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Sommes-nous proches de l’animal?

Notre paracha de la semaine nous fera sauter 10 générations depuis Noa’h jusqu’à Avraham Avinou. Cet homme exceptionnel sera le premier à reconnaître et à servir le D’ Unique de toute chair. En effet, les générations d’après le déluge n’avaient pas atteint leur but et trébuchèrent dans le culte idolâtre. Les idoles se répandirent dans toutes les populations du globe comme le Iphone se répand dans nos contrées… Tout le monde le savait, le monde avait été créé par une Force surnaturelle. Seulement il est nettement plus facile de servir le soleil ou pour d’autres la lune (et de nos jours, le dieu argent) plus tôt que le D’ unique Qui demande un minimum d’éthique et de morale. Seulement avec le temps, et la facilité…  Ce n’est qu’Avram qui reconnaîtra l’inutilité de tous ces cultes et de toutes ces fausses valeurs… D’après un Midrach, Avram comprit très jeune, d’après un autre Midrach, il était alors adulte (c’est peut-être aussi un enseignement pour les générations futures à savoir qu’il n’existe pas d’âge pour faire Techouva et se rapprocher de la Tora et des Mitsvoth…). Finalement Abraham servit Hachem et tourna le dos à toutes les idoles de son pays et de sa maison paternelle. Son parcours ressemblerait de nos jours à celui d’un homme qui décide de jeter dans une fournaise (ardente) son Iphone avec son application Facebook… Seulement il ne se contentera pas d’une réflexion théologique poussée, mais qui reste du domaine intellectuel, il développera sa foi auprès de toute la population locale et fera des prosélytes qui suivront son chemin béni. Et lorsque Hachem dira à Avram de partir de Haran (dans les environs des Émirats…) en direction d’une terre inconnue (Israël), Avram prendra avec lui tous ses élèves. Le verset dit : « Et Avram partit et prit toutes les âmes qu’il avait fait à Haran, etc. ». Rachi explique que ce sont tous les convertis ; comme la Guemara l’enseigne : Avram convertissait les hommes et Sara, les femmes. » (Lorsque l’on parle conversion à cette époque reculée, il ne s’agissait pas véritablement de celle que l’on pratique de nos jours, car la Tora n’avait pas encore été donnée au Clall Israël –ce ne sera que près de 400 années après. Mais c’était un apprentissage à la foi en D’). Seulement de ce passage nous apprenons que la conversion c’est faire des nouveaux hommes. Comme la Guemara Yevamoth l’enseigne : un converti a le même statut (au niveau de la loi) qu’un nouveau-né.

Cet enseignement est à rapprocher avec un autre passage du Talmud (Sanhédrin 99b)qui enseigne : « Tout celui qui apprend la Tora au fils de son ami c’est comme s’il l’avait fait naître ! » Quel est le sens de ces paroles ? Le Maharcha explique d’après un verset que fondamentalement l’homme et l’animal sont proches. En effet, le quadrupède mange, boit et jouit de son pâturage tandis que l’homme cherche aussi à jouir de la vie. Et bien des fois, l’homme est beaucoup plus cruel (que les animaux) car on n’a jamais vu un éléphant exterminer d’autres éléphants (sa  race) tandis que l’histoire humaine est remplie de guerres et d’exterminations de toutes sortes… Donc la vraie différence (entre l’homme et l’animal), c’est sa capacité à se rapprocher et servir son Créateur au travers de la prière, des Mitsvoth et de l’étude de la Tora. Donc lorsqu’un homme enseignera à son prochain la Tora, il le fera devenir un être spirituel. Grâce à cela, il acquerra une connaissance qui l’élèvera au dessus du monde des bipèdes/quadrupèdes et l’amènera à la découverte d’un autre monde vrai et profond afin de se rapprocher de Son Créateur. Il s’agit donc bien d’une naissance… Mazel Tov ! (N’est-ce pas mes chers lecteurs ?).

On finira par une courte anecdote. Il s’agit du Maguid de la ville de Douvno (cela remonte à près de deux siècles en arrière). Une fois dans la rue il vit un spectacle étrange, celui d’un vieil aveugle qui était guidé par un enfant alors que tous les deux étaient habillés en haillons… Le rav s’adressa au vieillard qui ne répondait pas tandis que l’enfant chétif expliqua qu’il s’agissait de son père aveugle, que pour manger ils étaient obligés d’aller de synagogues en synagogues afin de demander la Tsedaka. Le rav prit en pitié de ces indigents et leur ouvrit grandement sa maison. Là-bas ils restèrent quelques jours mais rapidement le père rendit son âme à son Créateur ! Par la suite, le Maguid de Douvno déclara au jeune orphelin qu’il se faisait une question d’honneur de l’éduquer comme son propre fils. Le Maguid investit son temps et son énergie afin d’éduquer du mieux possible ce jeune orphelin ; il l’enverra au Talmud Tora de sa ville et le nourrira toutes ces années. Il s’est trouvé que ce jeune était un véritable surdoué : tout ce qu’il apprenait, il le retenait ! Avec le temps et sa grande assiduité, il deviendra le Gaon (Prince) de la Tora rabbi Chelomo Kluger Zatsal qui écrira de nombreuses responsas et livres sur toute la Tora. Lorsque –des années plus tard- le Maguid de Douvno disparaîtra, il arrivera en rêve (certainement à un de ses élèves) et dit : « Quand je suis arrivé devant le BETH DIN du Ciel, on m’a montré 50 livres que j’avais écrit au cours de ma vie… Je me suis étonné et j’ai dit : ‘De ma vie je n’ai jamais écrit ces livres…Ce ne sont pas les miens…’ On me répondit : » Effectivement, ce sont les livres du rav Kluger. Mais puisque tu l’as fait grandir chez toi, grâce à tes actions tu as une part dans toute cette Tora c’est pourquoi toute sa grandeur en Tora est mis à ton compte dans le Ciel comme si toi même tu les avais écrits ! »…

Pourquoi tu t’angoisses ?!

