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Noa’h : PRÉSERVER NOTRE OXYGÈNE

« Elokim dit à Noa’h  : « La fin de toute chair est venue devant Moi, car la terre est remplie de violence à cause d’eux et voici Je les détruis avec la terre.» Beréchit  (6 ; 13)

Tout le monde connaît l’histoire de l’arche de Noé! Hachem décida de détruire le monde et ordonna à Noa’h de construire une arche afin de s’y réfugier et de sauver sa vie.

Comme le monde est un éternel recommencement, nous allons voir comment la génération de Noa’h et la nôtre se ressemblent sous divers aspects, malgré les milliers d’années qui les séparent.

La terre était remplie de vol, de violence, de corruption, et de débauche tant chez les hommes que chez les animaux. D.ieu annonça donc à Noa’h Sa décision de détruire le monde par un déluge.

Ce déluge, dont les eaux étaient bouillantes, devait anéantir tout être vivant sur la surface de la terre, excepté Noa’h et sa famille ainsi que les poissons qui n’avaient pas fauté. Hachem fit d’ailleurs un miracle en leur faveur : les eaux se trouvant dans le périmètre de l’arche restèrent à une température normale afin de les maintenir en vie.

Hachem ordonna donc à Noa’h de construire une arche qui devait les contenir lui et ses proches, ainsi que les couples de chaque espèce animale qui ne s’était pas débauchée.

Noa’h exécuta les ordres du Créateur.

Le Sefer « Maayane Hachavoua » rapporte la Guémara (Zévah’im 113b) qui relate l’histoire du Réem, une espèce de gros mammouth, trop grand pour rentrer dans l’arche. Il fut pourtant sauvé du déluge en nageant sans cesse dans ce fameux périmètre protégé.

La Guémara pose la question suivante : Comment pouvait-il respirer ? Même s’il nageait dans des eaux à température vivable, les eaux avaient submergé le monde et il n’était pas poisson.

La Guémara répond que sa trompe était dans l’arche et que seul son corps était resté à l’extérieur. Et effectivement, pour la survie de Noa’h, sa famille ainsi que des animaux, il y avait de l’oxygène à l’intérieur de l’arche.

En quoi l’histoire du déluge nous parle-t-elle aujourd’hui ? En quoi la génération de Noa’h et du déluge représente-t-elle une mise en garde pour la postérité ?

Hachem nous a fait la promesse de ne plus ré-envoyer de déluge sur le monde, comme il est écrit : « … et il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre. » (Beréchit 9 ; 11)

Pourtant, n’avons-nous pas reproduit les mêmes horreurs que cette génération passée ?

Vol, violence, corruption, débauche, constituent malheureusement la toile de fond de notre quotidien. D’autant que les nouvelles technologies permettent de propager, diffuser, gangrener et empoisonner à vitesse grand V et à échelle internationale.

Notre société actuelle pousse à la recherche des plaisirs immédiats et l’un des mots d’ordre aujourd’hui est : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! » (Yechaya 22 ; 13)

La perversité s’est installée et nos pensées sont polluées.

Apprenons de nos pères et sauvons nos enfants.

Noa’h a vécu à contre courant, malgré les gens qui le prenaient pour un fou, et toutes les tentations du monde environnant sans limites et sans lois, il est pourtant resté droit, intègre, sincère avec D.ieu, et déterminé : il n’a pas cessé de construire l’arche afin de sauver sa vie et celle de ses proches,et surtout, afin de respecter la volonté de Son Créateur.

Hachem est bon et miséricordieux, Il a donné à Noa’h les plans de l’arche, mais nous aussi nous avons notre Arche. Une Arche des temps modernes, qui diffuse de l’oxygène dans les synagogues, les centres d’étude, les yéchivoth, etc… Alors n’hésitons pas ! Nous devons absolument y entrer, nous y asseoir, étudier, prier, et bien sûr comme Noa’h, y emmener nos proches.

