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Noa’h: Pourquoi le déluge?

Voilà qu’à peine 10 générations depuis Adam – le premier homme – les hommes ont fauté. Le verset rapporte deux catégories de fautes: les relations interdites et le vol. Mais étrangement, Rachi – citant les Sages – enseigne que le décret final d’extermination de toute la génération par le déluge a été scellé à cause du VOL! Or on sait tous que la sanction du vol n’est PAS la peine capitale, mais uniquement le remboursement du larcin et l’amende sera doublée dans le cas où c’est un vol à la dérobade. Tandis que pour une bonne partie des relations interdites il en va de la peine capitale! Donc comment expliquer le fait que ce soit justement le vol qui ait entraîné la destruction de toute la civilisation de l’époque de Noah?

Le Rav Chaoul Nétenzon Zatsal (rapporté dans Tlalé Orot) l’explique d’une manière formidable à partir d’une allégorie de Michelei du Roi Salomon. Un jour un pélican rentra son bec dans la mer afin de pécher sa proie. Il attrapa un poisson qui avant d’être englouti implora l’oiseau de ne pas l’avaler! Mais au moment où notre pauvre poisson ouvrit sa bouche pour parler, sortirent de sa propre bouche plein de tous petits poissons qu’il venait d’avaler! Le pélican lui dit alors: ‘Tu n’es qu’un grand menteur! Tu me supplies de te laisser en paix tandis que toi, dans le même temps tu n’as pas de pitié de tes propres FRERES!’.

Le Rav Nétenzon explique que c’est la raison pour laquelle la génération du déluge a été condamnée pour vol! Effectivement il existait des fautes beaucoup plus graves comme l’adultère et autres relations interdites, seulement l’Attribut de Miséricorde du Créateur empêchait le terrible châtiment de s’abattre. Mais à partir du moment où la population entre elle ne pratiquait pas la générosité et la miséricorde alors Hachem de son côté a RETIRA sa miséricorde pour laisser place à la Justice Divine!! Donc la punition c’est pour les fautes lourdes des relations interdites, cependant le décret est tombé à cause du vol qui témoigne d’une grande cruauté des uns envers les autres.

EST-CE QUE LES GENTILS DOIVENT FAIRE LA BENEDICTION « CHE HAKOL » AVANT DE BOIRE UN VERRE DE COCA ?

L’admour de Gour « Imré Emet » dans une de ses lettres (53) pose une belle question. La Guémara Brah’ot 35 enseigne que celui qui ne fait pas de bénédiction avant de manger VOLE Hachem et aussi le Clall Israel! Le Maharcha explique que toute la nourriture appartient à Hachem, donc il y a vol si on ne la bénit pas (car la Brah’a c’est comme si on demandait la permission au Créateur de profiter des produits de ce monde), et aussi la bénédiction amène le Chéfa/la profusion et la bénédiction dans le monde entier. Donc ne pas faire une belle Brah’a avant de manger entraîne un manque de profusion sur la planète entière! S’il en est ainsi, alors pourquoi n’est-il pas mentionné dans le Talmud que les Gentils doivent faire EUX aussi la bénédiction?

On s’explique, les Bné Noah’/les fils de Noé sont redevable de 7 Mitsvots. L’une d’entre elles c’est l’interdit de voler. Donc puisque la Guémara enseigne qu’il y a vol d’après cela, si j’invite Jean Marc à ma table je devrais lui demander de faire une bénédiction avant qu’il ne boive son coca !!!

Intéressant comme question, n’est-ce pas? Sa réponse c’est qu’à l’époque d’Adam et de Noah, Hachem a donné la permission à l’homme de manger les fruits de la terre et à la sortie de l’Arche, le Créateur a permis de manger les animaux qui venaient d’être sauvés par Noah. Cette permission est restée pour toujours. Seulement pour nous, les Bné Israel, le Don de la Thora a transformé les choses. C’est qu’à partir du moment où le divin est descendu sur terre, alors des interdits sont apparus dans notre grand monde. C’est du fait de la sainteté de la Thora qu’il est devenu interdit de manger sans bénir au préalable! Mais pour les gentils, le Don de la Thora ne s’adressant pas à eux – car ils ont refusé le cadeau – alors reste la permission première.

Une autre explication a été apportée, à partir d’un Yad Rama. Il explique que les Mitsvots des Bné Noah ne ressemblent pas aux Mitsvots du Clall Israel. C’est vrai que pour nous il est interdit de voler, cependant le souci du Créateur est ici de nous faire acquérir des niveaux de perfection de l’âme. Tandis que chez les gentils l’intention dans les 7 Mitsvots se limite à faire perdurer la société de la meilleure manière possible. Donc, s’il est vrai que le Talmud enseigne que c’est du vol le fait de ne pas faire de bénédiction avant de manger, mais c’est un vol qui est lié à la perfection de l’homme, à laquelle les Nations du monde n’ont pas accès!

Rav David Gold

SIM’HA BETH HACHOEVA

Sim’ha Beth Hachoéva, définition

C’est au début du cinquième chapitre du Traité Souka, que nous abordons les Michnayot qui décrivent le déroulement des festivités de Sim’ha Beth Hachoéva.

Sim’ha Beth Hachoéva se traduit par « la joie de la maison du puisement ».

Il s’agit du puisement de l’eau qui servait à la libation d’eau – Nissou’h Hamaïm, comme il est dit dans (Yéchayahou12, 3) : « Vous puiserez de l’eau avec joie aux sources du salut. »

C’est un grand orchestre, au son de la flûte essentiellement, qui rythmait les festivités de Sim’ha Beth Hachoéva au Beth Hamikdach.

