Le conflit (Deuxième partie)

A présent, qu’est-ce qui est la première cause d’éloignement dans le couple ? 

 Le conflit.

Et qu’est ce qui est la première cause de rapprochement dans le couple ?

Le conflit.

Ce paradoxe est en fait l’une des clés de la communication pour améliorer toute relation de couple. En effet, savoir gérer un conflit pour l’amener à des conclusions constructives plutôt qu’à une déchirure qui laisse des traces, est un atout que chacun se doit d’avoir dans sa main.

Un mauvais conflit peut être dévastateur, il peut nous convaincre que nous ne sommes pas avec la bonne personne, qu’elle est source de malheur, qu’elle nous pourrit l’existence ! Il peut avoir des répercussions sur nos enfants et leurs futures relations conjugales. Même après réconciliation, une dispute laisse des traces, c’est inéluctable. Tout ça, c’est sans parler de la souffrance ressentie pendant tout le temps de la dispute qui finalement n’aura servi à rien, si ce n’est de reconstruire le rapport entre nous. Mais nous aurions pu le faire sans que cela dégénère et sans cette souffrance…

« N’oubliez pas, être célibataire signifie faire des erreurs qui n’engagent que nous. Être marié, c’est faire des erreurs qui font souffrir notre conjoint ».

Tout conflit démarre par une situation,  un élément déclencheur auquel nous faisons face et qui éveille en nous un sentiment négatif (stress, colère, fatigue, frustration…).

C’est notre réaction à ce sentiment négatif qui va définir dans quel conflit, nous sommes en train de rentrer.

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Paracha Choftim – VALEUREUSEMENT BELLE

« Si tu remarques au sein des captifs une belle femme » (21-11)

La paracha commence avec la loi sur « la belle femme », et nous allons consacrer notre propos à « la femme

valeureuse ». Sachant que « la beauté physique est mensongère » et seulement « la femme qui craint D. sera digne de louange » et sa beauté transparaîtra véritablement. Sachant que l’apparence extérieure, le contenant, n’est pas le plus important dans la vie mais bien le contenu, c’est-à-dire la personnalité et le caractère d’une personne, son être intérieur.

Quel est le secret de la femme valeureuse ? Dans le poème qui lui est dédié (Échet ‘Hayil), sont énumérées les caractéristiques de la femme valeureuse, même si certaines de ces caractéristiques ne sont pas si appliquées de nos jours : « Ses mains saisissent le rouet » pour tisser des fils, « Elle se brode des tapis », « Elle confectionne des tissus qu’elle vend ». Quelle est la base de son caractère, qui est-elle vraiment ?

Il semblerait que la réponse à ces questions se trouve dans le midrache (yalkout chimoni à la fin de Michlé). La réponse nous est fournie par allusion. Le midrache précise que le poème « Echet ‘hayil » est rédigé suivant l’ordre alphabétique et affirme : « De la même façon que D. a donné la Torah à Israël avec vingt-deux lettres, Il loue les femmes justes avec les vingt-deux lettres ».

Ceci signifie que les filles d’Israël sont éduquées afin de devenir des femmes valeureuses dont le fonctionnement sera comme une Torah entière ! Quelle responsabilité !

Superviser le bon fonctionnement de la maison, être une femme de maison, une mère de famille, une éducatrice exemplaires avec un cœur en or : « Elle ouvre sa main au pauvre et tend le bras au nécessiteux ». Elle sait être économe, elle éduque ses enfants dans la voie de la Torah selon la tradition de nos patriarches, et elle les éduque à bien se comporter envers leurs prochains : « Elle parle avec sagesse, et des leçons empreintes de bonté sont sur ses lèvres. Elle dirige avec vigilance la marche de sa maison, et jamais ne mange le pain de l’oisiveté ».

Un enseignement supplémentaire découle du poème « Echet ‘hayil ». La guémara (Brakhot 4b) rapporte que le psaume « Téhila lédavid » est dit trois fois par jour en raison du verset : « Tu ouvres ta main et rassasies tout vivant à volonté » qui décrit l’abondance que le Créateur nous envoie, et qu’il est rédigé selon l’ordre alphabétique. Le gaon Hamabit zatsal (Beit Alkim, chaar hatefila 15) commente qu’un poème rédigé selon l’ordre alphabétique nous enseigne que les louanges contenues dans le poème ne sont pas accidentelles. L’ordre alphabétique désigne l’ordre et le règlement. Et de ce poème nous devons comprendre que le Créateur n’envoie pas une abondance de bénédictions à la création mais Sa bonté est la base de toute la création et son fonctionnement, comme il est écrit « Un monde de bonté sera créé » (Psaumes 89-3), « Tes bienfaits rempliront la terre » (Psaumes 119-64).

