Archives de catégorie : Moussar

Ralentissons!

Cela faisait déjà longtemps que les responsables de la circulation routière avaient installé des caméras destinées à mesurer la vitesse des voitures sur la route, ce qui permettait de donner des contraventions à tout insouciant de sa vitesse.

Depuis peu, dans plusieurs villes du monde (comme à Anvers et autres), un nouveau système a été mis en place : une caméra est placée au début d’une grande route et une autre à la fin de la même route.

Chaque voiture qui l’emprunte ‘mérite’ ainsi d’être filmée aux deux extrémités de la route. Dès lors, s’il faut, par exemple, dix minutes pour parcourir cette distance à la vitesse autorisée et qu’un conducteur la franchit en quatre minutes, cela prouve indubitablement qu’il a dépassé cette vitesse et qu’il mérite une sanction.

Que fit un conducteur perspicace qui avait réussi à parcourir cette distance en deux minutes lorsqu’il arriva presque au bout et que la caméra attendait quelques kilomètres plus loin afin de prononcer son sort ? Il se mit brusquement à ralentir et à rouler au pas jusqu’à ce que s’écoule le temps qu’il fallait pour parcourir la distance restante en conformité avec la vitesse autorisée.

Il ne reste qu’une seule chose à faire à celui qui, toute l’année, se serait comporté comme un insensé en négligeant la Torah et les Mitsvot : s’arrêter tant qu’il est encore temps et changer sa conduite, s’il veut être épargné. En effet, une ‘caméra’ l’attend au bout du chemin. Dans quelques jours, toutes les créatures devront se présenter devant le Créateur, qui scrutera leurs actions, leurs machinations…

Chacun son rôle!

Une compagnie de transport avait assigné un de ses chauffeurs à la ligne de bus assurant le trajet entre Bné Brak et le mochav de Tifra’h dans le sud d’Eretz Israël. Chaque jour, de retour à Bné Brak, il devait remettre à son employeur la recette de la journée correspondant au peu de voyageurs qui empruntaient quotidiennement cette ligne.

Une fois, il aperçut son collègue remplissant la même fonction entre Bné Brak et Jérusalem, qui rapportait chaque jour une bourse d’argent bien pleine, du fait du nombre beaucoup plus important de personnes qui voyageaient sur cette ligne. Il se mit à le jalouser, au point que dès le lendemain il décida de son propre chef de se mettre en route pour Jérusalem au lieu de son itinéraire habituel de Tifra’h. Et, une fois n’est pas coutume, il remplit son bus de voyageurs. Lorsqu’il vint remettre l’argent accumulé tout au long de la journée, son patron s’étonna, et lui demanda si le mariage d’un des Admorim ou d’un Roch Yéchiva avait eu lieu à Tifra’h, pour justifier une recette aussi importante. « Je voulais te faire plaisir, lui répondit le chauffeur, c’est pourquoi j’ai eu l’idée de voyager moi aussi à Jérusalem afin de rapporter une bourse bien remplie.

Ne comprends-tu pas que nous avons assez de chauffeurs assurant la ligne de Jérusalem ? lui répondit-il d’un ton courroucé. S’il y avait eu besoin d’un bus supplémentaire, je l’aurais moi-même envoyé. Mais pour mener à bien notre travail et satisfaire l’ensemble de nos clients, nous sommes tenus de mettre également à leur disposition un bus se rendant à Tifra’h pour leur permettre de rentrer chez eux. Et c’est le rôle qui t’a été assigné.

Pourquoi es-tu allé chercher une tâche qui ne t’a pas été demandée ?

Ceux qui pensent qu’Hachem attend d’eux qu’ils multiplient les actes au-delà de leurs capacités et ne comprennent pas qu’Il désire avant tout qu’ils remplissent la mission pour laquelle ils ont été envoyés dans ce monde, ressemblent en tout point à ce chauffeur insensé. Car le Très-Haut ne retire aucune satisfaction de quelqu’un qui cherche à atteindre des niveaux qui ne correspondent en rien au rôle qui est le sien ici-bas.

