mais il existe bien une main directrice –celle du Tout Puissant- qui empêche que le bateau ne coule (dans une société complètement pécheresse par le vol ou la dépravation la plus totale). Après cette terrible punition, le navire (l’humanité) se rétablira et pourra voguer vers des horizons meilleurs…. C’est-à-dire que l’intention directrice du Boré ‘Olam en créant ce monde était d’amener l’homme à la perfection. Et nos Sages –de mémoire bénie- expliquent que cette perfection ultime est de se rapprocher au plus près de son Créateur en lui ressemblant au niveau de ses traits de caractères (de la même façon qu’Il est miséricordieux, alors nous –ses créatures- seront pleins de compassion pour notre prochain ; de la même façon qu’Il est généreux, nous aussi, etc…). Or la génération de Noa’h, pratiquait le vol, l’adultère et l’idolâtrie… Donc Hachem a décidé de tourner la page pour diriger ce monde vers un avenir meilleur, plus pur (certainement sans le Corona) avec plus de morale dans le droit des affaires et dans le droit des personnes (ne pas transformer son prochain en chair à canon pour promouvoir ses intérêts…).

Ces idées sont certes intéressantes mais je m’attarderai sur le premier verset de notre paracha : « Voici les engendrements de Noa’h, Noa’h un homme pieux (Tsadik) intégre dans sa génération qui allait avec D’ ». Les Sages –dans le Midrash- font remarquer une anomalie. Il est mentionné « voici les engendrements de Noa’h », donc on aurait dû lire le nom de ses enfants : « Chem ‘Ham et Jaffet », or il est écrit « Noa’h un homme pieux, etc… ». Or, on le sait bien, dans la Tora il n’existe pas de fautes de caractères (bugs) et encore moins de fautes de sens… Quelle est la signification de cette apparente erreur ? Le Midrash rapporté dans Rachi explique que « le PRINCIPAL des engendrements d’un homme sont SES ACTIONS ! ». C’est-à-dire que les véritables fruits d’un homme sont ses bonnes actions, ses Mitsvoth, son altruisme vis-à-vis du prochain et sa compassion vis-à-vis des problèmes de sa femme (ou de son mari), etc… Donc, les engendrements d’un homme ne sont pas uniquement ses enfants et encore moins le(s) magasin(s) qu’il laissera derrière lui après 120 ans (avec les impayés des impôts et à l’URSSAF…) ou l’entreprise familiale –le joyau de sa vie-  ni les comptes en banque remplis à ras-bord ou encore un ou plusieurs appartements, etc…N’est-ce pas que la Tora nous apprend des choses que même les meilleurs chaînes de culture ou les réseaux sociaux  font l’impasse dessus… et pour cause…?

Le ‘Hafets ‘Haim dans son magnifique livre « Chem ‘Olam » va encore plus loin dans ce domaine. Il écrit –noir sur blanc- qu’un homme qui aurait laissé derrière son passage éphémère sur terre des enfants qui n’iraient pas dans les voies de D’ –que Hachem nous en garde- alors il aurait mieux valu qu’il n’en ait pas ! Et son explication est que non seulement ils ne multiplient pas les honneurs de D’ mais en plus ils vont contre Sa volonté ! Pour la petite histoire, dans les années 20/30 lorsque les gens de la communauté venaient lui demander sa bénédiction (afin d’avoir des enfants), fréquemment il disait : « La nouvelle génération ne suit pas les lois saintes de la Tora (l’assimilation était galopante en Pologne et dans toute l’Europe centrale) donc à quoi cela te sert d’avoir des enfants ? » Fin de l’aparté. Et le ‘Hafets ‘Haim –dans son livre Chem ‘Olam- nous donne trois conseils pour laisser un souvenir de notre passage sur terre. Pour cela il rapporte un verset du prophète Isaïe (56.3-5) : « Que l’eunuque (celui qui ne peut pas avoir d’enfants –soit par maladie ou de naissance) ne dise pas : « Je ressemble à un bout de bois sec ! »…mais ainsi parle Hachem aux eunuques : « Garde le Chabath et fait ce que J’ai choisi de faire et renforce Mon alliance… Alors Je te placerai dans ma Maison et dans mes murailles tu auras un nom meilleur encore que celui des enfants. Un nom pour toujours qui ne s’interrompera JAMAIS ! » De ce verset, le saint ‘Hafets ‘Haim déduisait que pour un homme qui n’avait pas d’enfants ou même qui en a, mais qui veut être sûr que son nom soit gardé pour la postérité dans les cieux, se sera au travers de trois actions. La garde du Chabbath (dans toutes ses lois comme ne pas allumer l’électricité, ne pas trier des éléments, Mouktsé etc…). Lorsque le verset dit : « Ce que J’ai choisi de faire » l’intention du prophète est de multiplier les actes de générosités vis-à-vis de son prochain (par exemple faire une caisse de prêt pour les nécessiteux de sa communauté –c’est possible de le faire depuis sa maison avec des virements…). L’alliance: il s’agit de l’étude de la Tora ; donc on ira à des cours de Tora et on renforcera auprès de sa communauté la Tora (par exemple on soutiendra le Collel/Yechiva de son quartier, ou le Talmud Thora de sa synagogue ou pourquoi pas on soutiendra la parution d’un nouveau livre –tome 2- sur la paracha qui pourra rapprocher les enfants de Hachem à une meilleure pratique…). Continue le ‘Hafets ‘Haim, les gens croient qu’en payant de leur deniers le beau lustre de la synagogue à la mémoire d’un proche –avec une plaque gravée dessus…- afin de laisser un souvenir immortelle de la personne… c’est bien, mais il y a beaucoup mieux à faire. Car tout objet dépend de la matière et des événements de la vie et en final il sera amené à disparaître (voir toutes les édifices désaffectés des synagogues d’Europe centrale et d’Afrique du Nord…).Et même l’écriture d’un Sefer Tora – ce qui est déjà nettement mieux- car les rouleaux de la Tora multiplient la sainteté dans le monde  pour ceux qui l’écrivent ou qui participent à la Mitsva. Seulement le prophète parle en particulier de ces trois Mitsvoth (Chabath/Générosité/Etude de la Tora). Avec tout cela on aura la certitude que notre passage sur terre (notre nom) sera gravé pour l’éternité dans l’enceinte sanctifiée de Hachem. (Donc j’espère que mes lecteurs auront bien compris mon message : on ne cherchera pas à avoir son nom gravé sur la grande place du village après 120 ans…)

