Paracha Ki Tavo – Commencer avec les bénédictions

Le Rav Nissim Hacohen zatsal, président du tribunal rabbinique de Djerba, ne recevait pas de rétribution pour ses fonctions rabbiniques; il travaillait à la sueur de son front pour sa subsistance. En effet, il était orfèvre spécialisé dans l’or et l’Eternel le bénissait dans tout ce qu’il entreprenait. Il avait construit sa foi en D.ieu depuis son enfance. Il avait travaillé comme apprenti chez Maïmon Hacohen, un orfèvre spécialisé.

Maïmon s’engagea à payer une somme d’argent fixe à son apprenti chaque semaine. Cependant, Maïmon n’avait jamais en sa possession suffisamment d’argent, et il ne payait pas son apprenti chaque semaine comme promis. L’apprenti pensa: « Si je réclame mon salaire, je mets mon maître dans l’embarras car il n’a pas d’argent. Je n’oserais pas lui faire commettre la faute de retenir le salaire de son ouvrier qui devient effective à partir du moment où l’ouvrier réclame son dû (Baba métsia 111a)! Toutefois, si je laisse ses dettes augmenter, je ne recevrai rien. Que dois-je faire? ».

Voici la solution qu’il trouva: il prit une boite vide qu’il cacha dans un coin de l’atelier d’orfèvrerie et de temps en temps il y jeta un bout d’argent, des débris d’or, des déchets petits et négligeables, dont la disparition ne causait pas de pertes.

Deux ans plus tard, l’apprenti s’adressa à son employeur: « Quand allez-vous me payer? » Maïmon lui répondit: « Viens, nous allons faire les comptes! » L’apprenti lui rappela combien de semaines il avait travaillé et combien il s’était engagé à le rétribuer chaque semaine. Le visage de Maïmon s’assombrit, il s’écria: « Où vais-je trouver une si grande somme d’argent? »

L’apprenti se leva, se dirigea vers un recoin de l’atelier et retira une lourde boite de la montagne de déchets entassés. Il versa le contenu de la boite sur un plateau de la balance et le visage de Maïmon s’éclaira. Il plaça sur l’autre plateau des poids et il constata que la montagne de résidus dépassait largement le montant du salaire qu’il devait payer à son apprenti.

Maïmon enlaça chaleureusement son apprenti si intelligent et dit: « Que l’Eternel te bénisse, car sans cette solution, je n’aurais jamais réussi à te payer! » Cette histoire est véridique. Elle nous servira de parabole concernant la paracha de la semaine et les jours de jugement qui s’approchent.

La paracha nous rapporte les paroles de réprobations redoutables et ses concrétisations. Ce n’est pas pour rien que nos sages ont fixé de lire cette paracha avant Roch hachana. En effet, la guémara enseigne (Méguila 31b): « Le Tana, Rabbi Chimon ben Elazar, enseigne qu’Ezra décréta qu’Israël devrait lire les malédictions recensées dans le livre de Dévarim avant Roch hachana… Quelle en est la raison? Abayé enseigne: afin que l’année se termine ainsi que ses malheurs ». Explication: nous nous trouvons à la fin du mois d’Eloul, le mois de la miséricorde et des supplications, le mois pendant lequel nous entamons un examen de conscience. Ceux qui sont sincères avec eux-mêmes constateront avec amertume: Qu’avons-nous à présenter à notre Créateur? Quelle Torah et quelles mitsvot vont-elles pouvoir nous défendre? Soudain, tel un trait de lumière perçant l’obscurité, nous nous souviendrons que nous possédons notre « tirelire » de tourments. Toutes les tracasseries dont nous avons souffert pendant l’année qui vient de s’écouler, toutes nos petites inquiétudes, toutes nos peines et nos souffrances, les insultes et les infortunes, nos chagrins et nos déceptions ainsi que nos pertes d’argent; tout cela sera pris en compte! Ils seront placés sur la balance en face des accusations déposées contre nous.

Cependant, nous portons nos yeux vers les cieux et implorons: « Que l’année se termine ainsi que ses malédictions! » A partir d’aujourd’hui, Maître du monde, nous espérons ne plus avoir recours aux souffrances et aux malheurs pour équilibrer les comptes. Car nous espérons nous améliorer, ajouter des mitsvot et réduire les fautes de manière à ne pas subir de mauvais décrets mais au contraire: « Que l’année commence ainsi que ses bénédictions! »

Rav Moché Bénichou

Paracha Choftim – VALEUREUSEMENT BELLE

« Si tu remarques au sein des captifs une belle femme » (21-11)

La paracha commence avec la loi sur « la belle femme », et nous allons consacrer notre propos à « la femme

valeureuse ». Sachant que « la beauté physique est mensongère » et seulement « la femme qui craint D. sera digne de louange » et sa beauté transparaîtra véritablement. Sachant que l’apparence extérieure, le contenant, n’est pas le plus important dans la vie mais bien le contenu, c’est-à-dire la personnalité et le caractère d’une personne, son être intérieur.