Cette semaine j’innoverai un peu… En effet, on vient de passer de magnifiques fêtes de Souccoth. Et cette année le peuple (tout du moins en Erets) a eu même la chance d’être confiné dans la Soucca ! Donc après avoir passé près de 7 jours 24h/24h dans la cabane sainte, on a pu emmagasiner une bonne dose de confiance en D’ et de joie dans le service divin qui nous accompagneront le long de toute l’année… Durant ces jours j’ai lu une anecdote intéressante (rapportée par le rav Nethanel Schwartz chilta) qui nous donnera un bon conseil –je l’espère- pour tous ceux qui ont  certaines difficultés à sortir de la morosité ambiante (à cause de Corona et autres…). Il s’agit d’un homme très débordé qui est venu rendre visite à un grand rav de Jérusalem et d’Israël : le rav Chelomo Zalman Auerbach zatsal (décédé il y a près de 20 ans). Notre homme avait de grosses responsabilités qui lui pesaient beaucoup et il était venu voir le rav Auerbach pour prendre conseil. Le rav lui demanda depuis combien de temps avait-il prit sur lui ces responsabilités communautaires? Il répondit depuis 25 années ! Le rav demanda : « Est-ce qu’il y a eu des périodes difficiles ? » Il répondit, c’est fréquent ! Est-ce qu’Hachem ne t’as pas envoyé
Son aide ? Toujours, mais l’angoisse me revient fréquemment en fin de mois… Le rav : « Tu vois que c’est D’ Qui organise tes affaires… alors pourquoi tu t’angoisses ? Tu n’es pas seul au monde à être responsable d’autres personnes sur terre ! Il y a le patron de son entreprise, mais aussi chaque père de famille qui se doit de marier ses enfants… Tu n’es pas seul… Hachem est avec toi ! Le contraire de l’angoisse c’est de placer sa confiance en Hachem. Comment faire ? Je te propose de prendre un petit carnet que tu garderas précieusement. Dedans tu marqueras toutes les petites (ou grandes) délivrances que D’ te fait quotidiennement dans ta vie (on prendra un exemple proche de nous : comment –certains- ont guéri du Corona (sans avoir besoin d’appareils respiratoires –que D’ nous en garde)…Ou encore comment on a réussi à passer le mois dernier alors qu’on est depuis pas mal de temps sans travail, etc…). Et avant la bénédiction de « Modim » que l’on dit dans la prière quotidienne… Sors ce petit carnet et regardes et lis toutes ces belles réussites que Hachem t’a octroyées … Tu verras que toutes tes angoisses disparaîtront… ».

Je finirais cette semaine par une véritable histoire que je voulais vous présenter il y a déjà quelques mois. Comme je vous ai parlé de foi et confiance en Hachem –le meilleur remède  contre les angoisses de notre époque- je continuerais sur ma lancée. Il s’agit d’un très riche homme de la communauté new-yorkaise. Comme vous le savez, cette communauté à particulièrement été touchée par le Corona. Cet homme – semble-t-il d’âge avancé – avait lui aussi été touché par le fléau. Il a été conduit à l’hôpital, sa situation était si grave qu’il a dû être placé de suite en service de réanimation –que D’ nous en préserve. Or son état continua à se dégrader jusqu’à ce qu’il tombe dans le coma… Puis les médecins constatèrent sa mort clinique… (Cette histoire vraie a été rapporté par le rav Genout dans Dirchou il y a quelques mois lors de la première vague du Covid 19). Seulement après un certain temps, il recouvrit ses esprits et ses forces… Au point qu’il sortira indemne de l’hôpital : béni soit le Guérisseur de toutes les plaies ! Retourné à sa maison il décida de faire une fête pour commémorer son miraculeux sauvetage. A l’occasion il invitera tous ses amis et connaissances à venir participer à sa joie (par le biais du téléphone et du zoom…). Lors de cette rencontre amicale virtuelle, il prit la parole et raconta son histoire : « Lorsque je suis tombé dans le comas puis en mort clinique, j’ai ressenti que mon âme s’envolait et se tenait devant le Beth Din ! On m’a montré alors toutes mes actions sur terre : je devais passer en jugement. C’est alors qu’une voix s’est faite entendre, il s’agissait d’un défendeur qui criait : »Tsédaka tatsil mimavet! » La Tsedaka sauve de la mort! (un verset de Kohélet). Il m’a été dit : « Puisque cet homme de par ses deniers soutient les institutions de Tora sur terre, alors il aura droit à la vie sauve et à revenir en bas ! » Fin des paroles époustouflantes. Et notre homme dira à l’assemblée (parmi lesquels des rabanim d’Erets qui étaient aussi au bout du fil), c’est vrai qu’avec corona beaucoup de mes affaires ne sont pas bien florissantes mais j’ai la preuve que c’est grâce à ma générosité (pour le soutien au monde des Collelim et Yechivots que je dois ma vie sauve… Donc je TRIPLERAIS mon aide cette année et je vous pousserai, mes chers amis, à faire de même ! » Fin de l’anecdote véritable qui nous révélera une vérité déjà connue : c’est la générosité que l’on fait (en particulier pour les institutions de Tora) qui rallonge nos jours et pas seulement les masques portés à longueur de journée…

Chabath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold
Tél. 00-972-556778747, e-mail : 9094412g@gmail.com

On souhaitera une grande bénédiction à Israël Gold et son épouse Orly (Ramat Beth Chemech 3) à l’occasion de la Bar-Mitsva de leur fils Nehouraï Néro Yaïr. Qu’ils aient le mérite de le voir grandir dans la Tora, les mitsvoth et la crainte du Ciel.

