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Ki Tavo

« Maudit soit quiconque n’accomplira pas (YAKIM) les paroles de cette Torah-ci pour les faire… » Devarim 27;26

Les commentateurs expliquent de différentes manières le terme Yakim/accomplir, et la signification de ce verset, qui clôt les malédictions. Une des nombreuses réponses données par nos Sages, est de traduire « Yakim » par lever.

Le Yerouchalmi (Sota 7;4 -Korban Ha Eda), explique qu’il ne s’agit pas d’une Mitsva d’ordre général, mais elle fait référence à celui qui ne lève pas «YAKIM» le Sefer Torah comme il faut. Mistva plus connue sous le nom de la Hagbaa (action de lever et de présenter la Torah à l’assemblée).

Les paroles du Yerouchalmi ont de quoi nous surprendre, surtout que d’après nos connaissances, la Hagbaa n’est pas une Mitsva de la Torah. Qui y a-t-il de si grave de « mal » faire la Hagbaa ?! Lire la suite

Ralentissons!

Cela faisait déjà longtemps que les responsables de la circulation routière avaient installé des caméras destinées à mesurer la vitesse des voitures sur la route, ce qui permettait de donner des contraventions à tout insouciant de sa vitesse.

Depuis peu, dans plusieurs villes du monde (comme à Anvers et autres), un nouveau système a été mis en place : une caméra est placée au début d’une grande route et une autre à la fin de la même route.

Chaque voiture qui l’emprunte ‘mérite’ ainsi d’être filmée aux deux extrémités de la route. Dès lors, s’il faut, par exemple, dix minutes pour parcourir cette distance à la vitesse autorisée et qu’un conducteur la franchit en quatre minutes, cela prouve indubitablement qu’il a dépassé cette vitesse et qu’il mérite une sanction.

Que fit un conducteur perspicace qui avait réussi à parcourir cette distance en deux minutes lorsqu’il arriva presque au bout et que la caméra attendait quelques kilomètres plus loin afin de prononcer son sort ? Il se mit brusquement à ralentir et à rouler au pas jusqu’à ce que s’écoule le temps qu’il fallait pour parcourir la distance restante en conformité avec la vitesse autorisée.

Il ne reste qu’une seule chose à faire à celui qui, toute l’année, se serait comporté comme un insensé en négligeant la Torah et les Mitsvot : s’arrêter tant qu’il est encore temps et changer sa conduite, s’il veut être épargné. En effet, une ‘caméra’ l’attend au bout du chemin. Dans quelques jours, toutes les créatures devront se présenter devant le Créateur, qui scrutera leurs actions, leurs machinations…

UNE BELLE SILHOUETTE POUR LES FÊTES

On pourrait croire que la Téchouva est utile et nécessaire uniquement pour celui qui ne fait aucune Mitsva et qui est très loin de la Torah. Mais pour celui qui respecte le Chabat, mange cachère, prie à la synagogue et étudie la Torah… tout va bien, grâce à D.ieu ! La Téchouva, c’est pour les autres… Il faut savoir que les plus grands Rabanim tels Baba Salé et le ‘Hafets ‘Haïm tremblaient à l’approche du mois d’Elloul. Pourtant, qu’ont-ils à se reprocher, ces Tsadikim ?
Chacun d’entre nous doit demander la miséricorde, car comme l’a dit le plus sage de tous les hommes dans Kohélet (7;20) : « Il n’est pas d’homme juste sur terre qui fasse le bien sans jamais faillir.». Mais surtout, parce que les Tsadikim étudient la Torah et sont plus proches de D.ieu, ils connaissent l’impact et la gravité de la faute. En effet, plus on progresse dans la Torah et la Avodat Hachem, plus on est sensible à la transgression ; sa vue nous bouleverse, sa présence nous dérange. Par contre, celui qui stagne ne sent pas qu’il a besoin d’avancer : il est à l’aise à sa place et ne se pose plus de questions puisqu’il ne faute pas.