Let my people learn!!

Cette semaine j’ai le mérite de vous rapporter cette histoire véridique qui ne peut se dérouler qu’au pays où les Yeux de Hachem scrutent depuis le début de l’année jusqu’à la fin. Notre histoire commence par un arrêt sur image : la visite d’un malade dont les jours étaient comptés -que Hachem nous en garde-. Il s’agissait d’un général –très haut gradé- de l’armé de Tsahal (armée de l’Etat d’Israël) se nommant Itsik. Sentant sa fin proche, Itsik demanda à faire venir à son chevet une famille orthodoxe (‘harédite) de Jérusalem : la famille Tennenbaum qu’il connaissait depuis déjà fort longtemps. Lorsque le mari Tennenbaum entra dans la maison d’Itsiq, de suite la femme du malade les mettra en garde sur la situation gravissime de son mari. C’est lui qui avait expressément demandé à ce que les Tennenbaum viennent lui rendre visite. Le rav Tennenbaum rentra dans la pièce  et vit l’ancien chef d’état-major alité et le teint livide… Seulement Itsik gardait toute sa tête. Il dit à ses hôtes de prendre place. Et parla avec difficulté : » Je suis très content que vous soyez venu me voir au plus vite. Je voulais rencontrer une dernière fois les gens auxquelles j’avais une grande dette de reconnaissance… (En fait la relation du malade avec les parents de ce couple remontait à plus de trente années en arrières). A l’époque Itsik était le responsable de tout le recrutement des jeunes soldats de Tsahal. Or il était complètement inculte de tout ce qui touchait la religion et la pratique juive. C’était un garçon élevé dans un des Kibboutz du nord du pays. Ses parents l’avaient élevé dans la plus totale ignorance des lois et coutumes juives : pas de Chabbath, de Bar Mitsva de fêtes et tout le reste… Ses parents suivaient le mouvement général des Kibboutzim dont les fondateurs socialistes avaient mis un point d’honneur afin que personne ne connaissent le judaïsme de leurs aïeuls laissés en Pologne et en Russie… Ils avaient bien réussi avec Itsik comme avec toute la nouvelle génération! Seulement sur une chose Itsik était bien différent de ses parents : il portait une grande révérence aux Ba’houré Yechivoth et Avrékhim ! Les choses peuvent être étonnantes pour un général de Tsahal, mais la chose remonte à près de 40 ans en arrière. Trois ans avant la guerre de Kippour, Itsik avait fait une visite avec le rav Tennenbaum zal (le père du mari de ce couple) dans un grande Yechiva de la capitale éternelle du peuple juif… Itsik était alors accompagné du rav Tennenbaum lorsqu’il se rendit pour la première fois de sa vie dans l’enceinte de la Yechiva de Mir. Itsik était habillé en militaire gradé tandis que le rav Tennenbaum (un des responsables dans l’organisation de toutes les Yechivoth en Erets) veillait à lui faire connaître ce monde de l’étude. Donc rav Tanenbaum guida son hôte dans les méandres de Méa Chéarim (la Yéchiva se trouve dans ce quartier). Lorsqu’il pénétra dans l’enceinte de la Yechiva, Itsik était troublé. Le spectacle qui s’offrait à lui était inoubliable. Il ne comprenait pas ce qui se passait, voir des dizaines de jeunes adultes assis les uns à côté des autres dans un vacarme effarant et tous étaient plongés dans les livres. Le rav Tennenbaum fit le tour de la Yechiva tandis qu’Itsik restait ébahi mais ne comprenait rien. Il dit au rav : « Est-ce que tu ne sens pas un parfum formidable qui se dégage de cet endroit ? » Rav Tennenbaum lui demanda de s’approcher de l’armoire sainte (où sont placés les Sefer Tora). Itsik restait sans voix dans ses déplacements dans les allées de la grande salle d’étude. Il était sidéré de voir tous ces hommes habillés en chemise blanche, pantalons noirs et kippa noir de la même couleur. A un moment il s’approcha d’un élève pour essayer de comprendre ce qu’il disait à son compagnon d’étude. Il ne comprit strictement aucun mot ! Il leur demanda ce qu’ils faisaient, on lui répondit : » Rit’ha DeHoraïta… ». Le rav Tennenbaum expliqua qu’il s’agissait de l’étude de la Tora dans toute sa force ! Les deux continuèrent des allées et venues entre les bancs et les stenders (mini table pour poser la Guemara). Le rav Tennenbaum s’approcha alors du Roch Yechiva, le Gaon rabbi ‘Haim Schmuleivits zatsal. Il lui dit que son invité n’était  autre que l’un des responsables du recrutement des troupes de Tsahal. Il faisait une visite à la Yechiva pour connaître et voir, ce qu’était une Yechiva et ce que faisaient les Ba’houré Yéchivots et Avrékhim. Le rav s’adressa au gradé : « Tu vois tous ces élèves… C’est eux qui défendent Israël face aux ennemis…. Plus encore que les soldats de l’armée ! Croit bien que tous ceux que tu vois ici vous protègent et protègent le pays ! Crois-le ainsi tu prendras une part active dans la défense du pays ! Laisse les élèves étudier la sainte Tora ! » Ces simples paroles (provenant d’un Tsadik) transpercèrent le cœur d’Itsik ! Itsik dit : « Ces paroles me transpercèrent mon cœur ! Bien que je sois né au Kibboutz dans aucune connaissance du judaïsme j’étais convaincu à 1000% des paroles du Roch Yechiva. J’ai dit alors à ton père, le rav Tennenbaum, que je voulais m’assoir. Le rav demanda à un ba’hour de se déplacer et de me laissa sa place. J’ai alors posé ma tête sur le stender et j’ai fermé les yeux pendant plusieurs minutes … J’étais plongé dans un autre monde… Puis Itsik –quarante ans après sur son lit- dit cette fois (au fils du rav Tennenbaum) : « Pendant tout le reste de ma carrière au sein de l’armée, j’ai tout fait pour que les Ba’houré Yechivoth restent à l’étude de la Tora : envers et contre TOUS ! C’est vrai que je ne suis pas un grand religieux comme toi, mais je sais que je monte au Ciel avec tous ces Ba’hourim qui sont restés sur le banc de l’étude et c’est avec ce mérite que je vais me présenter au Beth Din du Ciel ! » Deux  jours après la famille Tennenbaum entendit qu’Itsik avait rendu son âme et c’est le fils Tennenbaum qui fit le Kadish pour lui. C’était un homme très éloigné de toute pratique mais qui vécu la foi encrée dans son cœur que les Ba’houré Yechivoth sont les vrais gardien du Clall Israel ! N’est-ce pas mes chers lecteurs ?