Noa’h: Pourquoi le déluge?

Voilà qu’à peine 10 générations depuis Adam – le premier homme – les hommes ont fauté. Le verset rapporte deux catégories de fautes: les relations interdites et le vol. Mais étrangement, Rachi – citant les Sages – enseigne que le décret final d’extermination de toute la génération par le déluge a été scellé à cause du VOL! Or on sait tous que la sanction du vol n’est PAS la peine capitale, mais uniquement le remboursement du larcin et l’amende sera doublée dans le cas où c’est un vol à la dérobade. Tandis que pour une bonne partie des relations interdites il en va de la peine capitale! Donc comment expliquer le fait que ce soit justement le vol qui ait entraîné la destruction de toute la civilisation de l’époque de Noah?

Le Rav Chaoul Nétenzon Zatsal (rapporté dans Tlalé Orot) l’explique d’une manière formidable à partir d’une allégorie de Michelei du Roi Salomon. Un jour un pélican rentra son bec dans la mer afin de pécher sa proie. Il attrapa un poisson qui avant d’être englouti implora l’oiseau de ne pas l’avaler! Mais au moment où notre pauvre poisson ouvrit sa bouche pour parler, sortirent de sa propre bouche plein de tous petits poissons qu’il venait d’avaler! Le pélican lui dit alors: ‘Tu n’es qu’un grand menteur! Tu me supplies de te laisser en paix tandis que toi, dans le même temps tu n’as pas de pitié de tes propres FRERES!’.

Le Rav Nétenzon explique que c’est la raison pour laquelle la génération du déluge a été condamnée pour vol! Effectivement il existait des fautes beaucoup plus graves comme l’adultère et autres relations interdites, seulement l’Attribut de Miséricorde du Créateur empêchait le terrible châtiment de s’abattre. Mais à partir du moment où la population entre elle ne pratiquait pas la générosité et la miséricorde alors Hachem de son côté a RETIRA sa miséricorde pour laisser place à la Justice Divine!! Donc la punition c’est pour les fautes lourdes des relations interdites, cependant le décret est tombé à cause du vol qui témoigne d’une grande cruauté des uns envers les autres.

EST-CE QUE LES GENTILS DOIVENT FAIRE LA BENEDICTION « CHE HAKOL » AVANT DE BOIRE UN VERRE DE COCA ?

L’admour de Gour « Imré Emet » dans une de ses lettres (53) pose une belle question. La Guémara Brah’ot 35 enseigne que celui qui ne fait pas de bénédiction avant de manger VOLE Hachem et aussi le Clall Israel! Le Maharcha explique que toute la nourriture appartient à Hachem, donc il y a vol si on ne la bénit pas (car la Brah’a c’est comme si on demandait la permission au Créateur de profiter des produits de ce monde), et aussi la bénédiction amène le Chéfa/la profusion et la bénédiction dans le monde entier. Donc ne pas faire une belle Brah’a avant de manger entraîne un manque de profusion sur la planète entière! S’il en est ainsi, alors pourquoi n’est-il pas mentionné dans le Talmud que les Gentils doivent faire EUX aussi la bénédiction?

On s’explique, les Bné Noah’/les fils de Noé sont redevable de 7 Mitsvots. L’une d’entre elles c’est l’interdit de voler. Donc puisque la Guémara enseigne qu’il y a vol d’après cela, si j’invite Jean Marc à ma table je devrais lui demander de faire une bénédiction avant qu’il ne boive son coca !!!

Intéressant comme question, n’est-ce pas? Sa réponse c’est qu’à l’époque d’Adam et de Noah, Hachem a donné la permission à l’homme de manger les fruits de la terre et à la sortie de l’Arche, le Créateur a permis de manger les animaux qui venaient d’être sauvés par Noah. Cette permission est restée pour toujours. Seulement pour nous, les Bné Israel, le Don de la Thora a transformé les choses. C’est qu’à partir du moment où le divin est descendu sur terre, alors des interdits sont apparus dans notre grand monde. C’est du fait de la sainteté de la Thora qu’il est devenu interdit de manger sans bénir au préalable! Mais pour les gentils, le Don de la Thora ne s’adressant pas à eux – car ils ont refusé le cadeau – alors reste la permission première.

Une autre explication a été apportée, à partir d’un Yad Rama. Il explique que les Mitsvots des Bné Noah ne ressemblent pas aux Mitsvots du Clall Israel. C’est vrai que pour nous il est interdit de voler, cependant le souci du Créateur est ici de nous faire acquérir des niveaux de perfection de l’âme. Tandis que chez les gentils l’intention dans les 7 Mitsvots se limite à faire perdurer la société de la meilleure manière possible. Donc, s’il est vrai que le Talmud enseigne que c’est du vol le fait de ne pas faire de bénédiction avant de manger, mais c’est un vol qui est lié à la perfection de l’homme, à laquelle les Nations du monde n’ont pas accès!

