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Bamidbar

Rachi nous explique que « c’est par amour qu’Hachem porte pour les Bneï Israël, qu’Il les compte à tout moment. Il les a comptés lorsqu’ils sont sortis d’égypte, et de nouveau après qu’ils déchurent par la faute du veau d’or afin de connaître le nombre de survivant (voir chémot 38;26), et encore une fois lorsqu’Il est venu faire résider Sa chékhina sur eux. »

Une question se pose sur le premier commentaire de Rachi lorsqu’il dit qu’Hachem «  les compte à tout moment », or par la suite de son commentaire ne voyons-nous pas qu’il ne les a fait dénombrer qu’à certaines occasions ?

Le fait d’être compté attribue une importance à l’objet ou la personne dénombrée comme nous dit la Guémara (Beitsa 3b) « une chose qui est dénombrée ne peut s’annuler même parmi mille autres ». Lire la suite

Kédochim – La Tsédaka du cœur

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même… » Vayikra (19 ; 18)

Le Rambam rapporte1: « Chaque personne est tenue d’aimer, comme elle s’aime elle-même, chacun des membres du peuple Juif, comme il est écrit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » ».

D’après le Séfer Ha’hinoukh2 et le Séfer Hamitsvot3, ce commandement est inclus dans les 613 Mitsvot.

Nos sages demandent : « Comment peut-on ordonner un sentiment ? »

-C’est notre état d’esprit et nos comportements qui inspireront nos sentiments d’amour. Par exemple, la générosité, faire la Tsédaka ne doit pas seulement se limiter aux dons d’argent.

Malheureusement de nos jours, nous oublions les choses essentielles de la vie, à savoir : une écoute, un sourire, une attention, une main tendue, un service rendu… Une minute de notre temps peut procurer beaucoup de bien-être à autrui. Nous devons donc tout d’abord apprendre à comprendre les autres afin de remplir notre obligation de ‘Hessed : les observer, nous mettre à leur place, et nous demander comment les aider lorsqu’ils en ont besoin. L’écoute par exemple, est une Tsédaka du cœur, car elle nécessite un don de soi total. 

On retrouve cette notion dans les initiales du Chéma Israël-Écoute Israël- qui forment le mot shaï, signifiant cadeau ou don en hébreu. C’est parce que je l’écoute que l’autre existe.

La Guémara4 nous enseigne que sauver un homme équivaut à sauver l’humanité entière. Nous avons une responsabilité à la fois individuelle et collective en tant que Juifs. Nous devons nous sentir concernés par le sort de l’autre. Chaque fois que mon prochain est dans le besoin et qu’il ressent la nécessité d’être aidé, physiquement ou moralement, il est une Mitsva de lui venir en aide.

Il faut savoir qu’en ce qui concerne de nombreuses actions de ‘hessed, il ne faut pas attendre que l’autre soit dans l’obligation de demander. C’est une position gênante et désagréable en effet, qui engendre souvent que la personne préférera souffrir ou subir, plutôt que de faire appel aux services d’autrui.

Le Pélé Yoets recommande : « Que toute personne essaie de faire son maximum pour le ‘Hessed. Peu ou beaucoup, l’essentiel étant de faire. Voici une mitsva de la Torah facile à réaliser, regardez, il suffit d’ouvrir sa porte à ceux qui en ont besoin, de prêter son balai, de dire bonjour, de confectionner un gâteau, etc ! »

C’est de cette manière, parce que tous ces actes et comportements influenceront notre état d’esprit, que nos sentiments feront pencher notre cœur du bon côté. Mais il nous reste encore à savoir comment est-il possible d’éprouver le même degré d’amour pour autrui que pour soi-même, pour un grand Tsadik que pour un simple Juif ?

Le Yérouchalmi nous enseigne que si un homme, en coupant sa viande avec la main droite, fait maladroitement déraper son couteau sur sa main gauche et la coupe, il ne lui viendrait pas à l’idée de couper sa main droite avec sa main gauche pour se venger !

Tout le peuple Juif est considéré comme un seul corps par Hachem notre Créateur. C’est ainsi que pour Rabbi Akiva, l’amour du prochain est beaucoup plus qu’une simple obligation de la Torah, il s’agit de l’un de ses grands principes, dont chacun des commandements émane.

Il faut étudier les lois de ‘Hessed et s’imprégner de leur profondeur et ce, au même titre que les lois du Chabbat ou de la Cacherout. On a souvent tendance à penser que le mot «’Hessed» a pour synonyme « gentillesse », mais sa signification est bien plus profonde. C’est en fait un acte de bonté qui s’accomplit sans aucun intérêt personnel.