Quel est le secret de la femme valeureuse ? Dans le poème qui lui est dédié (Échet ‘Hayil), sont énumérées les caractéristiques de la femme valeureuse, même si certaines de ces caractéristiques ne sont pas si appliquées de nos jours : « Ses mains saisissent le rouet » pour tisser des fils, « Elle se brode des tapis », « Elle confectionne des tissus qu’elle vend ». Quelle est la base de son caractère, qui est-elle vraiment ?

Il semblerait que la réponse à ces questions se trouve dans le midrache (yalkout chimoni à la fin de Michlé). La réponse nous est fournie par allusion. Le midrache précise que le poème « Echet ‘hayil » est rédigé suivant l’ordre alphabétique et affirme : « De la même façon que D. a donné la Torah à Israël avec vingt-deux lettres, Il loue les femmes justes avec les vingt-deux lettres ».

Ceci signifie que les filles d’Israël sont éduquées afin de devenir des femmes valeureuses dont le fonctionnement sera comme une Torah entière ! Quelle responsabilité !

Superviser le bon fonctionnement de la maison, être une femme de maison, une mère de famille, une éducatrice exemplaires avec un cœur en or : « Elle ouvre sa main au pauvre et tend le bras au nécessiteux ». Elle sait être économe, elle éduque ses enfants dans la voie de la Torah selon la tradition de nos patriarches, et elle les éduque à bien se comporter envers leurs prochains : « Elle parle avec sagesse, et des leçons empreintes de bonté sont sur ses lèvres. Elle dirige avec vigilance la marche de sa maison, et jamais ne mange le pain de l’oisiveté ».

Un enseignement supplémentaire découle du poème « Echet ‘hayil ». La guémara (Brakhot 4b) rapporte que le psaume « Téhila lédavid » est dit trois fois par jour en raison du verset : « Tu ouvres ta main et rassasies tout vivant à volonté » qui décrit l’abondance que le Créateur nous envoie, et qu’il est rédigé selon l’ordre alphabétique. Le gaon Hamabit zatsal (Beit Alkim, chaar hatefila 15) commente qu’un poème rédigé selon l’ordre alphabétique nous enseigne que les louanges contenues dans le poème ne sont pas accidentelles. L’ordre alphabétique désigne l’ordre et le règlement. Et de ce poème nous devons comprendre que le Créateur n’envoie pas une abondance de bénédictions à la création mais Sa bonté est la base de toute la création et son fonctionnement, comme il est écrit « Un monde de bonté sera créé » (Psaumes 89-3), « Tes bienfaits rempliront la terre » (Psaumes 119-64).

C’est le même enseignement qui découle du poème « Echet ‘hayil », qui est rédigé selon l’ordre alphabétique. Les bonnes actions de la femme valeureuse, sa participation aux responsabilités de la maison et sa bonté ne sont pas accidentelles, c’est un système de valeurs élaboré et continu !

Quel est le secret de la force de la femme valeureuse ? Le poème décrit avec précision toutes ses actions mais soudain un verset nous parle de son mari et cela au verset concernant la lettre « Noune » qui en Hébreu se rapporte au mot néfila (chute). Ceci nous enseigne qu’elle ne faillit pas à sa tâche car son mari lui donne des forces, l’encourage, la soutient et lui accorde son aide !

L’assemblée d’Israël est associée à une femme et D. à son mari (Ochéa 2-18). Tout le poème de Chir hachirim est basé sur cette allusion. Car il n’y a qu’avec l’aide du Ciel que nous ne chutons pas. Avant les « Jours Redoutables » (de Roch hachana à Kippour) qui approchent, nous prions le Créateur afin qu’il nous accorde Ses bienfaits et surtout qu’il nous soutienne !

Le jugement de D. suit le principe de la réciprocité : celui qui a pitié des autres, le Ciel a pitié de lui ; celui qui pardonne aux autres, le Ciel lui pardonne ses fautes. Tout mari et père de famille se posera donc la question suivante : « Ai-je aidé mon épouse afin qu’elle réussisse à accomplir sa tâche sans faillir ? » (Extrait de Mayane Hachavoua)

Rav Moché Bénichou

Paracha Choftim – Ne perdons pas espoir, la délivrance est proche !

« Car c’est l’Eternel, votre D., qui marche avec vous, afin de combattre pour vous » (20-4).

Il y a environ deux cent soixante ans, Rabbi ‘Hayim Aboulafia zatsal, le pionnier du renouveau de la vie juive à Tibériade, fut le président de la communauté florissante qui mérita la protection du cheikh Dahir el Amar, lequel avait renforcé ses murailles à merveille.

Les fortifications ne convenaient pas au calife de Damas, qui craignait la création d’un noyau de résistance à son pouvoir dans cette région se trouvant sous son contrôle. Ainsi, il monta à Tibériade avec sa grande armée, afin de mener une conquête contre Tibériade et détruire ses fortifications. Les juifs de Damas envoyèrent urgemment à leur Rav respecté un avertissement afin qu’il s’échappe de Tibériade avant l’attaque en compagnie de sa communauté et de leurs biens, et qu’ils se rendent à Safed où la protection leur était assurée. Mais le Rav refusa de déserter sa ville.