Comme Noa’h nous devons nous déconnecter de la société, abandonner notre génération, et pénétrer dans l’Arche spirituelle qui nous assurera un avenir sain et saint dans le monde de la Torah et des Mitsvot.

Il est évident qu’il n’est pas toujours facile de se couper totalement de la société, notamment pour des raisons de parnassa, ou autre. Ces raisons sont presque toujours d’un ordre matériel et on ne peut pas les négliger, mais Hachem donne à chacun des moyens d’accès à l’évolution.

Prenons comme exemple notre mammouth. Malgré son impossibilité physique de rentrer complètement dans l’arche, il est resté à côté en nageant autour, dans le périmètre vivable. Son corps (le matériel) est donc resté à l’extérieur, mais sa tête (ses pensées, son être) était à l’intérieur de l’arche afin de pouvoir respirer.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Que le matériel : l’argent, le travail… ne doivent pas être ce qui nous maintient en vie.

Notre oxygène à nous se trouve dans la Torah.

Étudier, ne serait-ce que quelques minutes pour commencer, ne serait-ce que quelques passages de Torah, doit représenter pour nous l’essentiel de la vie.

Le Juif est fait pour cela ! Lorsqu’il plonge dans la Torah, il est comme un poisson dans l’eau. Véritablement! D’ailleurs la Torah est comparée à l’eau.

Aidons nos enfants à respirer de l’air pur, guidons-les vers les sommets. Et si nous n’avons pas la chance d’avoir tout notre corps dans l’Arche, faisons en sorte que nos enfants aient ce privilège.

Il s’agit véritablement de sauver sa vie même si cela n’en a pas l’air et si nous pouvons sembler fous. C’est l’éternel recommencement !

Étudions ce qui s’est passé, regardons ce qui se passe aujourd’hui, et réfléchissons, interrogeons-nous, ouvrons les yeux, ne soyons pas comme des moutons, à suivre aveuglément la première mode venue !

Pensons ! Avec le souci de l’authenticité.

Et puis sautons dans l’Arche avant qu’il ne soit trop tard ! Le déluge menace, il a peut-être déjà commencé…

Chabat Chalom

Rav Mordekhai Bismuth

Noa’h: Pourquoi le déluge?

Voilà qu’à peine 10 générations depuis Adam – le premier homme – les hommes ont fauté. Le verset rapporte deux catégories de fautes: les relations interdites et le vol. Mais étrangement, Rachi – citant les Sages – enseigne que le décret final d’extermination de toute la génération par le déluge a été scellé à cause du VOL! Or on sait tous que la sanction du vol n’est PAS la peine capitale, mais uniquement le remboursement du larcin et l’amende sera doublée dans le cas où c’est un vol à la dérobade. Tandis que pour une bonne partie des relations interdites il en va de la peine capitale! Donc comment expliquer le fait que ce soit justement le vol qui ait entraîné la destruction de toute la civilisation de l’époque de Noah?

Le Rav Chaoul Nétenzon Zatsal (rapporté dans Tlalé Orot) l’explique d’une manière formidable à partir d’une allégorie de Michelei du Roi Salomon. Un jour un pélican rentra son bec dans la mer afin de pécher sa proie. Il attrapa un poisson qui avant d’être englouti implora l’oiseau de ne pas l’avaler! Mais au moment où notre pauvre poisson ouvrit sa bouche pour parler, sortirent de sa propre bouche plein de tous petits poissons qu’il venait d’avaler! Le pélican lui dit alors: ‘Tu n’es qu’un grand menteur! Tu me supplies de te laisser en paix tandis que toi, dans le même temps tu n’as pas de pitié de tes propres FRERES!’.

Le Rav Nétenzon explique que c’est la raison pour laquelle la génération du déluge a été condamnée pour vol! Effectivement il existait des fautes beaucoup plus graves comme l’adultère et autres relations interdites, seulement l’Attribut de Miséricorde du Créateur empêchait le terrible châtiment de s’abattre. Mais à partir du moment où la population entre elle ne pratiquait pas la générosité et la miséricorde alors Hachem de son côté a RETIRA sa miséricorde pour laisser place à la Justice Divine!! Donc la punition c’est pour les fautes lourdes des relations interdites, cependant le décret est tombé à cause du vol qui témoigne d’une grande cruauté des uns envers les autres.