Ces festivités, qui n’avaient lieu ni Chabbat, ni Yom Tov, car ces jours interdisent de jouer des instruments de musique, se tenaient uniquement les soirs de ‘Hol Hamoëd.

La Michna nous enseigne que : « Quiconque n’a pas vu la joie de Beth Hachoéva n’a pas vu de joie dans sa vie ». Pour ressentir cette joie de nos jours, le Sfat Emet préconise une participation mentale à ces réjouissances, afin de s’en imprégner.

L’étude de ces Michnayot sera indispensable pour nous permettre d’y réfléchir et d’y participer avec le cœur, en attendant la reconstruction imminente du Beth Hamikdach.

Comment se déroulaient ces jours de fête au Beth Hamikdach ?

A l’issue du premier jour de fête de Soukot, on descendait dans la Ezrat Nachim (courréservée aux femmes), et on installait une estrade sur laquelle se tenaient les femmes. Cette estrade avait pour fonction de les séparer des hommes. Ainsi les femmes, qui se tenaient en hauteur, surplombaient le spectacle, sans que les hommes ne puissent croiser leurs regards.

Il y avait aussi deux lampadaires, hauts de cinquante amot (environ vingt cinq mètres), surmontés de quatre vases d’or. Chaque vase était équipé de quatre échelles.
Quatre jeunes Cohen, agiles, forts et de belle apparence étaient choisis pour grimper avec trente log (18 litres) d’huile afin de remplir les vases d’or, puis de les allumer. Les mèches des lampadaires étaient confectionnées dans l’étoffe des pantalons et des ceintures usés des Cohanim.

La lumière diffusée par les lampadaires de Beth Hachoéva se reflétait dans tout Jérusalem, dans ses moindres recoins.

La Michna nous enseigne que les acteurs principaux de ces réjouissances étaient des ‘Hassidim (personnes reconnues pour leur ferveur dans le service de D.ieu), et des Anchei Ma’assei (personnes riches en mitsvot). Ils se plaçaient au milieu des spectateurs et dansaient avec des torches, tout en chantant des louanges à Hakadoche Baroukh Hou.

Le peuple, hommes et femmes, venait assister à ces démonstrations de joie.

La Guémara Souka 53a raconte que Rabban Chimon Ben Gamliel jonglait avec huit torches enflammées, sans qu’aucune ne touche l’autre.

Lorsqu’il se prosternait, il prenait appui sur ses deux pouces, embrassait le sol et se redressait, ce que personne d’autre ne savait faire. Le spectacle était époustouflant.

Les Lévi’im se chargeaient de jouer de la musique. L’orchestre était principalement composé de flûtes, mais comprenait aussi des harpes, violons, cymbales, trompettes et toutes sortes d’instruments.

Les Lévi’im se tenaient sur les quinze marches, en demi-lune, qui descendaient de la Ezrat Israël et de la Ezrat Nachim.

Ces quinze marches correspondaient aux quinze « Chir Hamaalot » (chant des marches), des Tehilim de David Hamélekh. Ces psaumes tirent leur nom du fait qu’ils étaient chantés sur les marches (maalot).

Deux Cohanim, trompettes d’argent en main, se tenaient à la Porte Supérieure, la célèbre porte Nicanor, qui allait de la Ezrat Israël vers la Ezrat Nachim.

Au cri du coq, ils sonnaient de la trompette, une tekia (un son long), une ‎teroua (un son brisé), et de nouveau une tekia, pour annoncer qu’il était ‎l’heure d’aller puiser l’eau au Chiloa’h (source d’eau qui se trouvait à l’extérieur du Mont du Temple).

Les Cohanim descendaient les marches qui les menaient à la Ezrat Nachim et quand ils ‎atteignaient la dixième marche, ils sonnaient une nouvelle fois une tekia, une teroua, et une tekia.

Quand ils arrivaient en bas des marches, lorsqu’ils ‎atteignaient la Azara (la Cour du Temple), au niveau de la Ezrat Nachim, ils sonnaient encore une ‎tekia, une teroua et une tekia.

Ces dernières sonneries accompagnaient les Cohanim jusqu’à la Porte qui menait vers l’Est (donnant de l’enceinte des ‎femmes vers la Montagne du temple).

Arrivés à la Porte qui ouvrait sur l’Est, d’où ils allaient puiser l’eau, ils tournaient leur face vers ‎l’Ouest (le temple), et proclamaient :

” Nos pères (à l’époque ‎du Premier Temple), qui se tenaient à cet endroit, avaient tourné le dos vers le Temple et leur face vers l’Est et ils se prosternaient vers l’Est, ‎vers le soleil. Quant à nous, nos yeux sont tournés vers D.ieu.”

Rabbi Yéhouda dit qu’ils répétaient : ‎‎« Nous sommes à D.ieu et vers D.ieu sont tournés nos ‎yeux ».‎

Libation – « Nissou’h Hamaïm », définition

A l’époque du Beth Hamikdach, chaque Korban (sacrifice) devait être accompagné d’une min’ha (offrande) composée de fine fleur de farine, d’huile et d’encens, dont une partie était brûlée sur le Mizbéa’h (autel). Chaque sacrifice était également offert avec une libation de vin, d’une quantité spécifique, déversée sur le Mizbéa’h.