Le masque qui dévoile

Cette semaine en France et les semaines dernières en Erets nous lisons la célèbre paracha des Tsitsit où il est écrit : « parle aux enfants d’Israël et dis leur : ils feront des Tsitsit pour eux mêmes…un cordon d’azur…et vous le regarderez et vous vous rappellerez…et vous ne vous égarerez pas… »

Rav Dessler Zatsal explique que le Tsitsit est un instrument de mémoire, et voici ce qu’il écrit à ce sujet dans son célébre Mikhtav Mi-Eliyahou :

« Comment faut-il procéder pour, dans les profondeurs de son coeur, mettre en œuvre le souvenir ? Comment se rappeler les valeurs oubliées ? Nous l’apprenons dans le paragraphe sur les Tsitsit, puisque la Mitsva les concernant nous a été donnée dans le but explicite de nous amener à nous souvenir, comme il est dit : «Afin que vous vous souveniez de toutes les Mitsvot…»

La Mitsva des TSITSIT est présentée d’une manière quelque peu insolite : PARLE AUX ENFANTS D’ISRAËL. Le mot daber («parle») est souvent employé pour souligner la dureté du langage. Parler durement [à une personne mûre] permet de la choquer et d’ouvrir ses oreilles [spirituelles]. Puis : ET DIS-LEUR. Le mot émor («dire») comporte une connotation plus tendre ; l’amour et la tendresse transmettent le message au cœur. La présentation du sujet doit donc être placée à la fois sous le signe de la crainte et celui de l’amour.

Le mot TSITSIT signifie «un regard concentré» (voir Rachi). ILS FERONT DES TSITSIT POUR EUX-MEMES. L’objet du regard concentré doit être soigneusement préparé. Il faut donc absolument qu’il soit dirigé vers nous-mêmes.

AUX COINS DE LEURS VETEMENTS. Un endroit toujours facilement accessible à l’examen.

 ILS AJOUTERONT […] UN CORDON D’AZUR. Pour réaliser cette influence considérable, il fallait une association supplémentaire : «La laine bleu azur ressemble à la mer, la mer ressemble au ciel et le ciel au Trône céleste.» Ce rapprochement est destiné à nous faire prendre conscience du fait que les Mitsvot viennent de Dieu et qu’elles ont pour but la sanctification de son Nom et la proclamation qu’il est notre Roi (tel est le sens des mots : «Trône céleste»). Lorsque quelqu’un reconnaît la véritable valeur des commandements divins, il est prêt pour la notion de TSITSIT, pour le regard intense et profond qui éloigne l’oubli de son cœur.

Mais tout cela n’est pas suffisant. Il faut encore autre chose : CELA SERA POUR VOUS DES TSITSIT. Il vous faut vous préparer. Vous devez sentir que par le biais de ce signe vous allez entrer dans une concentration profonde, grâce à laquelle : ET VOUS LE REGARDEREZ : il s’agit de Hachem ; non pas, bien évidemment, de son essence — aucune créature ne peut la sonder — mais de sa providence, y compris tout ce qui existe dans le monde et tout ce qu’il y advient. Voir Hachem, c’est voir qu’il n’est rien d’autre dans le monde que son ‘héssed, c’est également constater de la manière la plus claire qui soit, avec les yeux que nous prêt  avoir perçu cette vision d’une totale clarté, que la Torah désigne sous l’expression «et vous le regarderez», que l’on peut accéder avec une sincérité totale au niveau appelé : ET VOUS VOUS RAPPELLEREZ… C’est de cette manière seulement que le vrai souvenir est possible.

A défaut de tous ces préliminaires, notre «souvenir» n’est pas digne d’être appelé ainsi, parce qu’il est alors fondé sur l’illusion et la fausseté. Il n’est certes pas facile de se rappeler du plus profond de son cœur, comme nous y invite la Torah lorsqu’elle dit : [ET VOUS VOUS RAPPELLEREZ] TOUS LES COMMANDEMENTS DE HACHEM. Seul celui dont le cœur  est concentré en permanence sur Hachem exclusivement peut se rappeler tous ses commandements, et alors : ET VOUS LES EXÉCUTEREZ. Là où il n’y a pas de véritable souvenir, il n’y aura pas d’action. De là on s’élèvera à l’étape suivante : ET VOUS NE VOUS ÉGAREREZ PAS… » (fin des paroles du Rav Dessler)

De nos jours, n’ont n’avons pas encore le mérite de porter ce fil azur influent, mais les éventements actuels nous offrent un nouvel instrument de mémoire : ce masque que le monde entier porte pour se protéger du virus.. Ces masques qui cachent notre visage nous dévoilent la présence divine.