EST-CE QUE LES GENTILS DOIVENT FAIRE LA BENEDICTION « CHE HAKOL » AVANT DE BOIRE UN VERRE DE COCA ?

L’admour de Gour « Imré Emet » dans une de ses lettres (53) pose une belle question. La Guémara Brah’ot 35 enseigne que celui qui ne fait pas de bénédiction avant de manger VOLE Hachem et aussi le Clall Israel! Le Maharcha explique que toute la nourriture appartient à Hachem, donc il y a vol si on ne la bénit pas (car la Brah’a c’est comme si on demandait la permission au Créateur de profiter des produits de ce monde), et aussi la bénédiction amène le Chéfa/la profusion et la bénédiction dans le monde entier. Donc ne pas faire une belle Brah’a avant de manger entraîne un manque de profusion sur la planète entière! S’il en est ainsi, alors pourquoi n’est-il pas mentionné dans le Talmud que les Gentils doivent faire EUX aussi la bénédiction?

On s’explique, les Bné Noah’/les fils de Noé sont redevable de 7 Mitsvots. L’une d’entre elles c’est l’interdit de voler. Donc puisque la Guémara enseigne qu’il y a vol d’après cela, si j’invite Jean Marc à ma table je devrais lui demander de faire une bénédiction avant qu’il ne boive son coca !!!

Intéressant comme question, n’est-ce pas? Sa réponse c’est qu’à l’époque d’Adam et de Noah, Hachem a donné la permission à l’homme de manger les fruits de la terre et à la sortie de l’Arche, le Créateur a permis de manger les animaux qui venaient d’être sauvés par Noah. Cette permission est restée pour toujours. Seulement pour nous, les Bné Israel, le Don de la Thora a transformé les choses. C’est qu’à partir du moment où le divin est descendu sur terre, alors des interdits sont apparus dans notre grand monde. C’est du fait de la sainteté de la Thora qu’il est devenu interdit de manger sans bénir au préalable! Mais pour les gentils, le Don de la Thora ne s’adressant pas à eux – car ils ont refusé le cadeau – alors reste la permission première.

Une autre explication a été apportée, à partir d’un Yad Rama. Il explique que les Mitsvots des Bné Noah ne ressemblent pas aux Mitsvots du Clall Israel. C’est vrai que pour nous il est interdit de voler, cependant le souci du Créateur est ici de nous faire acquérir des niveaux de perfection de l’âme. Tandis que chez les gentils l’intention dans les 7 Mitsvots se limite à faire perdurer la société de la meilleure manière possible. Donc, s’il est vrai que le Talmud enseigne que c’est du vol le fait de ne pas faire de bénédiction avant de manger, mais c’est un vol qui est lié à la perfection de l’homme, à laquelle les Nations du monde n’ont pas accès!

Rav David Gold

Le feuillet hebdomadaire du Rav Biderman

Téléchargez et découvrez le magnifique feuillet du Rav Elimélekh Biderman Chlita

Nefesh Yehudi

Téléchargez et découvrez le riche feuillet de l’étudiant. Chaque semaine appréciez un profond développement sous forme de questions-réponses sur un point de le paracha. Bonne lecture!

POURQUOI LE MONDE A-T-IL ÉTÉ CRÉÉ?