Rav David Gold

Mieux qu’une plaque commémorative sur la grande place du village…

Cette semaine notre paracha traite d’un évènement fondamental dans l’histoire de l’humanité : le déluge. On le sait, la 10° génération (après la création du premier homme  Adam Harichon) avait déjà trébuché dans de nombreux interdits. Et en final, Hachem décidera d’en finir avec tout ce monde à l’exception d’un homme Tsadik (droit) : Noa’h et ses enfants. Donc, nous apprenons de ce passage que le monde ne ressemble pas au navire perdu en pleine mer dans la tempête, prêt à faire naufrage. Mais il existe bien une main directrice –celle du Tout Puissant- qui empêche que le bateau ne coule (dans une société complètement pécheresse par le vol ou la dépravation la plus totale). Après cette terrible punition, le navire (l’humanité) se rétablira et pourra voguer vers des horizons meilleurs…. C’est-à-dire que l’intention directrice du Boré ‘Olam en créant ce monde était d’amener l’homme à la perfection. Et nos Sages –de mémoire bénie- expliquent que cette perfection ultime est de se rapprocher au plus près de son Créateur en lui ressemblant au niveau de ses traits de caractères (de la même façon qu’Il est miséricordieux, alors nous –ses créatures- seront pleins de compassion pour notre prochain ; de la même façon qu’Il est généreux, nous aussi, etc…). Or la génération de Noa’h, pratiquait le vol, l’adultère et l’idolâtrie… Donc Hachem a décidé de tourner la page pour diriger ce monde vers un avenir meilleur, plus pur (certainement sans le Corona) avec plus de morale dans le droit des affaires et dans le droit des personnes (ne pas transformer son prochain en chair à canon pour promouvoir ses intérêts…).

Ces idées sont certes intéressantes mais je m’attarderai sur le premier verset de notre paracha : « Voici les engendrements de Noa’h, Noa’h un homme pieux (Tsadik) intégre dans sa génération qui allait avec D’ ». Les Sages –dans le Midrash- font remarquer une anomalie. Il est mentionné « voici les engendrements de Noa’h », donc on aurait dû lire le nom de ses enfants : « Chem ‘Ham et Jaffet », or il est écrit « Noa’h un homme pieux, etc… ». Or, on le sait bien, dans la Tora il n’existe pas de fautes de caractères (bugs) et encore moins de fautes de sens… Quelle est la signification de cette apparente erreur ? Le Midrash rapporté dans Rachi explique que « le PRINCIPAL des engendrements d’un homme sont SES ACTIONS ! ». C’est-à-dire que les véritables fruits d’un homme sont ses bonnes actions, ses Mitsvoth, son altruisme vis-à-vis du prochain et sa compassion vis-à-vis des problèmes de sa femme (ou de son mari), etc… Donc, les engendrements d’un homme ne sont pas uniquement ses enfants et encore moins le(s) magasin(s) qu’il laissera derrière lui après 120 ans (avec les impayés des impôts et à l’URSSAF…) ou l’entreprise familiale –le joyau de sa vie-  ni les comptes en banque remplis à ras-bord ou encore un ou plusieurs appartements, etc…N’est-ce pas que la Tora nous apprend des choses que même les meilleurs chaînes de culture ou les réseaux sociaux  font l’impasse dessus… et pour cause…?

Le ‘Hafets ‘Haim dans son magnifique livre « Chem ‘Olam » va encore plus loin dans ce domaine. Il écrit –noir sur blanc- qu’un homme qui aurait laissé derrière son passage éphémère sur terre des enfants qui n’iraient pas dans les voies de D’ –que Hachem nous en garde- alors il aurait mieux valu qu’il n’en ait pas ! Et son explication est que non seulement ils ne multiplient pas les honneurs de D’ mais en plus ils vont contre Sa volonté ! Pour la petite histoire, dans les années 20/30 lorsque les gens de la communauté venaient lui demander sa bénédiction (afin d’avoir des enfants), fréquemment il disait : « La nouvelle génération ne suit pas les lois saintes de la Tora (l’assimilation était galopante en Pologne et dans toute l’Europe centrale) donc à quoi cela te sert d’avoir des enfants ? » Fin de l’aparté. Et le ‘Hafets ‘Haim –dans son livre Chem ‘Olam- nous donne trois conseils pour laisser un souvenir de notre passage sur terre. Pour cela il rapporte un verset du prophète Isaïe (56.3-5) : « Que l’eunuque (celui qui ne peut pas avoir d’enfants –soit par maladie ou de naissance) ne dise pas : « Je ressemble à un bout de bois sec ! »…mais ainsi parle Hachem aux eunuques : « Garde le Chabath et fait ce que J’ai choisi de faire et renforce Mon alliance… Alors Je te placerai dans ma Maison et dans mes murailles tu auras un nom meilleur encore que celui des enfants. Un nom pour toujours qui ne s’interrompera JAMAIS ! » De ce verset, le saint ‘Hafets ‘Haim déduisait que pour un homme qui n’avait pas d’enfants ou même qui en a, mais qui veut être sûr que son nom soit gardé pour la postérité dans les cieux, se sera au travers de trois actions. La garde du Chabbath (dans toutes ses lois comme ne pas allumer l’électricité, ne pas trier des éléments, Mouktsé etc…). Lorsque le verset dit : « Ce que J’ai choisi de faire » l’intention du prophète est de multiplier les actes de générosités vis-à-vis de son prochain (par exemple faire une caisse de prêt pour les nécessiteux de sa communauté –c’est possible de le faire depuis sa maison avec des virements…). L’alliance: il s’agit de l’étude de la Tora ; donc on ira à des cours de Tora et on renforcera auprès de sa communauté la Tora (par exemple on soutiendra le Collel/Yechiva de son quartier, ou le Talmud Thora de sa synagogue ou pourquoi pas on soutiendra la parution d’un nouveau livre –tome 2- sur la paracha qui pourra rapprocher les enfants de Hachem à une meilleure pratique…). Continue le ‘Hafets ‘Haim, les gens croient qu’en payant de leur deniers le beau lustre de la synagogue à la mémoire d’un proche –avec une plaque gravée dessus…- afin de laisser un souvenir immortelle de la personne… c’est bien, mais il y a beaucoup mieux à faire. Car tout objet dépend de la matière et des événements de la vie et en final il sera amené à disparaître (voir toutes les édifices désaffectés des synagogues d’Europe centrale et d’Afrique du Nord…).Et même l’écriture d’un Sefer Tora – ce qui est déjà nettement mieux- car les rouleaux de la Tora multiplient la sainteté dans le monde  pour ceux qui l’écrivent ou qui participent à la Mitsva. Seulement le prophète parle en particulier de ces trois Mitsvoth (Chabath/Générosité/Etude de la Tora). Avec tout cela on aura la certitude que notre passage sur terre (notre nom) sera gravé pour l’éternité dans l’enceinte sanctifiée de Hachem. (Donc j’espère que mes lecteurs auront bien compris mon message : on ne cherchera pas à avoir son nom gravé sur la grande place du village après 120 ans…)

