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Sommes-nous proches de l’animal?

Notre paracha de la semaine nous fera sauter 10 générations depuis Noa’h jusqu’à Avraham Avinou. Cet homme exceptionnel sera le premier à reconnaître et à servir le D’ Unique de toute chair. En effet, les générations d’après le déluge n’avaient pas atteint leur but et trébuchèrent dans le culte idolâtre. Les idoles se répandirent dans toutes les populations du globe comme le Iphone se répand dans nos contrées… Tout le monde le savait, le monde avait été créé par une Force surnaturelle. Seulement il est nettement plus facile de servir le soleil ou pour d’autres la lune (et de nos jours, le dieu argent) plus tôt que le D’ unique Qui demande un minimum d’éthique et de morale. Seulement avec le temps, et la facilité…  Ce n’est qu’Avram qui reconnaîtra l’inutilité de tous ces cultes et de toutes ces fausses valeurs… D’après un Midrach, Avram comprit très jeune, d’après un autre Midrach, il était alors adulte (c’est peut-être aussi un enseignement pour les générations futures à savoir qu’il n’existe pas d’âge pour faire Techouva et se rapprocher de la Tora et des Mitsvoth…). Finalement Abraham servit Hachem et tourna le dos à toutes les idoles de son pays et de sa maison paternelle. Son parcours ressemblerait de nos jours à celui d’un homme qui décide de jeter dans une fournaise (ardente) son Iphone avec son application Facebook… Seulement il ne se contentera pas d’une réflexion théologique poussée, mais qui reste du domaine intellectuel, il développera sa foi auprès de toute la population locale et fera des prosélytes qui suivront son chemin béni. Et lorsque Hachem dira à Avram de partir de Haran (dans les environs des Émirats…) en direction d’une terre inconnue (Israël), Avram prendra avec lui tous ses élèves. Le verset dit : « Et Avram partit et prit toutes les âmes qu’il avait fait à Haran, etc. ». Rachi explique que ce sont tous les convertis ; comme la Guemara l’enseigne : Avram convertissait les hommes et Sara, les femmes. » (Lorsque l’on parle conversion à cette époque reculée, il ne s’agissait pas véritablement de celle que l’on pratique de nos jours, car la Tora n’avait pas encore été donnée au Clall Israël –ce ne sera que près de 400 années après. Mais c’était un apprentissage à la foi en D’). Seulement de ce passage nous apprenons que la conversion c’est faire des nouveaux hommes. Comme la Guemara Yevamoth l’enseigne : un converti a le même statut (au niveau de la loi) qu’un nouveau-né.

Cet enseignement est à rapprocher avec un autre passage du Talmud (Sanhédrin 99b)qui enseigne : « Tout celui qui apprend la Tora au fils de son ami c’est comme s’il l’avait fait naître ! » Quel est le sens de ces paroles ? Le Maharcha explique d’après un verset que fondamentalement l’homme et l’animal sont proches. En effet, le quadrupède mange, boit et jouit de son pâturage tandis que l’homme cherche aussi à jouir de la vie. Et bien des fois, l’homme est beaucoup plus cruel (que les animaux) car on n’a jamais vu un éléphant exterminer d’autres éléphants (sa  race) tandis que l’histoire humaine est remplie de guerres et d’exterminations de toutes sortes… Donc la vraie différence (entre l’homme et l’animal), c’est sa capacité à se rapprocher et servir son Créateur au travers de la prière, des Mitsvoth et de l’étude de la Tora. Donc lorsqu’un homme enseignera à son prochain la Tora, il le fera devenir un être spirituel. Grâce à cela, il acquerra une connaissance qui l’élèvera au dessus du monde des bipèdes/quadrupèdes et l’amènera à la découverte d’un autre monde vrai et profond afin de se rapprocher de Son Créateur. Il s’agit donc bien d’une naissance… Mazel Tov ! (N’est-ce pas mes chers lecteurs ?).