Cela me rappelle une histoire. Un jour d’été, sous la lourde chaleur de Bneï Brak, je monte la rue Rabbi Akiva lorsqu’ arrive un camion de poubelles dégageant une odeur épouvantable. En effet, la température élevée en été décuple les odeurs nauséabondes des ordures au point qu’il est très difficile de rester à proximité. Derrière le camion, je vois l’éboueur suspendu à la barre verticale, une glace à la main. Il semble très heureux de la lécher pendant que le camion roule. Incroyable ! Comment peut-on manger lorsque le camion empeste et qu’il est à peine possible de respirer ? La réponse est simple : l’éboueur vit toute la journée près du camion, c’est son quotidien. La mauvaise odeur ne le dérange pas, mais pour nous qui sommes plus raffinés, cette odeur est insupportable.
De même, lorsqu’une personne pense que tout va bien et qu’elle n’a rien à se reprocher, elle ressemble à cet éboueur qui savoure sa glace accroché au camion de poubelles. Tout va bien, pense-t-elle, tout roule. Comme il est enseigné dans la Guémara (Kidouchine 40a), « lorsqu’un homme commet une transgression et la reproduit, elle lui semble permise », c’est-à-dire qu’il ne sent plus la faute. Pour ne pas tomber dans cette situation, nous devons sans cesse chercher à nous améliorer et à peaufiner notre Avodat Hachem pour devenir sensible et avancer dans le bon chemin.
Rappelons que le pire des quatre fils de la Hagada de Pessa’h n’est pas le fils méchant, comme nous avons tendance à le penser, mais celui qui ne sait pas poser de questions. En effet, il ne pose pas de question car pour lui, tout va bien, et c’est de là que vient le danger.
Les prétextes qui nous freinent…
Très souvent, chacun au niveau où il se trouve, invente comme prétexte que l’étude de la Torah et son application sont trop difficiles, lourdes à porter. Couramment, on définit la Torah comme un joug, un mode de vie difficile et insurmontable : ne mange pas ceci, fais cela, ne va pas là-bas, tiens-toi comme cela… Mais il faut savoir que de toute façon, dans la vie, chacun devra choisir un joug. Certains choisiront celui de la mode, d’autres de l’automobile, de la diététique et du bio, ou encore des voyages. Certaines personnes plus exigeantes en choisiront plusieurs, voire tous.
En effet, ces modes de vie demandent aussi un grand engagement physique et financier. De plus, l’opinion des autres est impitoyable car il faut constamment se montrer à la page…
Prenons l’exemple de la cacheroute.
On peut parfois penser qu’il est très difficile de manger strictement cachère, de faire attention aux moindres détails tels que la vérification des insectes, les prélèvements de la dîme en Israël, le mélange de lait et de viande. Certes, on ne peut pas tout manger, là où on veut et quand on veut.
Par contre, tout le monde sait qu’une personne au régime réfléchit avant la consommation de chaque aliment. Elle compte chaque calorie, se montre capable d’attendre six heures entre deux repas, s’abstient de manger les plats les plus exquis offerts à une grande réception et se pèse trois fois par jour. Elle craint, ‘hass véchalom, de prendre un gramme de trop. Elle fait preuve d’une volonté extraordinaire pour surmonter ses instincts et ses envies dans le but de réduire son poids et d’amincir sa silhouette.
Si un homme est capable de cela, il pourra le faire aussi pour la Torah. Il lui suffit juste d’orienter sa volonté dans la bonne direction. Aussi, n’hésitons pas en ce mois d’Elloul à changer de direction et à réduire le poids des fautes de notre néchama. Réfléchissons à chaque action qui se présente à nous, pesons et mesurons les avérot, montrons-nous capables de nous abstenir des plaisirs nuisibles. Pesons-nous intérieurement pour vérifier si nous n’avons pas pris un gramme d’impureté aujourd’hui. De cette façon, notre néchama aura acquis la plus belle des silhouettes avant Roch Hachana.

Chacun son rôle!

Une compagnie de transport avait assigné un de ses chauffeurs à la ligne de bus assurant le trajet entre Bné Brak et le mochav de Tifra’h dans le sud d’Eretz Israël. Chaque jour, de retour à Bné Brak, il devait remettre à son employeur la recette de la journée correspondant au peu de voyageurs qui empruntaient quotidiennement cette ligne.

Une fois, il aperçut son collègue remplissant la même fonction entre Bné Brak et Jérusalem, qui rapportait chaque jour une bourse d’argent bien pleine, du fait du nombre beaucoup plus important de personnes qui voyageaient sur cette ligne. Il se mit à le jalouser, au point que dès le lendemain il décida de son propre chef de se mettre en route pour Jérusalem au lieu de son itinéraire habituel de Tifra’h. Et, une fois n’est pas coutume, il remplit son bus de voyageurs. Lorsqu’il vint remettre l’argent accumulé tout au long de la journée, son patron s’étonna, et lui demanda si le mariage d’un des Admorim ou d’un Roch Yéchiva avait eu lieu à Tifra’h, pour justifier une recette aussi importante. « Je voulais te faire plaisir, lui répondit le chauffeur, c’est pourquoi j’ai eu l’idée de voyager moi aussi à Jérusalem afin de rapporter une bourse bien remplie.

