22 juin 2024

Wort sur la Paracha…TOLDOT

« Essav devint un homme sachant chasser, un homme des champs. » (BerĂ©chit 25, 27) Soulignant la rĂ©pĂ©tition du terme « homme », l’auteur du Min’hat Elazar explique qu’Essav Ă©tait une personnalitĂ© double : il semblait parfois craindre D.ieu et ĂȘtre mĂ©ticuleux dans l’observance des mitsvot, et parfois avait l’air d’un tout autre homme, quand il sortait dans les champs. Par contre, Yaakov Ă©tait un homme entier, se conduisant toujours de la mĂȘme maniĂšre, « un homme intĂšgre, assis sous les tentes ».

« Et maintenant, mon fils, obĂ©is Ă  ma voix Ă  propos de ce que je t’ordonne. Va je te prie 
 afin qu’il te bĂ©nisse avant sa mort. » Yaakov dit Ă  Rivka sa mĂšre: « 
 Peut-ĂȘtre mon pĂšre me tĂątera-t-il et je serai Ă  ses yeux tel un imposteur et j’amĂšnerai sur moi la malĂ©diction et non la bĂ©nĂ©diction»

Sa mĂšre lui dit : « [Je prends] sur moi ta malĂ©diction, mon fils ; seulement Ă©coute ma voix  » (27,8-13)

Comment comprendre que Yaakov se trouva rassurĂ© en sachant que les malĂ©dictions iraient chez sa mĂšre ? Le Gaon de Vilna explique que le terme  ŚąŚœŚ™ (sur moi) se compose en fait des initiales des trois mots : Essav- ŚąŚ©Ś• ,Lavan-ŚœŚ‘ŚŸ  et Yossef-Ś™Ś•ŚĄŚŁ .

C’est que «ta malĂ©diction» et tes souffrances viendront uniquement de ces trois personnages et non pas de ton pĂšre. Il est donc sĂ»r que ton pĂšre ne te maudira pas. D’ailleurs, c’est pourquoi, quand plus tard, Yaakov fut confrontĂ© Ă  l’épreuve de devoir laisser son fils Binyamin descendre en Égypte avec ses frĂšres, il dit : « Sur moi (ŚąŚœŚ™)tout cela est advenu » (Mikets 42,36). Par cela, il voulait faire allusion au fait qu’il avait dĂ©jĂ  traversĂ© les trois Ă©preuves de : Essav, Lavan et Yossef, qui sont en allusion dans le terme ŚąŚœŚ™) sur moi) et que sa mĂšre lui a prĂ©dit. Ainsi, il se dit : comment pourrait-il m’arriver un autre malheur, par la perte de Binyamin, chose qui n’a pas Ă©tĂ© prĂ©dite ?

«Les enfants s’agitĂšrent en son sein » (25,22)

Selon Rachi : Ils se heurtaient l’un contre l’autre, se disputant l’hĂ©ritage des deux mondes. On pourrait penser que Yaakov voulait le monde Ă  venir, et Essav ce monde-ci. Mais ce n’est pas le cas. Le Chem miChmouĂ«l explique, qu’en rĂ©alitĂ©, chacun voulait les deux mondes, et que l’unique diffĂ©rence rĂ©side dans lequel donner sa prĂ©fĂ©rence. Pour Yaakov, l’essentiel est la poursuite du monde futur, tandis que pour Essav le principal est la recherche des plaisirs de ce monde temporaire. Le Midrach (BĂ©rĂ©chit 63,10) rapporte que Essav demandait Ă  son pĂšre comment prĂ©lever la dĂźme sur le sel et la paille, afin de tromper son pĂšre et de crĂ©er une impression qu’il Ă©tait mĂ©ticuleux dans l’observance des Mitsvot. Le Chem miChmouĂ«l dit qu’on peut y apprendre un message plus profond. Essav prenait quelque chose de secondaire (la paille, le sel) et en faisant quelque chose de principal, sur lequel on doit prĂ©lever la dĂźme. La paille est accessoire au blĂ© qu’elle protĂšge, et le sel ne vient qu’aprĂšs la nourriture pour la relever ou la prĂ©server. On sait que le yĂ©tser ara a pour objectif de crĂ©er en nous des doutes, faisant un grand mĂ©lange entre nos prioritĂ©s. Il veut qu’à nos yeux l’accessoire devienne l’essentiel, afin que notre vie soit au final la plus vide possible.