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Nefesh Yehudi

Téléchargez et découvrez le riche feuillet de l’étudiant. Chaque semaine appréciez un profond développement sous forme de questions-réponses sur un point de le paracha. Bonne lecture!

Vayéra

Dans l’épisode de la Akédat Yits’hak, la Torah nous raconte le déroulement des faits : Avraham « construisit l’autel », « prépara les bois », « lia Yits’hak », « le plaça sur l’autel » etc.

Toutefois, le texte ne nous dit pas comment Avraham a exécuté tous ces actes. Les a-t-il faits de ses mains, de ses pieds, de son dos ? À première vue, cette question semble inutile, car il est évident qu’Avraham a agi avec ses mains. Cela est tellement évident que la Torah ne nous le précise pas ! Certes, c’est évident. Mais alors, pourquoi la Torah nous le précise-t-elle dans les versets suivants, comme il est écrit :

« Avraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils » ? Il est tout aussi évident qu’Avraham prit le couteau avec la main ! Pourquoi donc nous le préciser ?! Lire la suite

Sommes-nous proches de l’animal?

Notre paracha de la semaine nous fera sauter 10 générations depuis Noa’h jusqu’à Avraham Avinou. Cet homme exceptionnel sera le premier à reconnaître et à servir le D’ Unique de toute chair. En effet, les générations d’après le déluge n’avaient pas atteint leur but et trébuchèrent dans le culte idolâtre. Les idoles se répandirent dans toutes les populations du globe comme le Iphone se répand dans nos contrées… Tout le monde le savait, le monde avait été créé par une Force surnaturelle. Seulement il est nettement plus facile de servir le soleil ou pour d’autres la lune (et de nos jours, le dieu argent) plus tôt que le D’ unique Qui demande un minimum d’éthique et de morale. Seulement avec le temps, et la facilité…  Ce n’est qu’Avram qui reconnaîtra l’inutilité de tous ces cultes et de toutes ces fausses valeurs… D’après un Midrach, Avram comprit très jeune, d’après un autre Midrach, il était alors adulte (c’est peut-être aussi un enseignement pour les générations futures à savoir qu’il n’existe pas d’âge pour faire Techouva et se rapprocher de la Tora et des Mitsvoth…). Finalement Abraham servit Hachem et tourna le dos à toutes les idoles de son pays et de sa maison paternelle. Son parcours ressemblerait de nos jours à celui d’un homme qui décide de jeter dans une fournaise (ardente) son Iphone avec son application Facebook… Seulement il ne se contentera pas d’une réflexion théologique poussée, mais qui reste du domaine intellectuel, il développera sa foi auprès de toute la population locale et fera des prosélytes qui suivront son chemin béni. Et lorsque Hachem dira à Avram de partir de Haran (dans les environs des Émirats…) en direction d’une terre inconnue (Israël), Avram prendra avec lui tous ses élèves. Le verset dit : « Et Avram partit et prit toutes les âmes qu’il avait fait à Haran, etc. ». Rachi explique que ce sont tous les convertis ; comme la Guemara l’enseigne : Avram convertissait les hommes et Sara, les femmes. » (Lorsque l’on parle conversion à cette époque reculée, il ne s’agissait pas véritablement de celle que l’on pratique de nos jours, car la Tora n’avait pas encore été donnée au Clall Israël –ce ne sera que près de 400 années après. Mais c’était un apprentissage à la foi en D’). Seulement de ce passage nous apprenons que la conversion c’est faire des nouveaux hommes. Comme la Guemara Yevamoth l’enseigne : un converti a le même statut (au niveau de la loi) qu’un nouveau-né.