On finira par une courte anecdote. Il s’agit du Maguid de la ville de Douvno (cela remonte à près de deux siècles en arrière). Une fois dans la rue il vit un spectacle étrange, celui d’un vieil aveugle qui était guidé par un enfant alors que tous les deux étaient habillés en haillons… Le rav s’adressa au vieillard qui ne répondait pas tandis que l’enfant chétif expliqua qu’il s’agissait de son père aveugle, que pour manger ils étaient obligés d’aller de synagogues en synagogues afin de demander la Tsedaka. Le rav prit en pitié de ces indigents et leur ouvrit grandement sa maison. Là-bas ils restèrent quelques jours mais rapidement le père rendit son âme à son Créateur ! Par la suite, le Maguid de Douvno déclara au jeune orphelin qu’il se faisait une question d’honneur de l’éduquer comme son propre fils. Le Maguid investit son temps et son énergie afin d’éduquer du mieux possible ce jeune orphelin ; il l’enverra au Talmud Tora de sa ville et le nourrira toutes ces années. Il s’est trouvé que ce jeune était un véritable surdoué : tout ce qu’il apprenait, il le retenait ! Avec le temps et sa grande assiduité, il deviendra le Gaon (Prince) de la Tora rabbi Chelomo Kluger Zatsal qui écrira de nombreuses responsas et livres sur toute la Tora. Lorsque –des années plus tard- le Maguid de Douvno disparaîtra, il arrivera en rêve (certainement à un de ses élèves) et dit : « Quand je suis arrivé devant le BETH DIN du Ciel, on m’a montré 50 livres que j’avais écrit au cours de ma vie… Je me suis étonné et j’ai dit : ‘De ma vie je n’ai jamais écrit ces livres…Ce ne sont pas les miens…’ On me répondit : » Effectivement, ce sont les livres du rav Kluger. Mais puisque tu l’as fait grandir chez toi, grâce à tes actions tu as une part dans toute cette Tora c’est pourquoi toute sa grandeur en Tora est mis à ton compte dans le Ciel comme si toi même tu les avais écrits ! »…

Pourquoi tu t’angoisses ?!

Cette semaine j’innoverai un peu… En effet, on vient de passer de magnifiques fêtes de Souccoth. Et cette année le peuple (tout du moins en Erets) a eu même la chance d’être confiné dans la Soucca ! Donc après avoir passé près de 7 jours 24h/24h dans la cabane sainte, on a pu emmagasiner une bonne dose de confiance en D’ et de joie dans le service divin qui nous accompagneront le long de toute l’année… Durant ces jours j’ai lu une anecdote intéressante (rapportée par le rav Nethanel Schwartz chilta) qui nous donnera un bon conseil –je l’espère- pour tous ceux qui ont  certaines difficultés à sortir de la morosité ambiante (à cause de Corona et autres…). Il s’agit d’un homme très débordé qui est venu rendre visite à un grand rav de Jérusalem et d’Israël : le rav Chelomo Zalman Auerbach zatsal (décédé il y a près de 20 ans). Notre homme avait de grosses responsabilités qui lui pesaient beaucoup et il était venu voir le rav Auerbach pour prendre conseil. Le rav lui demanda depuis combien de temps avait-il prit sur lui ces responsabilités communautaires? Il répondit depuis 25 années ! Le rav demanda : « Est-ce qu’il y a eu des périodes difficiles ? » Il répondit, c’est fréquent ! Est-ce qu’Hachem ne t’as pas envoyé
Son aide ? Toujours, mais l’angoisse me revient fréquemment en fin de mois… Le rav : « Tu vois que c’est D’ Qui organise tes affaires… alors pourquoi tu t’angoisses ? Tu n’es pas seul au monde à être responsable d’autres personnes sur terre ! Il y a le patron de son entreprise, mais aussi chaque père de famille qui se doit de marier ses enfants… Tu n’es pas seul… Hachem est avec toi ! Le contraire de l’angoisse c’est de placer sa confiance en Hachem. Comment faire ? Je te propose de prendre un petit carnet que tu garderas précieusement. Dedans tu marqueras toutes les petites (ou grandes) délivrances que D’ te fait quotidiennement dans ta vie (on prendra un exemple proche de nous : comment –certains- ont guéri du Corona (sans avoir besoin d’appareils respiratoires –que D’ nous en garde)…Ou encore comment on a réussi à passer le mois dernier alors qu’on est depuis pas mal de temps sans travail, etc…). Et avant la bénédiction de « Modim » que l’on dit dans la prière quotidienne… Sors ce petit carnet et regardes et lis toutes ces belles réussites que Hachem t’a octroyées … Tu verras que toutes tes angoisses disparaîtront… ».