Let my people learn!!

Cette semaine j’ai le mérite de vous rapporter cette histoire véridique qui ne peut se dérouler qu’au pays où les Yeux de Hachem scrutent depuis le début de l’année jusqu’à la fin. Notre histoire commence par un arrêt sur image : la visite d’un malade dont les jours étaient comptés -que Hachem nous en garde-. Il s’agissait d’un général –très haut gradé- de l’armé de Tsahal (armée de l’Etat d’Israël) se nommant Itsik. Sentant sa fin proche, Itsik demanda à faire venir à son chevet une famille orthodoxe (‘harédite) de Jérusalem : la famille Tennenbaum qu’il connaissait depuis déjà fort longtemps. Lorsque le mari Tennenbaum entra dans la maison d’Itsiq, de suite la femme du malade les mettra en garde sur la situation gravissime de son mari. C’est lui qui avait expressément demandé à ce que les Tennenbaum viennent lui rendre visite. Le rav Tennenbaum rentra dans la pièce  et vit l’ancien chef d’état-major alité et le teint livide… Seulement Itsik gardait toute sa tête. Il dit à ses hôtes de prendre place. Et parla avec difficulté : » Je suis très content que vous soyez venu me voir au plus vite. Je voulais rencontrer une dernière fois les gens auxquelles j’avais une grande dette de reconnaissance… (En fait la relation du malade avec les parents de ce couple remontait à plus de trente années en arrières). A l’époque Itsik était le responsable de tout le recrutement des jeunes soldats de Tsahal. Or il était complètement inculte de tout ce qui touchait la religion et la pratique juive. C’était un garçon élevé dans un des Kibboutz du nord du pays. Ses parents l’avaient élevé dans la plus totale ignorance des lois et coutumes juives : pas de Chabbath, de Bar Mitsva de fêtes et tout le reste… Ses parents suivaient le mouvement général des Kibboutzim dont les fondateurs socialistes avaient mis un point d’honneur afin que personne ne connaissent le judaïsme de leurs aïeuls laissés en Pologne et en Russie… Ils avaient bien réussi avec Itsik comme avec toute la nouvelle génération! Seulement sur une chose Itsik était bien différent de ses parents : il portait une grande révérence aux Ba’houré Yechivoth et Avrékhim ! Les choses peuvent être étonnantes pour un général de Tsahal, mais la chose remonte à près de 40 ans en arrière. Trois ans avant la guerre de Kippour, Itsik avait fait une visite avec le rav Tennenbaum zal (le père du mari de ce couple) dans un grande Yechiva de la capitale éternelle du peuple juif… Itsik était alors accompagné du rav Tennenbaum lorsqu’il se rendit pour la première fois de sa vie dans l’enceinte de la Yechiva de Mir. Itsik était habillé en militaire gradé tandis que le rav Tennenbaum (un des responsables dans l’organisation de toutes les Yechivoth en Erets) veillait à lui faire connaître ce monde de l’étude. Donc rav Tanenbaum guida son hôte dans les méandres de Méa Chéarim (la Yéchiva se trouve dans ce quartier). Lorsqu’il pénétra dans l’enceinte de la Yechiva, Itsik était troublé. Le spectacle qui s’offrait à lui était inoubliable. Il ne comprenait pas ce qui se passait, voir des dizaines de jeunes adultes assis les uns à côté des autres dans un vacarme effarant et tous étaient plongés dans les livres. Le rav Tennenbaum fit le tour de la Yechiva tandis qu’Itsik restait ébahi mais ne comprenait rien. Il dit au rav : « Est-ce que tu ne sens pas un parfum formidable qui se dégage de cet endroit ? » Rav Tennenbaum lui demanda de s’approcher de l’armoire sainte (où sont placés les Sefer Tora). Itsik restait sans voix dans ses déplacements dans les allées de la grande salle d’étude. Il était sidéré de voir tous ces hommes habillés en chemise blanche, pantalons noirs et kippa noir de la même couleur. A un moment il s’approcha d’un élève pour essayer de comprendre ce qu’il disait à son compagnon d’étude. Il ne comprit strictement aucun mot ! Il leur demanda ce qu’ils faisaient, on lui répondit : » Rit’ha DeHoraïta… ». Le rav Tennenbaum expliqua qu’il s’agissait de l’étude de la Tora dans toute sa force ! Les deux continuèrent des allées et venues entre les bancs et les stenders (mini table pour poser la Guemara). Le rav Tennenbaum s’approcha alors du Roch Yechiva, le Gaon rabbi ‘Haim Schmuleivits zatsal. Il lui dit que son invité n’était  autre que l’un des responsables du recrutement des troupes de Tsahal. Il faisait une visite à la Yechiva pour connaître et voir, ce qu’était une Yechiva et ce que faisaient les Ba’houré Yéchivots et Avrékhim. Le rav s’adressa au gradé : « Tu vois tous ces élèves… C’est eux qui défendent Israël face aux ennemis…. Plus encore que les soldats de l’armée ! Croit bien que tous ceux que tu vois ici vous protègent et protègent le pays ! Crois-le ainsi tu prendras une part active dans la défense du pays ! Laisse les élèves étudier la sainte Tora ! » Ces simples paroles (provenant d’un Tsadik) transpercèrent le cœur d’Itsik ! Itsik dit : « Ces paroles me transpercèrent mon cœur ! Bien que je sois né au Kibboutz dans aucune connaissance du judaïsme j’étais convaincu à 1000% des paroles du Roch Yechiva. J’ai dit alors à ton père, le rav Tennenbaum, que je voulais m’assoir. Le rav demanda à un ba’hour de se déplacer et de me laissa sa place. J’ai alors posé ma tête sur le stender et j’ai fermé les yeux pendant plusieurs minutes … J’étais plongé dans un autre monde… Puis Itsik –quarante ans après sur son lit- dit cette fois (au fils du rav Tennenbaum) : « Pendant tout le reste de ma carrière au sein de l’armée, j’ai tout fait pour que les Ba’houré Yechivoth restent à l’étude de la Tora : envers et contre TOUS ! C’est vrai que je ne suis pas un grand religieux comme toi, mais je sais que je monte au Ciel avec tous ces Ba’hourim qui sont restés sur le banc de l’étude et c’est avec ce mérite que je vais me présenter au Beth Din du Ciel ! » Deux  jours après la famille Tennenbaum entendit qu’Itsik avait rendu son âme et c’est le fils Tennenbaum qui fit le Kadish pour lui. C’était un homme très éloigné de toute pratique mais qui vécu la foi encrée dans son cœur que les Ba’houré Yechivoth sont les vrais gardien du Clall Israel ! N’est-ce pas mes chers lecteurs ?

