28 septembre 2022

Quand il est bon de se rafraîchir la mémoire (Zakhor)…

Quand il est bon de se rafraîchir la mémoire (Zakhor)…

Comme le temps n’est pas vraiment au beau fixe dans la vieille Europe, j’ai décidé de vous rapporter une véritable anecdote qui a eu lieu au début des années 1900 dans un pays qui nous est devenu très familier, l’Ukraine…

Il y a un siècle, ce pays vivait une guerre civile intestine coriace. Cependant, le peuple était très assoiffé du sang juif et de terribles pogromes ravagèrent cette région du Sud de la Russie. A cette époque (1905-07), 150 000 juifs périrent, que D.ieu venge leurs âmes, sous les coups de sabres et de pistolets de la populace locale… (Et comme je parle de l’Ukraine, il faut savoir que cette région possédait une des plus grandes communautés juives d’Europe (car la Russie avait interdit l’installation des communautés juives sur son territoire). Cependant, durant la dernière guerre les ukrainiens avec les allemands, de mémoires maudites, ont assassinés sauvagement la population juive autochtone. Un adage dit : » les nazis, Ymah Chémam, tuaient avec leurs mitraillettes, les ukrainiens avec leurs mains… ». Au total près d’un million cinq cent mille juifs ont été assassinés durant cette période…).

A l’époque, je reviens à l’histoire véritable, dans le début des années 1900, la Yéchiva de Novordok était installée dans la ville de Zitomir. Le Rav Elhanan Wasserman, que Hachem venge son sang, Yquom Damo, lors d’un séjour en Amérique (avant la 2ème Guerre Mondiale) rencontra son Roch Yéchiva, Rav Avraham Kalman Goldberg Zatsal, qui lui raconta le miracle du sauvetage de sa Yéchiva « Novordok » lors des Pogromes. Il dit : » C’était un jour de Shabbat. Les élèves de la Yéchiva profitèrent du Saint jour afin d’étudier. Même lorsque le soleil se coucha, qui annonçait la fin du Shabbat, les élèves continuaient leur étude du Talmud. Après la Havdala, ils continuèrent à la lueur de bougies. Or à pareille époque, il y avait des soulèvements dans la population ukrainienne et des pogromes. La peur était grande dans la communauté de ne pas être considéré comme traitre par une des parties (elle n’avait aucun intérêt entre les différents clans, mais comme on le sait bien, la communauté est toujours responsable des maux de sa génération !). Ce même Shabbat, le Rav Avraham Kalman Goldberg fit un rêve. Il vit un morceau de pain blanc (alors qu’à l’époque le pain était noir et rassis).

Les élèves étudièrent donc après la sortie du Chabat jusque vers 22 heures. A ce moment un des responsables emmena du pain (vieux) et de l’eau en guise de Mélavé Malka (raccompagner la Reine Chabat). Cependant on entendit de grands coups répétés sur la vitre. Un chef armé se nommant Potilira, de mémoire maudite, entra dans l’enceinte de la Yéchiva (accompagné d’un escadron) avec une mine menaçante. Le Rav Goldberg s’avança dans sa direction afin de vérifier ses intentions. Or ce dernier hurla que tous les élèves étaient des espions à la solde de l’ennemi. Le Rav Goldberg répondit que les élèves ne faisaient qu’étudier la Thora. Seulement ces paroles n’étaient pas audibles par les oreilles de l’ukrainien. Potilira devint beaucoup plus menaçant et dit qu’ils seraient fusillés… Rav Avraham essaya de l’amadouer : « Si tu le fais, ce sera une grande faute envers D.ieu ! ». Le soldat répondit dans toute son arrogance : »Imbécile, qui me dit quoi faire ? Tout dépend de ma volonté ! Si je veux, je peux te tuer sur l’instant ! (voir mon développement sur Amalek) » Tout en parlant, il sortit son revoler de l’étui et le pointa en direction de Rabi Avraham. Cependant, ce dernier ne bougea pas d’un iota. Son visage ne changea pas d’expression, et dit avec beaucoup de calme : »Si Hachem ne le veut pas, tu ne pourras rien contre moi. » Le soldat fut déstabilisé, replaça son arme dans son étui et se tourna vers le reste des élèves : » J’ordonne que tout le monde se dirige immédiatement vers la forêt (en pleine nuit). Là-bas, vous serez fusillés ». Les Bahourims se levèrent pour faire leurs derniers pas dans la forêt. Toutefois, toutes les actions des hommes sont sous la Providence Divine. Les élèves furent gardés par un groupe de soldats, mais au lieu de prendre le chemin vers la gauche (direction forêt) ils se trompèrent (les soldats) et allèrent sur leur droite. Après quelques centaines de mètres ils se retrouvèrent devant la maison du commandant en chef de la région, le général Boukraski. Ce haut gradé sortit à la rencontre du groupe. Potlira expliqua au général qu’ils s’agissaient d’un groupe de juif allié à l’ennemi qu’il fallait fusiller au plus vite. Le général répondit : » Très bien, laissez-les moi je m’en occuperai personnellement. » Boukraski fit descendre, dans un premier temps, le groupe de Bahourés yéchiva dans sa cave. Après quelques temps, le haut gradé descendit voir les jeunes et leur dit, « Mon père était curé. Or, je sais que vous n’êtes pas des espions à la solde de l’ennemi.

Je tiens à vous libérer mais pas immédiatement. Le temps ne s’y prête pas. » Les Bahourims restèrent dans cette cave durant trois jours consécutifs. Ils étudièrent et prièrent. Boukraski, de mémoire bénie, apporta comme nourriture du bon pain blanc et du beurre (denrée très précieuse à l’époque). Rav Avraham se souvint alors de son rêve prémonitoire du Shabbat précédent. Le 4ème jour, le général vint les libérer et donna à chacun un passeport bleu qui signifiait un droit de sortie du territoire. Ils partiront finalement sains et saufs d’Ukraine et le Rav Goldberg installera sa Yéchiva en Amérique. Lorsqu’il arriva aux USA, la communauté dévoila le prodige du sauvetage de la Yéchiva. Le fils du Rav Goldberg dit que son père n’avait jamais perçu cet histoire comme miraculeuse mais comme un enseignement pour les générations à venir ; celui qui place sa confiance en D.ieu, la Providence Divine ne l’abandonne pas. (Parmi les élèves de la Yéchiva il y avait le fils de Rav Wasserman, Rav Simha (qui est venu plusieurs fois à Paris à l’invitation du Rav Sitruk Zatsal pour donner des cours de Thora) ainsi que le fils du Rav Isser Zalman Meltser Zatsal).

Rav David Gold