Cet enseignement est à rapprocher avec un autre passage du Talmud (Sanhédrin 99b)qui enseigne : « Tout celui qui apprend la Tora au fils de son ami c’est comme s’il l’avait fait naître ! » Quel est le sens de ces paroles ? Le Maharcha explique d’après un verset que fondamentalement l’homme et l’animal sont proches. En effet, le quadrupède mange, boit et jouit de son pâturage tandis que l’homme cherche aussi à jouir de la vie. Et bien des fois, l’homme est beaucoup plus cruel (que les animaux) car on n’a jamais vu un éléphant exterminer d’autres éléphants (sa  race) tandis que l’histoire humaine est remplie de guerres et d’exterminations de toutes sortes… Donc la vraie différence (entre l’homme et l’animal), c’est sa capacité à se rapprocher et servir son Créateur au travers de la prière, des Mitsvoth et de l’étude de la Tora. Donc lorsqu’un homme enseignera à son prochain la Tora, il le fera devenir un être spirituel. Grâce à cela, il acquerra une connaissance qui l’élèvera au dessus du monde des bipèdes/quadrupèdes et l’amènera à la découverte d’un autre monde vrai et profond afin de se rapprocher de Son Créateur. Il s’agit donc bien d’une naissance… Mazel Tov ! (N’est-ce pas mes chers lecteurs ?).

On finira par une courte anecdote. Il s’agit du Maguid de la ville de Douvno (cela remonte à près de deux siècles en arrière). Une fois dans la rue il vit un spectacle étrange, celui d’un vieil aveugle qui était guidé par un enfant alors que tous les deux étaient habillés en haillons… Le rav s’adressa au vieillard qui ne répondait pas tandis que l’enfant chétif expliqua qu’il s’agissait de son père aveugle, que pour manger ils étaient obligés d’aller de synagogues en synagogues afin de demander la Tsedaka. Le rav prit en pitié de ces indigents et leur ouvrit grandement sa maison. Là-bas ils restèrent quelques jours mais rapidement le père rendit son âme à son Créateur ! Par la suite, le Maguid de Douvno déclara au jeune orphelin qu’il se faisait une question d’honneur de l’éduquer comme son propre fils. Le Maguid investit son temps et son énergie afin d’éduquer du mieux possible ce jeune orphelin ; il l’enverra au Talmud Tora de sa ville et le nourrira toutes ces années. Il s’est trouvé que ce jeune était un véritable surdoué : tout ce qu’il apprenait, il le retenait ! Avec le temps et sa grande assiduité, il deviendra le Gaon (Prince) de la Tora rabbi Chelomo Kluger Zatsal qui écrira de nombreuses responsas et livres sur toute la Tora. Lorsque –des années plus tard- le Maguid de Douvno disparaîtra, il arrivera en rêve (certainement à un de ses élèves) et dit : « Quand je suis arrivé devant le BETH DIN du Ciel, on m’a montré 50 livres que j’avais écrit au cours de ma vie… Je me suis étonné et j’ai dit : ‘De ma vie je n’ai jamais écrit ces livres…Ce ne sont pas les miens…’ On me répondit : » Effectivement, ce sont les livres du rav Kluger. Mais puisque tu l’as fait grandir chez toi, grâce à tes actions tu as une part dans toute cette Tora c’est pourquoi toute sa grandeur en Tora est mis à ton compte dans le Ciel comme si toi même tu les avais écrits ! »…

Pourquoi tu t’angoisses ?!