Chabat Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut

David Gold
Tél. 00-972-556778747, email : 9094412g@gmail.com

POURQUOI LE MONDE A-T-IL ÉTÉ CRÉÉ?

Cette étude sera consacrée au bénéfice de la refoua cheléma de Moché ben Esther (famille Azoulay) Enghien-les-Bains et pour tous les malades du clall Israel

Au commencement.. Puisque c’est le début de la lecture de la Tora, je parlerai d’un principe dans le judaïsme. On le sait, la Tora a été donnée aux hommes afin de se parfaire dans la vie de tous les jours. Grâce aux Mitsvoth, un homme, le début, les dés sont jetés… Les premiers mots de la Tora sont « Beréchit bara Elokim eth Hachamayim veét Haarets. / Au commencement D’ a créé le ciel et la terre ». Or les Sages font une exégèse de ce verset, Beréchit/Au commencent. La base du mot c’est réchit : le commencement. Or la Tora commence par Bé-Réchit qui signifie « Dans » ou « Au  » commencement. Or la lettre Beit a aussi une valeur numérique de deux, pour nous apprendre que ce monde a été créé pour deux « Réchit »/prémices. Il s’agit du Clall Israel (peuple juif) et la Tora. C’est-à-dire que le monde, ses habitants bipèdes et quadrupèdes depuis la savane africaine jusqu’aux parcs zoologiques de Paris ou de NewYork…, tout cela a été créé de la main généreuse du Ribono chel ‘Olam pour les besoins du peuple juif… Intéressant, non ?