Je finirais cette semaine par une véritable histoire que je voulais vous présenter il y a déjà quelques mois. Comme je vous ai parlé de foi et confiance en Hachem –le meilleur remède  contre les angoisses de notre époque- je continuerais sur ma lancée. Il s’agit d’un très riche homme de la communauté new-yorkaise. Comme vous le savez, cette communauté à particulièrement été touchée par le Corona. Cet homme – semble-t-il d’âge avancé – avait lui aussi été touché par le fléau. Il a été conduit à l’hôpital, sa situation était si grave qu’il a dû être placé de suite en service de réanimation –que D’ nous en préserve. Or son état continua à se dégrader jusqu’à ce qu’il tombe dans le coma… Puis les médecins constatèrent sa mort clinique… (Cette histoire vraie a été rapporté par le rav Genout dans Dirchou il y a quelques mois lors de la première vague du Covid 19). Seulement après un certain temps, il recouvrit ses esprits et ses forces… Au point qu’il sortira indemne de l’hôpital : béni soit le Guérisseur de toutes les plaies ! Retourné à sa maison il décida de faire une fête pour commémorer son miraculeux sauvetage. A l’occasion il invitera tous ses amis et connaissances à venir participer à sa joie (par le biais du téléphone et du zoom…). Lors de cette rencontre amicale virtuelle, il prit la parole et raconta son histoire : « Lorsque je suis tombé dans le comas puis en mort clinique, j’ai ressenti que mon âme s’envolait et se tenait devant le Beth Din ! On m’a montré alors toutes mes actions sur terre : je devais passer en jugement. C’est alors qu’une voix s’est faite entendre, il s’agissait d’un défendeur qui criait : »Tsédaka tatsil mimavet! » La Tsedaka sauve de la mort! (un verset de Kohélet). Il m’a été dit : « Puisque cet homme de par ses deniers soutient les institutions de Tora sur terre, alors il aura droit à la vie sauve et à revenir en bas ! » Fin des paroles époustouflantes. Et notre homme dira à l’assemblée (parmi lesquels des rabanim d’Erets qui étaient aussi au bout du fil), c’est vrai qu’avec corona beaucoup de mes affaires ne sont pas bien florissantes mais j’ai la preuve que c’est grâce à ma générosité (pour le soutien au monde des Collelim et Yechivots que je dois ma vie sauve… Donc je TRIPLERAIS mon aide cette année et je vous pousserai, mes chers amis, à faire de même ! » Fin de l’anecdote véritable qui nous révélera une vérité déjà connue : c’est la générosité que l’on fait (en particulier pour les institutions de Tora) qui rallonge nos jours et pas seulement les masques portés à longueur de journée…

Chabath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold
Tél. 00-972-556778747, e-mail : 9094412g@gmail.com

On souhaitera une grande bénédiction à Israël Gold et son épouse Orly (Ramat Beth Chemech 3) à l’occasion de la Bar-Mitsva de leur fils Nehouraï Néro Yaïr. Qu’ils aient le mérite de le voir grandir dans la Tora, les mitsvoth et la crainte du Ciel.

Lekh Lekha

Dit Hachem a Avram: “Va pour toi hors de ton pays, de ton lieu de naissance, et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai.” (Berechit 12;1)

Rachi: « Va pour toi », pour ton bonheur et pour ton bien. C’est là-bas que je te ferai devenir une grande nation. Ici tu n’auras pas la faveur d’avoir des enfants. Et de plus, je ferai connaitre ta nature à travers le monde.

À la lecture de ce Rachi, il y a de quoi s’étonner. Comme nous le savons, Avraham a été éprouvé à dix reprises par Hakadoch Barou’h Ou. L’une d’entre elles a été celle de partir et de quitter le pays natal et la maison parentale, celle que nous présente notre paracha.

Or voilà que Rachi nous précise que ce départ est pour son bonheur et pour son bien, c’est là-bas qu’il deviendra une grande nation….

La question que pose grand nombre de commentateurs est que s’il en est ainsi, en quoi donc ce départ est une épreuve ? Quelle épreuve ou difficulté de quitter un endroit où l’on ne possède pas vraiment grand-chose, contre un autre ou l’on nous assure argent, enfant, renom… En plus de ça, pas n’importe quelle promesse, une promesse faite par Hakadoch Barou’h Ou lui-même, c’est du 100% ! Seconde question…LIRE LA SUITE

Ki Tavo

« Maudit soit quiconque n’accomplira pas (YAKIM) les paroles de cette Torah-ci pour les faire… » Devarim 27;26

Les commentateurs expliquent de différentes manières le terme Yakim/accomplir, et la signification de ce verset, qui clôt les malédictions. Une des nombreuses réponses données par nos Sages, est de traduire « Yakim » par lever.

Le Yerouchalmi (Sota 7;4 -Korban Ha Eda), explique qu’il ne s’agit pas d’une Mitsva d’ordre général, mais elle fait référence à celui qui ne lève pas «YAKIM» le Sefer Torah comme il faut. Mistva plus connue sous le nom de la Hagbaa (action de lever et de présenter la Torah à l’assemblée).