Pendant les sept jours de Soukot, on procédait à des libations d’eau « Nissou’h Hamaïm » sur le Mizbéa’h du Beth Hamikdach, dans le but de demander à Hachem d’accorder un jugement favorable pour les pluies de l’année à venir. L’origine de cette pratique est une loi donnée à Moché au mont Sinaï.

Ces libations d’eau avaient lieu en même temps que les libations de vin accompagnant le Korban « Tamid » (sacrifice quotidien) du matin.

« Nissou’h Hamaïm », Mode D’emploi

Comment se déroulaient les Nissou’h Hamaïm ?

On remplissait un récipient d’or contenant trois log (1.8 l) d’eau puisée au Chiloa’h.

Arrivés à la Porte d’Eau, l’une des portes de la Azara (cour du Temple) située au sud, on sonnait du chofar : tekia-teroua-tekia.

Le Cohen montait sur le Kévech (la pente qui mène au Mizbéa’h), se tournait vers la gauche et se dirigeait ensuite au coin sud-ouest du Mizbéa’h où avaient lieu les libations.

A cet endroit se trouvaient deux vases d’argent, qui étaient, d’après Rabbi Yéhouda, en plâtre. Ces deux vases étaient percés de deux petits trous profonds, comme des narines. Ils permettaient aux libations de s’écouler et de rejoindre les Chitines (conduit souterrain qui menait à l’abîme) au-dessous du Mizbéa’h. Chaque vase comportait un trou plus large pour le vin et un autre plus étroit pour l’eau, afin que l’eau et le vin coulent simultanément.

L’alliance de Sel

Dans la Torah il est écrit : « Et toute offrande de ton oblation, tu la saleras dans le sel, et tu n’oublieras pas le sel de l’alliance de ton Elokim sur ton oblation, sur chacune de tes offrandes tu approcheras du sel. » (Vayikra 2, 13)

Sur ce verset Rachi nous enseigne qu’une alliance a été conclue avec le sel lors des six jours de la création du monde, au terme de laquelle Hachem a promis aux eaux d’en bas d’être présentes sur le Mizbéa’h sous forme de sel et de Nissou’h Hamaïm, lors de la fête de Soukot.

En effet, comme l’explique le Yalkout Yts’hak, le second jour de la création, lorsque Hakadoche Baroukh Hou sépara les eaux inférieures des eaux supérieures, les eaux inférieures se lamentèrent et dirent :

« Malheur à nous qui n’avons pas mérité de loger dans les sphères supérieures, à proximité du Créateur ! »

Ces eaux malheureuses essayèrent tout de même de s’élever, pour essayer de résider près de Hakadoche Baroukh Hou, mais Hachem les contraignit à rester en bas.

Pour les récompenser d’avoir ainsi grandi l’honneur du Créateur, Hachem promit aux eaux inférieures qu’elles seraient répandues sur le Mizbéa’h au travers des Nissou’h Hamaïm et qu’elles participeraient à chaque Korban, par l’intermédiaire du sel.

Le Yalkout Yts’hak ajoute que l’ange de la mer se plaignit auprès du Tout puissant en soulignant la répartition inégale des eaux.

Il employa les arguments suivants : le monde se divise en trois parties, un tiers habité, un tiers d’eau et un tiers de désert. La Torah fut donnée dans le désert et le Beth Hamikdach édifié sur une terre habitée. Qu’en est-il donc du tiers aquatique, qui n’a rien reçu ?

Hakadoche Baroukh Hou promit alors à l’ange de la mer que les Bneï Israël ajouteraient du sel de mer pour accompagner chacun de leurs korbanot.

Le Rama (Or Ha’haïm 167, 5) explique que c’est une Mitsva d’apporter du sel sur la table, car la table est comparée au Mizbéa’h, et la nourriture, au Korban.

C’est pour cela que nous avons l’habitude, après avoir récité la brakha sur le pain, de le tremper dans le sel avant de le consommer.

L’importance de la joie

Pourquoi le Nissou’h Hamaïm a-t-il lieu précisément à Soukot ?

Quel rapport y a-t-il entre cet acte et la plus grande manifestation de joie de l’année à laquelle participait, au premier rang, l’élite du peuple ?

On raconte au sujet de l’Admour de Vijnitz, le Baal Imrei ‘Haïm, qu’il était très imprégné de la mida (trait de caractère) de sim’ha, durant toute l’année. A l’entrée de Soukot, sa joie redoublait.

En effet Soukot étant aussi nommée Zman Sim’hatenou, représente la plus belle occasion d’accomplir la Mitsva d’être joyeux.

Lors des festivités de Sim’ha Beth Hachoéva, il dansait le cœur joyeux, jusqu’au bout de ses forces.

Un jour, il expliqua à l’aide d’une parabole les raisons de ses grands états de joie pendant la fête.

Chaque fruit dans la nature possède une saison. Or, une fois celle-ci passée, il est impossible de s’en procurer. Celui qui aime beaucoup ce fruit en fera donc des conserves, lors de sa pleine saison, afin d’en retrouver le goût une fois la saison terminée et de pouvoir en manger toute l’année.

La fête de soukot représente la saison de la joie. Si l’on souhaite en avoir toute l’année, il faut donc en faire des conserves !

Redoubler de joie et s’imprégner de ces moments si particuliers, permettra de les retrouver tout au long de l’année.

La Guémara Souka 50b cite une opinion selon laquelle la version correcte de nommer ce moment de joie serait non pas beth Hachoeva (puisement) mais beth ‘Hachouva (importante).