Le siège de Tibériade commença et les canons se mirent à tirer jour et nuit sans interruption. Les miracles de D. furent nombreux, les boulets de canon ne détruisirent aucune maison, il n’y eut aucune victime, alors que leur puissance destructrice était immense. La majorité des boulets de canon tombèrent dans le lac de Tibériade, une minorité touchèrent le sol et furent engloutis dans la terre ou bien ils explosèrent dans l’air. Pendant les tirs, Rav

‘Hayim Aboulafia tenait un bâton dans sa main portant des noms saints de D. et dirigeait les boulets de canon suivant son désir : ceux-ci tombaient dans le lac de Tibériade.

Après un siège interminable, éreintant et vain qui se termina en échec cuisant, le calife perdit tout espoir et leva le siège. Les assiégés sortirent triomphants des combats contre l’armée de Damas, ils récitèrent le Hallel et Nichmat kol ‘hay.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’échec poursuivit le calife, et il fut la risée de tous. Comment la puissante armée de Damas fut-elle vaincue par une petite ville isolée assiégée ? Le calife se devait de rétablir sa réputation et il jura d’attaquer Tibériade et de ne rentrer chez lui qu’après l’avoir entièrement détruite. Une fois de plus, le Rav reçut une lettre d’avertissement qui l’encourageait à fuir et à trouver refuge ailleurs, mais le Rav refusa de nouveau.

Au mois de Av, le calife de Damas partit avec sa puissante armée, et il ordonna à ses troupes placées à Acre de se joindre à lui avec tout leur équipement militaire. Il fit évacuer tous les villages aux alentours de Tibériade, il construisit des radeaux afin d’établir un siège de la ville du côté de la mer. Cette fois-ci, le siège était prévu pour une durée indéterminée, jusqu’à la défaite de Tibériade.

Dans la nuit de Chabbat, après le repas, tous les membres de la communauté se rassemblèrent dans la maison du Rav. L’ambiance était très tendue. Le fils du Rav était assis à la table et préparait la lecture de la haftara de la semaine, il chanta alors le verset suivant : « Je suis votre unique consolateur… » Le Rav entendit et déclara : « Vous avez entendu, ne vous découragez pas ! C’est la parole de D. qui vous répond. C’est D. notre unique consolateur, nous ne devons pas avoir peur des êtres mortels ! ». C’était le Chabbat qui tombait le 4 Eloul. Le dimanche 5 Eloul, le calife tomba malade. Le lundi, son état de santé empira, et le mardi 7 Eloul, il mourut. Le siège fut levé. Le peuple se réjouit grandement de cette seconde victoire miraculeuse sur Damas et le Rav loua D. pour ses miracles. Ils lurent le Hallel comme la première fois, et ils marquèrent ce jour du 7 Elloul pour les générations suivantes comme jour de souvenir accompagné d’un festin pour remercier le Créateur de les avoir sauvés de la mort.

Nous avons la promesse que nous bénéficierons de ces miracles de nos jours comme dans le passé, si nous agissons suivant cette même parole de D. que le prophète nous a transmise : « Je suis votre unique consolateur… ».

Rabbi Yits’hak de Berditchev zatsal dans son oeuvre kédouchat Lévy (Likoutim), nous explique le verset de la manière suivante : le Créateur est vivant et veut nous accorder des bienfaits illimités, et cela est notre véritable consolation ! (Extrait de l’ouvrage Mayane Hachavoua)

Rav Moché Bénichou

Paracha Réé – Prier pour une bonne santé

« C’est l’Eternel votre D. qu’il faut suivre » (Devarim13-5)

Rabbi Bonim de Pchis’ha zatsal était aveugle. Sa vue déclina lentement mais sûrement. Alors qu’il n’était encore qu’un jeune avrekh plein d’avenir, il travaillait comme commerçant dans la ville de Dantzig afin de subvenir à ses besoins. Il prit conseil auprès des médecins qui étaient pessimistes à son sujet. Il pria et supporta sa souffrance en silence. Un jour, un Juif vint prendre conseil auprès de lui après avoir entendu parler de lui. Il raconta qu’il souffrait de douleurs oculaires intenses. Son ophtalmologue était très pessimiste. Il se rendit dans la grande ville mais fut également déçu des pronostics des médecins. Il se rendit à la capitale en vain. Il arriva à Dantzig afin de chercher une solution à sa maladie. Pendant ses recherches, il apprit qu’un commerçant souffrait de douleurs oculaires. Vu qu’ils connaissaient tous les médecins spécialisés dans ce domaine, Rabbi Bonim fut heureux de pouvoir aider et partager son expérience, il envoya cet homme chez les meilleurs médecins. Peu de temps après, le Juif revint chez lui. Il raconta qu’il était allé chez tous les médecins qu’il lui avait conseillés mais fut déçu. Son état empirait. Il a entendu que dans une des ruelles des quartiers pauvres résidait un sorcier gitan qui faisait des incantations et de la sorcellerie. Puisque les médecins ne réussissaient pas à trouver une solution, il pensait se tourner vers ce sorcier. Comme il savait que Rabbi Bonim souffrait aussi de douleurs oculaires et que les médecins n’avaient pas réussi à trouver un remède pour lui, et comme il se sentait reconnaissant envers pour ses conseils, il lui proposa de l’accompagner chez ce sorcier gitan…