Chabat Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut

David Gold
Tél. 00-972-556778747, email : 9094412g@gmail.com

Beréchit

« Hachem-Elokim forma l’homme, poussière du sol, Il insuffla dans ses narines un souffle de vie, l’homme fut âme vivante » (Beréchith 2,7)

Rachi nous explique que l’homme est formé d’éléments provenant de la terre et d’éléments provenant d’en haut : le corps d’en bas et l’âme d’en haut.

Rachi ajoute que les animaux et les bêtes sauvages sont également appelés « âmes vivantes ». Mais l’âme de l’homme est la plus vivante de toutes, car il s’y ajoute la connaissance et la parole.

Nous apprenons de là que chaque être vivant est composé de deux éléments : le «Gouf », le corps, et le «Néfech », l’âme. De plus, chaque âme correspond à son corps.

Ainsi un corps animal possède une âme animale, un corps humain possède une âme humaine. L’osmose des deux éléments dépend de leur adéquation. Ainsi, si l’on voulait expérimenter de « greffer » un élément animal sur un élément humain, le résultat serait le suivant : וne âme d’animal dans un corps humain donnerait un homme qui se comporte grossièrement, bassement. A l’inverse, une âme humaine dans un corps animal donnerait un être tellement mal à l’aise, qu’il ne pourrait pas supporter cette cohabitation et chercherait à tout prix à faire sortir son âme de ce corps.

C’est ainsi que le rav Pinkous zatsal définit le Gouf et le Néfech, il détermine le Gouf par « l’objet » et le Néfech par la « lumière ».

Plus concrètement, si on branche une ampoule conçue pour recevoir 220 V, sur un courant électrique de 110 V, elle éclairera, mais pas à 100%, sa lumière sera faible.

Mais si on branche une ampoule conçue pour recevoir 110 V, sur un courant de 220 V, après quelques instants, l’ampoule explosera. Lire la suite

Le feuillet hebdomadaire du Rav Biderman

Téléchargez et découvrez le magnifique feuillet du Rav Elimélekh Biderman Chlita

Nefesh Yehudi

Téléchargez et découvrez le riche feuillet de l’étudiant. Chaque semaine appréciez un profond développement sous forme de questions-réponses sur un point de le paracha. Bonne lecture!

POURQUOI LE MONDE A-T-IL ÉTÉ CRÉÉ?

Cette étude sera consacrée au bénéfice de la refoua cheléma de Moché ben Esther (famille Azoulay) Enghien-les-Bains et pour tous les malades du clall Israel

Au commencement.. Puisque c’est le début de la lecture de la Tora, je parlerai d’un principe dans le judaïsme. On le sait, la Tora a été donnée aux hommes afin de se parfaire dans la vie de tous les jours. Grâce aux Mitsvoth, un homme, le début, les dés sont jetés… Les premiers mots de la Tora sont « Beréchit bara Elokim eth Hachamayim veét Haarets. / Au commencement D’ a créé le ciel et la terre ». Or les Sages font une exégèse de ce verset, Beréchit/Au commencent. La base du mot c’est réchit : le commencement. Or la Tora commence par Bé-Réchit qui signifie « Dans » ou « Au  » commencement. Or la lettre Beit a aussi une valeur numérique de deux, pour nous apprendre que ce monde a été créé pour deux « Réchit »/prémices. Il s’agit du Clall Israel (peuple juif) et la Tora. C’est-à-dire que le monde, ses habitants bipèdes et quadrupèdes depuis la savane africaine jusqu’aux parcs zoologiques de Paris ou de NewYork…, tout cela a été créé de la main généreuse du Ribono chel ‘Olam pour les besoins du peuple juif… Intéressant, non ?