De plus, majoritairement bleu azur, ils ressemblent, si l’on peut s’exprimer ainsi, en quelques points au commandement du Tsitsit. Il se place à un endroit toujours visible à l’image du Tsitsit qui se porte aux coins du vêtement. Sa couleur bleu azur, qui à lui aussi peut s’appliquer l’enseignement de la guémara «La laine bleu azur ressemble à la mer, la mer ressemble au ciel et le ciel au Trône céleste.»

En le voyant on ne peut que se rappeler que tout ce chamboulement mondial n’est que Sa volonté, et en ayant cela en tête on réalisera « et vous ne vous égarerez pas… »

Attestation de bonheur

Ces derniers jours nos enfants ont pu, Baroukh Hachem, retrouver le chemin de l’école, mais pour cela chaque parent doit signer une attestation que son enfant et sa famille sont en bonne santé.

Une fiche qu’on est tenu de remplir chaque matin, nom, prénom, téléphone, numéro de carte d’identité….suivi d’une série de questions ! Votre enfant a-t-il de la fièvre, est-il malade, est-ce que tout le monde se porte bien à la maison, des membres de la famille sont-ils confinés…

Et tous les matins, le même rituel, remplir une fiche par enfant, tous les matins la même fiche et les mêmes questions, épuisant ! Mais c’est le passe pour rentrer en classe. En attendant, on réfléchit pour les remplir plus vite, éviter cette « corvée » en faisant des photocopies….

Lorsque j’ai entendu la réflexion du Rav Israël Klein chlita, qui a une tout autre vision de l’événement.

Une corvée ? Dit-il, ‘hass véchalom !! Dans chaque événement qu’il nous arrive, nous devons toujours comprendre et chercher ce qu’Hachem attend de nous.

En remplissant cette attestation chaque matin, je ne fais que remercier Le Maître du monde, dit-il. En effet, j’atteste que mon fils Chlomo Klein de 8 ans est en bonne santé et qu’il n’a pas de fièvre. Mais aussi que tous ses frères, sœurs et parents sont eux aussi en bonne santé. Que tous ceux qui vivent avec lui n’ont pas besoin d’être en confinement. Bref, ce n’est pas une corvée, mais une attestation de bonheur.

Je ne dis pas que merci à Hachem, mais je le lui signe et le lui atteste par écrit chaque matin, multiplié par le nombre d’enfants, 2,3,4… Cette attestation est une prise de conscience que ce n’est pas si normal et évident que tout aille bien !

Magnifique ! Après avoir entendu cette merveilleuse réflexion du Rav Klein, j’en ai fait part à mes enfants, et aujourd’hui tous les matins, c’est dans la joie et l’allégresse que nous remplissons ces « attestions de bonheur », en rajoutant à côté de la signature des parents la mention « Baroukh Hachem », « ‘Hasdeï Hachem, ou encore « Ichtab’ah Chémo » !!

Hachem se dévoile, ne nous cachons pour lui dire Merci !

L’interdit bancaire

Roch Hachana approche, ce jour du jugement où les Livres de la vie et de la mort sont ouverts.  Chacun sera jugé pour l’année entière à venir, en fonction de l’année passée qui a pu être entachée de nos fautes et de nos rébellions envers Hakadoch Baroukh Hou. Que faire pour aborder ce jour si important ? Comment mériter un bon jugement ?

Essayons de répondre à travers l’histoire suivante :

David reçoit un coup de téléphone de son banquier lui annonçant que son découvert a atteint le seuil maximal. Neuf chèques lui ont déjà été refusés ; au dixième, ce sera l’interdit bancaire ! Pour terminer, il ajoute que s’il ne réglait pas ce découvert dans la semaine qui suit, il mettrait en marche la procédure.