Rabbi Bonim lui répondit : la Torah nous ordonne de nous soucier de notre santé. Ce souci nous oblige à nous rendre chez les meilleurs médecins. Si vous étiez venu me dire que les médecins de Dantzig n’ont pas trouvé de remède à vos douleurs, je vous aurais envoyer consulter des médecins plus spécialisés de Königsberg ou Berlin, dans le cadre de notre obligation de nous efforcer à trouver une solution à nos maux, joint à l’obligation de prier pour une bonne santé, afin que D. nous accorde son aide et nous sauve.

Mais si vous ne croyez plus dans le pouvoir de la médecine pour vous soigner et que vous voulez vous tourner vers des moyens spirituels, pourquoi essayez-vous de m’emmener avec vous chez un sorcier ? Je vous propose que nous nous rendions ensemble chez le Maguid de Koznitch ! Pourquoi se tourner vers des forces maléfiques s’il est possible d’utiliser des forces de sainteté ?!

Dans notre paracha est écrit un avertissement : ne pas aller chez les prophètes idolâtres, qui ne valent rien, « il faut se tourner vers D. et aller avec lui », il faut suivre les vrais prophètes, selon le commentaire du Ramban, « et seulement à lui nous poserons nos questions ! »

Il nous faut clarifier le fait que ceux qui utilisent les forces cachées, peuvent parfois apporter des informations inconnues et des secrets, et prévoir le futur avec précision. Mais ceci n’a aucune signification. Ceci ne prouve rien sur la vertu d’une personne ni sur son niveau spirituel. C’est peut-être un talent parmi tant d’autres, comme le talent de chanter ou de dessiner. Seule la prophétie Divine est véritable et si la prophétie ne se réalise pas, le faux prophète est condamné à mourir.

Que la personne n’en vienne pas à se dire : Qu’est-ce que cela peut bien faire si ma solution provient des forces maléfiques, d’un simple talent ou des forces de sainteté ? Tous les moyens sont bons, et le plus important est de trouver le remède à mon problème. Ceci est une erreur fatale ! La personne doit se souvenir que tout vient de D. et que nous avons besoin de Son aide pour avancer dans notre vie. Seul celui qui prend conseil auprès des sages mérite la délivrance et la réussite ! (Extrait de l’ouvrage Mayane Hachavoua)

Rav Moché Bénichou

Paracha Ekev – La grappe de raisin

Il y a environ cinq cents ans, le roi Moulaï Mamon régnait en Tunisie. Il tomba gravement malade et seul un médecin juif du nom de Yaakov Taïeb réussit à le guérir. Le roi le nomma médecin attitré du roi. Rabbi Yaakov Taïeb était un homme instruit dans tous les domaines, c’était un homme droit. Le roi lui posait beaucoup de questions et le médecin lui donnait des réponses bien argumentées. C’est ainsi que le cœur du roi s’imprégna de la connaissance de son Créateur et du désir de le servir. Le roi comptait parmi les plus grands amis des Juifs. Certains affirment même qu’il se serait converti en secret.

Un jour, il reçut le roi d’Algérie. Ils s’assirent sous une vigne. Alors que le roi d’Algérie parlait, il se rendit compte que son interlocuteur ne l’écoutait absolument pas. Le roi de Tunisie était en effet occupé à observer une grappe de raisins posée devant lui. Le roi d’Algérie se vexa : « A quoi penses-tu? » Il répondit: « Aux merveilles de la Création! » Le roi d’Algérie demanda étonné: « De quelles merveilles parles-tu? » Le roi de Tunisie rétorqua: « Du raisin, ce fruit si exquis, dont l’arbre, la vigne, est faite d’un bois creux et inapte à toute utilisation. » Le roi d’Algérie éclata de rire: « Sommes-nous venus pour bavarder de futilités de ce genre? Serais-tu devenu un philosophe qui tue le temps par de vaines pensées? » Le roi de Tunisie s’insurgea: « En quoi l’homme est-il différent des animaux si ce n’est par sa faculté de réfléchir et de penser?! » Le roi d’Algérie lui répondit: « C’est vrai; mais cette faculté doit être utilisée pour arriver à des conclusions pratiques. » Le roi de Tunisie rétorqua: « Qui a dit que ces questions sont sans réponse?

Appelons de suite mon médecin, Yaakov Taïeb! » L’invité se mit en colère: « Tu prétends trouver un savoir chez les Juifs? » L’hôte répondit: « Où veux-tu trouver la sagesse si ce n’est justement chez les Juifs; toutes les nations du monde se sont inspirées du Judaïsme! » Entre temps, le médecin juif arriva et se prosterna devant le roi.