Ne comprends-tu pas que nous avons assez de chauffeurs assurant la ligne de Jérusalem ? lui répondit-il d’un ton courroucé. S’il y avait eu besoin d’un bus supplémentaire, je l’aurais moi-même envoyé. Mais pour mener à bien notre travail et satisfaire l’ensemble de nos clients, nous sommes tenus de mettre également à leur disposition un bus se rendant à Tifra’h pour leur permettre de rentrer chez eux. Et c’est le rôle qui t’a été assigné.

Pourquoi es-tu allé chercher une tâche qui ne t’a pas été demandée ?

Ceux qui pensent qu’Hachem attend d’eux qu’ils multiplient les actes au-delà de leurs capacités et ne comprennent pas qu’Il désire avant tout qu’ils remplissent la mission pour laquelle ils ont été envoyés dans ce monde, ressemblent en tout point à ce chauffeur insensé. Car le Très-Haut ne retire aucune satisfaction de quelqu’un qui cherche à atteindre des niveaux qui ne correspondent en rien au rôle qui est le sien ici-bas.

Devarim – Chabat ‘Hazon

« Ce sont là les paroles que Moché adressa à tout Israël de l’autre côté du Jourdain (Yarden), dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Paran et Tofel, Labân, Hacéroth et Di-Zahav. » (Dévarim 1 ; 1)

Avec l’aide de Hachem, nous allons ouvrir le dernier livre du ‘Houmach, le Séfer Dévarim. Ce Livre est un long discours de Moché Rabénou, adressé à tout le peuple quelques jours avant sa mort, il commence par le verset que nous avons cité plus haut. Rachi nous explique que ces paroles sont des paroles de réprimande, et que…Lire la suite

‘Houkat

« Et tout ustensile ouvert, sur lequel il n’y a pas de couvercle attaché, est impur. » (Bamidbar 19 ;15)

Rachi : Et tout ustensile ouvert – Le texte parle ici d’un récipient en terre cuite, lequel ne peut pas devenir impur par une cause extérieure, mais seulement intérieure. Si la fermeture de son couvercle n’est pas parfaitement ajustée, il peut devenir impur. Si en revanche il porte un « couvercle attaché », il reste pur (‘Houlin 25a).

Le Rav Sofèr (Ouba’harta ba ‘haïm), explique par allusion que cet ustensile en question fait référence à la bouche de l’homme. Comme le dit Rachi, si « la fermeture de son couvercle n’est pas parfaitement ajustée, il peut devenir impur. » En d’autres termes notre bouche, ne pas peut dire ce qu’elle veut, quand elle le veut, elle doit être mise sous contrôle. Mis à part l’interdit notoire et gravissime du lachone ara dont la Torah nous défend explicitement, nous allons plutôt nous pencher sur la manière de parler et de s’exprimer. Nous devons nous efforcer à parler avec honneur et distinction, et non pas de manière grossière ou familière. LIRE LA SUITE

Ne pas tomber dans le trou

« Car Arnone  est la frontière  de Moav » (Bamidbar 21;13)

Rav Yonathan Eïbeshitz explique le parallèle entre la bataille que livra  Si’hon à Moav et la bataille que l’homme livre contre son Yétser Hara (telle que la Guémara Baba Batra 78b l’enseigne) de la manière suivante : «Ne dis pas, écrit-il, que telle barrière n’est qu’une simple précaution et ne fait pas  une grande différence. Mais, prends exemple de ‘Hechbone, qui était la  ville  frontière de Moav. Si Moav avait veillé sur elle, Si’hone n’aurait jamais pu la vaincre. Comme ce n’était pas une grande cité, il n’utilisa pas tous les moyens militaires possibles pour la garder. Grâce à cela, Si’hon put la conquérir  et à partir de là, la voie était toute tracée pour s’emparer de s’emparer de toute la terre de Moav. »

Cela doit nous enseigner         à veiller scrupuleusement à toutes les barrières pour protéger sa sainteté sans permettre qu’y soit faite la moindre brèche. Car le Yetser Hara guette l’homme précisément dans ses limites sachant que c’est à partir de là qu’il peut provoquer sa chute.

