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Sommes-nous proches de l’animal?

Notre paracha de la semaine nous fera sauter 10 générations depuis Noa’h jusqu’à Avraham Avinou. Cet homme exceptionnel sera le premier à reconnaître et à servir le D’ Unique de toute chair. En effet, les générations d’après le déluge n’avaient pas atteint leur but et trébuchèrent dans le culte idolâtre. Les idoles se répandirent dans toutes les populations du globe comme le Iphone se répand dans nos contrées… Tout le monde le savait, le monde avait été créé par une Force surnaturelle. Seulement il est nettement plus facile de servir le soleil ou pour d’autres la lune (et de nos jours, le dieu argent) plus tôt que le D’ unique Qui demande un minimum d’éthique et de morale. Seulement avec le temps, et la facilité…  Ce n’est qu’Avram qui reconnaîtra l’inutilité de tous ces cultes et de toutes ces fausses valeurs… D’après un Midrach, Avram comprit très jeune, d’après un autre Midrach, il était alors adulte (c’est peut-être aussi un enseignement pour les générations futures à savoir qu’il n’existe pas d’âge pour faire Techouva et se rapprocher de la Tora et des Mitsvoth…). Finalement Abraham servit Hachem et tourna le dos à toutes les idoles de son pays et de sa maison paternelle. Son parcours ressemblerait de nos jours à celui d’un homme qui décide de jeter dans une fournaise (ardente) son Iphone avec son application Facebook… Seulement il ne se contentera pas d’une réflexion théologique poussée, mais qui reste du domaine intellectuel, il développera sa foi auprès de toute la population locale et fera des prosélytes qui suivront son chemin béni. Et lorsque Hachem dira à Avram de partir de Haran (dans les environs des Émirats…) en direction d’une terre inconnue (Israël), Avram prendra avec lui tous ses élèves. Le verset dit : « Et Avram partit et prit toutes les âmes qu’il avait fait à Haran, etc. ». Rachi explique que ce sont tous les convertis ; comme la Guemara l’enseigne : Avram convertissait les hommes et Sara, les femmes. » (Lorsque l’on parle conversion à cette époque reculée, il ne s’agissait pas véritablement de celle que l’on pratique de nos jours, car la Tora n’avait pas encore été donnée au Clall Israël –ce ne sera que près de 400 années après. Mais c’était un apprentissage à la foi en D’). Seulement de ce passage nous apprenons que la conversion c’est faire des nouveaux hommes. Comme la Guemara Yevamoth l’enseigne : un converti a le même statut (au niveau de la loi) qu’un nouveau-né.

Cet enseignement est à rapprocher avec un autre passage du Talmud (Sanhédrin 99b)qui enseigne : « Tout celui qui apprend la Tora au fils de son ami c’est comme s’il l’avait fait naître ! » Quel est le sens de ces paroles ? Le Maharcha explique d’après un verset que fondamentalement l’homme et l’animal sont proches. En effet, le quadrupède mange, boit et jouit de son pâturage tandis que l’homme cherche aussi à jouir de la vie. Et bien des fois, l’homme est beaucoup plus cruel (que les animaux) car on n’a jamais vu un éléphant exterminer d’autres éléphants (sa  race) tandis que l’histoire humaine est remplie de guerres et d’exterminations de toutes sortes… Donc la vraie différence (entre l’homme et l’animal), c’est sa capacité à se rapprocher et servir son Créateur au travers de la prière, des Mitsvoth et de l’étude de la Tora. Donc lorsqu’un homme enseignera à son prochain la Tora, il le fera devenir un être spirituel. Grâce à cela, il acquerra une connaissance qui l’élèvera au dessus du monde des bipèdes/quadrupèdes et l’amènera à la découverte d’un autre monde vrai et profond afin de se rapprocher de Son Créateur. Il s’agit donc bien d’une naissance… Mazel Tov ! (N’est-ce pas mes chers lecteurs ?).

On finira par une courte anecdote. Il s’agit du Maguid de la ville de Douvno (cela remonte à près de deux siècles en arrière). Une fois dans la rue il vit un spectacle étrange, celui d’un vieil aveugle qui était guidé par un enfant alors que tous les deux étaient habillés en haillons… Le rav s’adressa au vieillard qui ne répondait pas tandis que l’enfant chétif expliqua qu’il s’agissait de son père aveugle, que pour manger ils étaient obligés d’aller de synagogues en synagogues afin de demander la Tsedaka. Le rav prit en pitié de ces indigents et leur ouvrit grandement sa maison. Là-bas ils restèrent quelques jours mais rapidement le père rendit son âme à son Créateur ! Par la suite, le Maguid de Douvno déclara au jeune orphelin qu’il se faisait une question d’honneur de l’éduquer comme son propre fils. Le Maguid investit son temps et son énergie afin d’éduquer du mieux possible ce jeune orphelin ; il l’enverra au Talmud Tora de sa ville et le nourrira toutes ces années. Il s’est trouvé que ce jeune était un véritable surdoué : tout ce qu’il apprenait, il le retenait ! Avec le temps et sa grande assiduité, il deviendra le Gaon (Prince) de la Tora rabbi Chelomo Kluger Zatsal qui écrira de nombreuses responsas et livres sur toute la Tora. Lorsque –des années plus tard- le Maguid de Douvno disparaîtra, il arrivera en rêve (certainement à un de ses élèves) et dit : « Quand je suis arrivé devant le BETH DIN du Ciel, on m’a montré 50 livres que j’avais écrit au cours de ma vie… Je me suis étonné et j’ai dit : ‘De ma vie je n’ai jamais écrit ces livres…Ce ne sont pas les miens…’ On me répondit : » Effectivement, ce sont les livres du rav Kluger. Mais puisque tu l’as fait grandir chez toi, grâce à tes actions tu as une part dans toute cette Tora c’est pourquoi toute sa grandeur en Tora est mis à ton compte dans le Ciel comme si toi même tu les avais écrits ! »…

Pourquoi tu t’angoisses ?!