Les paroles du Yerouchalmi ont de quoi nous surprendre, surtout que d’après nos connaissances, la Hagbaa n’est pas une Mitsva de la Torah. Qui y a-t-il de si grave de « mal » faire la Hagbaa ?! Lire la suite

Ralentissons!

Cela faisait déjà longtemps que les responsables de la circulation routière avaient installé des caméras destinées à mesurer la vitesse des voitures sur la route, ce qui permettait de donner des contraventions à tout insouciant de sa vitesse.

Depuis peu, dans plusieurs villes du monde (comme à Anvers et autres), un nouveau système a été mis en place : une caméra est placée au début d’une grande route et une autre à la fin de la même route.

Chaque voiture qui l’emprunte ‘mérite’ ainsi d’être filmée aux deux extrémités de la route. Dès lors, s’il faut, par exemple, dix minutes pour parcourir cette distance à la vitesse autorisée et qu’un conducteur la franchit en quatre minutes, cela prouve indubitablement qu’il a dépassé cette vitesse et qu’il mérite une sanction.

Que fit un conducteur perspicace qui avait réussi à parcourir cette distance en deux minutes lorsqu’il arriva presque au bout et que la caméra attendait quelques kilomètres plus loin afin de prononcer son sort ? Il se mit brusquement à ralentir et à rouler au pas jusqu’à ce que s’écoule le temps qu’il fallait pour parcourir la distance restante en conformité avec la vitesse autorisée.

Il ne reste qu’une seule chose à faire à celui qui, toute l’année, se serait comporté comme un insensé en négligeant la Torah et les Mitsvot : s’arrêter tant qu’il est encore temps et changer sa conduite, s’il veut être épargné. En effet, une ‘caméra’ l’attend au bout du chemin. Dans quelques jours, toutes les créatures devront se présenter devant le Créateur, qui scrutera leurs actions, leurs machinations…

UNE BELLE SILHOUETTE POUR LES FÊTES

On pourrait croire que la Téchouva est utile et nécessaire uniquement pour celui qui ne fait aucune Mitsva et qui est très loin de la Torah. Mais pour celui qui respecte le Chabat, mange cachère, prie à la synagogue et étudie la Torah… tout va bien, grâce à D.ieu ! La Téchouva, c’est pour les autres… Il faut savoir que les plus grands Rabanim tels Baba Salé et le ‘Hafets ‘Haïm tremblaient à l’approche du mois d’Elloul. Pourtant, qu’ont-ils à se reprocher, ces Tsadikim ?
Chacun d’entre nous doit demander la miséricorde, car comme l’a dit le plus sage de tous les hommes dans Kohélet (7;20) : « Il n’est pas d’homme juste sur terre qui fasse le bien sans jamais faillir.». Mais surtout, parce que les Tsadikim étudient la Torah et sont plus proches de D.ieu, ils connaissent l’impact et la gravité de la faute. En effet, plus on progresse dans la Torah et la Avodat Hachem, plus on est sensible à la transgression ; sa vue nous bouleverse, sa présence nous dérange. Par contre, celui qui stagne ne sent pas qu’il a besoin d’avancer : il est à l’aise à sa place et ne se pose plus de questions puisqu’il ne faute pas.