Cette étude sera consacrée au bénéfice de la refoua cheléma de Moché ben Esther (famille Azoulay) Enghien-les-Bains et pour tous les malades du clall Israel

Au commencement.. Puisque c’est le début de la lecture de la Tora, je parlerai d’un principe dans le judaïsme. On le sait, la Tora a été donnée aux hommes afin de se parfaire dans la vie de tous les jours. Grâce aux Mitsvoth, un homme, le début, les dés sont jetés… Les premiers mots de la Tora sont « Beréchit bara Elokim eth Hachamayim veét Haarets. / Au commencement D’ a créé le ciel et la terre ». Or les Sages font une exégèse de ce verset, Beréchit/Au commencent. La base du mot c’est réchit : le commencement. Or la Tora commence par Bé-Réchit qui signifie « Dans » ou « Au  » commencement. Or la lettre Beit a aussi une valeur numérique de deux, pour nous apprendre que ce monde a été créé pour deux « Réchit »/prémices. Il s’agit du Clall Israel (peuple juif) et la Tora. C’est-à-dire que le monde, ses habitants bipèdes et quadrupèdes depuis la savane africaine jusqu’aux parcs zoologiques de Paris ou de NewYork…, tout cela a été créé de la main généreuse du Ribono chel ‘Olam pour les besoins du peuple juif… Intéressant, non ?

Seulement si on en restait là on pourrait considérer que tout ce beau monde a été créé pour le peuple juif sans aucune distinction de niveau de pratique dans la Tora. Donc Mr Lévy de New York -qui ne connait absolument rien de la Tora si ce n’est l’air de Kol Nidré de Kippour ou encore M. Cohen de Paris qui ne connait de tout son judaïsme que la sonnerie du chofar à la sortie du Kippour… Donc on aurait dit que c’est pour ces genres de personnes que le monde a été créé…. Soit… Seulement les Sages nous informent que lorsque la Tora commence par Bé-Réchit, c’est pour donner le diapason ! Le monde a été créé pour le peuple juif qui pratique la Tora c’est à dire les Mitsvoth et l’étude… Donc Mr Lévy de New York -s’il veut faire partie de cette grande fresque universelle- devra un beau jour se lever  de bon matin et regarder le ciel de Manhattan avec les premiers rayons du soleil qui pointe à l’horizon et il dira : « Oh, my G.od, c’est sûr qu’il y a Hachem dans ce monde… Il a créé toute cette magnifique harmonie afin qu’on se rapproche de Lui… Vite je vais aller dans un séminaire de Tora… ».
D’après ce formidable développement, on comprendra aussi que les Avrékhim (Collemans) et les Bahouré Yechivoth (élèves des Yechivoth) sont les fers de lance de la communauté. Car ils donnent une raison pour que le monde tourne et qu’il ne dérape pas plus…
Et s’il existe des lecteurs qui pensent différemment, je serais très intéressé de connaitre leurs opinions… Cela fait près de 250 semaines –Béni soit le Nom d’Hachem- que j’envoie ce feuillet et personne m’a dit : « Monsieur le Rabbin, j’ai ma petite idée sur le pourquoi de ce monde…  » Peut-être que ce monde a été créé pour que les kangourous d’Australie se développent en toute quiétude dans le désert du centre de cette grande île. Qu’en pensez-vous ?.
D’après cela, si l’on veut que le Covid-19 s’arrête, il faudra faire comprendre à toutes les couches de la société juive –depuis les derniers des mohicans gauchistes, aux libéraux – réformistes- et les sionistes laïcs- qu’ils arrêtent de parler à tort et à travers sur cette valeureuse frange de la société (les Avrékhim) qui s’épanchent chaque jours et pour certains les nuits à l’étude de la sainte Tora. Alors Hachem –dans sa grande Miséricorde nous ôtera nos masques afin de parler plus librement car cette fois on aura compris la grande leçon : fini la mauvaise parole et la conspuassions sur ces hommes d’exception.
Je voulais vous parler d’un autre sujet concernant la paracha mais puisque ce premier sujet me tiens à cœur je finirais par une anecdote véridique. Il y a près d’un siècle, un commerçant de la communauté d’Europe centrale faisait le commerce avec la très lointaine Chine (à l’époque c’était les biens manufacturés que la vieille Europe exportait vers la Chine…) .
Lors d’un de ses séjours en Europe il décida de rencontrer le grand Tsadik Talmid Haham: le Hafets Haim (il résidait dans la ville de Radin en Lituanie et décéda en 1933). Lors de cette rencontre, le saint home lui demanda la situation de la communauté juive autochtone (à l’époque –il n’y a avait pas encore de Corona semble-t-il). Il lui répondit que sur place il n’existait ni rav ni juges, donc ce n’était pas resplendissant… Le Hafets Haim lui transmis alors quelques livres qu’il avait écrit pour renforcer les Juifs de la Gola dans la pratique.
Puis le Hafets Haim lui demanda : qu’en est-il des chinois ? Il répondit que cela faisait des mois qu’il n’était plus sur place, mais que lors de son départ il s’était déroulé une catastrophe nationale. Une gigantesque digue s’était effondrée ravageant une province entière et faisant plus de 100 000 victimes… Le Hafets Haïm poussa un cri : »Quoi, des milliers de morts… Quel cataclysme ! Je vais vite faire un discours à la Yechiva ! »
Le commerçant n’en revenait pas et dira : « Rabbi, je ne comprends pas. Lorsque j’ai parlé de la situation de la communauté, le rav m’a transmis quelques livres tandis que lorsque j’ai rapporté les informations qui touchent uniquement des autochtones qui sont pour la plupart des paysans incultes et certains même idolâtres le rav a poussé un cri !? »
Le Hafets Haïm répondra : » Je te répondrais par une image. Mais avant dis-moi : combien y a-t-il d’habitants à Varsovie ? Un million… Parmi cette population combien de personne de la communauté et combien de gentils ? 30% juifs et le reste sont gentils. Maintenant –continua le Hafets Haim- si un homme monte sur une estrade au milieu de la grande place de Varsovie et commence à haranguer la foule en Yiddish. D’après toi, à qui s’adressera son pamphlet ? Bien sûr uniquement aux gens de la communauté, car qui parmi la population autochtone connait le Yiddish ?! Pareillement pour ce qui s’est passé en Chine. C’est Hachem qui a fait cette catastrophe afin que nous –son peuple -se réveille à une meilleure pratique. Car c’est la manière dont nous parle le Boré ‘Olam dans ce monde: à travers des événements qui peuvent  secouer le peuple juif. C’est uniquement  son peuple qui comprend son langage ! » Fin de ces paroles très intéressantes…
Et pour nous, chers lecteurs de 2020 ; si le monde vit le Corona depuis près de 10 mois, c’est certainement que la communauté -et chacun d’entre nous- à des choses à (par)faire…

