Paracha Devarim – Les empreintes de la faute

Il est enseigné dans les Pirkeï Avot (3;2) « Deux juifs qui mangent ensemble et ne discutent pas de sujet lié à la Torah, sont considérés comme des railleurs », comme il est dit (Psaumes 1-1) : « Ne faites pas une réunion de railleurs ».

Rabbi Yits’hak de Volozhin zatsal explique (Milei déAvot) : « L’endroit où se réunissent des Juifs qui parlent de sujets liés à la Torah est rempli de sainteté et est élevé. Au contraire, l’endroit où se réunissent des railleurs est profane et empreint d’impureté. »

Le Zohar explique (Partie 2, 9-1) que Rabbi ‘Hiya et Rabbi Yossi marchaient sur la route. Ils rencontrèrent un homme qui les prévint de ne pas continuer de marcher sur cette route et les route principale. Il expliqua qu’une fois, un sage passa par cette route principale et se fit attaquer par des brigands qui le tuèrent. Depuis ce jour, cet endroit est considéré comme dangereux, et toute personne qui s’y rend se met en danger.

Les sages affirment qu’à l’endroit où une personne faute réside une empreinte de profanation. Cela engendre un danger pour une autre personne qui passe à cet endroit car les empreintes de la faute le pénètrent, dans son cœur et dans ses pensées. C’est la raison pour laquelle on peut voir parfois une personne entrer dans un endroit et lui passent par la tête des mauvaises pensées, pensées auxquelles elle n’avait jamais pensé auparavant. Cela ressemble à un homme dont la tête est remplie de poux, qui contamine les autres dans chaque endroit où il passe et s’assoit (Sia’h Yts’hak 67).

Quand le Imré ‘Hayim de Vijnitz zatsal élabora l’idée de créer un centre d’intégration pour les survivants de la Shoah, il se rendit aux Etats-Unis afin de récolter des fonds pour financer ce projet. Ses médecins lui prescrivirent de marcher une heure par jour accompagné de son secrétaire qui pousserait une chaise roulante, afin de le ménager s’il venait à se sentir fatigué. Un jour, son secrétaire lui dit : « Rav, des bancs sont placés tout au long du chemin. Pourquoi doit-on prendre une chaise roulante ? » Le Rav lui répondit : « Si cela t’est difficile, je pousserai la chaise roulante moi-même »… « Non, non, mais je voudrais juste comprendre »… « Je vais t’expliquer », lui répondit le Rav. « Nous sommes aux Etats-Unis, chez les non-Juifs. Qui sait quelle personne s’est assise sur le banc en question, comment s’est-il comporté et qu’a-t-il pensé ? Je ne veux pas être contaminé »…

En quoi cela nous concerne ? Au début du ‘houmach Dévarim, Moché Rabénou rappelle les endroits où ils sont passés : « dans le désert » ils ont mit D. en colère, « dans la plaine » ils ont fauté, « en face de Souf » ils ont désobéi. « Entre Pharan » où les explorateurs fautèrent ; « et entre Tofel et Labân », l’endroit où ils affirmèrent que la manne était insipide et blanche. Soulignons bien la conséquence terrifiante : l’endroit a reçu le nom de la faute qu’ils y ont commise, cela doit être exposé aux yeux de tous !

Une très grande responsabilité nous incombe : nous devons accomplir les commandements au sein de notre maison afin qu’elle soit le réceptacle de la présence Divine et qu’elle rayonne de sainteté !

Que nos demeures ne soient pas le théâtre de raillerie en tout genre, que les propos indécents et les commérages n’y rentrent pas afin de ne pas laisser d’empreintes indélébiles! (Extrait de l’ouvrage Mayane Hachavoua)

Rav Moché Bénichou

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