Le Rambam Hilkhot (Souka 8, 15), rapporte : « la Sim’ha que dégage un homme lors de l’accomplissement d’une Mitsva est un service important ; mais toute personne qui l’effectue (la mitsva) sans Sim’ha mérite un châtiment… »

La Sim’ha n’est donc pas un petit « plus » dans le service de Hachem, elle n’est pas non plus optionnelle. Son absence causera de terribles malédictions annoncées par la Torah.

Une mitsva, même accomplie minutieusement, si elle est faite sans Sim’ha, demeure incomplète.

La Sim’ha ne vient pas embellir la mitsva, elle en est une partie intégrante. La Sim’ha que nous évoquons ici s’apparente aussi à la notion de Emouna (Foi).

Une Avodat Hachem (Service Divin) dénuée de Sim’ha, révèle un manque de Emouna et de Bita’hone en Hachem. C’est une sorte de remise en question des décrets du Ciel, ‘Hass véChalom !

Accomplir une Mitsva, c’est avant tout se plier à la volonté de l’Éternel et accepter le joug Divin. Ainsi, pendant ces jours de Soukot où nous quittons nos maisons et nos biens matériels, nous aspirons à la Sim’ha.

Cette joie révèle que ni notre confort, ni nos désirs ou nos intérêts personnels n’influeront sur notre Avodat Hachem, qui représente notre seul but et notre ultime désir.

Simanime

Cet ouvrage intitulé Simanime, s’intéressant aux aliments consommés le soir de Roch Hachana en « signes » favorables pour la nouvelle année. L’auteur y présente chacun de ces aliments, son nom hébraïque et le symbole qu’il représente, en développant l’idée qui se cache derrière sa consommation. Point remarquable : comme les coutumes divergent entre une communauté et l’autre quant au choix de ces aliments, l’auteur présente exhaustivement les rites israélien, tunisien, algérien, marocain et djerbien… Présentant également le texte du kiddouch, les lectures qu’il est propice de lire pendant le repas ou encore le birkat hamazon, ce livret sera un fidèle compagnon durant toute la soirée de Roch Hachana.

Oushpizine – Invitation à la Kédoucha

Peu de livres abordent ce sujet, mais nous avons une chance inouïe de pouvoir inviter sous notre Souka, des invités d’honneur. Cet ouvrage, « Oushpizines, une invitation à la Kédoucha » est un petit guide qui vous accompagnera à chaque instant de la fête de Soukot. Chaque jour est dédié à l’Ouchpez correspondant, avec des louanges à son intention, son histoire liée à la fête de Soukot, une petite anecdote sur les Arbaat haminim et un passage du livre de Koheleth (L’Ecclésiaste) écrit par le roi Salomon (Chlomo Hamelekh), le plus sage de tous les hommes. Le but de cet ouvrage est de donner une nouvelle dimension spirituelle à la fête de Soukot et de contribuer à la diffusion de la Torah : « Afin que vos générations sachent que J’ai fait demeurer les Bnei Israël dans des cabanes, quand Je les ai faits sortir du pays d’Égypte, Moi, Hachem, votre D.ieu ! » (Vayikra 23 ; 42-43)

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La signification de Tou Béav


Six évènements heureux eurent lieu à Tou Béav, soit le 15 Av, le transformant ainsi en un jour festif du calendrier juif. La Michna dans le traité Taanit nous apprend : “Aucun jour ne fut plus festif pour Israël que le 15 Av et le jour de Kippour”. Que symbolise Tou Béav, le 15ème jour du mois hébraïque d’Av ? En quoi est-il comparable à Yom Kippour ?

Nos Sages expliquent que Yom Kippour symbolise le pardon de Dieu relatif au péché du Veau d’Or commis par Israël dans le désert, car c’est en ce même jour que D.ieu accepta finalement la plaidoirie de Moïse en faveur du pardon des Nations, et toujours en ce jour que Moïse descendit du Mont Sinaï avec les deuxièmes tables de la Loi (les premières ayant été brisées en voyant Israël s’adonner au culte du Veau d’Or).

De la même manière que Yom Kippour symbolise l’expiation du péché du Veau d’Or, Tou Béav marque l’expiation de la faute des Explorateurs, dont dix d’entre eux firent un rapport tellement négatif sur la Terre de Canaan qu’ils réussirent à faire paniquer le peuple d’Israël tout entier qui devait y pénétrer. Suite à ces rapports alarmistes et crus par le peuple, Dieu décréta que le peuple d’Israël errerait encore 40 ans dans le désert, et qu’aucune personne âgée de 20 ans et plus à l’époque de ces dires n’entrerait vivante en Terre promise. Pendant ces quarante années d’errance supplémentaires, les personnes qui atteignaient leurs 60 ans décédaient le jour de Ticha Béav, soit 15 000 âmes chaque Ticha Béav. Cette fatalité prit fin un jour de Tou Béav.

Six évènements heureux eurent lieu un jour de Tou Béav.