Seulement si on en restait là on pourrait considérer que tout ce beau monde a été créé pour le peuple juif sans aucune distinction de niveau de pratique dans la Tora. Donc Mr Lévy de New York -qui ne connait absolument rien de la Tora si ce n’est l’air de Kol Nidré de Kippour ou encore M. Cohen de Paris qui ne connait de tout son judaïsme que la sonnerie du chofar à la sortie du Kippour… Donc on aurait dit que c’est pour ces genres de personnes que le monde a été créé…. Soit… Seulement les Sages nous informent que lorsque la Tora commence par Bé-Réchit, c’est pour donner le diapason ! Le monde a été créé pour le peuple juif qui pratique la Tora c’est à dire les Mitsvoth et l’étude… Donc Mr Lévy de New York -s’il veut faire partie de cette grande fresque universelle- devra un beau jour se lever  de bon matin et regarder le ciel de Manhattan avec les premiers rayons du soleil qui pointe à l’horizon et il dira : « Oh, my G.od, c’est sûr qu’il y a Hachem dans ce monde… Il a créé toute cette magnifique harmonie afin qu’on se rapproche de Lui… Vite je vais aller dans un séminaire de Tora… ».
D’après ce formidable développement, on comprendra aussi que les Avrékhim (Collemans) et les Bahouré Yechivoth (élèves des Yechivoth) sont les fers de lance de la communauté. Car ils donnent une raison pour que le monde tourne et qu’il ne dérape pas plus…
Et s’il existe des lecteurs qui pensent différemment, je serais très intéressé de connaitre leurs opinions… Cela fait près de 250 semaines –Béni soit le Nom d’Hachem- que j’envoie ce feuillet et personne m’a dit : « Monsieur le Rabbin, j’ai ma petite idée sur le pourquoi de ce monde…  » Peut-être que ce monde a été créé pour que les kangourous d’Australie se développent en toute quiétude dans le désert du centre de cette grande île. Qu’en pensez-vous ?.
D’après cela, si l’on veut que le Covid-19 s’arrête, il faudra faire comprendre à toutes les couches de la société juive –depuis les derniers des mohicans gauchistes, aux libéraux – réformistes- et les sionistes laïcs- qu’ils arrêtent de parler à tort et à travers sur cette valeureuse frange de la société (les Avrékhim) qui s’épanchent chaque jours et pour certains les nuits à l’étude de la sainte Tora. Alors Hachem –dans sa grande Miséricorde nous ôtera nos masques afin de parler plus librement car cette fois on aura compris la grande leçon : fini la mauvaise parole et la conspuassions sur ces hommes d’exception.
Je voulais vous parler d’un autre sujet concernant la paracha mais puisque ce premier sujet me tiens à cœur je finirais par une anecdote véridique. Il y a près d’un siècle, un commerçant de la communauté d’Europe centrale faisait le commerce avec la très lointaine Chine (à l’époque c’était les biens manufacturés que la vieille Europe exportait vers la Chine…) .
Lors d’un de ses séjours en Europe il décida de rencontrer le grand Tsadik Talmid Haham: le Hafets Haim (il résidait dans la ville de Radin en Lituanie et décéda en 1933). Lors de cette rencontre, le saint home lui demanda la situation de la communauté juive autochtone (à l’époque –il n’y a avait pas encore de Corona semble-t-il). Il lui répondit que sur place il n’existait ni rav ni juges, donc ce n’était pas resplendissant… Le Hafets Haim lui transmis alors quelques livres qu’il avait écrit pour renforcer les Juifs de la Gola dans la pratique.
Puis le Hafets Haim lui demanda : qu’en est-il des chinois ? Il répondit que cela faisait des mois qu’il n’était plus sur place, mais que lors de son départ il s’était déroulé une catastrophe nationale. Une gigantesque digue s’était effondrée ravageant une province entière et faisant plus de 100 000 victimes… Le Hafets Haïm poussa un cri : »Quoi, des milliers de morts… Quel cataclysme ! Je vais vite faire un discours à la Yechiva ! »
Le commerçant n’en revenait pas et dira : « Rabbi, je ne comprends pas. Lorsque j’ai parlé de la situation de la communauté, le rav m’a transmis quelques livres tandis que lorsque j’ai rapporté les informations qui touchent uniquement des autochtones qui sont pour la plupart des paysans incultes et certains même idolâtres le rav a poussé un cri !? »
Le Hafets Haïm répondra : » Je te répondrais par une image. Mais avant dis-moi : combien y a-t-il d’habitants à Varsovie ? Un million… Parmi cette population combien de personne de la communauté et combien de gentils ? 30% juifs et le reste sont gentils. Maintenant –continua le Hafets Haim- si un homme monte sur une estrade au milieu de la grande place de Varsovie et commence à haranguer la foule en Yiddish. D’après toi, à qui s’adressera son pamphlet ? Bien sûr uniquement aux gens de la communauté, car qui parmi la population autochtone connait le Yiddish ?! Pareillement pour ce qui s’est passé en Chine. C’est Hachem qui a fait cette catastrophe afin que nous –son peuple -se réveille à une meilleure pratique. Car c’est la manière dont nous parle le Boré ‘Olam dans ce monde: à travers des événements qui peuvent  secouer le peuple juif. C’est uniquement  son peuple qui comprend son langage ! » Fin de ces paroles très intéressantes…
Et pour nous, chers lecteurs de 2020 ; si le monde vit le Corona depuis près de 10 mois, c’est certainement que la communauté -et chacun d’entre nous- à des choses à (par)faire…

Chabat Chalom et à la semaine prochaine Si D.ieu Le Veut

Rav David Gold

Qui est l’homme qui souhaite la vie ?