Cette semaine j’innoverai un peu… En effet, on vient de passer de magnifiques fêtes de Souccoth. Et cette année le peuple (tout du moins en Erets) a eu même la chance d’être confiné dans la Soucca ! Donc après avoir passé près de 7 jours 24h/24h dans la cabane sainte, on a pu emmagasiner une bonne dose de confiance en D’ et de joie dans le service divin qui nous accompagneront le long de toute l’année… Durant ces jours j’ai lu une anecdote intéressante (rapportée par le rav Nethanel Schwartz chilta) qui nous donnera un bon conseil –je l’espère- pour tous ceux qui ont  certaines difficultés à sortir de la morosité ambiante (à cause de Corona et autres…). Il s’agit d’un homme très débordé qui est venu rendre visite à un grand rav de Jérusalem et d’Israël : le rav Chelomo Zalman Auerbach zatsal (décédé il y a près de 20 ans). Notre homme avait de grosses responsabilités qui lui pesaient beaucoup et il était venu voir le rav Auerbach pour prendre conseil. Le rav lui demanda depuis combien de temps avait-il prit sur lui ces responsabilités communautaires? Il répondit depuis 25 années ! Le rav demanda : « Est-ce qu’il y a eu des périodes difficiles ? » Il répondit, c’est fréquent ! Est-ce qu’Hachem ne t’as pas envoyé
Son aide ? Toujours, mais l’angoisse me revient fréquemment en fin de mois… Le rav : « Tu vois que c’est D’ Qui organise tes affaires… alors pourquoi tu t’angoisses ? Tu n’es pas seul au monde à être responsable d’autres personnes sur terre ! Il y a le patron de son entreprise, mais aussi chaque père de famille qui se doit de marier ses enfants… Tu n’es pas seul… Hachem est avec toi ! Le contraire de l’angoisse c’est de placer sa confiance en Hachem. Comment faire ? Je te propose de prendre un petit carnet que tu garderas précieusement. Dedans tu marqueras toutes les petites (ou grandes) délivrances que D’ te fait quotidiennement dans ta vie (on prendra un exemple proche de nous : comment –certains- ont guéri du Corona (sans avoir besoin d’appareils respiratoires –que D’ nous en garde)…Ou encore comment on a réussi à passer le mois dernier alors qu’on est depuis pas mal de temps sans travail, etc…). Et avant la bénédiction de « Modim » que l’on dit dans la prière quotidienne… Sors ce petit carnet et regardes et lis toutes ces belles réussites que Hachem t’a octroyées … Tu verras que toutes tes angoisses disparaîtront… ».

Je finirais cette semaine par une véritable histoire que je voulais vous présenter il y a déjà quelques mois. Comme je vous ai parlé de foi et confiance en Hachem –le meilleur remède  contre les angoisses de notre époque- je continuerais sur ma lancée. Il s’agit d’un très riche homme de la communauté new-yorkaise. Comme vous le savez, cette communauté à particulièrement été touchée par le Corona. Cet homme – semble-t-il d’âge avancé – avait lui aussi été touché par le fléau. Il a été conduit à l’hôpital, sa situation était si grave qu’il a dû être placé de suite en service de réanimation –que D’ nous en préserve. Or son état continua à se dégrader jusqu’à ce qu’il tombe dans le coma… Puis les médecins constatèrent sa mort clinique… (Cette histoire vraie a été rapporté par le rav Genout dans Dirchou il y a quelques mois lors de la première vague du Covid 19). Seulement après un certain temps, il recouvrit ses esprits et ses forces… Au point qu’il sortira indemne de l’hôpital : béni soit le Guérisseur de toutes les plaies ! Retourné à sa maison il décida de faire une fête pour commémorer son miraculeux sauvetage. A l’occasion il invitera tous ses amis et connaissances à venir participer à sa joie (par le biais du téléphone et du zoom…). Lors de cette rencontre amicale virtuelle, il prit la parole et raconta son histoire : « Lorsque je suis tombé dans le comas puis en mort clinique, j’ai ressenti que mon âme s’envolait et se tenait devant le Beth Din ! On m’a montré alors toutes mes actions sur terre : je devais passer en jugement. C’est alors qu’une voix s’est faite entendre, il s’agissait d’un défendeur qui criait : »Tsédaka tatsil mimavet! » La Tsedaka sauve de la mort! (un verset de Kohélet). Il m’a été dit : « Puisque cet homme de par ses deniers soutient les institutions de Tora sur terre, alors il aura droit à la vie sauve et à revenir en bas ! » Fin des paroles époustouflantes. Et notre homme dira à l’assemblée (parmi lesquels des rabanim d’Erets qui étaient aussi au bout du fil), c’est vrai qu’avec corona beaucoup de mes affaires ne sont pas bien florissantes mais j’ai la preuve que c’est grâce à ma générosité (pour le soutien au monde des Collelim et Yechivots que je dois ma vie sauve… Donc je TRIPLERAIS mon aide cette année et je vous pousserai, mes chers amis, à faire de même ! » Fin de l’anecdote véritable qui nous révélera une vérité déjà connue : c’est la générosité que l’on fait (en particulier pour les institutions de Tora) qui rallonge nos jours et pas seulement les masques portés à longueur de journée…

Chabath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold
Tél. 00-972-556778747, e-mail : 9094412g@gmail.com

On souhaitera une grande bénédiction à Israël Gold et son épouse Orly (Ramat Beth Chemech 3) à l’occasion de la Bar-Mitsva de leur fils Nehouraï Néro Yaïr. Qu’ils aient le mérite de le voir grandir dans la Tora, les mitsvoth et la crainte du Ciel.

