16 juin 2024

This is a photograph of asian businessman on black background

CHEMOT : Noblesse oblige

« Et voici les noms des BneĂŻ IsraĂ«l qui arrivent en Égypte »

Le dĂ©but de la Paracha nous donne une nouvelle fois la liste des fils de Yaakov Ă  leur venue en Égypte alors qu’on la connaissait dĂ©jĂ  dans les Parachas prĂ©cĂ©dentes. Rachi rapporte un verset du prophĂšte IsaĂŻe disant qu’Hachem compte et nomme les Ă©toiles dans le firmament lorsqu’Il les sort la nuit, de la mĂȘme maniĂšre la Thora dĂ©nombre les fils de Yaakov dans leur descente en Égypte .

Le Rav Yaacov Kaminetski zatsal approfondit le sens de la parabole pour dire qu’une Ă©toile en pleine journĂ©e n’est pas visible, car la lumiĂšre du soleil empĂȘche sa perception et c’est seulement dans l’obscuritĂ© de la nuit que l’on dĂ©couvrira la lumiĂšre de ces astres ; de la mĂȘme maniĂšre, la grandeur des fils de Yaakov n’est pas visible du temps oĂč Yaakov Ă©tait vivant c’est seulement aprĂšs sa disparition et la descente en Égypte que l’on dĂ©couvre la grandeur de ses fils. Plus l’obscuritĂ© de l’Égypte est grande plus l’éclat et le rayonnement des enfants est important. C’est Ă  l’image des Ă©toiles du ciel.

 C’est aussi ce qu’ont dit les Sages, tout le temps que les enfants de Yaakov Ă©taient encore vivants l’esclavage n’a pas commencĂ© c’est-Ă -dire que la prĂ©sence du Tsadiq/du juste empĂȘche l’obscuritĂ© de l’exil. Cette mĂȘme idĂ©e se retrouve dans le Midrach (1.8) qui enseigne que tout le temps que Yoseph Ă©tait vivant les BneĂŻ IsraĂ«l  maintenaient la Brit Mila. À  sa mort, ils ont abandonnĂ© cette Mitzva.

On peut illustrer cela par une petite anecdote. Nous savons qu’à la fin de sa vie le Hafets Haim ( dĂ©cĂ©dĂ© en 1933 en Lituanie) voulait Ă  tout prix monter en Erets Israel en donnant comme  raison le fait qu’il n’avait plus la force de combattre pour que la Thora reste la centralitĂ© du Clall Israel ( La situation Ă©tait lamentable  en Europe Centrale de plus le Rav Ă©tait alors trĂšs ĂągĂ©). Le Av Beit Din de Vilna l’en dissuada (de monter en Erets IsraĂ«l) en Ă©voquant l’image que tout le temps ou le grand-pĂšre se tient Ă  la table familiale mĂȘme le petit fils qui est en bout-de-table se tient Ă  ‘carreau’,mais si le vieux grand-pĂšre quitte l’endroit alors c’est le
BALAGAN (en français le dĂ©sordre ). »

Le Or A’haĂŻm Hakadoch  dit sur ce verset ” 
 et Yossef mourut ainsi que toute sa gĂ©nĂ©ration” que l’esclavage est venu petit Ă  petit. Tout le temps oĂč Yossef Ă©tait vivant, les Bnei IsraĂ«l Ă©taient respectables aux yeux des Ă©gyptiens. Quand il est mort, ils sont descendus dans l’estime de Pharaon et de son peuple. Puis quand tous les derniers frĂšres ont aussi disparu, les Bnei IsraĂ«l Ă©taient dĂ©nigrĂ©s. Lorsqu’ Ă  la fin, toute la gĂ©nĂ©ration est morte: lĂ  a commencĂ© vĂ©ritablement l’asservissement.

Le Rav ChmoulĂ©vits Zatsal dans son livre Sihot Moussar (1° annĂ©e 28) tire de lĂ  un grand enseignement : il est connu que de tout temps l’Égypte Ă©tait le siĂšge de toutes les impuretĂ©s (Ervat Haarets) malgrĂ© tout, les Ă©gyptiens n’ont pas rĂ©ussi Ă  asservir les BneĂŻ IsraĂ«l, car ces derniers Ă©taient HONORABLES et importants Ă  leurs propres yeux. Et c’est seulement lorsqu’eux mĂȘme sont descendus dans leur propre estime qu’alors a pu commencer le vrai esclavage.

Le Rav tire de cet Ă©pisode un enseignement : tant que le juif accorde une valeur importante Ă  lui- mĂȘme, alors le Yetser n’a pas la force de le faire trĂ©bucher, mais si ce dernier perd son Kavod (honneur) le Yetser pourra le faire tomber bien bas en lui chuchotant Ă  l’oreille : de toute façon tu ne vaux pas grand-chose, donc ce n’est pas pour toi le cours de Thora ou la confĂ©rence de tel Rav ! Pour illustrer ce point de considĂ©ration de sa personne, on va prendre l’exemple trĂšs simple de l’habit juif, vous savez celui des orthodoxes de JĂ©rusalem ou de BnĂ© Brak avec leurs chapeaux et redingotes noirs ! C’est quelque chose qui frappe les touristes et aussi les simples israĂ©liens mais si l’on veut aller un peu plus loin que le clichĂ©, c’est un message clair qui veut dire qu’un juif reste le fils
du Roi du Monde et donc qu’il doit se vĂȘtir en fonction de son rang. D’aprĂšs cela, tout le contraire est vrai ! Lorsque l’on voit un des fils d’Hachem se promener en Tong/tatanes avec un short court effilocher (etc.) c’est un peu comme si on voyait le Prince de Galles se promener en jeans dans les rues de Londres ! On dirait alors que c’est inadĂ©quat, Ă  plus forte raison tout homme peut comprendre que du fait de son rang (au service du CrĂ©ateur), il doit se comporter en connaissance de cause. (l’inverse de ce qu’implique le proverbe français : « l’habit ne fait pas le moine !! »).Ce sentiment de Nih’badout de respect et d’honneur de soi-mĂȘme en tant que juif est un point important dans le domaine de l’éducation, et s’il est bien intĂ©grĂ© dans la famille alors la bataille est dĂ©jĂ  en partie gagnĂ©e.

 Rav David Gold—9094412g@gmail.com