6 octobre 2022

Wort sur la Paracha…Kora’h

« Celui qu’Il aura élu, Il le laissera approcher de Lui. » (Bamidbar 16, 5)

Rabbi Tsadok de Lublin demande pourquoi tout Cohen, descendant d’une lignée de Cohanim, ne prononce pas quotidiennement la bénédiction « Béni Celui qui m’a créé Cohen », de même que tout homme dit « Béni Celui qui ne m’a pas créé femme ».

L’Admour de Gour, Rabbi Avraham Mordékhaï, propose la réponse suivante : dans la Mékhilta, il est écrit qu’avant que les enfants d’Israël ne commissent le péché du veau d’or, tous étaient aptes à être Cohanim, comme il est dit : « Mais vous, vous serez pour Moi une dynastie de Cohanim et une nation sainte. » Ce n’est que suite à ce péché que les Cohanim furent désignés, à l’exclusivité, pour servir dans le Temple. Par conséquent, si les Cohanim disaient la bénédiction « Béni Celui qui m’a créé Cohen », ils retireraient en quelque sorte des honneurs du blâme de leur prochain, ce qui est interdit.

« La terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons et tous les gens de Kora’h. » (Bamidbar 16, 32)

La punition subie par Kora’h pour s’être rebellé contre les élus de l’Eternel ne manque de nous interpeler : pourquoi devait-il être englouti par la terre, plutôt que frappé par l’une des quatre forms de peine de mort en vigueur au tribunal ? Pour quelle raison D.ieu choisit-Il de lui infliger une mort si étrange ?

Rabbi Mordékhaï Chmouël Krol zatsal l’explique remarquablement. Nos Sages affirment qu’« il existe un décret selon lequel le souvenir du défunt s’efface du coeur de l’homme ». Or, le Saint béni soit-Il désirait que nous nous souvenions à jamais de Kora’h afin que nous en déduisions notre devoir de nous éloigner de la querelle. Il était donc nécessaire de le punir d’une manière marquante, de sorte que cela reste à jamais gravé dans notre mémoire et nous serve de leçon.

« Que chaque homme prenne son encensoir »  (16,17)

Pourquoi est-ce que le test permettant de révéler l’erreur de Korah devait passer par de l’encens? Nos Sages disent que l’encens était composé de onze senteurs : dix qui avaient une bonne odeur et un sentait mauvais. Cela vient nous signifier que même un racha, s’il se joint et s’associe à la communauté, il sera accepté par le mérite de la communauté. Or Korah voulait devenir le chef de la tribu de Lévi en place d’Aharon, et pour cela il s’est séparé du reste du peuple. Les encens qui attestent de la grande vertu de se mêler à la communauté, au point même de sauver les réchaïm, allaient à présent démontrer l’erreur de l’erreur de Korah qui voulait se dénoter et se séparer du reste de l’assemblée en voulant prendre le titre de chef. (Rabbi Nahman de Breslev,Likouté Halakhot)