Chemini Atseret et Sim’hat Torah

Rav Galinsky interroge: Pourquoi nos sages ont-ils choisi de fixer la fête de Sim’hat Torah le jour de Chemini Atseret ? Afin de terminer ce jour-là la lecture de toute la Torah et de la recommencer, ainsi que de se réjouir avec elle. J’ai une réponse personnelle à cette question dont la source provient d’une michna explicite. La Torah nous enseigne que pour vivre selon son enseignement, il faut manger du pain trempé dans du sel et boire de l’eau avec parcimonie, dormir par terre, et vivre une vie de souffrance, être n’être occupé qu’à étudier la Torah; si l’on vie ainsi, on sera heureux et satisfait, on sera heureux dans ce monde et satisfait dans le monde futur (Avot 6-4).

Le ‘Hovot halevavot (‘hechbon hanefech 3-25) commente que l’un de nos sages a dit que comme l’eau et le feu ne peuvent cohabiter dans un même récipient, l’homme croyant ne peut concilier dans son cœur l’amour pour ce monde et l’amour pour le monde futur. On dit que ce monde terrestre et le monde futur ressemblent à deux femmes rivales; quand l’homme satisfera l’une d’elle, l’autre se mettra en colère.

Il ne faut surtout pas comprendre qu’il faille souffrir pour vivre une vie de Torah. Au contraire, en effet, il est dit que l’homme sera heureux dans ce monde en plus d’être satisfait dans le monde futur. Cela s’apparente à la parabole suivante: un homme se trouve dans son magasin au moment des soldes et vend une grande quantité de marchandises à des prix intéressants. Il sait que cette semaine va lui rapporter des profits lui suffisant pour vivre toute l’année. Il ne lui vient même pas à l’esprit de faire une pause dans la journée, ou de prier les clients de sortir pour qu’il puisse manger et se reposer. En effet, il ne ressent même pas la faim et il est porté par des sentiments de joie et de plaisir, d’exaltation et de bonheur.

Je vais vous relater ce que j’ai entendu de la bouche de Rabbi Israël Yaakov Loubtchansky ztsl, le gendre du Saba de Novardok ztsl, et le Machguia’h de la yéchiva de Baranovith. A l’époque, il se rendit à Baychichok où se trouvait un groupe de Juifs qui étudiaient la Torah dans des conditions difficiles. A la même époque, le ‘Hafetz ‘Hayim ztsl y séjournait également et étudiait la Torah, coupé de toutes contingences matérielles, pendant de long mois. Auparavant, il avait fait paraître son œuvre qui le rendit si célèbre. Il étudiait avec assiduité et prenait ses repas chez des familles de la ville.

Un jour, un des habitants se moqua de lui: vous avez publiez une œuvre très connu, ce n’est pas digne de vous de prendre vos repas dans des familles (on appelait cela manger des “jours” yamim). Est-ce cela la récompense de l’étude de la Torah, ne pouvez-vous pas travailler afin de subvenir à vos besoins ?

Le ‘Hafets ‘Hayim ne s’étonna pas outre mesure de cette moquerie et répondit paisiblement à son interlocuteur: ne connaissez-vous pas le verset explicite (Psaumes 34-13): “Qui est l’homme qui “désire la vie” (Ha’hafetz ‘hayim), qui aime “les jours” (ohev yamim)” ! Et pourquoi ? Afin de voir “mieux” Tov. Il n’y a pas mieux que la Torah, comme il est dit (Michle 4-2) “Car je vous ai donné un bon enseignement, c’est ma Torah, ne la quittez pas” (Avot 6-3).

Voici donc ma réponse entière: c’est seulement après que nous soyons passés d’une résidence permanente à une résidence temporaire, et que nous ayons compris qu’il ne faut pas mettre l’accent sur l’amour pour ce monde terrestre, que nous serons capables de célébrer Sim’hat Torah dans toute son intensité.

Rabbi Elazar nous enseigne (Soucca 54B) que ces soixante-dix taureaux (que nous sacrifions à la fête de Souccot) se rapportent aux soixante-dix nations (afin de les absoudre de leurs péchés et de permettre à la pluie de tomber, car à Souccot, Rachi explique que le jugement porte sur l’eau). A Chemini Atseret, on sacrifie un taureau qui se rapporte à l’unique nation concernée.

La métaphore est la suivante: un roi de chair et de sang ordonne à ses serviteurs de lui préparer un grand festin. Le dernier jour, il dit à son serviteur préféré: prépare-moi un petit repas afin que je me réjouisse en ta compagnie (je n’ai aucune satisfaction avec les autres, seulement avec toi, explique Rachi). Rabbi Yo’hanan commente: les Nations ne savant pas ce qu’elles ont perdu depuis que le Temple a été détruit car l’autel des sacrifices permettait d’absoudre leurs fautes, mais à présent, rien ne peut les aider.