Lekh Lekha

Dit Hachem a Avram: “Va pour toi hors de ton pays, de ton lieu de naissance, et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai.” (Berechit 12;1)

Rachi: « Va pour toi », pour ton bonheur et pour ton bien. C’est là-bas que je te ferai devenir une grande nation. Ici tu n’auras pas la faveur d’avoir des enfants. Et de plus, je ferai connaitre ta nature à travers le monde.

À la lecture de ce Rachi, il y a de quoi s’étonner. Comme nous le savons, Avraham a été éprouvé à dix reprises par Hakadoch Barou’h Ou. L’une d’entre elles a été celle de partir et de quitter le pays natal et la maison parentale, celle que nous présente notre paracha.

Or voilà que Rachi nous précise que ce départ est pour son bonheur et pour son bien, c’est là-bas qu’il deviendra une grande nation….

La question que pose grand nombre de commentateurs est que s’il en est ainsi, en quoi donc ce départ est une épreuve ? Quelle épreuve ou difficulté de quitter un endroit où l’on ne possède pas vraiment grand-chose, contre un autre ou l’on nous assure argent, enfant, renom… En plus de ça, pas n’importe quelle promesse, une promesse faite par Hakadoch Barou’h Ou lui-même, c’est du 100% ! Seconde question…LIRE LA SUITE

Le Mazal a-t­-il une influence?

Après la guerre qu’a fait Avraham avinou contre les quatre grands rois, Hachem lui est apparu, et lui assure de ne pas avoir peur des représailles, car « c’est Moi qui te protège, ta récompense est très grande ! »

Avraham avinou lui répond : Que vas-tu me donner ? Je n’ai même pas d’enfant !! Rachi explique que Avraham savait lire dans les étoiles et avait vu dans son mazal qu’il ne pouvait pas avoir d’enfant.

Le verset explique qu’Hachem l’a fait sortir à l’extérieur, et lui a montré les étoiles en lui disant que « Ein mazal lé Israël ». Le peuple d’Israël n’est pas influencé par le Mazal : Avram  ne peut avoir d’enfant, mais AvraHam oui, Saraï ne peut pas avoir d’enfant, mais SaraH oui !!

Deux questions se posent :

1) Si vraiment le Mazal n’a pas d’influence sur le peuple juif, quel intérêt de changer de nom ? Même Avram  et Saraï pourraient enfanter puisque le Mazal ne veut rien dire pour eux ?

2) À la suite de la paracha on s’aperçoit que le changement de nom s’est réellement produit quand Avraham avait 99 ans ; et pourtant il a enfanté Ichmaël quand il avait 87 ans, alors qu’il s’appelait encore Avram. Donc même Avram peut avoir des enfants contrairement à ce qu’il est marqué dans son mazal ??

La Guémara Chabat (156a) raconte que Chmouel et Avlat (un goy savant) ont vu passer un groupe de gens allant vers le fleuve ; Avlat désigna l’un d’entre eux et dit « celui-là ne reviendra pas, un  serpent le tuera, Chmouel lui répondit si c’est un  ben Israël il reviendra, car « Ein mazal lé Israël ». Au retour il s’est avéré que cet homme était encore en vie, Avlat s’approcha de lui, ouvrit son sac à dos, il y avait un serpent coupé en deux ! Chmouel lui demanda « quelle Mitsva as-tu fait ? ». Cet homme lui raconta que dans son groupe ils avaient l’habitude que chacun amène son pain et qu’une personne ramassait tous ces morceaux de pain les mettait dans une grande assiette et tout le monde mangeait ensemble ! Aujourd’hui j’ai vu qu’un d’entre nous n’avait rien apporté et avait honte, alors j’ai décidé de moi-même ramasser tous les pains et quand j’arriverai chez lui, je ferai semblant de ramasser son pain et par derrière je mettrais de ma poche deux morceaux de pain pour combler le manque !  Chmouel lui dit, tu as fait une grande Tsédaka en donnant de ton pain et surtout en sauvant ton ami d’une grande honte, c’est pourquoi tu as été sauvé ! (en effet la Tsédaka sauve de la mort)

De là on apprend que le mazal a tout de même une influence même sur le Juif. Il y a bien un  serpent qui s’apprêtait à le tuer, mais que cet homme a changé son mazal  par le  mérite de la tsédaka qu’il a fait ; c’est cela la particularité d’un juif, bien que le mazal soit vrai, un Juif peut le modifier, mais pour cela il faut un grand mérite, sans lequel le mazal agira tout de même sur lui ! Mais par le biais de ce mérite, non pas que le Juif bénéficie d’un miracle, mais plutôt il réécrit son mazal de telle sorte que son nouveau mazal soit naturel, sans remédier à un miracle ! (des fois bénéficier d’un miracle peut causer préjudice, car il diminue les mérites d’un homme)

Tel est le sens du changement de nom : un nom signifie un rôle, Avram  signifie « Av chel Aram », c’est-à-dire le père et la référence de la ville Aram. Tandis que AvraHam  signifie « Av amone goyim » le père de beaucoup de nations. Ici AvraHam a reçu un nouveau rôle, très important, c’est lui qui devra désormais diriger et rapprocher les nations vers Hachem ! Ce nouveau rôle constitue beaucoup de mérite, ce sont ces mérites qui ont changé son mazal ; d’où la nécessité de changer de nom, de changer de rôle pour pouvoir modifier le Mazal !!