Chabat Chalom et à la semaine prochaine Si D.ieu Le Veut

Rav David Gold

Nitsavim-Vayelekh

« Je prends à témoin contre vous aujourd’hui le ciel et la terre, la vie et la mort j’ai donné devant toi, la bénédiction et la malédiction, tu choisiras la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance » Dévarim (30 ; 19)

Notre verset nous propose un choix, ce qui dévoile que nous détenons le libre arbitre. Nous devons comprendre où se situe ce choix.

Hachem place devant nous le bien et le mal. Nous pouvons donc déduire de là que le choix n’est pas de savoir ce qui est bien ou mal, cela est déjà déterminé. Si nous devions définir ce qui est bien ou mal, Hachem nous aurait dit : « J’ai mis devant toi deux chemins, choisis le bon ! »

Or pas du tout, non seulement Il nous montre où est le bien et où est le mal, mais en plus, Il nous demande de choisir la vie ! Ce qui laisse entendre que si nous voulons vivre nous sommes obligés de choisir le bien.

Qu’est-ce que cela signifie ? Nous avons un libre arbitre, mais qui n’est pas vraiment « libre » puisque la décision est pré-requise. Lire la suite

Ki Tavo

« Maudit soit quiconque n’accomplira pas (YAKIM) les paroles de cette Torah-ci pour les faire… » Devarim 27;26

Les commentateurs expliquent de différentes manières le terme Yakim/accomplir, et la signification de ce verset, qui clôt les malédictions. Une des nombreuses réponses données par nos Sages, est de traduire « Yakim » par lever.