A l’époque, en Russie, les pouvoirs ordonnèrent d’introduire les matières profanes dans les yéchivot. Ils veillaient à ce que les étudiants des yéchivot bénéficient d’une instruction complète afin de les sauver de l’ignorance leur permettre de découvrir le grand monde ! Tous les efforts ne portèrent pas de fruits. Le ministre de l’éducation ne comprit pas ce qu’on lui voulait et pourquoi il se heurtait à un refus si intransigeant. Il n’interdit pas d’étudier la Torah ni la pédagogie des yéchivot. Etudier comme bon vous le semble, nous n’intervenons pas dans vos institutions. Nous voulons seulement y faire entrer une idole, quel est le problème ?

Les sages de la génération se réunirent. Ils discutèrent des moyens à employer afin de faire comprendre à ce non-juif l’idée selon laquelle l’huile pure ne peut se mélanger à autre chose. Comment lui faire comprendre concrètement ce qu’est la Torah pour nous ?

L’un des sages se leva, proposa de traduire la bénédiction “Ahava raba” en russe et de la faire lire au ministre en question afin qu’il comprenne notre relation à la Torah: Tu nous aimes d’un grand amour, Eternel notre D., Tu es miséricordieux envers nous. Notre Père et Roi, par le mérite de nos ancêtres qui ont mis en Toi leur confiance et Tu leur as enseigné les lois de la vie, aie pitié de nous et enseigne-nous. Notre Père miséricordieux, sois compatissant envers nous. Accorde nous l’intelligence afin de comprendre, de s’instruire, d’écouter, d’apprendre et d’enseigner, d’observer et d’accomplir toutes les paroles de la Torah avec amour. Eclaire nos yeux de ta Torah et que notre cœur s’attache à tes commandements dans l’amour et la crainte de Ton saint nom.

Le ministre lira et sera impressionné. Il comprendra nos sentiments et notre émoi. La proposition fit sensation et fut accepté avec enthousiasme.

Rabbi Itsalé de Poniovitch se leva et intervint: si nous traduisions pour nous-mêmes la bénédiction en question, nous ne serions pas obligé de la traduire pour le ministre !

Comme cette affirmation est pertinente…

“L’étranger qui résidera chez toi s’élèvera de plus en plus au-dessus de toi, et toi tu descendras de plus en plus” (Devarim 28-43); cette terrible réprimande concerne le fait qu’il est décrété que les nations nous imposent leur joug. Quand on réduit le nombre de taureaux, cela signifie que l’on réduit et qu’on annule l’influence des nations sur nous, on sacrifie 98 brebis afin d’annuler les 98 malédictions et réprimandes (Rachi Bamidbar 29-18).

Ainsi, nous méritons la joie de la Torah, avec tout l’enthousiasme et la ferveur de la bénédiction “Ahava raba“.

(Véhigadeta)