Dans le même ordre d’idée pour répondre à la seconde question, on voit dans la haftara de Roch hachana que ‘Hanna n’avait pas d’enfant. Elle a longuement prié et promis que si D… lui donne un enfant, elle l’offrira toute sa vie au service de Hachem. Après de nombreuses années, elle eut Chmouel et dès l’âge de deux ans, l’a apporté au Beth-Hamikdache et le confia à Êli Hacohen. Dès son arrivée, Chmouel se montra très érudit en Torah, et commença à répondre aux questions de Halakha sans en avoir reçu l’autorisation de son maitre. En voyant cela tout en sachant que Chmoeul était un descendant de Kora’h, craint fortement que Chmouel ne rejette toute autorité et engendre des Mah’lokète-discorde, c’est pourquoi il décida qu’il était passible de mort. Êli alla annoncer à ‘Hanna sa décision tout en promettant qu’elle aurait un autre enfant, encore plus réussi. ‘Hanna refuse et rejette tous les arguments de Êli. Pour quelles raisons ? « C’est pour cet enfant que j’ai prié !! », et étonnement Êli accepte son point de vue et annule le décret de mort de Chmouel.

Quelle était la force de cet argument ? Pourquoi Êli n’a plus craint la rébellion et les Ma’hlokète semées par Chmouel ?

Un enfant qui vient après une prière après un effort intense ne peut trébucher ! ‘Hanna a prié pour cet enfant, elle ne l’a pas reçu gratuitement, il a fallu des années et des années de pleurs et de supplications, cet enfant ne peut être qu’un Tsadik !

Effectivement le mazal dit qu’Avram n’aura pas d’enfants, et lorsqu’il eut Ichmaël avant de changer de nom, c’était un enfant de miracle, surnaturel, reçu gratuitement, sans effort. Un tel enfant, reçu comme ça, peut échouer ! AvraHam voulait un enfant Tsadik, pas un enfant surnaturel, mais un enfant reçu après beaucoup de prières, un tel enfant ne peut être que Tsadik. Un enfant reçu par des efforts n’est pas un enfant surnaturel donné en cadeau, mais un enfant naturel, car la prière change le Mazal. Ce qui est reçu par la prière n’est pas considéré comme un miracle, mais si l’on peut dire, comme un dû naturel, car Hachem a fixé une loi dans la nature, qu’une prière venant du fond du cœur peut changer la nature !

Rav Michael GUEDJ Chlita

Roch Collel Daat Chlomo – Bnei Brak

Noa’h

« …Allons, bâtissons-nous une ville et une tour et son sommet dans les cieux, faisons-nous un nom. De peur de nous disperser sur la face de toute la terre… » Beréchith 11,4.

Nous sommes après le déluge, Hachem a détruit le monde à cause du vol et de la débauche.

Rabénou Bé’hayé explique que Hachem avait déjà enjoint Adam et ‘Hava, ainsi que Noa’h à la sortie de l’arche de se procréer et multiplier, pour remplir et conquérir la terre (Beréchith 1,28 – 9,1).

Hachem voulait qu’on se multiplie et qu’on se dispatch pour habiter sur toute la surface de la terre.

Et c’est justement ce point qui a fait peur à la génération de Babel.

« De peur de nous disperser », Rachi explique qu’ils craignaient que Hachem leur inflige une nouvelle catastrophe qui provoquerait leur dispersion. Ils voulaient rester ensemble, construire une seule ville où ils seraient concentrés, ils géreraient leur vie de façon autonome. Ils voulaient montraient qu’ils pouvaient se débrouiller sans Hachem, une sorte de kibboutz. Et par cette Tour, ils défieraient la grandeur de Hachem. Lire la suite

Beréchit

« Hachem-Elokim forma l’homme, poussière du sol, Il insuffla dans ses narines un souffle de vie, l’homme fut âme vivante » (Beréchith 2,7)

Rachi nous explique que l’homme est formé d’éléments provenant de la terre et d’éléments provenant d’en haut : le corps d’en bas et l’âme d’en haut.

Rachi ajoute que les animaux et les bêtes sauvages sont également appelés « âmes vivantes ». Mais l’âme de l’homme est la plus vivante de toutes, car il s’y ajoute la connaissance et la parole.

Nous apprenons de là que chaque être vivant est composé de deux éléments : le «Gouf », le corps, et le «Néfech », l’âme. De plus, chaque âme correspond à son corps.