Cela me rappelle une histoire. Un jour d’été, sous la lourde chaleur de Bneï Brak, je monte la rue Rabbi Akiva lorsqu’ arrive un camion de poubelles dégageant une odeur épouvantable. En effet, la température élevée en été décuple les odeurs nauséabondes des ordures au point qu’il est très difficile de rester à proximité. Derrière le camion, je vois l’éboueur suspendu à la barre verticale, une glace à la main. Il semble très heureux de la lécher pendant que le camion roule. Incroyable ! Comment peut-on manger lorsque le camion empeste et qu’il est à peine possible de respirer ? La réponse est simple : l’éboueur vit toute la journée près du camion, c’est son quotidien. La mauvaise odeur ne le dérange pas, mais pour nous qui sommes plus raffinés, cette odeur est insupportable.
De même, lorsqu’une personne pense que tout va bien et qu’elle n’a rien à se reprocher, elle ressemble à cet éboueur qui savoure sa glace accroché au camion de poubelles. Tout va bien, pense-t-elle, tout roule. Comme il est enseigné dans la Guémara (Kidouchine 40a), « lorsqu’un homme commet une transgression et la reproduit, elle lui semble permise », c’est-à-dire qu’il ne sent plus la faute. Pour ne pas tomber dans cette situation, nous devons sans cesse chercher à nous améliorer et à peaufiner notre Avodat Hachem pour devenir sensible et avancer dans le bon chemin.
Rappelons que le pire des quatre fils de la Hagada de Pessa’h n’est pas le fils méchant, comme nous avons tendance à le penser, mais celui qui ne sait pas poser de questions. En effet, il ne pose pas de question car pour lui, tout va bien, et c’est de là que vient le danger.
Les prétextes qui nous freinent…
Très souvent, chacun au niveau où il se trouve, invente comme prétexte que l’étude de la Torah et son application sont trop difficiles, lourdes à porter. Couramment, on définit la Torah comme un joug, un mode de vie difficile et insurmontable : ne mange pas ceci, fais cela, ne va pas là-bas, tiens-toi comme cela… Mais il faut savoir que de toute façon, dans la vie, chacun devra choisir un joug. Certains choisiront celui de la mode, d’autres de l’automobile, de la diététique et du bio, ou encore des voyages. Certaines personnes plus exigeantes en choisiront plusieurs, voire tous.
En effet, ces modes de vie demandent aussi un grand engagement physique et financier. De plus, l’opinion des autres est impitoyable car il faut constamment se montrer à la page…
Prenons l’exemple de la cacheroute.
On peut parfois penser qu’il est très difficile de manger strictement cachère, de faire attention aux moindres détails tels que la vérification des insectes, les prélèvements de la dîme en Israël, le mélange de lait et de viande. Certes, on ne peut pas tout manger, là où on veut et quand on veut.
Par contre, tout le monde sait qu’une personne au régime réfléchit avant la consommation de chaque aliment. Elle compte chaque calorie, se montre capable d’attendre six heures entre deux repas, s’abstient de manger les plats les plus exquis offerts à une grande réception et se pèse trois fois par jour. Elle craint, ‘hass véchalom, de prendre un gramme de trop. Elle fait preuve d’une volonté extraordinaire pour surmonter ses instincts et ses envies dans le but de réduire son poids et d’amincir sa silhouette.
Si un homme est capable de cela, il pourra le faire aussi pour la Torah. Il lui suffit juste d’orienter sa volonté dans la bonne direction. Aussi, n’hésitons pas en ce mois d’Elloul à changer de direction et à réduire le poids des fautes de notre néchama. Réfléchissons à chaque action qui se présente à nous, pesons et mesurons les avérot, montrons-nous capables de nous abstenir des plaisirs nuisibles. Pesons-nous intérieurement pour vérifier si nous n’avons pas pris un gramme d’impureté aujourd’hui. De cette façon, notre néchama aura acquis la plus belle des silhouettes avant Roch Hachana.

Chacun son rôle!

Une compagnie de transport avait assigné un de ses chauffeurs à la ligne de bus assurant le trajet entre Bné Brak et le mochav de Tifra’h dans le sud d’Eretz Israël. Chaque jour, de retour à Bné Brak, il devait remettre à son employeur la recette de la journée correspondant au peu de voyageurs qui empruntaient quotidiennement cette ligne.

Une fois, il aperçut son collègue remplissant la même fonction entre Bné Brak et Jérusalem, qui rapportait chaque jour une bourse d’argent bien pleine, du fait du nombre beaucoup plus important de personnes qui voyageaient sur cette ligne. Il se mit à le jalouser, au point que dès le lendemain il décida de son propre chef de se mettre en route pour Jérusalem au lieu de son itinéraire habituel de Tifra’h. Et, une fois n’est pas coutume, il remplit son bus de voyageurs. Lorsqu’il vint remettre l’argent accumulé tout au long de la journée, son patron s’étonna, et lui demanda si le mariage d’un des Admorim ou d’un Roch Yéchiva avait eu lieu à Tifra’h, pour justifier une recette aussi importante. « Je voulais te faire plaisir, lui répondit le chauffeur, c’est pourquoi j’ai eu l’idée de voyager moi aussi à Jérusalem afin de rapporter une bourse bien remplie.

Ne comprends-tu pas que nous avons assez de chauffeurs assurant la ligne de Jérusalem ? lui répondit-il d’un ton courroucé. S’il y avait eu besoin d’un bus supplémentaire, je l’aurais moi-même envoyé. Mais pour mener à bien notre travail et satisfaire l’ensemble de nos clients, nous sommes tenus de mettre également à leur disposition un bus se rendant à Tifra’h pour leur permettre de rentrer chez eux. Et c’est le rôle qui t’a été assigné.

Pourquoi es-tu allé chercher une tâche qui ne t’a pas été demandée ?

Ceux qui pensent qu’Hachem attend d’eux qu’ils multiplient les actes au-delà de leurs capacités et ne comprennent pas qu’Il désire avant tout qu’ils remplissent la mission pour laquelle ils ont été envoyés dans ce monde, ressemblent en tout point à ce chauffeur insensé. Car le Très-Haut ne retire aucune satisfaction de quelqu’un qui cherche à atteindre des niveaux qui ne correspondent en rien au rôle qui est le sien ici-bas.