Premier évènement :

Comme dit ci-dessus, la fatalité qui poursuivit les Juifs dans le désert pendant quarante ans prit fin un 15 Av. Cette année-là, les dernières 15 0000 personnes s’apprêtaient à mourir. Mais Dieu dans Sa grande miséricorde décida de les épargner, jugeant qu’ils avaient traversé suffisamment de difficultés jusque là. Ne le sachant pas, ces Juifs se préparèrent à mourir à l’approche du 9 Av. Mais rien ne se passa. Ils pensèrent d’abord à une erreur de calendrier de leur part, et attendirent donc le lendemain, puis le jour suivant…

Finalement, le 15 Av arriva, et avec lui la pleine lune qui prouva à tous que le jour fatidique était bel et bien passé… et qu’ils étaient toujours vivants ! Il était désormais clairement établi que Dieu avait abrogé son décret, et qu’Il avait donc pardonné le péché des Explorateurs.

C’est ce que voulurent dire nos Sages quand ils déclarèrent : “Aucun jour ne fut plus festif pour Israël que le 15 Av et le jour de Kippour”, car il n’y a pas de joie plus grande que celle de voir ses fautes pardonnées. En l’occurrence, le péché du Veau d’Or fut absous un jour de Yom Kippour, et celui des Explorateurs un jour de Tou Béav. Dans le Livre des Juges, Tou Béav est assimilé à un jour de fête (Juges 21:19). Mis à part cet évènement particulièrement remarquable, cinq autres faits marquants se produisirent un jour de Tou Béav.

Deuxième et troisième évènements :

Suite à la jurisprudence des filles de Celofhad (cf Nombres chapitre 36), les filles qui avaient hérité de leur père alors que celui-ci ne laisse pas de fils n’avaient pas le droit d’épouser un homme issu d’une autre tribu que la leur, ceci pour éviter que la terre ne passe d’une tribu à une autre. Quelques générations plus tard, après l’épisode de la concubine de Ghibea (cf Juges, chapitre 19-21), les enfants d’Israël voulurent interdire à leurs filles d’épouser un homme issu de la tribu de Benjamin. Cette décision radicale menaçait tout simplement la tribu de Benjamin d’extinction.

Or chacune de ces prohibitions furent levées à Tou Béav. Le peuple comprit que s’il maintenait sa sanction contre Benjamin, l’une des 12 tribus ne risquait rien moins que de disparaitre. Le peuple s’en dédit en arguant que cette interdiction ne concernait que la génération qui l’avait votée, et pas les générations à venir. Idem pour les héritières qui étaient limitées à leur propre tribu pour leurs choix matrimoniaux : cette limite fut appliquée par la génération contemporaine de Josué, celle qui a conquis et divisé la Terre de Canaan, mais tomba en désuétude pour les générations suivantes. Pouvait donc apparaitre le phénomène de fusion des tribus, qui était une raison de réjouissance en soi. Le Livre des Juges parle même de “festival aux yeux de Dieu”. Le traité Taanit indique qu’au cours des générations, le jour de Tou Béav a été spécialement choisi pour fixer des fiançailles, symbole d’émergence de nouvelles familles juives.

Quatrième évènement :

Après que le roi Jéroboam ait divisé le royaume d’Israël en emportant dix tribus du royaume de Judée, il posta des gardes le long des routes menant à Jérusalem, pour dissuader les gens de monter à la Ville sainte pour les Fêtes de pèlerinage, car il craignait que de tels rassemblements populaires n’affaiblissent son autorité. En guise de “substituts”, il érigea deux lieux de culte, à Dan et à Beth-El, qui s’avérèrent de véritables suppôts d’idolâtrie. De fait, la division entre les deux royaumes prit valeur de fait accompli, et perdura pendant des générations. Le dernier roi du royaume d’Israël, Osée fils de Ela, voulut réparer ce désastre, et retira tous les gardes des routes menant à Jérusalem. Il permit ainsi à nouveau au peuple d’effectuer ses précieux pèlerinages. Cela se produisit un jour de Tou Béav.

Cinquième évènement :

Au début de la période du Second Temple, la Terre d’Israël était à ce point aride que le bois nécessaire aux sacrifices et à la flamme éternelle qui devait bruler sur l’Autel était quasiment impossible à trouver. Aussi chaque année, un groupe de volontaires courageux partait au loin pour ramener du bois, malgré le fait que ce voyage était extrêmement dangereux.

Il faut préciser ici que tout bois n’était pas forcément employable pour ces buts sacrés. Ainsi le bois véreux n’était-il pas éligible au service du Temple. Le froid et l’humidité étant les conditions idéales au développement des vers dans le bois, il était indispensable de rassembler le bois nécessaire à la saison estivale suivant bien avant l’arrivée des premiers frimas de l’hiver. Le dernier jour de l’année où l’on achetait encore du bois avant de le stocker était le 15 Av, et il donnait lieu à des scènes de joie chaque année lorsqu’on constatait que le quota de bois nécessaire avait été atteint.

Sixième évènement :

Durant la révolte de Bar Kokhba, les Romains interdirent que les corps de leurs ennemis dans la bataille de Bétar soient ensevelis. Très longtemps après la bataille, ils donnèrent enfin la permission d’inhumer ces malheureux. Cette autorisation fut proclamée un jour de Tou Béav, et permit de découvrir un double miracle : tout d’abord la finale “générosité” des ennemis implacables du peuple juif, mais surtout le fait que les corps des combattants juifs, laissés à l’abandon à ciel ouvert pendant si longtemps, ne s’étaient pas décomposés.

En signe de gratitude pour ce double miracle, il fut ajouté une quatrième bénédiction au Birkat Hamazone (Actions de grâces après le repas), laquelle remercie Dieu “Qui est bon et Qui prodigue le Bien” : “Qui est bon” pour saluer la conservation miraculeuse des corps de Bétar, et “Qui prodigue le Bien” pour célébrer l’autorisation inattendue d’ensevelissement des dépouilles.