Cette semaine j’innoverai un peu… En effet, on vient de passer de magnifiques fêtes de Souccoth. Et cette année le peuple (tout du moins en Erets) a eu même la chance d’être confiné dans la Soucca ! Donc après avoir passé près de 7 jours 24h/24h dans la cabane sainte, on a pu emmagasiner une bonne dose de confiance en D’ et de joie dans le service divin qui nous accompagneront le long de toute l’année… Durant ces jours j’ai lu une anecdote intéressante (rapportée par le rav Nethanel Schwartz chilta) qui nous donnera un bon conseil –je l’espère- pour tous ceux qui ont  certaines difficultés à sortir de la morosité ambiante (à cause de Corona et autres…). Il s’agit d’un homme très débordé qui est venu rendre visite à un grand rav de Jérusalem et d’Israël : le rav Chelomo Zalman Auerbach zatsal (décédé il y a près de 20 ans). Notre homme avait de grosses responsabilités qui lui pesaient beaucoup et il était venu voir le rav Auerbach pour prendre conseil. Le rav lui demanda depuis combien de temps avait-il prit sur lui ces responsabilités communautaires? Il répondit depuis 25 années ! Le rav demanda : « Est-ce qu’il y a eu des périodes difficiles ? » Il répondit, c’est fréquent ! Est-ce qu’Hachem ne t’as pas envoyé
Son aide ? Toujours, mais l’angoisse me revient fréquemment en fin de mois… Le rav : « Tu vois que c’est D’ Qui organise tes affaires… alors pourquoi tu t’angoisses ? Tu n’es pas seul au monde à être responsable d’autres personnes sur terre ! Il y a le patron de son entreprise, mais aussi chaque père de famille qui se doit de marier ses enfants… Tu n’es pas seul… Hachem est avec toi ! Le contraire de l’angoisse c’est de placer sa confiance en Hachem. Comment faire ? Je te propose de prendre un petit carnet que tu garderas précieusement. Dedans tu marqueras toutes les petites (ou grandes) délivrances que D’ te fait quotidiennement dans ta vie (on prendra un exemple proche de nous : comment –certains- ont guéri du Corona (sans avoir besoin d’appareils respiratoires –que D’ nous en garde)…Ou encore comment on a réussi à passer le mois dernier alors qu’on est depuis pas mal de temps sans travail, etc…). Et avant la bénédiction de « Modim » que l’on dit dans la prière quotidienne… Sors ce petit carnet et regardes et lis toutes ces belles réussites que Hachem t’a octroyées … Tu verras que toutes tes angoisses disparaîtront… ».

Je finirais cette semaine par une véritable histoire que je voulais vous présenter il y a déjà quelques mois. Comme je vous ai parlé de foi et confiance en Hachem –le meilleur remède  contre les angoisses de notre époque- je continuerais sur ma lancée. Il s’agit d’un très riche homme de la communauté new-yorkaise. Comme vous le savez, cette communauté à particulièrement été touchée par le Corona. Cet homme – semble-t-il d’âge avancé – avait lui aussi été touché par le fléau. Il a été conduit à l’hôpital, sa situation était si grave qu’il a dû être placé de suite en service de réanimation –que D’ nous en préserve. Or son état continua à se dégrader jusqu’à ce qu’il tombe dans le coma… Puis les médecins constatèrent sa mort clinique… (Cette histoire vraie a été rapporté par le rav Genout dans Dirchou il y a quelques mois lors de la première vague du Covid 19). Seulement après un certain temps, il recouvrit ses esprits et ses forces… Au point qu’il sortira indemne de l’hôpital : béni soit le Guérisseur de toutes les plaies ! Retourné à sa maison il décida de faire une fête pour commémorer son miraculeux sauvetage. A l’occasion il invitera tous ses amis et connaissances à venir participer à sa joie (par le biais du téléphone et du zoom…). Lors de cette rencontre amicale virtuelle, il prit la parole et raconta son histoire : « Lorsque je suis tombé dans le comas puis en mort clinique, j’ai ressenti que mon âme s’envolait et se tenait devant le Beth Din ! On m’a montré alors toutes mes actions sur terre : je devais passer en jugement. C’est alors qu’une voix s’est faite entendre, il s’agissait d’un défendeur qui criait : »Tsédaka tatsil mimavet! » La Tsedaka sauve de la mort! (un verset de Kohélet). Il m’a été dit : « Puisque cet homme de par ses deniers soutient les institutions de Tora sur terre, alors il aura droit à la vie sauve et à revenir en bas ! » Fin des paroles époustouflantes. Et notre homme dira à l’assemblée (parmi lesquels des rabanim d’Erets qui étaient aussi au bout du fil), c’est vrai qu’avec corona beaucoup de mes affaires ne sont pas bien florissantes mais j’ai la preuve que c’est grâce à ma générosité (pour le soutien au monde des Collelim et Yechivots que je dois ma vie sauve… Donc je TRIPLERAIS mon aide cette année et je vous pousserai, mes chers amis, à faire de même ! » Fin de l’anecdote véritable qui nous révélera une vérité déjà connue : c’est la générosité que l’on fait (en particulier pour les institutions de Tora) qui rallonge nos jours et pas seulement les masques portés à longueur de journée…