C’est le même enseignement qui découle du poème « Echet ‘hayil », qui est rédigé selon l’ordre alphabétique. Les bonnes actions de la femme valeureuse, sa participation aux responsabilités de la maison et sa bonté ne sont pas accidentelles, c’est un système de valeurs élaboré et continu !

Quel est le secret de la force de la femme valeureuse ? Le poème décrit avec précision toutes ses actions mais soudain un verset nous parle de son mari et cela au verset concernant la lettre « Noune » qui en Hébreu se rapporte au mot néfila (chute). Ceci nous enseigne qu’elle ne faillit pas à sa tâche car son mari lui donne des forces, l’encourage, la soutient et lui accorde son aide !

L’assemblée d’Israël est associée à une femme et D. à son mari (Ochéa 2-18). Tout le poème de Chir hachirim est basé sur cette allusion. Car il n’y a qu’avec l’aide du Ciel que nous ne chutons pas. Avant les « Jours Redoutables » (de Roch hachana à Kippour) qui approchent, nous prions le Créateur afin qu’il nous accorde Ses bienfaits et surtout qu’il nous soutienne !

Le jugement de D. suit le principe de la réciprocité : celui qui a pitié des autres, le Ciel a pitié de lui ; celui qui pardonne aux autres, le Ciel lui pardonne ses fautes. Tout mari et père de famille se posera donc la question suivante : « Ai-je aidé mon épouse afin qu’elle réussisse à accomplir sa tâche sans faillir ? » (Extrait de Mayane Hachavoua)

Rav Moché Bénichou

Le conflit (première partie)

Jusqu’à présent vous avez appris comment améliorer une relation afin de vivre plus en harmonie, et en complicité avec votre épouse.

Voyons maintenant ensemble comment gérer un conflit pour éviter un désastre et des souffrances inutiles !

Le conflit:

Quel est le véritable défi journalier du couple pour être épanoui au jour le jour ?

La priorité et le défi au sein même du couple est très clair, préserver le Shalom. Comme nous le savons, la capacité d’évoluer, la brakha, ne peut résider que dans un ustensile spirituel appelé le Shalom. Si cet ustensile est brisé, la brakha n’a pas où résider et laisse donc place à la colère, la rancœur, l’intolérance et l’incompréhension de l’autre.

Pour réaliser ce défi, je vous donne ici un conseil qui semble indispensable.

Ne faites jamais de critique sur votre conjoint. S’il vous a fait vivre quelque chose de désagréable, ou qu’il vous a fait quelque chose que vous n’aimez pas. Ne le critiquez sous aucun prétexte, à la place dites-lui ce que vous ressentez. Ne dites rien sur lui, concentrez-vous sur votre propre mal-être et avec des mots adéquats, partagez-lui.

Sachez cependant que dans le cas où votre conjoint vous reproche quelque chose et vous l’exprime par des critiques, vos sentiments seront acceptés, si et seulement si, vous avez compris auparavant ce qu’il ressent et pourquoi il vous reproche quelque chose. Exemple : « Même quand tu es/je suis à la maison, tu as l’air absent(e) ! » Lui répondre « Excuse-moi, mais la manière dont tu me parles me fait de la peine… ». Il ne faut surtout pas répondre de manière plus maladroite et vulgaire « oh, tu me soule ! » C’est impensable !! Si votre conjoint partage avec vous ses sentiments, même si cela est fait de manière maladroite, votre rôle à vous est de le comprendre, pas de rediriger la caméra sur vous. 

La critique est la source de toute destruction dans les relations humaines personne n’aime entendre une critique, et personne n’en tire des forces. Si vous voulez vraiment que votre conjoint change de comportement, partager vos sentiments, cela marche et construit la relation.

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La franchise (Troisième et dernière partie)

A présent, vous avez la réponse. Pourquoi ne buvez-vous pas chaque parole de votre épouse avec passion ? C’est parce que vous ne vous êtes pas ouvert l’un à l’autre ; et si vous vous êtes ouvert c’est parce que vous n’avez pas créé le terrain propice pour ne pas vous faire trahir ou attaquer.