Devarim – Chabat ‘Hazon

« Ce sont là les paroles que Moché adressa à tout Israël de l’autre côté du Jourdain (Yarden), dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Paran et Tofel, Labân, Hacéroth et Di-Zahav. » (Dévarim 1 ; 1)

Avec l’aide de Hachem, nous allons ouvrir le dernier livre du ‘Houmach, le Séfer Dévarim. Ce Livre est un long discours de Moché Rabénou, adressé à tout le peuple quelques jours avant sa mort, il commence par le verset que nous avons cité plus haut. Rachi nous explique que ces paroles sont des paroles de réprimande, et que…Lire la suite

‘Houkat

« Et tout ustensile ouvert, sur lequel il n’y a pas de couvercle attaché, est impur. » (Bamidbar 19 ;15)

Rachi : Et tout ustensile ouvert – Le texte parle ici d’un récipient en terre cuite, lequel ne peut pas devenir impur par une cause extérieure, mais seulement intérieure. Si la fermeture de son couvercle n’est pas parfaitement ajustée, il peut devenir impur. Si en revanche il porte un « couvercle attaché », il reste pur (‘Houlin 25a).

Le Rav Sofèr (Ouba’harta ba ‘haïm), explique par allusion que cet ustensile en question fait référence à la bouche de l’homme. Comme le dit Rachi, si « la fermeture de son couvercle n’est pas parfaitement ajustée, il peut devenir impur. » En d’autres termes notre bouche, ne pas peut dire ce qu’elle veut, quand elle le veut, elle doit être mise sous contrôle. Mis à part l’interdit notoire et gravissime du lachone ara dont la Torah nous défend explicitement, nous allons plutôt nous pencher sur la manière de parler et de s’exprimer. Nous devons nous efforcer à parler avec honneur et distinction, et non pas de manière grossière ou familière. LIRE LA SUITE

Ne pas tomber dans le trou

« Car Arnone  est la frontière  de Moav » (Bamidbar 21;13)

Rav Yonathan Eïbeshitz explique le parallèle entre la bataille que livra  Si’hon à Moav et la bataille que l’homme livre contre son Yétser Hara (telle que la Guémara Baba Batra 78b l’enseigne) de la manière suivante : «Ne dis pas, écrit-il, que telle barrière n’est qu’une simple précaution et ne fait pas  une grande différence. Mais, prends exemple de ‘Hechbone, qui était la  ville  frontière de Moav. Si Moav avait veillé sur elle, Si’hone n’aurait jamais pu la vaincre. Comme ce n’était pas une grande cité, il n’utilisa pas tous les moyens militaires possibles pour la garder. Grâce à cela, Si’hon put la conquérir  et à partir de là, la voie était toute tracée pour s’emparer de s’emparer de toute la terre de Moav. »

Cela doit nous enseigner         à veiller scrupuleusement à toutes les barrières pour protéger sa sainteté sans permettre qu’y soit faite la moindre brèche. Car le Yetser Hara guette l’homme précisément dans ses limites sachant que c’est à partir de là qu’il peut provoquer sa chute.

Dans la célèbre ville de Kelm  se trouvait en plein milieu de la place du marché un trou qui causait beaucoup d’accidents. Des gens venaient en toute simplicité à la foire pour y faire des transactions, acheter ou vendre de la marchandise et, absorbés par leurs affaires, ils ne se méfiaient pas de ce trou et y tombaient en se blessant gravement. Certaines personnes (à D. ne plaise) y avaient même perdu la vie. Cela faisait  des générations que  les responsables de la ville et ses ‘sages’ n’étaient pas encore parvenus à  trouver  une solution à cette embûche sur la voie publique (ils ne pouvaient combler cette fosse car ils l’utilisaient).

Lorsque le nombre de victimes  ne  cessa de croître, les sept Touvé Haïr (les gardiens de la ville) en présence d maire décidèrent de réunir une ”cellule d’urgence” à laquelle prendraient part tous les ‘sages’ de la ville. Ils délibéreraient durant trois jours et trois nuits successives afin d’examiner les aspects du problème et parvenir enfin à supprimer ce danger qui planait sur l’ensemble des habitants de la ville depuis toujours. Et en effet, après  un  débat sérieux, ils finirent par  prendre quatre mesures importantes.