Chabath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold
Tél. 00-972-556778747, e-mail : 9094412g@gmail.com

On souhaitera une grande bénédiction à Israël Gold et son épouse Orly (Ramat Beth Chemech 3) à l’occasion de la Bar-Mitsva de leur fils Nehouraï Néro Yaïr. Qu’ils aient le mérite de le voir grandir dans la Tora, les mitsvoth et la crainte du Ciel.

Ki Tavo

« Maudit soit quiconque n’accomplira pas (YAKIM) les paroles de cette Torah-ci pour les faire… » Devarim 27;26

Les commentateurs expliquent de différentes manières le terme Yakim/accomplir, et la signification de ce verset, qui clôt les malédictions. Une des nombreuses réponses données par nos Sages, est de traduire « Yakim » par lever.

Le Yerouchalmi (Sota 7;4 -Korban Ha Eda), explique qu’il ne s’agit pas d’une Mitsva d’ordre général, mais elle fait référence à celui qui ne lève pas «YAKIM» le Sefer Torah comme il faut. Mistva plus connue sous le nom de la Hagbaa (action de lever et de présenter la Torah à l’assemblée).

Les paroles du Yerouchalmi ont de quoi nous surprendre, surtout que d’après nos connaissances, la Hagbaa n’est pas une Mitsva de la Torah. Qui y a-t-il de si grave de « mal » faire la Hagbaa ?! Lire la suite

UNE BELLE SILHOUETTE POUR LES FÊTES

On pourrait croire que la Téchouva est utile et nécessaire uniquement pour celui qui ne fait aucune Mitsva et qui est très loin de la Torah. Mais pour celui qui respecte le Chabat, mange cachère, prie à la synagogue et étudie la Torah… tout va bien, grâce à D.ieu ! La Téchouva, c’est pour les autres… Il faut savoir que les plus grands Rabanim tels Baba Salé et le ‘Hafets ‘Haïm tremblaient à l’approche du mois d’Elloul. Pourtant, qu’ont-ils à se reprocher, ces Tsadikim ?
Chacun d’entre nous doit demander la miséricorde, car comme l’a dit le plus sage de tous les hommes dans Kohélet (7;20) : « Il n’est pas d’homme juste sur terre qui fasse le bien sans jamais faillir.». Mais surtout, parce que les Tsadikim étudient la Torah et sont plus proches de D.ieu, ils connaissent l’impact et la gravité de la faute. En effet, plus on progresse dans la Torah et la Avodat Hachem, plus on est sensible à la transgression ; sa vue nous bouleverse, sa présence nous dérange. Par contre, celui qui stagne ne sent pas qu’il a besoin d’avancer : il est à l’aise à sa place et ne se pose plus de questions puisqu’il ne faute pas.