Seulement si on en restait là on pourrait considérer que tout ce beau monde a été créé pour le peuple juif sans aucune distinction de niveau de pratique dans la Tora. Donc Mr Lévy de New York -qui ne connait absolument rien de la Tora si ce n’est l’air de Kol Nidré de Kippour ou encore M. Cohen de Paris qui ne connait de tout son judaïsme que la sonnerie du chofar à la sortie du Kippour… Donc on aurait dit que c’est pour ces genres de personnes que le monde a été créé…. Soit… Seulement les Sages nous informent que lorsque la Tora commence par Bé-Réchit, c’est pour donner le diapason ! Le monde a été créé pour le peuple juif qui pratique la Tora c’est à dire les Mitsvoth et l’étude… Donc Mr Lévy de New York -s’il veut faire partie de cette grande fresque universelle- devra un beau jour se lever  de bon matin et regarder le ciel de Manhattan avec les premiers rayons du soleil qui pointe à l’horizon et il dira : « Oh, my G.od, c’est sûr qu’il y a Hachem dans ce monde… Il a créé toute cette magnifique harmonie afin qu’on se rapproche de Lui… Vite je vais aller dans un séminaire de Tora… ».
D’après ce formidable développement, on comprendra aussi que les Avrékhim (Collemans) et les Bahouré Yechivoth (élèves des Yechivoth) sont les fers de lance de la communauté. Car ils donnent une raison pour que le monde tourne et qu’il ne dérape pas plus…
Et s’il existe des lecteurs qui pensent différemment, je serais très intéressé de connaitre leurs opinions… Cela fait près de 250 semaines –Béni soit le Nom d’Hachem- que j’envoie ce feuillet et personne m’a dit : « Monsieur le Rabbin, j’ai ma petite idée sur le pourquoi de ce monde…  » Peut-être que ce monde a été créé pour que les kangourous d’Australie se développent en toute quiétude dans le désert du centre de cette grande île. Qu’en pensez-vous ?.
D’après cela, si l’on veut que le Covid-19 s’arrête, il faudra faire comprendre à toutes les couches de la société juive –depuis les derniers des mohicans gauchistes, aux libéraux – réformistes- et les sionistes laïcs- qu’ils arrêtent de parler à tort et à travers sur cette valeureuse frange de la société (les Avrékhim) qui s’épanchent chaque jours et pour certains les nuits à l’étude de la sainte Tora. Alors Hachem –dans sa grande Miséricorde nous ôtera nos masques afin de parler plus librement car cette fois on aura compris la grande leçon : fini la mauvaise parole et la conspuassions sur ces hommes d’exception.
Je voulais vous parler d’un autre sujet concernant la paracha mais puisque ce premier sujet me tiens à cœur je finirais par une anecdote véridique. Il y a près d’un siècle, un commerçant de la communauté d’Europe centrale faisait le commerce avec la très lointaine Chine (à l’époque c’était les biens manufacturés que la vieille Europe exportait vers la Chine…) .
Lors d’un de ses séjours en Europe il décida de rencontrer le grand Tsadik Talmid Haham: le Hafets Haim (il résidait dans la ville de Radin en Lituanie et décéda en 1933). Lors de cette rencontre, le saint home lui demanda la situation de la communauté juive autochtone (à l’époque –il n’y a avait pas encore de Corona semble-t-il). Il lui répondit que sur place il n’existait ni rav ni juges, donc ce n’était pas resplendissant… Le Hafets Haim lui transmis alors quelques livres qu’il avait écrit pour renforcer les Juifs de la Gola dans la pratique.
Puis le Hafets Haim lui demanda : qu’en est-il des chinois ? Il répondit que cela faisait des mois qu’il n’était plus sur place, mais que lors de son départ il s’était déroulé une catastrophe nationale. Une gigantesque digue s’était effondrée ravageant une province entière et faisant plus de 100 000 victimes… Le Hafets Haïm poussa un cri : »Quoi, des milliers de morts… Quel cataclysme ! Je vais vite faire un discours à la Yechiva ! »
Le commerçant n’en revenait pas et dira : « Rabbi, je ne comprends pas. Lorsque j’ai parlé de la situation de la communauté, le rav m’a transmis quelques livres tandis que lorsque j’ai rapporté les informations qui touchent uniquement des autochtones qui sont pour la plupart des paysans incultes et certains même idolâtres le rav a poussé un cri !? »
Le Hafets Haïm répondra : » Je te répondrais par une image. Mais avant dis-moi : combien y a-t-il d’habitants à Varsovie ? Un million… Parmi cette population combien de personne de la communauté et combien de gentils ? 30% juifs et le reste sont gentils. Maintenant –continua le Hafets Haim- si un homme monte sur une estrade au milieu de la grande place de Varsovie et commence à haranguer la foule en Yiddish. D’après toi, à qui s’adressera son pamphlet ? Bien sûr uniquement aux gens de la communauté, car qui parmi la population autochtone connait le Yiddish ?! Pareillement pour ce qui s’est passé en Chine. C’est Hachem qui a fait cette catastrophe afin que nous –son peuple -se réveille à une meilleure pratique. Car c’est la manière dont nous parle le Boré ‘Olam dans ce monde: à travers des événements qui peuvent  secouer le peuple juif. C’est uniquement  son peuple qui comprend son langage ! » Fin de ces paroles très intéressantes…
Et pour nous, chers lecteurs de 2020 ; si le monde vit le Corona depuis près de 10 mois, c’est certainement que la communauté -et chacun d’entre nous- à des choses à (par)faire…

Chabat Chalom et à la semaine prochaine Si D.ieu Le Veut

Rav David Gold

Sim’ha Torah

Ce chabath à venir on fêtera le dernier jour de Souccoth: Chemini Atséret (traduction littérale: le 8° jour de clôture). C’est aussi le jour qui a été choisi par les Sages pour célèbrer Sim’ha Tora. A l’étranger, cela tombera dimanche où l’on dansera avec tous les Sifré Tora en l’honneur de la conclusion de toute leur lecture.

Il existe une intéressante discussion entre le Choul’han ‘Aroukh et le Rama (Or HaHaim 668) pour savoir si on doit mentionner le mot « ‘Hag/la fête » à la mention de Chemini Atséret. En effet d’une manière générale, tous les jours de fêtes on intercale dans la prière quotidienne la mention du jour saint. Par exemple à Souccoth on dira « ‘Hag Hasouccoth », pour Pessa’h: »‘Hag Hapessa’h ». Seulement pour Chemini Atséret qui est pourtant un jour férié d’après le Rama on ne dira pas ‘Hag Chemini Atséret seulement « Chemini Atséret »(sans la précision que c’est ‘Hag, jour de fête). Tandis que d’après le Choul’han ‘Aroukh on dira « Chemini Hag Hatséret ». Quel est le sens de cette discussion?