Consterné et désemparé par ce qu’il vient d’entendre, David se demande que faire. Même s’il travaillait jour et nuit pendant une semaine, cela ne suffirait pas pour combler son découvert. David est pris de panique, et commence à regretter tous ses achats faits impulsivement et sans réflexion. Il regrette, pleure et avoue sa culpabilité en expliquant tout cela à son banquier. Mais ce dernier reste impassible ; cela ne le touche absolument pas.

Heureusement pour nous, notre compte en banque de Mitsvot n’est pas administré par un tel banquier !

En effet, en cette fin d’année, notre compte bancaire « Mitsva » peut être provisionné ou à découvert. Notre banquier, Hakadoch Baroukh Hou, sera prêt à nous écouter, à entendre nos pleurs, nos regrets et nos explications, mais aussi et surtout, nos engagements pour l’année à venir.

Tel est le pouvoir des séli’hot, qui constituent un rendez-vous quotidien avec le « Directeur » de la « banque de l’âme ».

Chaque jour, depuis le mois d’Elloul jusqu’à la veille de Yom kippour, nous avons l’opportunité de nous entretenir avec le Grand Patron.  Regrettons, pleurons et avouons, pour espérer voir notre « débit » s’effacer. Pourquoi pas même voir notre compte réapprovisionné si nous revenons vers Hachem par amour ?

En effet, la Guémara (Yoma 86b) nous enseigne que par le mérite de la Téchouva MiYira (repentir par crainte), les fautes volontaires (Zédonot) sont transformées en fautes involontaires (Chegagot). Par contre, si l’homme se repent par amour (Téchouva MéAhava), les fautes volontaires (Zédonot) sont transformées en Mitsvot. Aussi, en cette période de séli’hot, levons-nous tôt, réveillons-nous et implorons D.ieu de nous offrir la possibilité de faire une Téchouva MéAhava,  par amour, afin de multiplier nos mérites.

 Béatslakha!

Vérification des téfilines, mézouzout et de soi-même !

Certains ont l’habitude de faire vérifier leurs téfiline et mézouzot pendant le mois d’Elloul. Cependant, si les téfiline ont été écrites par un sofère de qualité, il ne sera pas nécessaire de les faire vérifier, même après plusieurs années.

Par contre, la halakha demande de faire vérifier les mézouzot au moins deux fois en sept ans.

De même qu’il est très bon de faire vérifier téfiline et mézouzot, il sera aussi recommandable, chaque nuit avant de dormir, de scruter nos actes pour s’assurer qu’ils sont agréés par Hachem.

En effet, souvent, lorsque des épreuves arrivent dans la vie, les gens demandent : « As-tu fait vérifier tes téfiline et mézouzot ? C’est sûrement à cause d’un problème dans l’écriture que cela t’arrive ». On cherche des causes extérieures sans essayer de se remettre en question. Imaginez un chauffeur qui accumule les accidents de la route. Quand on l’interroge pour savoir ce qu’il s’est passé, il répond que lui aussi ne comprend pas la cause de ses accidents. Il affirme qu’il a tout fait vérifier : les pneus, les freins, le moteur… Pour lui, ce n’est pas de sa faute, bien sûr. Jamais il ne dira que c’est lui qui conduit mal. Mais parfois, c’est la conduite qu’il faut vérifier… Ainsi en est-il pour nous : nous vérifions téfiline et mézouzot, mais il ne faut pas oublier de vérifier notre cœur et d’examiner nos actes.

Elloul la grande évasion

Le mois d’Elloul est la période propice à la Téchouva. En effet, à quelques semaines de Roch Hachana, chacun d’entre nous se doit de faire un bilan personnel sur ses actes et comportements passés, afin d’aborder la nouvelle année sur de meilleures bases. Certes, la Téchouva se vit et s’applique au quotidien, toute l’année ! Mais Elloul est particulièrement propice, parce que nous approchons du jour de notre Jugement, Roch Hachana.