Le roi de Tunisie l’interrogea: « Pourquoi le bois de la vigne est-il creux et fragile tandis que son fruit, le raisin, est si juteux et sucré? » Le médecin répondit: « Cette question est très ancienne et il existe plusieurs réponses. Deux réponses proviennent des scientifiques et deux autres ont été données par les sages d’Israël. » Le roi de Tunisie s’en réjouit et dit: « Nous voudrions entendre ces réponses pour nous instruire davantage! »

Le médecin juif commença: « Les scientifiques affirment que les deux choses dépendent l’une de l’autre. Le raisin étant un fruit juteux et raffiné, il pompe toute la vitalité de la vigne, qui s’affaiblit et devient poreuse. Ils ajoutent que comme le fruit sert entièrement à fabriquer une boisson, l’arbre doit être poreux afin de permettre à l’humidité de la terre de transiter par lui jusqu’au fruit qui peut ainsi recevoir de l’eau en quantité nécessaire. Ces deux affirmations proviennent des hommes de sciences. »

Le roi interrogea ensuite: « Et que disent les sages de ton peuple? » Le médecin répondit: « Premièrement, nos sages expliquent que le fruit de la vigne est raffiné et béni. On s’en sert pour fabriquer du vin qui réjouit le cœur des hommes; on asperge également du vin sur l’autel des sacrifices dans le Temple. Le vin sert à accomplir de nombreuses mitsvot. Le Kidouch et la havdala de Chabath et des fêtes; les quatre coupes de vin de Pessa’h; les bénédictions durant les fiançailles et le mariage; le Pidiyon haben et le Birkat hamazon. Ainsi, le Créateur ne voulait pas que la vigne soit utilisée pour fabriquer des idoles ou des masques. La seconde raison est la suivante: le peuple juif est comparé à la vigne car Israël est faible mais la Torah et les mitsvot sont belles et raffinées.

Si vous me permettez, votre majesté, je voudrais ajouter quelques propos: la vigne sert à fabriquer du vin. Quand une personne boit raisonnablement du vin, elle est joyeuse; mais si elle en abuse, elle perd la raison. Il en est de même pour Israël. Celui qui impose aux Juifs des taxes raisonnables, réussira et se réjouira. Mais celui qui impose de lourds impôts et leur fait subir un joug difficile échouera comme Pharaon et tous les oppresseurs d’Israël ! » Le visage du roi de Tunisie s’éclaira de joie à l’écoute de ces réponses tandis que celui du roi d’Algérie se ternit.

Rav Moché Bénichou

Paracha Devarim – Les empreintes de la faute

Il est enseigné dans les Pirkeï Avot (3;2) « Deux juifs qui mangent ensemble et ne discutent pas de sujet lié à la Torah, sont considérés comme des railleurs », comme il est dit (Psaumes 1-1) : « Ne faites pas une réunion de railleurs ».

Rabbi Yits’hak de Volozhin zatsal explique (Milei déAvot) : « L’endroit où se réunissent des Juifs qui parlent de sujets liés à la Torah est rempli de sainteté et est élevé. Au contraire, l’endroit où se réunissent des railleurs est profane et empreint d’impureté. »

Le Zohar explique (Partie 2, 9-1) que Rabbi ‘Hiya et Rabbi Yossi marchaient sur la route. Ils rencontrèrent un homme qui les prévint de ne pas continuer de marcher sur cette route et les route principale. Il expliqua qu’une fois, un sage passa par cette route principale et se fit attaquer par des brigands qui le tuèrent. Depuis ce jour, cet endroit est considéré comme dangereux, et toute personne qui s’y rend se met en danger.

Les sages affirment qu’à l’endroit où une personne faute réside une empreinte de profanation. Cela engendre un danger pour une autre personne qui passe à cet endroit car les empreintes de la faute le pénètrent, dans son cœur et dans ses pensées. C’est la raison pour laquelle on peut voir parfois une personne entrer dans un endroit et lui passent par la tête des mauvaises pensées, pensées auxquelles elle n’avait jamais pensé auparavant. Cela ressemble à un homme dont la tête est remplie de poux, qui contamine les autres dans chaque endroit où il passe et s’assoit (Sia’h Yts’hak 67).

Quand le Imré ‘Hayim de Vijnitz zatsal élabora l’idée de créer un centre d’intégration pour les survivants de la Shoah, il se rendit aux Etats-Unis afin de récolter des fonds pour financer ce projet. Ses médecins lui prescrivirent de marcher une heure par jour accompagné de son secrétaire qui pousserait une chaise roulante, afin de le ménager s’il venait à se sentir fatigué. Un jour, son secrétaire lui dit : « Rav, des bancs sont placés tout au long du chemin. Pourquoi doit-on prendre une chaise roulante ? » Le Rav lui répondit : « Si cela t’est difficile, je pousserai la chaise roulante moi-même »… « Non, non, mais je voudrais juste comprendre »… « Je vais t’expliquer », lui répondit le Rav. « Nous sommes aux Etats-Unis, chez les non-Juifs. Qui sait quelle personne s’est assise sur le banc en question, comment s’est-il comporté et qu’a-t-il pensé ? Je ne veux pas être contaminé »…

En quoi cela nous concerne ? Au début du ‘houmach Dévarim, Moché Rabénou rappelle les endroits où ils sont passés : « dans le désert » ils ont mit D. en colère, « dans la plaine » ils ont fauté, « en face de Souf » ils ont désobéi. « Entre Pharan » où les explorateurs fautèrent ; « et entre Tofel et Labân », l’endroit où ils affirmèrent que la manne était insipide et blanche. Soulignons bien la conséquence terrifiante : l’endroit a reçu le nom de la faute qu’ils y ont commise, cela doit être exposé aux yeux de tous !