Ainsi un corps animal possède une âme animale, un corps humain possède une âme humaine. L’osmose des deux éléments dépend de leur adéquation. Ainsi, si l’on voulait expérimenter de « greffer » un élément animal sur un élément humain, le résultat serait le suivant : וne âme d’animal dans un corps humain donnerait un homme qui se comporte grossièrement, bassement. A l’inverse, une âme humaine dans un corps animal donnerait un être tellement mal à l’aise, qu’il ne pourrait pas supporter cette cohabitation et chercherait à tout prix à faire sortir son âme de ce corps.

C’est ainsi que le rav Pinkous zatsal définit le Gouf et le Néfech, il détermine le Gouf par « l’objet » et le Néfech par la « lumière ».

Plus concrètement, si on branche une ampoule conçue pour recevoir 220 V, sur un courant électrique de 110 V, elle éclairera, mais pas à 100%, sa lumière sera faible.

Mais si on branche une ampoule conçue pour recevoir 110 V, sur un courant de 220 V, après quelques instants, l’ampoule explosera. Lire la suite

Kora’h – Zoom sur Rav Google

« … Car toute la communauté, tous sont saints, et Hachem est au milieu d’eux, et pourquoi vous élèveriez-vous sur l’assemblée de  Hachem ? » Bamidbar (16,3)

Au travers de ces mots, Kora’h et ses compagnons ont voulu signifier à Moché et Aharon qu’ils ne leur étaient en rien supérieurs, qu’ils avaient tous entendu la voix de Hachem sur le mont Sinaï, et que tous les Juifs étaient donc à ce titre des prophètes et des égaux, sans aucun besoin d’un dirigeant quelconque.

En quelque sorte, Kora’h et ses compagnons ont tenté de diviser la communauté, que chacun fasse « bande à part », que chacun soit son propre guide !

Kora’h ne revendiquait pas spécialement le pouvoir. Il voulait plutôt le briser. Il voyait la force qui réside en chaque Juif, pouvant lui permettre de devenir indépendant et dirigeant d’une communauté. Aujourd’hui nous retrouvons des « mini-Kora’h » un peu partout autour de nous, au sein de nos communautés, et même en nous-mêmes. Le Kora’h des temps modernes est « internet », l’étude de la Tora sur écran. Lire la suite

Chéla’h Lékha: Garder le fil

« Ce sera pour vous un Tsitsith, vous le verrez, vous vous souviendrez de toutes les Mitsvot de Hachem… » Bamidbar (15 ; 39)

Les Tsitsith sont des fils accrochés aux coins des vêtements des hommes. Rachi, sur ce verset, nous informe que la guématria du mot Tsitsith est 600, auxquels on ajoute les 8 fils et enfin les 5 nœuds, soit un total de 613. Le Baal Hatourim ajoute que la Mitsva de Tsitsith équivaut aux 613 Mitsvot.

Le verset nous indique ici que le fait de porter le Tsitsith va nous aider à nous souvenir de toutes les Mitsvot à accomplir, ce qui nous évitera de tomber dans la faute. En quelque sorte le Tsitsith est un « garde-fou », un « pense-bête »…

Même si le modernisme se déchaîne à vouloir déconnecter les Juifs de leur identité avec un monde entier technologique de connexion sans fil (portables, wifi, mode…).

La Torah, Elle, avait prévu le coup ! « Parle aux Bneï Israël, tu leur diras, ils se feront un Tsitsith aux coins de leurs vêtements, pour leurs générations… », ceci pour « rester en ligne » avec Le Tout Puissant, grâce à des fils…

Le port du Tsitsith nous permettra donc de nous rappeler les 613 Mitsvot afin de ne pas tomber dans la faute, mais qu’est-ce que cela signifie au juste ? Je le porte et je suis tranquille ? Protégé ?

Le ‘Hafets ‘Haïm nous répond grâce à la parabole suivante : Un homme riche qui possédait de beaux jardins, avec une multitude d’arbres, de plantes, de fleurs, d’animaux… devait partir en vacances. Afin d’assurer l’entretien de ses jardins, il engagea donc un homme devant veiller sur ses biens en son absence.

Le propriétaire donna des consignes strictes à son employé, des tâches à accomplir, et pour qu’il se souvienne de tout, il les écrivit sur papier.

Après deux semaines de vacances, notre cher propriétaire rentra chez lui, et fut choqué en voyant l’état de ses jardins. Il s’en alla donc immédiatement demander des explications à son employé.

Celui-ci lui rétorqua « royalement » que chaque matin, midi et soir, il avait lu scrupuleusement le pense-bête que celui-ci avait laissé avant son départ. Mais il n’avait fait que le lire…

Hachem nous a donné des lois. Le simple fait de porter les Tsitsioth en représente le compte total et nous rappelle donc tout au long de la journée notre devoir envers Hachem.

Mais le simple fait de les porter et de se souvenir de ce que l’on doit faire suffit-il ?

Cela représente-t-il une dispense ?

Pour se souvenir, il faut déjà savoir de quoi on parle, c’est pour cela que nous avons le devoir d’étudier les lois, afin d’être capables de les appliquer.

A partir du moment où nous sommes instruits, « vous vous souviendrez » nous évoque quelque chose de concret. Et nous pourrons dés lors utiliser ce « pense-bête » afin de réaliser les mitsvot de la Torah et de nous protéger de notre Yetser Hara’.

Le Rav Dessler nous enseigne que seul celui dont le cœur est concentré en permanence sur Hachem exclusivement peut se souvenir de Ses commandements.

Béezrat Hachem que nous utilisions les Tsitsioth comme « pense-savant », afin qu’ils nous aident à évoluer et à servir Hachem de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre corps.