De nos jours, nous marquons Tou Béav comme une fête mineure, en cela que nous ne récitons pas les Tahanounim (NDT : prières demandant le pardon de nos fautes) ce jour-là, et que nous ne disons pas d’éloge funèbre. Dans la même idée, un couple qui se marie un jour de Tou Béav est exempté de la coutume couramment suivie de jeûner la journée précédant la bénédiction nuptiale.

Tou Béav précède de peu le mois d’Elloul, lequel nous offre la possibilité de nous préparer spirituellement aux Jours redoutables des fêtes de Tichri. Les jours raccourcissent, les nuits deviennent au contraire plus longues. La météo elle-même invite à une pause intérieure : le fermier a traversé les tribulations de la récolte, son rythme de travail a considérablement ralenti. Même les conditions physiques se prêtent à la réflexion ; il serait presque impossible de s’asseoir et de méditer sous la chaleur accablante de l’été, mais maintenant que les journées et les nuits sont plus fraiches, l’introspection s’en retrouve facilitée.

Dans le passé, il était de coutume de se saluer le jour de Tou Béav par l’expression “Kétiva vekhatima tova” (“Que votre nom soit inscrit et scellé pour le Bien”), c’est-à-dire la même bénédiction que celle que nous utilisons de nos jours à Roch Hachana. Les férus de Guématria (calcul de la valeur numérique des lettres en Hébreu) pourront constater que la valeur numérique de cette phrase de salut totalise le nombre 928… qui est aussi la valeur numérique des mots “quinzième de Av”.

La signification de Tou Béav par le grand-rabbin Yisrael Meir Lau Chlita. Tiré et traduit de l’ouvrage Practical Judaism paru aux Editions Feldheim.

Echet ‘Hayil – Le livre

Découvrez un ouvrage exclusif sur le fameux “ECHET ‘HAYIL” en téléchargement libre

Lettre d’appréciation du Rav Yéhouda SAMUEL chlita

Roch Yéchiva Keter Chlomo

En lisant ce chef-d’œuvre, ce ECHET ‘HAYIL de Rav Mordékhaï Bismuth שליט”א, on voit immédiatement que ce ne sont pas des explications qu’il a glanées ici ou là, mais on découvre son vécu quotidien, son analyse de sa vie de Talmid H’ah’am, qui essaie de mettre en application ce qu’il découvre dans son Etude. Et avec quelle extérité il a su nous montrer la voie pour le suivre, la voie qui conduit un couple de Tora vers la Réussite, l’équilibre, le bonheur. Une famille dans laquelle chacun trouve sa place harmonieusement, car elle est adaptée au dessein Divin, au projet de la Tora dans sa Splendeur.

Rav Bismuth, par cet ouvrage exquis, nous ouvre une porte pour vivre, dans ce Monde, un peu du Monde Futur. Suivons-le pas à pas, et un grand MERCI de la part de tous ceux qui liront et s’épanouiront dans ce voyage de la Vie.

Lettre d’appréciation du Rav Yé’hia BENCHETRIT chlita

Chers amis

Je viens apporter mon soutien et mes encouragements au Rav Mordékhai Bismuth pour la sortie de sa nouvelle œuvre : « Échet ‘Hayil ». Il s’agit d’un commentaire et pertinent du texte connu et lu toutes les veilles de Chabath dans nos foyers.

Je connais le Rav depuis de longues années et je peux témoigner de ses nombreuses années d’investissements et de sacrifices pour la Thora et sa diffusion. Les livres qu’il a déjà écrit témoignent pour lui.

Je prie Hachem que ce nouveau livre soit accueilli dans chaque foyer et soit étudié par les plus érudits et tous ceux qui sont animés par la recherche de la vérité. Et j’associe ma bénédiction à tous ceux qui aideront le Rav Bismuth à la diffusion de ses œuvres.

Rav Yehia Benchetrit

PESSA’H CHÉNI, TOUT N’EST PAS PERDU

Cette semaine nous parlons de Pessa’h Chéni. En effet un mois après Pessa’h, le 14 Iyar, nous fêtons Pessa’h Chéni.

Rappelons son origine : Un an après la sortie d’Égypte, Moché Rabénou ordonne au peuple de célébrer pour la première fois la fête de Pessa’h et de procéder au sacrifice du korban Pessa’h (sacrifice de l’agneau pascal). Malheureusement, la joie de cette première commémoration ne sera pas partagée par tous.

En effet Moché Rabénou reçoit la visite surprenante d’une poignée de personnes ne pouvant pas procéder à ce sacrifice, car ils étaient impurs. ( Voir Bamidbar 9 ; 7)

La Guémara [Souka 25a/b] offre diverses raisons pour comprendre leur état d’impureté:

Selon Rabbi Yossi Hagligli ils portaient les ossements de Yossef ; selon Rabbi Âkiva il s’agissait de Michaël et Eltsafan qui transportèrent les dépouilles de Nadav et Avihou (les enfants d’Aharon) en dehors du camps ; enfin selon Rabbi Its’hak, ils étaient de simples juifs ayant dû s’occuper de l’inhumation d’un « mèt mitsva », un mort abandonné en attente de sépulture.

Ayant ce statut, ils sont exemptés de faire le Korban Pessa’h. Ils ne ratent pas la Mitsva, ils n’ont pas le devoir de la faire car ils sont occupés à une autre Mitsva.