Une très grande responsabilité nous incombe : nous devons accomplir les commandements au sein de notre maison afin qu’elle soit le réceptacle de la présence Divine et qu’elle rayonne de sainteté !

Que nos demeures ne soient pas le théâtre de raillerie en tout genre, que les propos indécents et les commérages n’y rentrent pas afin de ne pas laisser d’empreintes indélébiles! (Extrait de l’ouvrage Mayane Hachavoua)

Rav Moché Bénichou

Couronné par le Roi des Rois

« Moché se mit en colère contre les officiers » (31-14)

Moché Rabénou se mit en colère contre les officiers de l’armée qui épargnèrent les femmes qui firent fauter les enfants d’Israël ; ensuite est relaté le procédé de cachérisation des ustensiles récoltés dans le butin de guerre que ramena Elazar hacohen sur l’ordre de Moché Rabénou. Pourquoi Moché Rabénou n’a pas enseigné lui-même ce procédé et ce fut Elazar hacohen qui le fit à sa place ? Rachi explique : « Car Moché était en colère et cela l’induit en erreur car il oublia les halakhot relatives à la cachérisation des ustensiles ».

Le Rav « Sifté Cohen » zatsal écrivit que la colère de Moché Rabénou était inutile. Car s’il avait vérifié l’affaire, il aurait compris que les officiers avaient emmené les femmes à la base militaire afin de les exécuter, mais ils s’attardèrent afin d’honorer le nom Divin, de célébrer Sa force et de remercier pour le miracle au cours duquel douze mille hommes vainquirent un peuple si nombreux, qui ne comptait pas moins de trente-deux mille filles de moins de trois ans ; tous les soldats juifs sortirent sains et saufs de cette guerre. Nous apprenons de cette affaire qu’il ne faut pas tirer des conclusions hâtives et il ne faut pas juger négativement mais attendre et voir dans chaque chose la providence divine qui est toujours bonne.

L’histoire suivante illustre bien notre propos selon lequel tout ce que D. fait est pour le bien et même si parfois cela nous semble mauvais, nous devons nous renforcer dans notre foi qu’Il voit tout et que Lui seul sait comment vont se terminer les choses.

L’histoire de Samuel M., qui prit rendez-vous chez le dentiste, afin de faire une couronne sur une dent ; ce genre de soin est considéré comme relativement simple, et n’engendre aucun danger particulier. Toutefois, dans notre histoire, ce soin se compliqua terriblement. Le dentiste prépara la couronne, mais lorsqu’il l’introduit dans la bouche du patient afin de couvrir la dent soignée, la couronne se détacha de l’instrument auquel elle était fixée et tomba directement dans la gorge du patient. Le danger était très grand car un côté de la couronne était très tranchant et pouvait couper l’œsophage.

Le dentiste envoya d’urgence le patient à l’hôpital où on lui fit une échographie. Entre-temps, quelques amis de Samuel qui entendirent l’histoire, arrivèrent à l’hôpital. L’un des amis, révolté de la négligence du dentiste, déclara avec détermination : « Dès que l’opération sera terminée, je vais intenter un procès à ce dentiste qui néglige sa responsabilité professionnelle ! »

Les membres de la famille de Samuel attendaient près de la porte de la salle d’échographie. Le médecin sortit de la salle, le visage sombre, et leur dit : « Nous avons procédé à une échographie détaillée, et à notre grande joie nous avons trouvé que la couronne est tombée dans la gorge du bon côté, et il n’y a aucune inquiétude à avoir. Cependant, nous avons trouvé une toute petite tumeur cancéreuse dans la gorge et nous n’aurions pas pu le découvrir si nous n’avions pas fait l’échographie détaillée de la gorge pour vérifier la situation de la couronne ». Samuel ne s’était jamais plaint de douleurs dans la gorge et il n’aurait jamais fait d’échographie de la gorge si la couronne n’y était pas tombée suite à la « négligence » du dentiste. C’est grâce à cette échographie que la tumeur fut découverte à temps.

Les médecins expliquèrent que l’état de la tumeur permettait de commencer des soins de chimiothérapie

qui sauveront la vie de Samuel. La chimiothérapie commença et la tumeur fut neutralisée.

A présent, chacun pouvait comprendre qu’il n’y avait aucune raison de soutenir l’ami qui avait décidé d’intenter un procès contre le dentiste… Les membres de la famille lui expliquèrent qu’il était hors de question d’intenter un procès contre le dentiste car tout avait été pour le bien de leur proche !