Cela me rappelle une histoire. Un jour d’été, sous la lourde chaleur de Bneï Brak, je monte la rue Rabbi Akiva lorsqu’ arrive un camion de poubelles dégageant une odeur épouvantable. En effet, la température élevée en été décuple les odeurs nauséabondes des ordures au point qu’il est très difficile de rester à proximité. Derrière le camion, je vois l’éboueur suspendu à la barre verticale, une glace à la main. Il semble très heureux de la lécher pendant que le camion roule. Incroyable ! Comment peut-on manger lorsque le camion empeste et qu’il est à peine possible de respirer ? La réponse est simple : l’éboueur vit toute la journée près du camion, c’est son quotidien. La mauvaise odeur ne le dérange pas, mais pour nous qui sommes plus raffinés, cette odeur est insupportable.
De même, lorsqu’une personne pense que tout va bien et qu’elle n’a rien à se reprocher, elle ressemble à cet éboueur qui savoure sa glace accroché au camion de poubelles. Tout va bien, pense-t-elle, tout roule. Comme il est enseigné dans la Guémara (Kidouchine 40a), « lorsqu’un homme commet une transgression et la reproduit, elle lui semble permise », c’est-à-dire qu’il ne sent plus la faute. Pour ne pas tomber dans cette situation, nous devons sans cesse chercher à nous améliorer et à peaufiner notre Avodat Hachem pour devenir sensible et avancer dans le bon chemin.
Rappelons que le pire des quatre fils de la Hagada de Pessa’h n’est pas le fils méchant, comme nous avons tendance à le penser, mais celui qui ne sait pas poser de questions. En effet, il ne pose pas de question car pour lui, tout va bien, et c’est de là que vient le danger.
Les prétextes qui nous freinent…
Très souvent, chacun au niveau où il se trouve, invente comme prétexte que l’étude de la Torah et son application sont trop difficiles, lourdes à porter. Couramment, on définit la Torah comme un joug, un mode de vie difficile et insurmontable : ne mange pas ceci, fais cela, ne va pas là-bas, tiens-toi comme cela… Mais il faut savoir que de toute façon, dans la vie, chacun devra choisir un joug. Certains choisiront celui de la mode, d’autres de l’automobile, de la diététique et du bio, ou encore des voyages. Certaines personnes plus exigeantes en choisiront plusieurs, voire tous.
En effet, ces modes de vie demandent aussi un grand engagement physique et financier. De plus, l’opinion des autres est impitoyable car il faut constamment se montrer à la page…
Prenons l’exemple de la cacheroute.
On peut parfois penser qu’il est très difficile de manger strictement cachère, de faire attention aux moindres détails tels que la vérification des insectes, les prélèvements de la dîme en Israël, le mélange de lait et de viande. Certes, on ne peut pas tout manger, là où on veut et quand on veut.
Par contre, tout le monde sait qu’une personne au régime réfléchit avant la consommation de chaque aliment. Elle compte chaque calorie, se montre capable d’attendre six heures entre deux repas, s’abstient de manger les plats les plus exquis offerts à une grande réception et se pèse trois fois par jour. Elle craint, ‘hass véchalom, de prendre un gramme de trop. Elle fait preuve d’une volonté extraordinaire pour surmonter ses instincts et ses envies dans le but de réduire son poids et d’amincir sa silhouette.
Si un homme est capable de cela, il pourra le faire aussi pour la Torah. Il lui suffit juste d’orienter sa volonté dans la bonne direction. Aussi, n’hésitons pas en ce mois d’Elloul à changer de direction et à réduire le poids des fautes de notre néchama. Réfléchissons à chaque action qui se présente à nous, pesons et mesurons les avérot, montrons-nous capables de nous abstenir des plaisirs nuisibles. Pesons-nous intérieurement pour vérifier si nous n’avons pas pris un gramme d’impureté aujourd’hui. De cette façon, notre néchama aura acquis la plus belle des silhouettes avant Roch Hachana.

Les 13 attributs de miséricorde – Vayavor

La Guémara Roch Hachana 17b, nous enseigne ce qui suit : Rabbi Yo’hanane dit : « …Hachem s’enveloppa d’un Talit tel un officiant, et révéla à Moché la structure de la Téfila. IL lui dit :« Lorsque les Bneï Israël fauteront, qu’ils fassent devant Moi la Téfila de cette manière, et Je leur pardonnerai.»

Et Hachem enseigna à Moché les 13 attributs de miséricorde, comme il est dit dans Chémot 34;6 : « Et passa l’Éternel devant lui et il proclama : « Hachem ! Hachem ! D.ieu Tout-Puissant, Miséricordieux et clément, tardif à se mettre en colère, plein de bonté et de justice ; Il conserve Sa bonté jusqu’à 2000 générations ; supporte le délit, et la rébellion, et la faute et efface.»

De l’enseignement de cette Guémara nous voyons qu’Hachem conclut un accord avec Moché Rabénou qui nous assure que le fait de l’implorer en mentionnant les 13 attributs feront toujours de l’effet.