Vezot Haberakha : Finir par comprendre

« Et il ne s’est plus levé de prophète en Israël comme Moché, auquel Hachem S’est fait connaître face à face… et pour toute la main forte, et pour toute la grande terreur qu’a faites Moché aux yeux de tout Israël. » Dévarim (34 ; 10-12)
Rachi vient nous expliquer les derniers mots de la Torah : « aux yeux de tout Israël », en disant : « Son cœur l’a poussé à briser les Tables de la Loi sous leurs yeux ».
Aussi étonnant que cela puisse paraître, la Torah ne termine pas avec un « happy end », mais au contraire en rappelant un évènement plutôt dur, celui de la destruction des Tables de la Loi après la faute du veau d’or.
Pourquoi se quitter sur un épisode aussi triste ? Quel est le sens de l’acte de Moché et en quoi est-il important ?
La Torah vient nous rappeler le grand acte de Moché et souhaite que nous en percevions l’utilité et les conséquences positives.
Au moment où tout le peuple d’Israël s’apprête à clôturer la lecture des cinq Livres et à fêter Sim’hat Torah, Hachem, estimant ce moment particulièrement propice, nous transmet alors un précieux message afin de mieux recommencer une nouvelle lecture de la Torah et une nouvelle année.
Comme nous le savons et le constatons tous, nous sortons ce jour-là dans nos communautés, tous les Sifrei Torah et leurs accessoires du Heikhal.
Les fidèles ne lésinent pas sur l’achat des Mitsvot, comme l’ouverture, la fermeture du Heikhal, ou le port du Séfer Torah.
On dépense de belles sommes pour les Rimonim ou autre décoration du Séfer Torah. Cet aspect de la Torah nous plaît, ce sont des moments forts. Chantez, dansez, Kavod à la Torah !
Les synagogues sont pleines : des hommes « ivres » de joie, des femmes « armées » de bonbons, et des enfants munis de leur mini Sefer Torah en peluche qui imitent les grands. Personne ne manque ce grand évènement tellement spécial.
Le ‘Hafets ‘Haïm nous explique cet engouement et les risques qu’il comporte, si l’on ne s’en tient qu’à cela, au moyen de la parabole suivante :
C’est l’histoire de Rivka et Sarah, deux sœurs aux destins opposés.
Rivka épousa un homme riche, elle connait les voyages, les hôtels, les bijoux et mène une vie de grand standing. Sarah quant à elle, épousa un homme de condition modeste, ils bouclent tout juste les fins de mois, le mobilier est le même depuis le début du mariage, ses vêtements sont un peu démodés, etc.
Après quelques années, Rivka et Sarah se rencontrent.
Rivka demande à sa sœur : « Puis-je te poser une question ? Comment peux-tu être aussi heureuse en vivant tellement à l’étroit ? »
Sarah lui répondit par la question inverse : « Pourquoi es-tu aussi triste malgré ton train de vie de princesse ? » suite p3
Alors Rivka lui expliqua : il est vrai qu’elle avait déjà fait deux fois le tour du monde, qu’elle ne manquait de rien, ni de vêtements, ni de bijoux…  mais son mari ne la considérait pas comme sa femme. Il ne lui demandait jamais conseil, ne la consultait pour rien, elle se sentait aussi importante que la belle bibliothèque qui trônait dans leur salon.
Et Sarah à son tour lui décrivit sa vie. Il est vrai que son mobilier n’avait jamais changé, que ses vêtements n’étaient pas renouvelés souvent… mais son mari la considérait vraiment comme sa femme, il s’inquiétait de sa santé, sa vie, c’était leur vie, son avis était primordial…
C’était cette considération qui rendait Sarah heureuse, tandis que c’était l’absence de considération qui rendait Rivka malheureuse.
Le ‘Hafets ‘Haïm nous explique ensuite que la Torah est notre « Échet ‘Hayil », cependant il y a deux types de comportements que l’on peut adopter à son égard : la considérer et la consulter, ou bien s’en tenir à l’orner de Rimonim et de beaux tissus.
Ne soyons pas comme le « Mr Rivka », pour qui sa femme n’est qu’une accompagnatrice, mais avec qui, il ne vit pas.
On peut acheter, décorer, honorer la Torah, mais il ne faut pas s’arrêter là. On doit consulter la Torah, la craindre, la respecter, l’écouter, vivre avec Elle et pour Elle. C’est là, la véritable considération.
En cassant les Tables de la Loi après la faute du veau d’or, Moché nous a enseigné que la Torah n’était pas juste faite pour rester dans les Arone Hakodech. On ne peut pas vivre avec le veau (exclure la Torah) et posséder la Torah (dans une boîte).
Si on ne pratique pas la Torah, il n’y a pas de Torah, on ne peut pas se dire respecter et aimer la Torah en dansant avec elle ou l’ornant de jolies décorations, et d’un autre côté ne pas écouter ses Lois. Ce serait lui faire un affront, se moquer d’Elle !
Moché, devant leur comportement irrespectueux, a dû briser les Tables de la Loi parce qu’elles n’étaient plus d’aucune utilité. Nous devons comprendre que la Torah nous a été donnée afin d’être respectée et pratiquée.
Si, après la lecture de 54 parachiotes retraçant l’histoire de nos Patriarches, la sortie d’Égypte, le don de la Torah… nous n’avions toujours pas compris le message, la Torah en guise de conclusion, nous dit les choses sans équivoque, en mentionnant pour conclure l’évènement majeur des Tables de la Loi brisées.
Avant d’entreprendre nos achats pour Sim’hat Torah, rappelons-nous que le but principal du don de la Torah est de l’étudier en vue de l’appliquer.
Même si l’un n’empêche pas l’autre, le plus grand bonheur pour une femme, n’est pas tant les cadeaux et leurs valeurs, que l’intention qui a motivé leur achat, l’attention et l’effort qui l’ont accompagné.
Jusqu’à quand un ‘Hatan est-il considéré comme ‘Hatan ? Tant qu’il considère sa Cala comme une reine.Notre peuple est marié à la belle Torah, traitons-la comme il se doit, avec tous les égards qu’elle mérite, et nous serons souverains parmi les peuples.

Rav Mordekhai Bismuth

Sim’ha Torah

Ce chabath à venir on fêtera le dernier jour de Souccoth: Chemini Atséret (traduction littérale: le 8° jour de clôture). C’est aussi le jour qui a été choisi par les Sages pour célèbrer Sim’ha Tora. A l’étranger, cela tombera dimanche où l’on dansera avec tous les Sifré Tora en l’honneur de la conclusion de toute leur lecture.

Il existe une intéressante discussion entre le Choul’han ‘Aroukh et le Rama (Or HaHaim 668) pour savoir si on doit mentionner le mot « ‘Hag/la fête » à la mention de Chemini Atséret. En effet d’une manière générale, tous les jours de fêtes on intercale dans la prière quotidienne la mention du jour saint. Par exemple à Souccoth on dira « ‘Hag Hasouccoth », pour Pessa’h: »‘Hag Hapessa’h ». Seulement pour Chemini Atséret qui est pourtant un jour férié d’après le Rama on ne dira pas ‘Hag Chemini Atséret seulement « Chemini Atséret »(sans la précision que c’est ‘Hag, jour de fête). Tandis que d’après le Choul’han ‘Aroukh on dira « Chemini Hag Hatséret ». Quel est le sens de cette discussion?