Premièrement, étant donné la présence d’eau sale au fond du trou, chaque personne qui tombe se salit à cause de la boue et doit ensuite procéder à un nettoyage long et fastidieux de ses habits. C’est pourquoi il incombe à la mairie de payer des ouvriers qui assècheront toute l’eau et nettoieront le fond  et  les  abords de  la fosse.

Deuxièmement, il sera nécessaire de tapisser le fond du trou avec des couvertures et des coussins afin de préserver celui qui tomberait de s’y briser les os et la tête. Troisièmement, la décision a été prise de              pallier au problème de l’obscurité qui règne au fond du trou              susceptible de terroriser        les personnes qui seraient tombées au point de leur faire perdre la raison. A cette fin, un éclairage y sera installé. Quatrièmement, une échelle sera fixée dans le trou, permettant  aux  victimes d’une chute de pouvoir remonter et en sortir.

La nouvelle fut  ainsi  publiée que grâce à ”l’union de tous les sages”, on avait la joie de faire savoir qu’une solution  avait enfin été  trouvée  afin  d’éradiquer  le danger existant. Et, en effet, durant plusieurs jours d’affilée, des ouvriers travaillèrent sans relâche afin de mettre à exécution les mesures qui avaient été décidées. La ville était au comble de la joie.

Il ne s’écoula pas plus de quelques jours, lorsque la première  victime  tomba  dans la fosse ainsi aménagée. Et oh, merveille, grâce aux coussins, elle ne  se blessa  pas  le moins du monde. Considérant  la lumière qui régnait et la présence de couvertures pour s’allonger, l’homme  ne vit pas la nécessité de se hâter à sortir en empruntant l’échelle. Après deux heures, un deuxième hôte tomba sur la tête du premier et par la force du choc lui brisa presque le crâne. Peu s’en fut qu’il ne lui ôtât la vie. Lui-même se fractura les mains          et les pieds. La consternation régna à nouveau dans la ville !

Encore une fois, une réunion d’urgence fut organisée pour prendre de nouvelles mesures. A ce moment arriva dans la ville un étranger qui, en entendant ce qui  se passait, se mit à blâmer virulemment ses habitants et ses ‘sages’ : «  Est-ce  ainsi, s’écria-t-il, que l’on enlève le danger, en aménageant la fosse ? Construisez plutôt une barrière autour, et préservez-vous ainsi de la chute ! »

Cette parabole nous fait sourire mais en réalité, nous-mêmes ressemblons à ces habitants stupides de Kelm  !  Les  appareils et téléphones portables en tous genres représentent chacun une fosse profonde et une menace  pour  notre  âme et celle de nos enfants (à D. ne plaise).

Que fait             le ”sage             de Kelm” ? Il rembourre et éclaire l’intérieur de la fosse. Ici également, il  demande une ”cacheroute” afin de pouvoir utiliser son appareil. Certes, grâce à ce tampon de conformité, il ne subira pas    de coup. Néanmoins, en l’utilisant sans cesse, il ne se rend pas compte qu’il reste au fond du trou. Et au lieu de remonter et de se  sauver, il l’aménage pour y séjourner.

Ce n’est pas tout : à tout moment, il se trouve également en danger à cause des mauvaises fréquentations. Il  n’est,  en effet, pas  à  l’abri  d’un  ”bon  ami”  qui, lui, n’est  pas  spécialement  scrupuleux  sur la cacheroute des appareils.  Et puisqu’il entretient avec lui une correspondance suivie, il n’est pas exclu qu’il lui ”tombe  dessus”  et  que  chacun  se retrouve estropié (spirituellement) à cause de l’autre.

C’est pourquoi il  faudra,  dans  ce domaine, ancrer la chose  dans  son  cœur et ne pas chercher toutes sortes de ”permissions douteuses”. Mais, au contraire, on se préservera à l’aide de solides barrières en suivant scrupuleusement la voie de nos Rabbanim. Heureux celui qui se conduit de la sorte, dans ce monde et dans le monde futur  !

Rav Elimélekh Biderman

Le masque qui dévoile

Cette semaine en France et les semaines dernières en Erets nous lisons la célèbre paracha des Tsitsit où il est écrit : « parle aux enfants d’Israël et dis leur : ils feront des Tsitsit pour eux mêmes…un cordon d’azur…et vous le regarderez et vous vous rappellerez…et vous ne vous égarerez pas… »

Rav Dessler Zatsal explique que le Tsitsit est un instrument de mémoire, et voici ce qu’il écrit à ce sujet dans son célébre Mikhtav Mi-Eliyahou :