Le Rabénou Bé ‘Hayé nous enseigne qu’il faut comprendre les mots et le sens des 13 attributs. Tout celui qui les récite ainsi, ne verra jamais ses Téfilot vaines. (sauf s’il possède certaines fautes qui empêchent l’écoute de ses Téfilot)

Le Chaareï téchouva (§581;1) va même jusqu’à trancher la Halakha en disant qu’il est interdit de mentionner les 13 attributs sans ferveur.

Durant toute l’année et particulièrement au mois de Elloul et jusqu’à Yom Kippour, nous récitons les Séli’hot, dont l’élément essentiel sont les 13 attributs de miséricorde.

Ils jouent un rôle important dans notre processus de pardon et de téchouva. Cependant certains de nos Sages pensent que la Guémara citée ci-dessus ne vient pas enseigner de « dire » les 13 attributs mais de les « faire ». Ils doivent éveiller en nous la manière de se comporter avec notre prochain.

En effet il existe la Mitsva de marcher dans les voies de D.ieu comme il est écrit dans Devarim 28;9 : « וְהָלַכְתָּ בִּדְרָכָיו », ce qui signifie que nous devons adopter les mêmes attitudes que Lui, de même qu’Il est Miséricordieux, clément, tardif à se mettre en colère…c’est ainsi que nous devons être. 

Nos Sages nous enseignent que le traitement d’Hachem envers nous est calqué sur nos attitudes envers nos semblables.

Il convient de s’attacher et d’adhérer aux treize midot d’Hakadoch Baroukh Hou toute l’année, et de surcroît en période de « jours redoutables » où chacun d’entre nous sera jugé. Optons donc pour une attitude clémente et bienveillante envers nos semblables, pour bénéficier d’un jugement comparable

Parachat Réé – Av, le mois du père

Pourquoi les grandes vacances ont-elles lieu en cette période entre les mois d’Av et d’Elloul ? Elles auraient pu tomber à ‘Hanouka ou à Pessa’h…

Il est écrit dans notre paracha : « Banim atem lachem/vous êtes des fils pour D.ieu” (Dévarim 14;1). Essayons de comprendre cette notion de « banim ». Que signifie être les enfants de Hakadoch Baroukh Hou ?

La Guémara (Baba Batra 10a) nous donne quelques précisions à ce sujet :

« vous êtes appelés fils et vous êtes appelés serviteurs ; lorsque vous faites la volonté de D.ieu, vous êtes appelés des fils, mais lorsque vous ne faites pas la volonté de D.ieu, vous êtes appelés des serviteurs. » fin des paroles de la Guémara.

Dans un premier temps, il faudrait essayer de comprendre cet enseignement de la Guémara. A première vue, cela ne semble pas très logique. En effet, que je fasse Sa Volonté ou pas, cela change-t-il quelque chose si je suis son fils ? Et dans le sens inverse, pourquoi serais-je appelé serviteur si je ne fais pas Sa volonté ?!

Il aurait été plus logique d’écrire ces deux informations dans le sens inverse : si tu fais Sa volonté tu es appelé Son serviteur, mais si tu ne fais pas Sa volonté, tu es appelé Son fils. Car que l’on veuille ou non, un fils reste un fils ; ferait-il les plus grandes sottises, il restera à jamais Son fils, contrairement à un serviteur.

Pour mieux comprendre la Guémara, il faut procéder à une lecture plus attentive du mot « volonté ». Accomplir une volonté, c’est lorsque celle-ci n’a pas été demandée ou imposée par l’autre. Prenons un exemple : imaginez que votre père rentre à la maison après une journée de travail. Vous le voyez fatigué de sa journée. Sans qu’il vous le demande, vous devinez qu’un bon café ou un grand verre d’eau fraîche lui ferait du bien. En le lui apportant, vous accomplissez sa volonté. Si, par contre, il vous le demande, cela devient obligatoire. Ce n’est plus une « volonté », mais une obligation découlant des lois de Kiboud Av [respect du père].