C’est pour cela qu’il est conseillé de procéder méthodiquement, en passant en revue tous nos actes passés. Gardons à l’esprit qu’il n’existe pas de « Téchouva Grande Vitesse » ; ce serait le meilleur moyen de dérailler. En cette période plus propice pour examiner sa conduite, on consacrera plus de temps et d’attention dans l’étude de la Torah, dans l’accomplissement des Mitsvot et dans le perfectionnement de nos traits de caractère. En quoi est-il plus propice ? Le Rav Pinkus nous l’expliquons à travers la parabole suivante :

Une famille déménagea dans une autre ville en quête d’un nouvel environnement, meilleur et plus saint. Bien entendu, ils font appel à une entreprise de déménagement qui prendra en charge l’opération avec son camion muni d’un élévateur. Après avoir fixé la date, l’entreprise demanda à la famille que tous les cartons soient prêts à cette date. La famille se mit donc à la tâche, et tria et emballa ses affaires, carton après carton. Il fallait préparer un maximum de cartons et démonter les meubles, car tout objet qui ne serait pas emporté le jour du déménagement par le camion devrait être pris ensuite sans aucune aide, au prix d’innombrables allers-retours.

Hakadoch Baroukh Hou nous offre une « entreprise de déménagement » pour partir vers un nouvel environnement, meilleur et plus saint. Les déménageurs nous aideront à nous déplacer et à nous élever. À nous d’être prêts, car une fois les déménageurs partis, tout sera beaucoup plus difficile…

Dans le livre de Amos (3;8), nous lisons le verset suivant : « Le lion rugit, qui n’aurait pas peur ?/ אַרְיֵה שָׁאָג מִי לֹא יִירָא  ».

Le mot hébreu lion-אַרְיֵה forme les initiales de א֒לול /Elloul, ר֒אש-השנה /Roch Hachana,י֒ום כיפורYom Kippour, et ה֒ושענה רבא/Hochaâna Raba. Le verset demande donc : le lion (Elloul, Roch Hachana…) rugit, qui n’aurait pas peur !? De quel peur s’agit-il ? On peut comprendre que Roch Hachana éveille la crainte, car c’est le jour du jugement ; Yom Kippour aussi, car c’est la fin du jugement, ainsi que Hochaâna Raba qui est la signature finale du jugement. Mais en ce qui concerne Elloul, pourquoi avoir peur ?  N’est il pas le mois de la clémence et de la miséricorde ?

Il faut savoir que ces jours-là, y compris tout le mois d’Elloul, sont des jours à double tranchant. En effet, comme ce sont des jours propices à la Téchouva et qu’une voie nous est ouverte pour progresser et fuir nos fautes, si nous restons inactifs, l’accusation contre nous sera plus forte.

Ainsi l’explique Rabénou Yona dans son œuvre « Chaareï Téchouva » : « L’un des bienfaits qu’a accordé Hachem à Ses créatures est celui de leur avoir préparé une voie leur permettant de s’élever au-dessus de l’abime de leurs actes et de fuir le piège de leurs fautes, un chemin par lequel se préserver de la destruction et détourner de soi la colère divine… » Cette voie est celle de la Téchouva comme il est dit (Jérémie 3;22), « revenez enfants rebelles, Je guérirai vos égarements ». Rabénou Yona poursuit en affirmant que le châtiment du fauteur qui tarde à se repentir s’alourdit chaque jour. En effet, puisque que le fauteur est conscient d’être l’objet de la colère de D.ieu et connaît une voie de refuge, mais persiste dans son mauvais comportement, il montre qu’il ne craint pas la colère divine ! C’est pour cette raison que son cas s’aggrave de jour en jour.

Pour exprimer cela, il rapporte cette parabole extraite du Midrach (Kohélet Rabba 7;15) : une bande de malfaiteurs emprisonnés dans les prisons du roi décidèrent de s’échapper en creusant un tunnel depuis leur cellule. Le grand jour arriva, et tous prirent la fuite par ce souterrain, sauf un qui décida de rester tranquillement dans sa cellule.

Le lendemain matin, le geôlier découvrit le tunnel et la fuite des détenus. Lorsqu’il vit le prisonnier seul dans la cellule, il se mit à le battre en lui criant : « Sot que tu es ! Le tunnel est devant toi, pourquoi ne t’es-tu pas enfui ? » D.ieu nous préserve de penser qu’on encourage les prisonnier à s’évader… Mais une question se pose tout de même : en ne s’évadant pas, ce brave homme désirait ne pas causer de tort au roi, aussi c’est une récompense qu’il aurait du recevoir plutôt que des coups !