Exemple :

« Les critiques que j’entends ici me font mal au cœur. » Dans ce cas, vous avez bien exprimé les choses. Le conjoint pourrait répondre «  Et qu’est-ce que je pourrais faire d’autre, tu n’es jamais disponible ! Toujours occupé avec les autres et jamais avec moi. » certes, vous avez bien exprimé les choses, mais vous ne l’avez pas écouté et comprise avant de faire part de vos propres sentiments, d’où sa réaction. Et vous, comment réagissez-vous à une telle réaction ? Cette réaction ne vous énerve-t-elle pas ? Ne vous sentez-vous pas trahi en entendant une telle réponse ? Vous vous êtes ouvert, vous avez dévoilé une partie cachée de vous-même, une chose importante à vos yeux et elle vous est tombée dessus avec des arguments qui hurlent « Tu ne me comprends pas ! ». C’est pour cela qu’il est si important dans une relation de comprendre l’autre avant de faire part de nos propres sentiments, pour ne pas être trahi ensuite. Pour pouvoir installer une ambiance de confiance et de considération.

-Elle dit « mon chéri, tu ne peux pas m’aider avec les enfants ? je suis fatiguée. » Nous pourrions faire l’erreur de répondre « Moi aussi, je suis crevé, j’ai travaillé/étudié toute la journée ! » Cherchez à la comprendre au lieu de trahir la confiance qu’elle a placée en vous, en dévoilant ses difficultés.

-Elle dit « Tu ne comprends rien de toute façon » Nous répondrions peut être à tort « Quoi, moi je ne comprends rien ! Et toi avec… /Ha oui, parce que toi tu comprends tout !!» rappelez-vous, elle parle de ses sentiments et elle dit que vous ne les comprenez pas. Alors que devez-vous faire ? Oui, l’écouter sincèrement et comprendre ses sentiments.

Le secret d’une bonne relation empreinte de complicité entre deux personnes réside dans le fait que l’on comprend l’autre et qu’on s’ouvre à lui. Mais partager nos sentiments et faire preuve de franchise sans comprendre l’autre peut être vexant et source de souffrance pour elle. D’où les réactions agressives auxquelles on peut être confronté. Dans ces cas la, vous devez être à l’écoute, avant de développer d’avantage vos sentiments.

Alors pourquoi ne faisons-nous pas pour notre épouse, ce que nous faisons naturellement pour autrui ?

Parce que chaque discussion avec notre conjoint, nous engage peut être à agir et changer notre comportement. Chose que nous ne sommes pas toujours prêt à faire. Arrêtez d’avoir peur, comprenez-la, ouvrez-vous, dites-lui ce qui est difficile pour vous, et assumer sa réaction vous n’en retirez que de la satisfaction et du bonheur à long terme. N’oubliez pas ! Vous devez être courageux !

Voilà, vous connaissez les quatre points indispensables à toute communication, en discutant avec votre épouse, vous en découvrirez peut-être d’autres qui sont pour vous tout aussi importants, ne les négligez pas.

Bonne chance !

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La franchise (seconde partie)

Vous savez pourquoi vous souffrez sans ce dernier point ? C’est parce que vous prenez l’entière responsabilité du bonheur de votre couple et cela vous épuise. Vous n’avez du répit qu’en sortant de la maison. Et quand vous rentrez, vous marchez sur des œufs. « Comment ne pas faire de gaffe ? » Libérez-vous, soyez francs, partager vos sentiments ! Avec les trois conditions – plus bas.

Exemple : Qu’est-ce qui fait que votre amitié avec votre meilleur ami est si forte ? Quand a-t-elle réellement commencer ? Pourquoi appréciez-vous chacune de ses paroles même s’il vous parle de son nouveau pantalon et que d’écouter un étranger à ce sujet vous ennuierait ?

La réponse est simple, c’est parce que vous vous êtes compris mutuellement, vous vous êtes ouverts l’un à l’autre et avez partagé vos sentiments les plus profonds. Du coup, vous pouvez parler de tout et cela reste intéressant pour vous, parce que votre ami vous intéresse même si le sujet est dérisoire à vos yeux.

Avec votre femme ça fonctionne de la même manière, et ce partage est nécessaire. S’il n’existe pas, certes vous êtes mariés, vous partagez des événements mais vous n’êtes pas proches, ni liés véritablement.

Donc, concrètement, que faut-il faire pour être franc et partager vos sentiments.

Ÿen parlant à la première personne « je »,

Ÿsans critiquer l’autre,

Ÿen partageant uniquement ce que vous ressentez dans cette situation et pas ce que l’autre a fait.

Ce que ça changera :

ŸVous vous sentirez à l’aise et détendu chez vous.

ŸVous serez heureux d’être en présence d’une personne qui vous comprend et vous respecte.

ŸVous sentirez que rien n’est insurmontable.