En fait, Chemini Atséret n’est pas une fête comme les trois autres fêtes du calendrier (Pessah, Chavouot et Souccoth). Il est vrai que c’est un jour férié, Yom Tov, mais ce n’est pas une fête de pèlerinage comme les autres. Par exemple, lors des trois fêtes, les Juifs avaient la  Mitsva de monter à Jérusalem, pour le Temple et d’y apporter leurs sacrifices. Chaque juif avait la Mitsva d’apporter plusieurs offrandes (Korban Reiah, Sim’ha) et ce, durant les 6 jours de Hol Hamoéd. Mais pour le dernier jour de Souccoth (Chemini Atséret) il ne restait aucune Mitsva de monter à Jérusalem ni d’apporter un sacrifice. Donc notre pèlerin par exemple qui est venu à Jérusalem pour Souccoth pouvait tranquillement retourner chez lui et finir le dernier jour de fête à la maison. On aura donc compris la raison du Rama qui ne mentionne pas « ‘Hag » dans la prière. Tandis que d’après le Choul’han ‘Aroukh, il ne peut qu’être d’accord avec le Rama que Chemini Atséret n’est pas une fête de pèlerinage, seulement puisque ce jour est saint et en plus clôture la fête de Souccoth: on pourra dire la mention de ‘Hag à son sujet.

Le Sfat Emet (un des premiers Rabbi de la ‘Hassidout Gour) donne une intéressante explication Chemini Atséret (Souccoth année 5662). Chaque fête du calendrier dévoile un peu de la présence divine sur terre ! Lorsque le pèlerin arrivait à Jérusalem et apportait les sacrifices de la fête, il accédait à un plus grand niveau de crainte du ciel! Le fait de voir les Cohanim en service, les sacrifices brûler sur l’autel du Beth Hamikdach cela éveillait des sentiments de crainte et de révérence vis avis de Celui qui réside dans ces lieux. De plus, chaque Juif devait apporter 2 sacrifices (Korban Réihya et Sim’ha) à la vue du Beth Hamikdach. Or la vue « Réyha » c’est le même mot (à l’envers) que Yira/la crainte. Explique le Sfat Emet, que chaque Juif qui arrivait au Temple, par le biais des sacrifices accédait à la crainte du ciel ! D’autre part, chaque fête avait son influence particulière. En effet, chaque fête était liée avec le service particulier de nos patriarches. On sait qu’Avraham (lié avec Pessa’h) a fait découvrir Hachem à travers l’amour et la générosité, tandis que Yitshaq (fête de Chavouot) à servit D’ par la grande crainte (prière) et Ya’akov (fête de Souccoth) au travers du Emet/la vérité. Explique le rav, lorsqu’un Juif arrivait au Temple à Pessa’h il était imprégné par la crainte au travers du prisme de l’amour inauguré par Avraham. A Chavouoth, le Juif percevait la crainte au travers de la peur d’Yits’haq tandis que Souccoth était lié avec le service de vérité de Ya’akov. (A vrai dire ce sont des notions difficiles à appréhender, mais c’est toujours intéressant d’en avoir connaissance)

Or, pour Chemini Atséret il n’existait pas d’obligation d’apporter de sacrifice « Réiyha » car ce n’était pas une fête de pèlerinage. Explique le rav, Chemini Atséret est liée avec notre maitre Moché Rabénou ! C’est Moché qui a fait descendre la Tora sur terre et c’est d’elle, la Tora, que chaque Juif puise sa crainte du ciel ! Or, cette Tora n’est pas l’apanage d’un endroit particulier sur terre ! Et celui qui l’étudie Lichma/pour elle-même, dévoilera la présence divine sur terre ! Donc on aura bien compris la raison pour laquelle le jour de Sim’hat Tora on danse avec les Sifré Tora: pour accéder au même niveau de crainte que si on avait offert un sacrifice au Temple! Intéressant, non?

SUR SIM’HAT TORA

Cette fois notre sipour se déroule voilà près de 70 années en Amérique à Boston. Là-bas siège une cour ‘hassidique auprès d’un Tsadikq: l’Admour de Boston, rav Elièzer Halévy Horowits zatsal. Pour les fêtes de fin de Souccoth, alors, dans son Beit Hamidrach tous ses ‘Hassidim se réunissaient pour féter Sim’hah Tora. La joie était très grande, tout le monde bondissait, dansait et chantait avec les Sifré Tora de la shoule. Jusqu’au moment où l’un des ‘Hassidim interrompt la grande allégresse. Il demande au public si c’est vraiment le moment d’être joyeux au moment où nos frères qui sont en Europe sont massacrés et envoyés dans les camps de concentrations ? La question était tellement forte que tout le monde s’interrompit et se tut. Il y a un grand silence. C’est alors que l’Admour répondit d’une manière formidable ! Il rapporta oralement le Rambam à la fin des Halachoth de Soucca : ‘La joie qu’un homme a lors de l’accomplissement des Mitsvoth et l’amour qu’il porte à Hachem (…) c’est une grande ‘avodat Hachem (…). Et celui qui se comporte avec légèreté dans ces moments est véritablement digne de louanges car il sert Hachem par amour. Car il n’y a pas de plus grand niveau pour un homme que de se réjouir vis à vis d’Hachem ! Comme on le voit avec le roi David pour lequel est dit qu’il danse et bondit DEVANT Hachem.’ Fin du Rambam, et l’Admour rajouta que puisque la joie c’est une ‘avoda, alors elle n’est pas liée aux conditions historiques ni aux difficultés du moment ! Après de telles paroles la joie de la Mitsva a pu reprendre avec encore plus de force! Et ces paroles de l’Admour résonnent encore de nos jours au-delà du temps et de l’espace!

Hag Saméah à tous nos lecteurs et au Clall Israël! A la semaine prochaine si D’ le veut

 David Gold rav et soffer écriture askhénaze , écriture sépharade

Tel 00972 55  677 87 47 email 9094412g@gmail.com