Bien que personne ne nie le fait que le dentiste était coupable sans aucun doute d’avoir manqué à ses responsabilités professionnelles, D. savait que la meilleure chose pour Samuel était que la couronne tombe dans sa gorge.

Il ne s’agit pas d’une histoire qui se termina bien « après coup » ou d’une histoire qui aurait mieux fait de ne pas exister. En fait, il est possible d’affirmer que c’était véritablement la meilleure chose qui puisse arriver. Cependant, à nos yeux, la réalité semble inversée, et l’histoire de Samuel apparaît comme terrifiante. Mais celui qui place sa foi en D. et sait que tout ce qu’Il fait est seulement pour le bien, et y croit de tout son cœur, aura la force de rester serein même dans la plus grande tourmente.

C’est vrai qu’il est plus facile de parler que de ressentir vraiment cette sérénité ! Toutefois, chaque Juif a l’obligation de placer entièrement sa foi en D.ieu, d’éduquer ses enfants dans cette foi et de répéter que tout ce que D. fait est exclusivement pour le bien, même si nous ne comprenons pas tout…

Afin de réussir à ressentir cette foi totale dans la providence Divine, il faut commencer par des « petits malheurs ».Par exemple, quand nous ratons le bus ou si nous avons reçu un coup. Nous devons expliquer aux enfants que nous savons que tout est pour le bien et que tout est dirigé par la providence Divine même si nous ne comprenons pas pourquoi. Si nous commençons par des petites choses, et que nous nous entraînons à voir la providence Divine dans tous les événements de la vie, nous arriverons vite à un grand degré de foi en D., cela nous aidera à surmonter d’autres évènements peut-être plus difficiles. Tout cela en souhaitant qu’aucun Juif ne subisse de malheurs. (Extrait de l’ouvrage « Le’hanekh besim’ha-Eduquer dans la joie »)

Rav Moché Bénichou

RESTER LE MAÎTRE À BORD

« Aux plus nombreux tu donneras une plus grande part, aux moins nombreux une moindre part » (26-54).

Le « Ben Ich ‘Haï » zatsal raconte l’histoire suivante: un homme riche chevauchait vers la ville. En chemin, il croisa un homme estropié demandant l’aumône. 11 lui lança une pièce d’argent. L’estropié le bénit avec effusion et le pria de bien vouloir le prendre avec lui sur son cheval pour se rendre en ville car son invalidité ne lui permettait pas de faire un si long chemin. L’homme fut pris de compassion pour le mendiant estropié et le fit monter sur son cheval. Il lui confia les rênes et s’assit derrière lui pour le soutenir. Quand ils arrivèrent sur la place centrale de la ville, l’estropié dit au riche: « voilà, nous sommes arrivés, maintenant vous pouvez descendre et rentrer chez vous »… Le riche, surpris par l’effronterie de l’estropié, lui dit: « Est-ce mon cheval ou le tien ? » L’estropié s’écria avec colère : « Au secours, bonnes gens! Voyez, j’ai rendu service à ce monsieur et il s’apprête maintenant à me prendre mon cheval! Et moi, je ne suis qu’un pauvre estropié sans défense. Je l’ai fait monter sur mon cheval et il ne me remercie même pas, mais en plus il veut me rendre un mal pour un bien ». Les gens se mirent en colère et menacèrent le riche de l’emmener devant les tribunaux. Il dit: « Allons devant le juge pour qu’il tranche notre différent ». Ils se rendirent au tribunal et le juge écouta leurs arguments. Finalement, il déclara: « Les vraies allégations se décèlent facilement, le cheval appartient en vérité à l’homme riche. Mais qu’y puis-je, si de sa propre initiative il a perdu ses droits. Pourquoi a-t-il fait asseoir l’estropié devant lui et lui a-t-il donné les rênes ? »

Voici l’explication de cette parabole : l’homme a été créé pour accomplir les mitsvot et multiplier les actes de bonté. Etudier la Torah et renforcer sa foi en Dieu. Il est évident qu’il doit aussi pourvoir à ses besoins physiques comme se nourrir, boire, dormir, travailler. Il doit « transporter » sur son « cheval » les besoins de ce monde. Ceci à une condition: que les rênes restent toujours dans ses mains! Malheureusement, de nombreuses personnes en arrivent à perdre les rênes, et laissent leur mauvais penchant les diriger. Ils sont les esclaves de l’argent, de leur travail, de leur téléphone, de facebook ou de toutes sortes d’autres futilités encore,… et perdent ainsi les deux mondes à la fois.A l’instar de cette parabo le, le Ben Ich ‘Haï nous explique le sens du verset de notre paracha au sujet de la répartition de la terre d’Israël : « Aux plus nombreux tu donneras une plus grande part, aux moins nombreux une moindre part ». Cela ne vient pas seulement nous apprendre que les tribus les plus nombreuses ont reçu une plus grande part, proportionnelle à leur population. Se cache également ici un message plus profond : L’homme doit tenir les rênes dans ses mains: « Aux plus nombreux », ce sont les sujets relatifs à la spiritualité; à eux, « tu donneras une plus grande part, et aux moins nombreux », ce sont les sujets relatifs à notre monde matériel, « une part inférieure » : tu leur accorderas une part certes, mais moins conséquente que celle réservée à la spiritualité. N’oublie pas, ton âme devra toujours rester maître à bord !