Quoi qu’il en soit, ces hommes réclamèrent de pouvoir fêter eux aussi ce grand jour. Ils se sont sentis comme « punis » sans raison fondée, car ce n’était pas dû à une négligence de leur part, mais plutôt lié à l’accomplissement d’une Mitsva.

Pourquoi seraient-ils privés de fêter avec le reste du peuple une si grande sim’ha de ce premier Pessa’h en tant que peuple libre ? Bien que dispensés, ces hommes ont cherché à montrer leur attachement et leur reconnaissance envers le Créateur qui les a libérés.

Moché Rabénou, ne sachant pas comment réagir à cette réclamation, consulta Hachem qui lui ordonna d’instituer un second Pessa’h pour ceux n’ayant pas pu fêter le premier.

Incroyable ! Une fête qui n’existait pas dans le calendrier, et qui, grâce à une poignée de gens déterminés et sur-motivés a été instaurée ! Leur détermination a créé une nouvelle occasion de servir Hachem !

Parfois on croit que l’on a raté le coche, la déprime s’installe et on se relâche… Mais Pessa’h chéni, fête de la deuxième chance, viens nous inculquer que tout n’est pas perdu !!

Illustrons cela grâce au récit suivant :

Rav Israël Salanter Zatsal rentre un soir tard chez lui, et se rend compte que la lumière du cordonnier est encore allumée. Le Rav inquiet et consciencieux , se dit que si la lumière est allumée à cette heure-ci, c’est sûrement qu’il se passe quelque chose.

Il tape à la porte, et le cordonnier surpris de voir le Rav à une heure aussi tardive, lui demande la raison de sa visite. Le Rav lui répond, qu’il était inquiet de voir la lumière de la boutique allumée à une heure aussi tardive.

Le cordonnier lui répliqua une phrase aussi simple que profonde : «chaque instant où la lumière est allumée, on peut encore réparer, alors je reste travailler »

Le Rav rassuré quitte son fidèle, mais avec en tête cette phrase qui résonne «  chaque instant où la lumière est allumée, on peut encore réparer… »

Cette phrase n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, Rav Salanter analyse chaque situation de la vie et en tire les leçons nécessaires pour pouvoir avancer. Le cordonnier ne s’est pas rendu compte de l’impact de sa réponse.

Le lumière en question c’est la Néchama, tant qu’il y a une Néchama on peut réparer ! En d’autres termes, comme le dit le dicton populaire « Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir ! »

Les maîtres de la ‘Hassidout apprennent de Pessa’h Chéni une grande leçon de morale, qu’au-delà du fait qu’il est toujours possible de réparer, « il n’existe pas de désespoir dans le monde », « eïn iyouch/pas de désespoir  », évidement si on le désir profondément. En effet pour avoir droit à une seconde chance, il faut le vouloir réellement et ne pas oublier de le demander, à l’exemple de ces hommes impurs qui se sont battus pour rattraper cette Mitsva a priori perdue… En leur offrant ce jour là, Hachem a voulu inculquer cette notion : «le désespoir n’existe pas ».

Tous les ans, la date de Pessa’h chéni coïncide avec la hilloula de Rabbi Méïr Bâal Haness.

Rabbi Méïr porte son nom sur les « miracles » qu’il réalisait. Mais qu’est ce qu’un miracle?

David Hamélekh écrit dans les Téhilim: « D.ieu rattrape tous ceux qui tombent / סוֹמֵךְ ה׳ לְכָל הַנֹּפְלִים », c’est ce que l’on appel un miracle, un נס

Lorsque l’on se trouve dans la situation la plus désespérée « la chute-נֹּפְלִים » et que soudain tout change «rattrape -סוֹמֵךְ» les initiales forment le mot « ness-נס », miracle.

Dans ce Téhilim que l’on récite tous les jours à trois reprises nous voyons que même si nous avons atteint le niveau le plus bas, rien n’est jamais perdu, et cela même au delà des règles de la nature.

Le Ram’hal explique qu’il existe une particularité en plus de la sanctification relative à chacun des jours de fête. Chaque illumination, produite à une époque déterminée resplendira de nouveau à son jour anniversaire. À la date commémorant l’événement sera émise une illumination du type de la première, par exemple celle dont les Bneï Israël ont bénéficié après la sortie d’Égypte et dont on bénéficie tous les ans à Pessa’h. Tous les jours saints sont basés sur ce principe.

Aussi, le Rav Dessler nous recommande de prendre conscience que les dates de notre calendrier sont bien plus que de pieuses commémorations d’événements passés. Lors de chacune des fêtes, chaque juif peut et doit retrouver le contenu spirituel qu’elle possédait à l’origine.

Imprégnons-nous de l’illumination d’espoir s’étant produite à cette date et apprenons à ne jamais baisser les bras. Comportement parfaitement intégré et incarné par la personne de Rabbi Méïr, porteur du miracle.

Le compte du omer “49-Séfirat Haômère”

Pourim est passé, nos placards sont emplis de Michloah Manot. C’est alors que nous commençons un comptage de 30 jours ! Nous avons 30 jours jusqu’à Pessa’h pour éliminer tout le ‘Hamets que nous possédons. Nous faisons notre « to do list »  pour n’oublier aucun recoin de notre maison.  Jusqu’au grand moment : la recherche du ‘Hamets et son annulation.  Puis nous voilà au soir du Sédère de ‘Pessah. Fatigués, mais heureux ! Nous avons réussi !