Rav Mordékhai Bismuth

Nasso: Redonner confiance

Les sujets principaux de la Paracha sont la Sotah et le Nazir et sont liés : celui qui voit une femme infidèle dans sa dégradation, devra se retrancher des tentations en devenant Nazir et en s’abstenant de boire du vin. Le vin représentant les plaisirs de ce monde et la frivolité pouvant entrainer des comportements prohibés par la Torah, dont l’exemple de la Sotah.

Le cas du Nazir soulève plusieurs interrogations. D’après la Halakha le nazir ne peut boire de vin, de jus de raisin ni même consommer des raisins. L’interdit du vin est compréhensible, mais qu’en est-il du jus de raisin ou des fruits de la vigne, en quoi peuvent-ils provoquer un comportement négatif, on ne peut se saouler avec du raisin ? En revanche, tous les alcools devraient lui être prohibés ce qui n’est pas le cas. Un Nazir peut boire de la bière et même du Whisky. Le Nazir a deux autres interdits, il ne peut se rendre impur à cause d’un mort, et ne peut pas se couper les cheveux. Son vœu devra durer au minimum trente jours et au terme de cette période, il se rasera. Ses cheveux seront placés dans le feu, à l’endroit où l’on brûle les Korbanot au Beth Hamikdach.

À propos des interdits du Nazir, on comprend qu’il s’éloigne des raisons qui peuvent le pousser à fauter.  Pourquoi l’empêcher d’être en contact avec les morts ? En effet, bien souvent la vision d’un mort et le deuil de façon générale poussent l’homme à réfléchir à la raison de sa venue dans ce monde, il comprend que lui aussi devra le quitter tôt ou tard, et cela accroît sa crainte du ciel.  Si un homme veut se remettre en question, ce qui semble être le cas du Nazir qui fait une sorte de vœu d’abstinence, il devrait justement se rendre dans une maison d’endeuillés. Pourquoi donc empêcher tout contact avec les morts ?

À propos de Yossef (parachat Mikets) il est écrit qu’il était d’une grande beauté. Rachi précise qu’il se coiffait et soignait sa coupe de cheveux. Il avait de longs cheveux qu’il peignait. C’est alors que D… dit, « tu es en train de te faire beau, Je vais t’envoyer l’épreuve du loup avec la femme de Potifar ». Il s’agissait d’une épreuve de Arayot (relations interdites). Depuis qu’il a quitté son père, Yossef avait fait le vœu de Nezirout. Or une longue et jolie chevelure embellit l’homme. Encore une fois, si on désire que le Nazir s’écarte des tentations, pourquoi lui demander de se laisser pousser les cheveux ? « J’ai créé un mauvais penchant et la Torah en tant que remède » Le Messilat Yecharim explique que tout homme naît avec des mauvais traits de caractère. La seule manière d’avancer et d’améliorer ses Midot, est d’étudier la Torah, elle affine le caractère de l’homme.

Un malade se rendra chez le meilleur des médecins et se devra d’écouter sa prescription et de prendre les médicaments indiqués, sinon il n’a aucune chance de guérison. On parle d’un homme qui a vu une Sotah dans la pire des situations, il a peur de succomber à son mauvais penchant, et décide de s’éloigner des causes de la faute. Or le remède vient d’être cité, la seule solution face à la force du mauvais penchant est la Torah. Pourquoi ne pas conseiller au Nazir de s’asseoir et d’étudier. Existe-t-il un autre remède au Yetser Ara ?

Les Pirkei Avot affirment « Ne te considère pas comme un homme mauvais à tes yeux ». À qui s’adresse la Michna ? Il s’agit forcément d’un homme qui a mal agi, car pourquoi sinon avoir une mauvaise image de soi ? On parle à un racha et on lui dit quant bien même tu es un homme mauvais, ne te considère pas de la sorte. Comment comprendre la Michna ? Doit-on se mentir à nous même ? Le Rambam explique que c’est une façon de préserver l’homme de la faute, à force de se voir comme un racha, plus rien ne l’effraie. Puisqu’il est déjà mauvais autant continuer à fauter, il n’a désormais plus de limites. L’homme n’a plus rien à perdre, donc toutes les bêtises du monde sont ouvertes, il peut fauter sans mauvaise conscience. Il ne s’agit pas de se mentir à soi-même, mais d’avoir en tête qu’on est et sera à jamais des fils de roi. Un juif doit toujours se considérer positivement, non pas par orgueil, mais pour éviter de tomber encore davantage. On le voit au sujet des vêtements, quelqu’un habillé de manière respectueuse avec un costume, un chapeau, une cravate n’osera pas se rendre dans des endroits méprisants, malfamés … L’habit protège l’homme, lui donne un statut social, un sentiment de grandeur, tel est son intérêt.  En revanche, celui qui s’accoutre de jeans ou de vêtements dont le style est négligé ne pourra les utiliser comme protecteurs. Au contraire, ils lui donnent un sentiment de mépris, et puisqu’il est méprisable tout est permis.