Le Yerouchalmi (Sota 7;4 -Korban Ha Eda), explique qu’il ne s’agit pas d’une Mitsva d’ordre général, mais elle fait référence à celui qui ne lève pas «YAKIM» le Sefer Torah comme il faut. Mistva plus connue sous le nom de la Hagbaa (action de lever et de présenter la Torah à l’assemblée).

Les paroles du Yerouchalmi ont de quoi nous surprendre, surtout que d’après nos connaissances, la Hagbaa n’est pas une Mitsva de la Torah. Qui y a-t-il de si grave de « mal » faire la Hagbaa ?! Lire la suite

Parachat Réé – Av, le mois du père

Pourquoi les grandes vacances ont-elles lieu en cette période entre les mois d’Av et d’Elloul ? Elles auraient pu tomber à ‘Hanouka ou à Pessa’h…

Il est écrit dans notre paracha : « Banim atem lachem/vous êtes des fils pour D.ieu” (Dévarim 14;1). Essayons de comprendre cette notion de « banim ». Que signifie être les enfants de Hakadoch Baroukh Hou ?

La Guémara (Baba Batra 10a) nous donne quelques précisions à ce sujet :

« vous êtes appelés fils et vous êtes appelés serviteurs ; lorsque vous faites la volonté de D.ieu, vous êtes appelés des fils, mais lorsque vous ne faites pas la volonté de D.ieu, vous êtes appelés des serviteurs. » fin des paroles de la Guémara.

Dans un premier temps, il faudrait essayer de comprendre cet enseignement de la Guémara. A première vue, cela ne semble pas très logique. En effet, que je fasse Sa Volonté ou pas, cela change-t-il quelque chose si je suis son fils ? Et dans le sens inverse, pourquoi serais-je appelé serviteur si je ne fais pas Sa volonté ?!

Il aurait été plus logique d’écrire ces deux informations dans le sens inverse : si tu fais Sa volonté tu es appelé Son serviteur, mais si tu ne fais pas Sa volonté, tu es appelé Son fils. Car que l’on veuille ou non, un fils reste un fils ; ferait-il les plus grandes sottises, il restera à jamais Son fils, contrairement à un serviteur.

Pour mieux comprendre la Guémara, il faut procéder à une lecture plus attentive du mot « volonté ». Accomplir une volonté, c’est lorsque celle-ci n’a pas été demandée ou imposée par l’autre. Prenons un exemple : imaginez que votre père rentre à la maison après une journée de travail. Vous le voyez fatigué de sa journée. Sans qu’il vous le demande, vous devinez qu’un bon café ou un grand verre d’eau fraîche lui ferait du bien. En le lui apportant, vous accomplissez sa volonté. Si, par contre, il vous le demande, cela devient obligatoire. Ce n’est plus une « volonté », mais une obligation découlant des lois de Kiboud Av [respect du père].

Agissons ainsi avec notre Père, Hakadoch Baroukh Hou. Soyons comme des fils qui font Sa volonté et pas comme des fonctionnaires qui font le strict minimum (ce qui, pour certains et dans certaines situations, sera tout de même très bien ; chacun doit savoir où il se situe).

Pour revenir à la question posée initialement : « pourquoi les grandes vacances tombent-elles en cette période ? », essayons de définir les « grandes vacances ». C’est une longue période où les enfants n’ont plus école. Se trouvant à la maison du matin jusqu’au soir, ils sont en mode « demandeur » : j’ai faim, fais-moi ci, achète-moi ça, je veux ça… Ils font des bêtises, se chamaillent, se salissent… Donc, en fonction de chaque situation, les parents doivent menacer, intervenir, sévir… Mais parfois, souvent même, on craque. Comme ce sont nos enfants, nous les connaissons bien ; nous savons qu’il y a parmi eux l’enfant calme, l’agité, le sensible, le lent, le malin… Chacun ne peut pas répondre aux mêmes exigences. Mais c’est surtout une période exceptionnelle de proximité entre les membres de la famille qui, pendant plusieurs semaines, vivent ensemble constamment.