Plus une trace de ‘Hamets, nous sommes libres et dégustons la Matsa avec fierté. Pessa’h, jour 1, nous sommes sortis d’Égypte ! C’est alors qu’un autre compte commence… 

Vous compterez pour vous du lendemain du Chabbat (c’est-à-dire du lendemain du premier jour de la fête de Pessa’h) , du jour où vous apporterez le Ômère de l’offrande balancée, sept Chabbatot [semaines] complètes. {16} Jusqu’au lendemain du septième Chabbat [semaine], vous compterez cinquante jours, et vous offrirez une nouvelle Min’ha à Hachem. Ce sont 49 jours d’attente où chaque jour compte.

Mais que compte-t-on ? Avant Pessa’h nous avions un but : éliminer tout le ‘hamets. Quel est notre but aujourd’hui ? Où nous mènent ces 49 jours ? Curieusement, nous recommençons le même parcours !

Nous avons le même but : éliminer tout ‘Hamets, mais spirituel cette fois. Nous allons effectuer une introspection, examiner chaque recoin de notre être, faire une « to do list » pour travailler nos midot/qualités et sortir de notre « Égypte » personnelle.

Et arriver au grand jour… « Lorsque Moché annonça la délivrance aux Bneï Israël, il ajouta qu’au terme de 50 jours après la délivrance, ils recevraient la Torah.  Comme il est dit (Chémot 3;12) : « … Quand tu auras fait sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Ha-Elokim sur cette montagne ». Le texte fait allusion au don de la Torah sur le mont Sinaï. » Matane Torah, le don de la Torah !

Le Ômère est un sacrifice. Que signifie ce Korbane ?  Pourquoi Hachem nous a-t-Il demandé de compter sept semaines depuis cette offrande ?  Puis au bout de ce compte, nous fêtons les semaines passées, Chavouot ! Quel est le lien avec Matane Torah ?  Que signifie cette ordonnance d’Hachem : « Vous compterez pour vous » ? Oui, je compte, mais moi ? Pourquoi « pour moi » ?  Nous aborderons toutes ces notions Béezrat Hachem à travers cet ouvrage. Nous allons expliquer l’origine et la signification de ce sacrifice, les détails de ce compte et le lien avec le don de la Torah.  Nous découvrirons la sainteté de ce moment, la façon de nous développer en comptant et de nous diriger dans le respect de cette ordonnance. Par ses nombreuses références, ses midrachim cités, ses lois expliquées et ses illustrations, ce livre nous aidera à comprendre et à optimiser cette période.

Nous nous croyons libres, accoudés comme des rois et buvant nos 4 verres de vin. Mais nous gardons des traces d’Égypte que nous devons éliminer et purifier. C’est le moment de se relever, de se préparer à recevoir notre Sainte Torah. Le Rav Yossef ‘Haïm Sitruck chlita dit :  « Le temps se perd ; chaque minute est une construction qu’on rate si l’on en fait rien. Il s’agit d’être conscient du temps qui passe. » 49 jours… Le compte a débuté…

Le Message du Rav KANIEWSKY Chlita

QUELQUES MOTS DE RAV KANIEWSKY CHLIT’’A (commenté par Néfesh Yéhoudi) SUR LA SITUATION ACTUELLE

Face à la situation actuelle et à la propagation du virus (Hachem yerah’em), Rav H’ayim Kaniewsky Chalit’a a écrit un ktav yad (un mot de sa mains) qui a été photocopié et affiché dans toutes les Synagogues et les Baté Midrachote de Bné Brak. Il y est écri le texte suivant :

Nous devons en cette période nous renforcer dans le domaine du lachone ara (médisance) car la situation du mêtsora (lépreux atteint de la tsaraate à cause de ses fautes) ressemble beaucoup à notre situation “il a séparé un homme de son ami, un mari de son épouse et lui aussi est séparé des autres” (dit la guémara erkhin). Il faut également se renforcer dans le domaine de la anava (humilité) et savoir passer sur ses midote (essayer de ne pas être pointilleux même dans les domaines qui nous dérangent) comme la écrit le Roch à la fin du traité orayote »

On voit donc que d’après Rav Kaniewsky les difficultés actuelles seraient liées de près à la faute du lachone ara et notre situation ressemblerait à la faute du metsora (lépreux).

Q1°) Nous allons béezrate Hachem essayer d’éclaircir comment le Metsora était traité pendant cette période et en quoi la situation est-elle vraiment similaire.

Q2°) Nous essaierons également de comprendre comment une faute si légère (à nos yeux ; c’est-à- dire facile à transgresser) comme le lachone ara (médisance) peut entraîner une situation si grave. LIRE LA SUITE

La Hagada Bé Sédère

Chaque année, et cela depuis la sortie d’Égypte, nous avons le devoir de commémorer notre délivrance en nous remémorant nos années d’esclavage, les miracles d’Hachem jusqu’au don de la Torah.

Raconter la Hagada ce n’est pas seulement lire les textes et leurs traductions comme une simple histoire.

Raconter la Hagada c’est revivre l’Histoire, notre Histoire, et surtout la transmettre à chaque génération.

Le Témoin de l’accomplissement de cette mitsva est notre libérateur, Hakadoch Barouh Hou qui se déplacera lui même pour se délecter de notre récit, ce soir là. Honorons-Le, et essayons pour cela, ensemble, d’expliquer et de comprendre cette fameuse Hagada, qui voyage de génération en génération, sans jamais perdre de son éclat.