Au contraire ! En restant dans sa cellule, il a montré que le châtiment royal n’était pas si terrible que cela et qu’il préférait rester dans sa cellule…

Ainsi en est-il pour quiconque ne se repent pas, qui n’emprunte pas le tunnel creusé par Hakadoch Baroukh Hou Lui-même ! Car Hachem désire notre retour comme nous le disons dans les séli’hot : « Car Ta main droite est tendue pour recevoir les repentis -כִּי יְמִינְךָ פְּשׁוּטָה לְקַבֵּל שָׁבִים». Ne pas faire Téchouva est donc une preuve de mépris envers le cadeau du Tout-Puissant !

Nous comprenons mieux à présent pourquoi il faut trembler en ces jours « redoutables » : durant 40 jours, le tunnel ouvrant vers la voie de la vie est devant nous, gardons-nous de nous endormir !

La Téchouva est un élixir de vie offert par D.ieu Lui-même, et pas un effort ingrat imposé par les rabbins. La Téchouva nous offre la vie ; pourquoi se la refuser ?

Lorsqu’un médecin nous prescrit un médicament, il prend en compte notre âge, notre poids, nos allergies et notre état de santé. Au moment d’avaler le cachet, nous avons entièrement confiance en notre médecin, car nous savons pertinemment que grâce à ses études et sa sagesse, son choix est le bon. Si nous pouvons faire confiance à un être humain pour avaler des cachets, nous pouvons de toute évidence faire confiance au Maître du monde !

 Béatslakha!

Les Tsitsit

Il est écrit à propos des Tsitsit, « Ce sera pour vous un Tsitsith, vous le verrez, vous voussouviendrez de toutes les Mitsvot de Hachem… » Bamidbar (15 ; 39)

Les Tsitsith sont des fils accrochés aux coins des vêtements des hommes.

Rachi, sur ce verset, nous informe que la guématria du mot Tsitsith est 600, auxquels on ajoute les 8 fils et enfin les 5 nœuds, soit un total de 613.

Le Baal Hatourim ajoute que la Mitsva de Tsitsith équivaut aux 613 Mitsvot.

Le verset nous indique ici que le fait de porter le Tsitsith va nous aider à nous souvenir de toutes les Mitsvot à accomplir, ce qui nous évitera de tomber dans la faute.

En quelque sorte le Tsitsith est un « garde-fou », un « pense-bête »…a

Le port du Tsitsith nous permettra donc de nous rappeler les 613 Mitsvot afin de ne pas tomber dans la faute, mais qu’est-ce que cela signifie au juste ? Je le porte et je suis tranquille ? Protégé ?

Le ‘Hafets ‘Haïm nous répond grâce à la parabole suivante :

Un homme riche qui possédait de beaux jardins, avec une multitude d’arbres, de plantes, de fleurs, d’animaux… devait partir en vacances. Afin d’assurer l’entretien de ses jardins, il engagea donc un homme devant veiller sur ses biens en son absence.Le propriétaire donna des consignes strictes à son employé, des tâches à accomplir, et pour qu’il se souvienne de tout, il les écrivit sur papier.

Après deux semaines de vacances, notre cher propriétaire rentra chez lui, et fut choqué en voyant l’état de ses jardins. Il s’en alla donc immédiatement demander des explications à son employé.

Celui-ci lui rétorqua « royalement » que chaque matin, midi et soir, il avait lu scrupuleusement le pense-bête que celui-ci avait laissé avant son départ. Mais il n’avait fait que le lire…

Hachem nous a donné des lois. Le simple fait de porter les Tsitsioth en représente le compte total et nous rappelle donc tout au long de la journée notre devoir envers Hachem.

Mais le simple fait de les porter et de se souvenir de ce que l’on doit faire suffit-il ?

Cela représente-t-il une dispense ?

Pour se souvenir, il faut déjà savoir de quoi on parle, c’est pour cela que nous avons le devoir d’étudier les lois, afin d’être capables de les appliquer.

A partir du moment où nous sommes instruits, « vous vous souviendrez » nous évoque quelque chose de concret. Et nous pourrons dés lors utiliser ce « pense-bête » afin de réaliser les mitsvot de la Torah et de nous protéger de notre Yetser Hara’.