Soyez courageux ! Ce que nous enseignons ici n’a rien d’une potion magique. Bien évidement il y aura quand même certains moments dans votre vie où vous traverserez des conflits. Et il est fort probable que vous receviez des remarques même en agissant de la sorte. Prenez sur vous d’aller de l’avant, de changer le niveau de votre relation. Apprenez à lui parler, à l’écouter, à la comprendre et à vous ouvrir à elle comme vous l’auriez fait naturellement avec d’autres proches, et méritez votre récompense, une relation de respect, de passion et d’amour.

Permettez-moi à présent une question. N’en avez-vous pas marre d’avoir toujours les mêmes problèmes de communication dans votre couple, ne voulez-vous pas vivre des choses plus intenses, plus profondes ? Alors prenez avec vous ces conseils et permettez-vous d’avoir de la complicité dans votre relation. La construction du couple ne s’arrête peut être jamais, on peut toujours être plus proche d’une autre personne. On peut toujours mieux aimer et respecter l’autre. Mais cela n’est pas une raison pour ne pas commencer quelque part. Ces clés de la communication sont justement là pour vous donner un bagage de départ. Ayez confiance en vous et en votre conjoint qui veut aussi votre bonheur, et commencez à construire. Bonne chance !

Le plus gros problème dans cette démonstration, c’est que lorsqu’on partage nos sentiments avec notre épouse, il faut d’abord l’avoir écouté et comprise sinon elle se sentira agressée et vous parlera peut-être avec agressivité. Il y a des exceptions à tout, attendez-vous parfois à être agressé même lorsque vous avez tout bien fait. On est dans la vie, face a une personne qui a des sentiments, et non pas face à une machine.

De manière naturelle lorsque cela arrive, qu’une personne dévoile ses sentiments et est agressée, elle se sent trahie. Trahie, parce qu’elle s’est ouverte et qu’autrui en a profité pour la rabaisser. De ce fait, il faut créer une situation dans laquelle votre conjoint acceptera vos sentiments. Plus vous écouterez, comprendrez, respecterez votre femme telle qu’elle est, plus elle sera apte à accepter vos sentiments et pourra vous comprendre. Plus cela arrivera dans votre maison, plus vous créerez de l’harmonie et de la complicité dans votre couple. Or plus vous serez proches l’un de l’autre, plus chacune de vos paroles respectives sera naturellement importante et particulière aux yeux de l’autre.

À suivre…

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LA QUATRIÈME CLÉ

Si vous vous arrêtez là. Vous pourrez rendre heureuse votre conjoint. Cependant vous devez savoir que vous ne serez pas épanouie. De plus, il vous sera difficile au quotidien d’être vraiment à l’écoute et de devoir tout le temps la comprendre. Vous devrez supporter des remarques ou critiques qui vous font mal, et que finalement vous enterrerez quelque part en vous jusqu’à l’explosion finale. Dans une telle situation, la complicité, le respect ou la confiance n’existent pas, parce que même si dans le meilleur des cas, l’autre se sent compris et respecté, vous ne l’êtes pas. Vous n’êtes donc pas complice l’un avec l’autre, et il ne peut pas réellement vous respecter parce qu’il ne vous connait pas. Ça ne va qu’à sens unique. Ne ressentez-vous pas en partie ce malaise en vous ? Ne ressentez-vous pas que tout ce qui est écrit dans ces conseils de Shalom Bait vous demande de gros efforts sans pour autant encore vous sentir à l’aise à la maison ? Si vous ne le ressentez pas, peut-être avez-vous déjà cette clé dans votre relation.

Quel est donc ce dernier point qui peut tout changer ?

La franchise et le partage de sentiments. [Trois conditions obligatoires ! Voir plus bas]

Trop souvent nous croyons que garder nos sentiments pour nous est source de force. Nous croyons que nous gagnons à montrer à notre conjoint qu’on la comprend sans jamais, lui faire part de nos propres sentiments. Mais même s’il est vrai que vous lui évitez, à court terme, un petit mal-être en refoulant les sentiments désagréables que vous ressentez suite à son comportement. Sachez qu’à long terme, vous empêchez la relation d’évoluer.

Vous rêvez de paix, d’harmonie, de compassion, de respect, de simplicité. Mais dans quel monde allez-vous trouver toutes ses choses si vous ne vous ouvrez pas à l’autre ?!

Si ce point est tellement important c’est parce qu’elle ne peut pas vous respectez et vous appréciez si elle ne vous connait pas, si elle ne vous comprend pas. Mais elle n’y arrivera pas sans que vous lui partagiez vos sentiments.

Pour connaitre quelqu’un, il faut qu’il partage de sa vie et de ses sentiments.

À suivre…

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