« Comment faut-il procéder pour, dans les profondeurs de son coeur, mettre en œuvre le souvenir ? Comment se rappeler les valeurs oubliées ? Nous l’apprenons dans le paragraphe sur les Tsitsit, puisque la Mitsva les concernant nous a été donnée dans le but explicite de nous amener à nous souvenir, comme il est dit : «Afin que vous vous souveniez de toutes les Mitsvot…»

La Mitsva des TSITSIT est présentée d’une manière quelque peu insolite : PARLE AUX ENFANTS D’ISRAËL. Le mot daber («parle») est souvent employé pour souligner la dureté du langage. Parler durement [à une personne mûre] permet de la choquer et d’ouvrir ses oreilles [spirituelles]. Puis : ET DIS-LEUR. Le mot émor («dire») comporte une connotation plus tendre ; l’amour et la tendresse transmettent le message au cœur. La présentation du sujet doit donc être placée à la fois sous le signe de la crainte et celui de l’amour.

Le mot TSITSIT signifie «un regard concentré» (voir Rachi). ILS FERONT DES TSITSIT POUR EUX-MEMES. L’objet du regard concentré doit être soigneusement préparé. Il faut donc absolument qu’il soit dirigé vers nous-mêmes.

AUX COINS DE LEURS VETEMENTS. Un endroit toujours facilement accessible à l’examen.

 ILS AJOUTERONT […] UN CORDON D’AZUR. Pour réaliser cette influence considérable, il fallait une association supplémentaire : «La laine bleu azur ressemble à la mer, la mer ressemble au ciel et le ciel au Trône céleste.» Ce rapprochement est destiné à nous faire prendre conscience du fait que les Mitsvot viennent de Dieu et qu’elles ont pour but la sanctification de son Nom et la proclamation qu’il est notre Roi (tel est le sens des mots : «Trône céleste»). Lorsque quelqu’un reconnaît la véritable valeur des commandements divins, il est prêt pour la notion de TSITSIT, pour le regard intense et profond qui éloigne l’oubli de son cœur.

Mais tout cela n’est pas suffisant. Il faut encore autre chose : CELA SERA POUR VOUS DES TSITSIT. Il vous faut vous préparer. Vous devez sentir que par le biais de ce signe vous allez entrer dans une concentration profonde, grâce à laquelle : ET VOUS LE REGARDEREZ : il s’agit de Hachem ; non pas, bien évidemment, de son essence — aucune créature ne peut la sonder — mais de sa providence, y compris tout ce qui existe dans le monde et tout ce qu’il y advient. Voir Hachem, c’est voir qu’il n’est rien d’autre dans le monde que son ‘héssed, c’est également constater de la manière la plus claire qui soit, avec les yeux que nous prêt  avoir perçu cette vision d’une totale clarté, que la Torah désigne sous l’expression «et vous le regarderez», que l’on peut accéder avec une sincérité totale au niveau appelé : ET VOUS VOUS RAPPELLEREZ… C’est de cette manière seulement que le vrai souvenir est possible.

A défaut de tous ces préliminaires, notre «souvenir» n’est pas digne d’être appelé ainsi, parce qu’il est alors fondé sur l’illusion et la fausseté. Il n’est certes pas facile de se rappeler du plus profond de son cœur, comme nous y invite la Torah lorsqu’elle dit : [ET VOUS VOUS RAPPELLEREZ] TOUS LES COMMANDEMENTS DE HACHEM. Seul celui dont le cœur  est concentré en permanence sur Hachem exclusivement peut se rappeler tous ses commandements, et alors : ET VOUS LES EXÉCUTEREZ. Là où il n’y a pas de véritable souvenir, il n’y aura pas d’action. De là on s’élèvera à l’étape suivante : ET VOUS NE VOUS ÉGAREREZ PAS… » (fin des paroles du Rav Dessler)

De nos jours, n’ont n’avons pas encore le mérite de porter ce fil azur influent, mais les éventements actuels nous offrent un nouvel instrument de mémoire : ce masque que le monde entier porte pour se protéger du virus.. Ces masques qui cachent notre visage nous dévoilent la présence divine.

De plus, majoritairement bleu azur, ils ressemblent, si l’on peut s’exprimer ainsi, en quelques points au commandement du Tsitsit. Il se place à un endroit toujours visible à l’image du Tsitsit qui se porte aux coins du vêtement. Sa couleur bleu azur, qui à lui aussi peut s’appliquer l’enseignement de la guémara «La laine bleu azur ressemble à la mer, la mer ressemble au ciel et le ciel au Trône céleste.»

En le voyant on ne peut que se rappeler que tout ce chamboulement mondial n’est que Sa volonté, et en ayant cela en tête on réalisera « et vous ne vous égarerez pas… »