Le Rav Dessler nous enseigne que seul celui dont le cœur est concentré en permanence sur Hachem exclusivement peut se souvenir de Ses commandements.

Béezrat Hachem que nous utilisions les Tsitsioth comme « pense-savant », afin qu’ils nous aident à évoluer et à servir Hachem de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre corps.

Les vacances arrivent….

Les vacances se rapprochent et cette période vient perturber notre rythme quotidien et risque de  faire déplacer nos priorités ou nos efforts quotidiens.

Parce que nous ne sommes plus dans notre environnement, nos exigences en cacherout se « ramollissent », l’engagement à prier avec un minyan et les temps d’études sont généralement laissés de côté.

Tout ces efforts annuels qui ont été développé, ont été oubliés à la maison pour laisser la place aux vacances. Mais la Torah n’est pas comme le travail et les congés payés n’existent pas.

Chacun d’entre nous a déjà eu l’occasion de constater que lorsque l’on déplace une bougie, la flamme risque de s’éteindre. Et, tout naturellement, par prudence, on met sa main en protection pour ne pas qu’elle s’éteigne. Ainsi, lors de nos déplacements nous devrons être prudents, et protéger notre flamme, qui sans cette vigilance, risque de s’éteindre et de nous laisser dans l’obscurité.

Le Rav ‘Haïm Schmoulevitch Zatsal raconte l’histoire d’un petit bébé qui se trouve dans les bras de sa maman. C’est ainsi que chaque fois que sa maman se déplace, que ce soit dans un bus, au supermarché…, automatiquement lui aussi se déplace avec elle.

A la fin de la journée, on questionne l’enfant en lui demandant s’il se souvient de tous les endroits qu’il a parcourus dans la journée. Le bébé répond qu’il n’en a aucune idée, la seule chose qu’il sache, c’est qu’il a été toute la journée dans les bras de sa maman.

C’est ainsi que nous devons vivre, en nous sentant comme ce bébé dans les bras de Notre Papa toute la journée. Les changements de décors géographiques ne doivent pas provoquer de changements dans notre décor spirituel.

Évidemment, nous pouvons effectivement nous retrouver dans des endroits où il n’y a malheureusement pas de synagogue, où il faut faire plusieurs kilomètres pour trouver une épicerie cachère, où le climat est tellement chaud que nos vêtements se font obligatoirement plus légers. Toutes ces conditions nous incitent à être plus “cool” que d’habitude.

Mais la vraie question est : “Que fait-on dans un endroit où l’on ne peut pas rester nous-mêmes ?”

Le Pélé Yoets rapporte que nos Sages disent (Yéroushalmi berakhot 4;4)  : “Tous les chemins sont dangereux”, en chemin on ne peut servir Hachem entièrement car on est obligé de faire attention aux dangers. C’est pourquoi il est dit : “Heureux ceux qui sont assis dans leurs demeures.” (Téhilim 84;5)

Lorsque nous programmons nos déplacements, la première chose à vérifier est si l’on peut continuer à être “Juif”, si notre Chabat peut être respecté, s’il l’on peut manger correctement cacher… Si l’on se place intentionnellement dans un endroit avec des courants d’air, c’est sûr que la flamme s’éteindra.

Un Juif n’est jamais en vacances, la Avodat Hachem est un travail à plein temps. Nous devons toujours être préoccupés de savoir si nous pouvons continuer à faire Torah et mitsvot là où nous sommes. De même que nous vérifions toujours si nous aurons un certain confort vital minimum, nous devons être sûrs de pouvoir aussi respecter nos besoins vitaux de Juifs tels que la prière, la nourriture et l’étude.

Le but est de laisser la flamme toujours allumée et de la raviver de jour en jour. Comme la flamme olympique [Hamavdil!] qui brûle et passe de main en main pour arriver au but.

Montrer à nos enfants que nous sommes conséquents et constants quelles que soient les conditions extérieures, que nous ne faisons pas les choses par habitude et lorsque cela nous arrange, que nous sommes soucieux de faire briller notre Judaïsme à chaque instant, allumera en eux un feu ardent qui les guidera vers le bon chemin, toujours à l’abri du vent.

Rav Mordékhaï Bismuth