11 août 2022

Wort sur la Paracha…’Houkat

«On mêttra de l’eau vive dans un vase» (19,17)

Le peuple d’Israël est comparé à l’eau, au même titre que l’eau peut se répandre et couvrir d’immenses espaces, fertiliser des déserts, ébranler des montagnes, creuser des chemins, et ce, malgré la présence d’obstacles importants. Quand cela se passe-t-il ? Lorsque le people d’Israël correspond à l’état liquide. Mais lorsqu’il est dans un état « gelé », il n’a aucune force. Ainsi, il en va d’Israël ; par le dynamisme et l’enthousiasme, tout est possible, mais dans une situation de gel et de froid, il est impossible d’atteindre quoique ce soit. (Rav Méir Shapira de Loublin)

«Or, la communauté manqua d’eau et ils s’ameutèrent contre Moché et Aharon.» (20, 2)

Après s’être ameutés contre Moché et Aharon à cause d’un manque d’eau, les enfants d’Israël s’en prirent uniquement à Moché, comme il est dit : « Et le peuple chercha querelle à Moché. » Pourquoi particulièrement à lui ?

Dans son ouvrage Pta’h Hasmadar, Rabbi Eliahou ‘Haï Damri Zatsal répond ainsi : Rachi affirme que, durant leurs quarante années de pérégrinations dans le désert, nos ancêtres avaient à leur disposition un puits par le mérite de Myriam, qui avait longuement attend près du fleuve où Moché, alors bébé, venait d’être déposé, pour voir ce qui adviendrait de lui. Du fait que Myriam eut ce mérite grâce à Moché, lorsqu’elle décéda et que le puits disparut avec elle, le peuple se tourna vers lui pour protester contre leur manque d’eau. Pourquoi ne pourrait-il pas leur ramener ce puits dont ils disposaient, notamment grâce à

lui, pensèrent-ils ? C’est pourquoi ils lui adressèrent leurs plaints plutôt qu’à Aharon.

« Mais l’Eternel dit à Moché : “Ne le crains point, car Je le livre en tes mains, lui et tout son peuple.” » (21, 34)

Au départ, Moché craignait de combattre Og, roi de Bachan, non pas à cause de sa taille imposante, mais de peur qu’il ne détienne des mérites. En effet, comme l’explique Rabénou Bé’hayé, le Saint béni soit-Il récompensa Og pour les pas qu’il fit afin d’annoncer à Avraham que Loth, son neveu, avait été fait prisonnier. Aussi, lorsque Moché s’apprêta à lui lancer la guerre, il appréhenda, se disant :  « J’ai cent vingt ans et il en a cinq cents. S’il n’avait pas de mérites à son actif, il n’aurait pas vécu autant. » C’est pourquoi l’Eternel le rassura ainsi : « Ne le crains point, car Je le livre en tes mains, lui et tout son peuple. » En d’autres termes, tu peux le tuer de la même manière que tu as tué Si’hon. Lorsqu’il est dit, dans la Guémara, que Moché frappa Og à ses

chevilles et lui porta ainsi le coup fatal, nos Sages font allusion au fait qu’il annula ses mérites découlant des quelques pas effectués en faveur d’Avraham.