Agissons ainsi avec notre Père, Hakadoch Baroukh Hou. Soyons comme des fils qui font Sa volonté et pas comme des fonctionnaires qui font le strict minimum (ce qui, pour certains et dans certaines situations, sera tout de même très bien ; chacun doit savoir où il se situe).

Pour revenir à la question posée initialement : « pourquoi les grandes vacances tombent-elles en cette période ? », essayons de définir les « grandes vacances ». C’est une longue période où les enfants n’ont plus école. Se trouvant à la maison du matin jusqu’au soir, ils sont en mode « demandeur » : j’ai faim, fais-moi ci, achète-moi ça, je veux ça… Ils font des bêtises, se chamaillent, se salissent… Donc, en fonction de chaque situation, les parents doivent menacer, intervenir, sévir… Mais parfois, souvent même, on craque. Comme ce sont nos enfants, nous les connaissons bien ; nous savons qu’il y a parmi eux l’enfant calme, l’agité, le sensible, le lent, le malin… Chacun ne peut pas répondre aux mêmes exigences. Mais c’est surtout une période exceptionnelle de proximité entre les membres de la famille qui, pendant plusieurs semaines, vivent ensemble constamment.

Alors on essaie d’en profiter : on évite les punitions, on multiplie l’écoute et les récompenses, même si parfois…

Nous sommes à la veille du mois d’Elloul, la période des séli’hot. Nous allons demander à notre Père, Avinou Malkénou, de nous pardonner, d’accepter notre Téchouva et nos Téfilot, de nous inscrire dans le livre de la vie, de la santé, de la parnassa…. A plusieurs reprises, nous invoquons Hakadoch Baroukh Hou en tant que père. Mais pour appeler un père, encore faut-il être un fils…

Pendant les « grandes vacances »,juste avant Elloul, les Séli’hot et Roch Hachana, nous allons demander d’être jugés comme des banim, des fils, et non pas comme des avadim, des serviteurs, car la bienveillance d’un père envers son fils est incomparable.

Les « grandes vacances » sont une période privilégiée pour nous faire prendre conscience des jours exceptionnels qui s’annoncent. En cette période, nous allons jouer le rôle du père plus que jamais, afin de mieux s’imprégner cette notion de « Rah’em av âl banim – la pitié du père envers ses enfants ». Forts d’avoir intégré cette notion, notre travail du mois d’Elloul sera de jouer le rôle de l’enfant envers Hakadoch Baroukh Hou.

Puisque durant la période des « grandes vacances », nous avons ressenti ce qui est désagréable à un père, nous pourrons aborder Elloul comme des enfants exemplaires, en essayant de parfaire notre comportement avec notre Père.

Si nous sommes Ses fils, Hachem connaît nos capacités et sait que nous ne pouvons pas tous répondre aux mêmes exigences. Toutefois, Il verra les efforts que nous avons investis pour améliorer notre comportement et notre relation avec Lui.

Profitons de cette période de proximité et de miséricorde avec notre Père, pour investir le maximum d’efforts et arriver méritants au jour du jugement.

Chabat Chalom

Rav Mordékhaï Bismuth

Bamidbar

Rachi nous explique que « c’est par amour qu’Hachem porte pour les Bneï Israël, qu’Il les compte à tout moment. Il les a comptés lorsqu’ils sont sortis d’égypte, et de nouveau après qu’ils déchurent par la faute du veau d’or afin de connaître le nombre de survivant (voir chémot 38;26), et encore une fois lorsqu’Il est venu faire résider Sa chékhina sur eux. »

Une question se pose sur le premier commentaire de Rachi lorsqu’il dit qu’Hachem «  les compte à tout moment », or par la suite de son commentaire ne voyons-nous pas qu’il ne les a fait dénombrer qu’à certaines occasions ?

Le fait d’être compté attribue une importance à l’objet ou la personne dénombrée comme nous dit la Guémara (Beitsa 3b) « une chose qui est dénombrée ne peut s’annuler même parmi mille autres ». Lire la suite