22 juin 2024

Wort sur la Paracha…’Houkat

«On mĂȘttra de l’eau vive dans un vase» (19,17)

Le peuple d’IsraĂ«l est comparĂ© Ă  l’eau, au mĂȘme titre que l’eau peut se rĂ©pandre et couvrir d’immenses espaces, fertiliser des dĂ©serts, Ă©branler des montagnes, creuser des chemins, et ce, malgrĂ© la prĂ©sence d’obstacles importants. Quand cela se passe-t-il ? Lorsque le people d’IsraĂ«l correspond Ă  l’état liquide. Mais lorsqu’il est dans un Ă©tat « gelĂ© », il n’a aucune force. Ainsi, il en va d’IsraĂ«l ; par le dynamisme et l’enthousiasme, tout est possible, mais dans une situation de gel et de froid, il est impossible d’atteindre quoique ce soit. (Rav MĂ©ir Shapira de Loublin)

«Or, la communautĂ© manqua d’eau et ils s’ameutĂšrent contre MochĂ© et Aharon.» (20, 2)

AprĂšs s’ĂȘtre ameutĂ©s contre MochĂ© et Aharon Ă  cause d’un manque d’eau, les enfants d’IsraĂ«l s’en prirent uniquement Ă  MochĂ©, comme il est dit : « Et le peuple chercha querelle Ă  MochĂ©. » Pourquoi particuliĂšrement Ă  lui ?

Dans son ouvrage Pta’h Hasmadar, Rabbi Eliahou ‘HaĂŻ Damri Zatsal rĂ©pond ainsi : Rachi affirme que, durant leurs quarante annĂ©es de pĂ©rĂ©grinations dans le dĂ©sert, nos ancĂȘtres avaient Ă  leur disposition un puits par le mĂ©rite de Myriam, qui avait longuement attend prĂšs du fleuve oĂč MochĂ©, alors bĂ©bĂ©, venait d’ĂȘtre dĂ©posĂ©, pour voir ce qui adviendrait de lui. Du fait que Myriam eut ce mĂ©rite grĂące Ă  MochĂ©, lorsqu’elle dĂ©cĂ©da et que le puits disparut avec elle, le peuple se tourna vers lui pour protester contre leur manque d’eau. Pourquoi ne pourrait-il pas leur ramener ce puits dont ils disposaient, notamment grĂące Ă 

lui, pensùrent-ils ? C’est pourquoi ils lui adressùrent leurs plaints plutît qu’à Aharon.

« Mais l’Eternel dit Ă  MochĂ© : “Ne le crains point, car Je le livre en tes mains, lui et tout son peuple.” » (21, 34)

Au dĂ©part, MochĂ© craignait de combattre Og, roi de Bachan, non pas Ă  cause de sa taille imposante, mais de peur qu’il ne dĂ©tienne des mĂ©rites. En effet, comme l’explique RabĂ©nou Bé’hayĂ©, le Saint bĂ©ni soit-Il rĂ©compensa Og pour les pas qu’il fit afin d’annoncer Ă  Avraham que Loth, son neveu, avait Ă©tĂ© fait prisonnier. Aussi, lorsque MochĂ© s’apprĂȘta Ă  lui lancer la guerre, il apprĂ©henda, se disant :  « J’ai cent vingt ans et il en a cinq cents. S’il n’avait pas de mĂ©rites Ă  son actif, il n’aurait pas vĂ©cu autant. » C’est pourquoi l’Eternel le rassura ainsi : « Ne le crains point, car Je le livre en tes mains, lui et tout son peuple. » En d’autres termes, tu peux le tuer de la mĂȘme maniĂšre que tu as tuĂ© Si’hon. Lorsqu’il est dit, dans la GuĂ©mara, que MochĂ© frappa Og Ă  ses

chevilles et lui porta ainsi le coup fatal, nos Sages font allusion au fait qu’il annula ses mĂ©rites dĂ©coulant des quelques pas effectuĂ©s en faveur d’Avraham.