Dans la célèbre ville de Kelm  se trouvait en plein milieu de la place du marché un trou qui causait beaucoup d’accidents. Des gens venaient en toute simplicité à la foire pour y faire des transactions, acheter ou vendre de la marchandise et, absorbés par leurs affaires, ils ne se méfiaient pas de ce trou et y tombaient en se blessant gravement. Certaines personnes (à D. ne plaise) y avaient même perdu la vie. Cela faisait  des générations que  les responsables de la ville et ses ‘sages’ n’étaient pas encore parvenus à  trouver  une solution à cette embûche sur la voie publique (ils ne pouvaient combler cette fosse car ils l’utilisaient).

Lorsque le nombre de victimes  ne  cessa de croître, les sept Touvé Haïr (les gardiens de la ville) en présence d maire décidèrent de réunir une ”cellule d’urgence” à laquelle prendraient part tous les ‘sages’ de la ville. Ils délibéreraient durant trois jours et trois nuits successives afin d’examiner les aspects du problème et parvenir enfin à supprimer ce danger qui planait sur l’ensemble des habitants de la ville depuis toujours. Et en effet, après  un  débat sérieux, ils finirent par  prendre quatre mesures importantes.

Premièrement, étant donné la présence d’eau sale au fond du trou, chaque personne qui tombe se salit à cause de la boue et doit ensuite procéder à un nettoyage long et fastidieux de ses habits. C’est pourquoi il incombe à la mairie de payer des ouvriers qui assècheront toute l’eau et nettoieront le fond  et  les  abords de  la fosse.

Deuxièmement, il sera nécessaire de tapisser le fond du trou avec des couvertures et des coussins afin de préserver celui qui tomberait de s’y briser les os et la tête. Troisièmement, la décision a été prise de              pallier au problème de l’obscurité qui règne au fond du trou              susceptible de terroriser        les personnes qui seraient tombées au point de leur faire perdre la raison. A cette fin, un éclairage y sera installé. Quatrièmement, une échelle sera fixée dans le trou, permettant  aux  victimes d’une chute de pouvoir remonter et en sortir.

La nouvelle fut  ainsi  publiée que grâce à ”l’union de tous les sages”, on avait la joie de faire savoir qu’une solution  avait enfin été  trouvée  afin  d’éradiquer  le danger existant. Et, en effet, durant plusieurs jours d’affilée, des ouvriers travaillèrent sans relâche afin de mettre à exécution les mesures qui avaient été décidées. La ville était au comble de la joie.

Il ne s’écoula pas plus de quelques jours, lorsque la première  victime  tomba  dans la fosse ainsi aménagée. Et oh, merveille, grâce aux coussins, elle ne  se blessa  pas  le moins du monde. Considérant  la lumière qui régnait et la présence de couvertures pour s’allonger, l’homme  ne vit pas la nécessité de se hâter à sortir en empruntant l’échelle. Après deux heures, un deuxième hôte tomba sur la tête du premier et par la force du choc lui brisa presque le crâne. Peu s’en fut qu’il ne lui ôtât la vie. Lui-même se fractura les mains          et les pieds. La consternation régna à nouveau dans la ville !

Encore une fois, une réunion d’urgence fut organisée pour prendre de nouvelles mesures. A ce moment arriva dans la ville un étranger qui, en entendant ce qui  se passait, se mit à blâmer virulemment ses habitants et ses ‘sages’ : «  Est-ce  ainsi, s’écria-t-il, que l’on enlève le danger, en aménageant la fosse ? Construisez plutôt une barrière autour, et préservez-vous ainsi de la chute ! »

Cette parabole nous fait sourire mais en réalité, nous-mêmes ressemblons à ces habitants stupides de Kelm  !  Les  appareils et téléphones portables en tous genres représentent chacun une fosse profonde et une menace  pour  notre  âme et celle de nos enfants (à D. ne plaise).

Que fait             le ”sage             de Kelm” ? Il rembourre et éclaire l’intérieur de la fosse. Ici également, il  demande une ”cacheroute” afin de pouvoir utiliser son appareil. Certes, grâce à ce tampon de conformité, il ne subira pas    de coup. Néanmoins, en l’utilisant sans cesse, il ne se rend pas compte qu’il reste au fond du trou. Et au lieu de remonter et de se  sauver, il l’aménage pour y séjourner.

Ce n’est pas tout : à tout moment, il se trouve également en danger à cause des mauvaises fréquentations. Il  n’est,  en effet, pas  à  l’abri  d’un  ”bon  ami”  qui, lui, n’est  pas  spécialement  scrupuleux  sur la cacheroute des appareils.  Et puisqu’il entretient avec lui une correspondance suivie, il n’est pas exclu qu’il lui ”tombe  dessus”  et  que  chacun  se retrouve estropié (spirituellement) à cause de l’autre.