Que signifie que le Nazir a vu la Sotah dans sa dégradation, littéralement « bekilkoula » ? Le Rosh Yechiva de Slabodka, précise que le Nazir n’a pas vu la Sotah fauter, il ne l’a pas vu mourir. Le Kohen doit la mépriser, essayer de la perturber au maximum pour la forcer à avouer sa faute et qu’on n’ait pas besoin d’effacer le nom de D…. Le Nazir voit la honte qu’on inflige à cette femme. Même dans le cas où elle était pure et qu’elle a juste été soupçonnée, l’homme doit faire le vœu de Nezirout. En effet, peu importe finalement si elle a fauté ou pas. Le problème vient du fait d’avoir vu cette femme méprisée. Il a perdu la notion d’honneur due à un être humain. Le but n’est pas de l’éloigner des tentations, on a bien vu qu’il peut boire du Whisky ou toute autre sorte d’alcool. On cherche ici à lui redonner l’honneur qui sied à un être humain, sentiment amoindri par le mépris infligé à la Sotah.

Si le Nazir et le Kohen Gadol voient un cadavre délaissé, pour lequel ils ont l’obligation de se rendre impurs, personne d’autre ne pouvant l’enterrer (Mèt Mitsva), la Guemara demande qui est prioritaire pour accomplir cette Mitsva ? On met le Nazir au même niveau que le Kohen Gadol. Afin de réparer le manque de Kavod qu’il a vu, on lui donne beaucoup de respect allant jusqu’à le comparer au Kohen Gadol. Cependant, on ne peut lui donner tous ces honneurs sans effort de sa part, on lui demande donc de prononcer un vœu et de prendre sur lui de ne pas consommer du vin pendant trente jours. Le Nazir vient du mot Nezer signifiant une couronne selon le Ibn Ezra. Toutes les lois qui lui sont propres tournent autour de cette idée, ne pas voir l’homme dans une mauvaise position, on veut relever le kavod chez lui. On insiste sur le fait qu’il est fils de roi. Il doit se laisser pousser les cheveux, or il est tellement saint que même ses cheveux le sont. Une fois qu’il les rasera, on les placera dans l’endroit le plus saint, là on l’on brûle les Korbanot. On lui montre là où un homme peut arriver. Le but du Nazir n’est pas de lutter contre le Yetser Ara, mais de remonter le kavod d’un homme.

Avant de recevoir la Torah, Hachem dit aux Benei Israël, « vous êtes une assemblée de prêtre et un peuple saint ». L’introduction à la Torah est déjà de renforcer ce sentiment en lui qu’il est fils de roi, après tu peux commencer à étudier et à respecter la Torah. Lorsque le Nazir voit la Sotah on ne lui dit pas va étudier, on travaille en amont, on cherche à renforcer son sentiment de grandeur.

On retrouve cette notion en éducation. La Guemara raconte que le fils de Rabbi Chimon Bar Yohai, Rabbi Elazar, mourut jeune et laissa un jeune adolescent orphelin. Privé d’un père pouvant le guider, il sortit petit à petit du chemin indiqué par ses ancêtres et commit des fautes. Un des Tannaïm voyant cela, ne put s’empêcher d’agir, comment imaginer que le fils de Rabbi Elazar, petit-fils de Rabbi Chimon Bar Yohaï pu se comporter de la sorte. Il se lia d’amitié avec le jeune homme et l’appela Rebbi, mon maître, il lui donna beaucoup de respect, le plaça à l’endroit où les Rabbanim étaient assis, insista pour lui prouver qu’il n’était pas n’importe qui, mais un homme très respectable. Petit à petit, ce jeune enfant devint Rabbi Yossi ben rabbi Elazar et suivit la trace de ses remarquables aïeuls.

Il est fréquent de voir des défauts chez nos propres enfants sans savoir d’où ils viennent. On ne comprend pas pourquoi ils ne sont pas construits comme nous et pourquoi de mauvaises manières ou traits de caractère s’installent. Exaspérants au début, les parents ont tendance à devenir méprisants et une mauvaise relation s’installe. Il est fondamental de garder des liens forts basés sur le respect mutuel. Un être humain qui sent qu’on le respecte est prêt à faire des efforts et à s’améliorer. Plus un parent respecte profondément son enfant, plus la relation est de qualité.

Rav Michaël GUEDJ – Roch Kollel Daat Chlomo Bnei Brak

Béaalotékha: Forfait illimité

«Hachem dit à Moché : Est-ce que le bras d’Hachem est trop court ? » (Bamidbar 11, 23)

Cet appel constitue un encouragement pour chaque juif à repousser de son cœur toute inquiétude convaincu que son Père Céleste s’occupe de tous ses besoins.

Il est fréquent, en effet, que lorsque naissent des sujets  d’inquiétude  importante ou non, dans le domaine spirituel et plus encore matériel, une personne s’y morfonde. Elle ne cesse de penser : « Que va-t-il advenir de mes revenus qui demeurent insuffisants pour vivre, quel sera mon sort dans les Chidoukhim, quand viendra  la  guérison ou la délivrance, comment parvenir à m’affranchir d’untel qui me fait concurrence ou d’un autre qui n’arrête pas de ternir ma réputation ?  » Ce  sera alors  le moment de savoir  que  ces  épreuves  ont un but unique : le Créateur désire que Ses enfants aient confiance en Lui et prennent conscience que, sans Son aide, rien de petit ou de  grand  n’est  possible. De cette manière, l’homme trouve la sérénité et la tranquillité d’esprit, d’autant plus qu’en réalité, cette inquiétude n’a aucun fondement. En effet, rien ni personne ne peut lui nuire ni lui venir en aide, lui causer la moindre perte ou lui apporter le plus petit profit, si cela n’a pas été décrété par Hachem, Créateur du Ciel et de la Terre.