Rabbi Yo’hanan Ben Zakaï sortait de Yérouchalaïm et Rabbi Yéochoua le suivait. Voyant le Beth HaMikdach détruit, il s’écria alors : « Malheur à nous : cet endroit qui permettait le pardon de nos fautes est détruit ! » « N’aie crainte mon fils, répondit Rabbi Yo’hanan, nous avons encore une autre chose équivalente : « Guemilout ‘Hassadim. »

La Guémara5 nous rapporte que le ‘Hessed fait partie des vertus dont on touche l’intérêt dans ce monde-ci, et dont le capital est réservé pour le monde à venir.

En  conclusion, rappelons que nos Sages nous enseignent : « Plus grand est celui qui fait un sourire à son ami que celui qui lui donne du lait à boire.»

Autrement dit : il est vrai que nous avons le devoir et l’obligation de venir en aide à notre prochain lorsqu’il est dans le besoin ; mais être souriant, parler avec humour, rendre visite aux malades, consoler un endeuillé, etc, sont autant d’actes de générosité qui contribuent au bien-être quotidien de notre prochain, et créent harmonie et Chalom.

Et comme Rabbi Eli’ézer nous l’enseigne6, le fait de s’occuper de Torah et de pratiquer la Guemilouth ‘hassadim, c’est-à-dire le ‘Hessed, affaiblit ou évite les douleurs qui précédent la venue de Machia’h, qui nous l’espérons, se trouve déjà derrière la porte…

1Michné Torah Hilkhot Déot (6 ; 3)

2Mitsva 243

3Mitsva 206

4Baba Batra 11a

5Chabbat 127a

6Sanhédrin 98b

Les 13 attributs de miséricorde – Vayavor

La Guémara Roch Hachana 17b, nous enseigne ce qui suit : Rabbi Yo’hanane dit : « …Hachem s’enveloppa d’un Talit tel un officiant, et révéla à Moché la structure de la Téfila. IL lui dit :« Lorsque les Bneï Israël fauteront, qu’ils fassent devant Moi la Téfila de cette manière, et Je leur pardonnerai.»

Et Hachem enseigna à Moché les 13 attributs de miséricorde, comme il est dit dans Chémot 34;6 : « Et passa l’Éternel devant lui et il proclama : « Hachem ! Hachem ! D.ieu Tout-Puissant, Miséricordieux et clément, tardif à se mettre en colère, plein de bonté et de justice ; Il conserve Sa bonté jusqu’à 2000 générations ; supporte le délit, et la rébellion, et la faute et efface.»

De l’enseignement de cette Guémara nous voyons qu’Hachem conclut un accord avec Moché Rabénou qui nous assure que le fait de l’implorer en mentionnant les 13 attributs feront toujours de l’effet.

Le Rabénou Bé ‘Hayé nous enseigne qu’il faut comprendre les mots et le sens des 13 attributs. Tout celui qui les récite ainsi, ne verra jamais ses Téfilot vaines. (sauf s’il possède certaines fautes qui empêchent l’écoute de ses Téfilot)

Le Chaareï téchouva (§581;1) va même jusqu’à trancher la Halakha en disant qu’il est interdit de mentionner les 13 attributs sans ferveur.

Durant toute l’année et particulièrement au mois de Elloul et jusqu’à Yom Kippour, nous récitons les Séli’hot, dont l’élément essentiel sont les 13 attributs de miséricorde.

Ils jouent un rôle important dans notre processus de pardon et de téchouva. Cependant certains de nos Sages pensent que la Guémara citée ci-dessus ne vient pas enseigner de « dire » les 13 attributs mais de les « faire ». Ils doivent éveiller en nous la manière de se comporter avec notre prochain.

En effet il existe la Mitsva de marcher dans les voies de D.ieu comme il est écrit dans Devarim 28;9 : « וְהָלַכְתָּ בִּדְרָכָיו », ce qui signifie que nous devons adopter les mêmes attitudes que Lui, de même qu’Il est Miséricordieux, clément, tardif à se mettre en colère…c’est ainsi que nous devons être. 

Nos Sages nous enseignent que le traitement d’Hachem envers nous est calqué sur nos attitudes envers nos semblables.

Il convient de s’attacher et d’adhérer aux treize midot d’Hakadoch Baroukh Hou toute l’année, et de surcroît en période de « jours redoutables » où chacun d’entre nous sera jugé. Optons donc pour une attitude clémente et bienveillante envers nos semblables, pour bénéficier d’un jugement comparable