C’est pourquoi il  faudra,  dans  ce domaine, ancrer la chose  dans  son  cœur et ne pas chercher toutes sortes de ”permissions douteuses”. Mais, au contraire, on se préservera à l’aide de solides barrières en suivant scrupuleusement la voie de nos Rabbanim. Heureux celui qui se conduit de la sorte, dans ce monde et dans le monde futur  !

Rav Elimélekh Biderman

Le masque qui dévoile

Cette semaine en France et les semaines dernières en Erets nous lisons la célèbre paracha des Tsitsit où il est écrit : « parle aux enfants d’Israël et dis leur : ils feront des Tsitsit pour eux mêmes…un cordon d’azur…et vous le regarderez et vous vous rappellerez…et vous ne vous égarerez pas… »

Rav Dessler Zatsal explique que le Tsitsit est un instrument de mémoire, et voici ce qu’il écrit à ce sujet dans son célébre Mikhtav Mi-Eliyahou :

« Comment faut-il procéder pour, dans les profondeurs de son coeur, mettre en œuvre le souvenir ? Comment se rappeler les valeurs oubliées ? Nous l’apprenons dans le paragraphe sur les Tsitsit, puisque la Mitsva les concernant nous a été donnée dans le but explicite de nous amener à nous souvenir, comme il est dit : «Afin que vous vous souveniez de toutes les Mitsvot…»

La Mitsva des TSITSIT est présentée d’une manière quelque peu insolite : PARLE AUX ENFANTS D’ISRAËL. Le mot daber («parle») est souvent employé pour souligner la dureté du langage. Parler durement [à une personne mûre] permet de la choquer et d’ouvrir ses oreilles [spirituelles]. Puis : ET DIS-LEUR. Le mot émor («dire») comporte une connotation plus tendre ; l’amour et la tendresse transmettent le message au cœur. La présentation du sujet doit donc être placée à la fois sous le signe de la crainte et celui de l’amour.

Le mot TSITSIT signifie «un regard concentré» (voir Rachi). ILS FERONT DES TSITSIT POUR EUX-MEMES. L’objet du regard concentré doit être soigneusement préparé. Il faut donc absolument qu’il soit dirigé vers nous-mêmes.

AUX COINS DE LEURS VETEMENTS. Un endroit toujours facilement accessible à l’examen.

 ILS AJOUTERONT […] UN CORDON D’AZUR. Pour réaliser cette influence considérable, il fallait une association supplémentaire : «La laine bleu azur ressemble à la mer, la mer ressemble au ciel et le ciel au Trône céleste.» Ce rapprochement est destiné à nous faire prendre conscience du fait que les Mitsvot viennent de Dieu et qu’elles ont pour but la sanctification de son Nom et la proclamation qu’il est notre Roi (tel est le sens des mots : «Trône céleste»). Lorsque quelqu’un reconnaît la véritable valeur des commandements divins, il est prêt pour la notion de TSITSIT, pour le regard intense et profond qui éloigne l’oubli de son cœur.

Mais tout cela n’est pas suffisant. Il faut encore autre chose : CELA SERA POUR VOUS DES TSITSIT. Il vous faut vous préparer. Vous devez sentir que par le biais de ce signe vous allez entrer dans une concentration profonde, grâce à laquelle : ET VOUS LE REGARDEREZ : il s’agit de Hachem ; non pas, bien évidemment, de son essence — aucune créature ne peut la sonder — mais de sa providence, y compris tout ce qui existe dans le monde et tout ce qu’il y advient. Voir Hachem, c’est voir qu’il n’est rien d’autre dans le monde que son ‘héssed, c’est également constater de la manière la plus claire qui soit, avec les yeux que nous prêt  avoir perçu cette vision d’une totale clarté, que la Torah désigne sous l’expression «et vous le regarderez», que l’on peut accéder avec une sincérité totale au niveau appelé : ET VOUS VOUS RAPPELLEREZ… C’est de cette manière seulement que le vrai souvenir est possible.