La Guémara (Sanhédrine 106b) enseigne que ”la Torah de Doèg le Edomite n’était que superficielle”. (Doèg fut le conseiller du Roi Chaoul. Erudit en Torah, il fait néanmoins partie des quatre personnages bibliques qui n’ont pas de part au Monde Futur pour avoir discrédité David et ceux qui l’aidèrent dans sa fuite et provoqué ainsi l’exécution par Chaoul de Nov, une ville entière de Cohanim, n.d.t) Certains expliquent cette Guémara de manière allusive (en s’appuyant sur le nom Doèg qui  signifie  en  hébreu  ”s’inquiéter”,  n.d.t) : un homme  qui s’adonne à l’étude  de la Torah et qui est constamment  en proie à la crainte et à l’inquiétude, tant  dans le domaine  spirituel  que  matériel (au sujet de sa subsistance ou de  ses  autres besoins) témoigne par cela que sa Torah demeure  superficielle.  Car  l’étude a pour effet d’imprégner le cœur de l’homme d’une foi intègre dans le Saint-Béni-Soit-Il et, par conséquent, de repousser toute inquiétude lorsqu’il doit faire face aux vicissitudes de l’existence. Au contraire, il est convaincu que tout ce qui lui arrive provient de  son  Père  Céleste et  ne  peut  lui  être que bénéfique.

Un homme richissime avait une fille unique parée de  toutes  les  vertus, Lorsque celle-ci arriva en âge de se marier, son père envoya un émissaire  à l’un  des  plus  grands  Roch Yéchiva en lui   demandant de lui  trouver un mari érudit en Torah, craignant D. et doté des meilleures qualités. Le ‘Hatan pouvait, promit-il, être sûr de ne manquer de rien. Toutes les  dépenses  du  mariage  seraient à son compte et son gendre vivrait à sa charge durant toute son existence. Avec l’aide de D., il n’aurait donc jamais à s’inquiéter de sa subsistance ni d’aucun besoin. Quelques jours après, le Roch Yéchiva fit savoir au père qu’il avait un Ba’hour d’une érudition sans pareille et animé d’une crainte d’Hachem sans compromis qui convenait parfaitement à ses exigences. Sur le champ, le riche se  mit en route avec émotion dans l’intention cependant de tester les connaissances   du dit   Ba’hour dans les sujets talmudiques les plus ardus. Il comptait en         outre vérifier de près sa conduite. Le ‘Hatan fit, en effet, preuve d’une érudition immense dans tous les domaines de la Torah et lui fit bonne impression quant à ses traits de caractère. Le père qui ne cessait de s’émerveiller de ses      connaissances si vastes en Torah associées à un esprit acéré sans pareil, décida qu’il serait son gendre.

Lorsqu’arriva l’heure de conclure  l’union et de lever les verres en l’honneur de l’heureux événement et alors qu’on  était sur le point de ”casser l’assiette”, le  Ba’hour demanda au  père  quelle  somme il prévoyait de donner  en  dot…  Ce  dernier se leva brusquement, se dirigea vers le Roch Yéchiva et lui annonça  que  le Chidoukh était annulé et qu’il refusait catégoriquement de donner sa fille  à  un tel Ba’hour. Le Rav, surpris, lui demanda s’il s’était aperçu chez lui d’un quelconque manque de connaissances ou de crainte de D., ou encore s’il avait découvert un défaut caché.

« Ses connaissances en Torah  et  sa  crainte de D. sont immenses, répondit le père, et il est promis à un grand avenir. Cependant, son manque de bon sens n’a d’égal que sa stupidité. Toute la ville connaît la grandeur de ma richesse et la réputation de ma famille. Tous savent également que je ne possède qu’une fille unique. Cela signifie que tous mes biens sont destinés à ma fille et à son  mari depuis le jour du mariage  et  en  particulier, après 120 ans lorsqu’ils seront mes uniques  héritiers.  Par  conséquent, ses doutes quant au montant de la dot, traduisent un manque de perspicacité évident et pour rien au monde je ne le prendrai comme mari pour ma fille ! »

Cette histoire est un exemple de notre situation : pourquoi s’inquiéter de de la manière dont notre subsistance nous parviendra ? N’est-il pas écrit : « L’argent est à Moi l’or est à Moi, parole du  D.  Tout puissant » (‘Hagaï 2, 8) ? Le monde entier et tout ce qu’il contient est Sa propriété. Sa richesse (si on peut  dire !)  est connue de tous et de plus, les Bné  Israël sont Ses enfants  bien-aimés,  comme   il   est   dit   (Jérémie   31,   19)  : « Ephraïm est mon fils chéri, mon enfant de prédilection », à l’instar de l’enfant unique de ce père richissime. Dès lors, si un juif s’inquiète encore en se demandant constamment ”d’où me viendra l’aide nécessaire ? Comment pourvoirai-je aux besoins de ma famille  ?”, il  ressemble  à ce  Ba’hour et à sa question insensée :”combien recevrai-je en dôt ?”. Ne comprend-il pas qu’en recevant pour femme la fille de ce riche, il recevra également tout ce dont il a besoin ?

Il en est de même  de chaque juif : il doit  se rappeler que son Père Céleste  est présent en permanence et lui promet qu’il ne manquera de rien, comme il est dit: « Rien ne manque à ceux  qui  le  craignent.» (Téhilim 34, 10)

Rav Elimélekh Biderman Chlita