Alors on essaie d’en profiter : on évite les punitions, on multiplie l’écoute et les récompenses, même si parfois…

Nous sommes à la veille du mois d’Elloul, la période des séli’hot. Nous allons demander à notre Père, Avinou Malkénou, de nous pardonner, d’accepter notre Téchouva et nos Téfilot, de nous inscrire dans le livre de la vie, de la santé, de la parnassa…. A plusieurs reprises, nous invoquons Hakadoch Baroukh Hou en tant que père. Mais pour appeler un père, encore faut-il être un fils…

Pendant les « grandes vacances »,juste avant Elloul, les Séli’hot et Roch Hachana, nous allons demander d’être jugés comme des banim, des fils, et non pas comme des avadim, des serviteurs, car la bienveillance d’un père envers son fils est incomparable.

Les « grandes vacances » sont une période privilégiée pour nous faire prendre conscience des jours exceptionnels qui s’annoncent. En cette période, nous allons jouer le rôle du père plus que jamais, afin de mieux s’imprégner cette notion de « Rah’em av âl banim – la pitié du père envers ses enfants ». Forts d’avoir intégré cette notion, notre travail du mois d’Elloul sera de jouer le rôle de l’enfant envers Hakadoch Baroukh Hou.

Puisque durant la période des « grandes vacances », nous avons ressenti ce qui est désagréable à un père, nous pourrons aborder Elloul comme des enfants exemplaires, en essayant de parfaire notre comportement avec notre Père.

Si nous sommes Ses fils, Hachem connaît nos capacités et sait que nous ne pouvons pas tous répondre aux mêmes exigences. Toutefois, Il verra les efforts que nous avons investis pour améliorer notre comportement et notre relation avec Lui.

Profitons de cette période de proximité et de miséricorde avec notre Père, pour investir le maximum d’efforts et arriver méritants au jour du jugement.

Chabat Chalom

Rav Mordékhaï Bismuth

Réé

« Vois, Je place devant vous aujourd’hui : une bénédiction et une malédiction » (Dévarim (1;27)

La question que de nombreux commentateurs posent à propos de ce verset concerne le changement de personne effectué, du pluriel au singulier, dans les premiers mots du verset. En effet, au début nous lisons « Vois » et peu après : « devant vous ». Or en toute logique il aurait dû être écrit « vois » et « devant toi » ou « voyez » et « devant vous ». C’est ainsi que tout le monde écrit et c’est ainsi que nous devons donc écrire. Certes, mais ces règles d’accord ne concernent pas Le Créateur du monde Qui a de nombreux enseignements à nous transmettre dans chaque mot de Sa sainte Torah. Revenons cependant au sujet de faire comme tout le monde, de manière générale. Lorsque l’on se pose la question de savoir pourquoi nous agissons comme ceci ou comme cela, la réponse est très souvent : « parce que tout le monde agit ainsi. » Nous suivons en effet tous le courant, si tout le monde le fait, c’est que c’est la bonne manière d’agir. Lire la suite…

Ekev

« Et ce sera si vous écoutez ces préceptes et que vous les gardez, l’Éternel gardera l’alliance et la bonté qu’Il a jurées à tes pères.» (Dévarim 7 ; 12)
À propos de ce verset, Rachi nous explique que le mot ”ekev/et ce sera si” a un double sens, et fait allusion au mot ”talon”. Ce qui nous offre une autre lecture possible du verset : « Si vous écoutez les Mitsvot que les hommes foulent du talon… »
Nombre de commentateurs nous expliquent que la récompense d’une Mitsva ne se mesure pas ni à son importance ni à sa taille. Si la Torah détermine les peines encourues pour une Avéra, elle ne nous a pas donné le barème en ce qui concerne les Mitsvot et leurs récompenses. Lire la suite