Rav Moché Bénichou

Qui sera le dixième ?

Le Rav Moché Aaron Stern zatsal, alors qu’il n’était âgé que de huit ans, tombagravement malade. Son père convoqua les meilleurs médecins, se tourna vers lesrabbins, récita des Psaumes pour sa guérison, et finalement dit à son fils: »Regarde, tout le monde agit pour hâter ta guérison sauf toi! »… L’enfantdemanda: « Que dois-je faire? » Et son père répondit: « Prends surtoi d’accomplir un bon acte dès que tu seras guéri ». L’enfant accepta etdemanda: « Quoi par exemple? » Le père lui suggéra: « Si tu guéris,prends sur toi de toujours t’efforcer de prier avec un minyan ». L’enfantpromit et guérit. Il respecta sa promesse et devint un grand sage de la Torahcraignant D. profondément. Il devint directeur spirituel de la YéchivaKaménitz. La Yéchiva grandit, ils projetèrent d’agrandir son bâtiment et le Ravreçut la mission de partir aux Etats-Unis afin de récolter des dons pour aiderla Yéchiva. Il accepta sa mission et prit contact avec une agence de voyage. Ildemanda s’il y aurait un minyan dans l’avion. On lui répondit: « Rav, ici,c’est une agence de voyage et non un centre d’organisation d’offices religieux…En général, il y a un minyan mais nous ne pouvons pas vous le promettre. Si lesconditions climatiques ne le permettent pas, les voyageurs doivent rester assisà leur place. Pour être honnête avec vous, il n’y a pas toujours unminyan ». S’il en est ainsi, il ne pourrait pas voyager. Ils lui dirent: »Nous pouvons vous proposer un vol avec une escale à Amsterdam àl’aube ». Il vérifia si cela lui laissait le temps de prier en minyan avantd’accepter cette formule. L’avion atterrit à Amsterdam. Il avait deux bonnesheures devant lui. Il prit son Talith et ses Téfilines puis sortit del’aéroport pour se rendre vers l’autoroute. Il attendit en regardant passer lesvoitures qui défilaient devant ses yeux… Soudain, une voiture s’arrêta. Lechauffeur lui demanda: « Rav, où allez-vous? » « Je cherche unminyan pour l’office du matin ». « Rav, je vous en prie, montez »,dit le chauffeur d’un ton aimable. Il s’avéra qu’il était Juif et qu’ilhabitait dans la banlieue d’Amsterdam. Tous les matins, il se rendait àAmsterdam pour l’office du matin avant de se rendre à son travail. En quelquesminutes, ils se retrouvèrent dans la périphérie de la ville, s’arrêtèrent dansune ruelle, le chauffeur sortit de la voiture et indiqua au Rav de descendrevers un appartement se trouvant au rez-de-chaussée. Le chauffeur ouvrit laporte au Rav et il pénétra à l’intérieur d’une minuscule synagogue. Huit hommesattendaient déjà pour commencer l’office en minyan… Il pria avec le minyan, puisà la fin de l’office, le chauffeur termina la mitsva qu’il avait commencée enraccompagnant le Rav à l’aéroport. Quand le directeur spirituel de la Yéchivade Kaménitz racontait cette expérience, son regard s’illuminait. Il disait: »Rendez-vous compte: huit hommes se sont levés de bonne heure pour serendre à la synagogue afin de prier en minyan. Le neuvième doit arriver de labanlieue proche, comme d’habitude. Mais qui sera le dixième? On leur envoya unJuif d’Israël en transit pour les Etats-Unis! »… Car, « l’homme quidésire s’engager dans une certaine voie, on l’y conduit ». Ce principe estécrit dans la Guémara (Makot 10B), dans notre paracha concernant Bilaam benBéor. L’Eternel ne voulait pas qu’il se rende à Midiane afin de maudire Israël.Il lui dit: « Ne pars pas avec eux! » Toutefois, quand Bilaam exprimason désir ardent de partir avec eux, l’Eternel lui dit: « Lève-toi et parsavec eux », (22-20). Un ange de miséricorde tenta de l’en empêcher enmettant des obstacles sur son chemin. Cependant, quand Bilaam lui dit: « Etmaintenant, si cela te déplaît (comme s’il ne savait pas que c’était le cas),je m’en retournerai ». L’ange lui rétorqua: « Pars avec ces gens ».

Car, « l’homme qui désire s’engager dans une certaine voie, on l’y conduit ». Pour le bien ou le pire. Ce fut le cas pour le directeur spirituel de la Yéchiva de Kaménitz pour la prière et il mérita d’accumuler des mérites en complétant le minyan de l’office du matin tandis que Bilaam fut conduit à sa perte. Rav Moché Bénichou