A défaut de tous ces préliminaires, notre «souvenir» n’est pas digne d’être appelé ainsi, parce qu’il est alors fondé sur l’illusion et la fausseté. Il n’est certes pas facile de se rappeler du plus profond de son cœur, comme nous y invite la Torah lorsqu’elle dit : [ET VOUS VOUS RAPPELLEREZ] TOUS LES COMMANDEMENTS DE HACHEM. Seul celui dont le cœur  est concentré en permanence sur Hachem exclusivement peut se rappeler tous ses commandements, et alors : ET VOUS LES EXÉCUTEREZ. Là où il n’y a pas de véritable souvenir, il n’y aura pas d’action. De là on s’élèvera à l’étape suivante : ET VOUS NE VOUS ÉGAREREZ PAS… » (fin des paroles du Rav Dessler)

De nos jours, n’ont n’avons pas encore le mérite de porter ce fil azur influent, mais les éventements actuels nous offrent un nouvel instrument de mémoire : ce masque que le monde entier porte pour se protéger du virus.. Ces masques qui cachent notre visage nous dévoilent la présence divine.

De plus, majoritairement bleu azur, ils ressemblent, si l’on peut s’exprimer ainsi, en quelques points au commandement du Tsitsit. Il se place à un endroit toujours visible à l’image du Tsitsit qui se porte aux coins du vêtement. Sa couleur bleu azur, qui à lui aussi peut s’appliquer l’enseignement de la guémara «La laine bleu azur ressemble à la mer, la mer ressemble au ciel et le ciel au Trône céleste.»

En le voyant on ne peut que se rappeler que tout ce chamboulement mondial n’est que Sa volonté, et en ayant cela en tête on réalisera « et vous ne vous égarerez pas… »

Chéla’h Lékha

Les Bneï Israël sont au seuil de la Terre promise, et c’est alors que se produit un épisode lourd en conséquences. Douze illustres personnalités du peuple, une désignée par tribu, sont chargées de mener une mission d’exploration du Pays. Mais à leur retour, ces explorateurs fournissent un rapport catastrophique, démoralisant le peuple qui se mit à douter sur la possibilité de prendre possession de la Terre qu’Hachem avait promise à Avraham en héritage. A cause de cela, toute cette génération sera condamnée à périr dans le désert et l’entrée en Terre Sainte sera décalée de quarante ans. Pourquoi l’expédition des explorateurs en Terre Sainte a-t-elle échoué et entraîné de graves conséquences? LIRE LA SUITE

Attestation de bonheur

Ces derniers jours nos enfants ont pu, Baroukh Hachem, retrouver le chemin de l’école, mais pour cela chaque parent doit signer une attestation que son enfant et sa famille sont en bonne santé.

Une fiche qu’on est tenu de remplir chaque matin, nom, prénom, téléphone, numéro de carte d’identité….suivi d’une série de questions ! Votre enfant a-t-il de la fièvre, est-il malade, est-ce que tout le monde se porte bien à la maison, des membres de la famille sont-ils confinés…

Et tous les matins, le même rituel, remplir une fiche par enfant, tous les matins la même fiche et les mêmes questions, épuisant ! Mais c’est le passe pour rentrer en classe. En attendant, on réfléchit pour les remplir plus vite, éviter cette « corvée » en faisant des photocopies….

Lorsque j’ai entendu la réflexion du Rav Israël Klein chlita, qui a une tout autre vision de l’événement.

Une corvée ? Dit-il, ‘hass véchalom !! Dans chaque événement qu’il nous arrive, nous devons toujours comprendre et chercher ce qu’Hachem attend de nous.

En remplissant cette attestation chaque matin, je ne fais que remercier Le Maître du monde, dit-il. En effet, j’atteste que mon fils Chlomo Klein de 8 ans est en bonne santé et qu’il n’a pas de fièvre. Mais aussi que tous ses frères, sœurs et parents sont eux aussi en bonne santé. Que tous ceux qui vivent avec lui n’ont pas besoin d’être en confinement. Bref, ce n’est pas une corvée, mais une attestation de bonheur.

Je ne dis pas que merci à Hachem, mais je le lui signe et le lui atteste par écrit chaque matin, multiplié par le nombre d’enfants, 2,3,4… Cette attestation est une prise de conscience que ce n’est pas si normal et évident que tout aille bien !

Magnifique ! Après avoir entendu cette merveilleuse réflexion du Rav Klein, j’en ai fait part à mes enfants, et aujourd’hui tous les matins, c’est dans la joie et l’allégresse que nous remplissons ces « attestions de bonheur », en rajoutant à côté de la signature des parents la mention « Baroukh Hachem », « ‘Hasdeï Hachem, ou encore « Ichtab’ah Chémo » !!

Hachem se dévoile, ne nous cachons pour lui dire Merci !