En fait, Chemini Atséret n’est pas une fête comme les trois autres fêtes du calendrier (Pessah, Chavouot et Souccoth). Il est vrai que c’est un jour férié, Yom Tov, mais ce n’est pas une fête de pèlerinage comme les autres. Par exemple, lors des trois fêtes, les Juifs avaient la  Mitsva de monter à Jérusalem, pour le Temple et d’y apporter leurs sacrifices. Chaque juif avait la Mitsva d’apporter plusieurs offrandes (Korban Reiah, Sim’ha) et ce, durant les 6 jours de Hol Hamoéd. Mais pour le dernier jour de Souccoth (Chemini Atséret) il ne restait aucune Mitsva de monter à Jérusalem ni d’apporter un sacrifice. Donc notre pèlerin par exemple qui est venu à Jérusalem pour Souccoth pouvait tranquillement retourner chez lui et finir le dernier jour de fête à la maison. On aura donc compris la raison du Rama qui ne mentionne pas « ‘Hag » dans la prière. Tandis que d’après le Choul’han ‘Aroukh, il ne peut qu’être d’accord avec le Rama que Chemini Atséret n’est pas une fête de pèlerinage, seulement puisque ce jour est saint et en plus clôture la fête de Souccoth: on pourra dire la mention de ‘Hag à son sujet.

Le Sfat Emet (un des premiers Rabbi de la ‘Hassidout Gour) donne une intéressante explication Chemini Atséret (Souccoth année 5662). Chaque fête du calendrier dévoile un peu de la présence divine sur terre ! Lorsque le pèlerin arrivait à Jérusalem et apportait les sacrifices de la fête, il accédait à un plus grand niveau de crainte du ciel! Le fait de voir les Cohanim en service, les sacrifices brûler sur l’autel du Beth Hamikdach cela éveillait des sentiments de crainte et de révérence vis avis de Celui qui réside dans ces lieux. De plus, chaque Juif devait apporter 2 sacrifices (Korban Réihya et Sim’ha) à la vue du Beth Hamikdach. Or la vue « Réyha » c’est le même mot (à l’envers) que Yira/la crainte. Explique le Sfat Emet, que chaque Juif qui arrivait au Temple, par le biais des sacrifices accédait à la crainte du ciel ! D’autre part, chaque fête avait son influence particulière. En effet, chaque fête était liée avec le service particulier de nos patriarches. On sait qu’Avraham (lié avec Pessa’h) a fait découvrir Hachem à travers l’amour et la générosité, tandis que Yitshaq (fête de Chavouot) à servit D’ par la grande crainte (prière) et Ya’akov (fête de Souccoth) au travers du Emet/la vérité. Explique le rav, lorsqu’un Juif arrivait au Temple à Pessa’h il était imprégné par la crainte au travers du prisme de l’amour inauguré par Avraham. A Chavouoth, le Juif percevait la crainte au travers de la peur d’Yits’haq tandis que Souccoth était lié avec le service de vérité de Ya’akov. (A vrai dire ce sont des notions difficiles à appréhender, mais c’est toujours intéressant d’en avoir connaissance)

Or, pour Chemini Atséret il n’existait pas d’obligation d’apporter de sacrifice « Réiyha » car ce n’était pas une fête de pèlerinage. Explique le rav, Chemini Atséret est liée avec notre maitre Moché Rabénou ! C’est Moché qui a fait descendre la Tora sur terre et c’est d’elle, la Tora, que chaque Juif puise sa crainte du ciel ! Or, cette Tora n’est pas l’apanage d’un endroit particulier sur terre ! Et celui qui l’étudie Lichma/pour elle-même, dévoilera la présence divine sur terre ! Donc on aura bien compris la raison pour laquelle le jour de Sim’hat Tora on danse avec les Sifré Tora: pour accéder au même niveau de crainte que si on avait offert un sacrifice au Temple! Intéressant, non?

SUR SIM’HAT TORA

Cette fois notre sipour se déroule voilà près de 70 années en Amérique à Boston. Là-bas siège une cour ‘hassidique auprès d’un Tsadikq: l’Admour de Boston, rav Elièzer Halévy Horowits zatsal. Pour les fêtes de fin de Souccoth, alors, dans son Beit Hamidrach tous ses ‘Hassidim se réunissaient pour féter Sim’hah Tora. La joie était très grande, tout le monde bondissait, dansait et chantait avec les Sifré Tora de la shoule. Jusqu’au moment où l’un des ‘Hassidim interrompt la grande allégresse. Il demande au public si c’est vraiment le moment d’être joyeux au moment où nos frères qui sont en Europe sont massacrés et envoyés dans les camps de concentrations ? La question était tellement forte que tout le monde s’interrompit et se tut. Il y a un grand silence. C’est alors que l’Admour répondit d’une manière formidable ! Il rapporta oralement le Rambam à la fin des Halachoth de Soucca : ‘La joie qu’un homme a lors de l’accomplissement des Mitsvoth et l’amour qu’il porte à Hachem (…) c’est une grande ‘avodat Hachem (…). Et celui qui se comporte avec légèreté dans ces moments est véritablement digne de louanges car il sert Hachem par amour. Car il n’y a pas de plus grand niveau pour un homme que de se réjouir vis à vis d’Hachem ! Comme on le voit avec le roi David pour lequel est dit qu’il danse et bondit DEVANT Hachem.’ Fin du Rambam, et l’Admour rajouta que puisque la joie c’est une ‘avoda, alors elle n’est pas liée aux conditions historiques ni aux difficultés du moment ! Après de telles paroles la joie de la Mitsva a pu reprendre avec encore plus de force! Et ces paroles de l’Admour résonnent encore de nos jours au-delà du temps et de l’espace!

Hag Saméah à tous nos lecteurs et au Clall Israël! A la semaine prochaine si D’ le veut

 David Gold rav et soffer écriture askhénaze , écriture sépharade

Tel 00972 55  677 87 47 email 9094412g@gmail.com