25 juin 2022

Du Hareng au… Beth Hamidrach

Tout commence dans une communauté du Sud du pays où coule le lait et le miel. Cette synagogue fonctionne à merveille grâce à son Rav dévoué, le Rav Pérets et aussi le Gabay: Victor Lévy. Le Rav de la Beth Haknesset s’occupe de donner plein de cours de Thora tandis que le Gabay, le secrétaire s’occupe de toute l’organisation des prières et aussi des Siyoumims lorsqu’un traité du Talmud est terminé, on fait une fête et un repas. C’est notre Victor qui s’occupe de la magnifique Séouda/repas qui est organisée à peu près 4 fois dans l’année. Notre Gabay se fait un devoir de préparer un repas digne des plus grandes festivités: Couscous boulettes, succulent saumon à la sauce rouge bien piquante… un vrai délice! Or dans cette communauté est arrivé depuis 6 mois un nouveau venu, vétéran originaire du centre du Pays: Reb El’hanan Herskowits. Comme son nom l’indique il est d’origine Ashkénaze, mais comme il fait bon prier dans cette synagogue, il se retrouve fréquement dans cette communauté. Or voilà que Victor prépare le super-Sioum de la fin du traité Ména’hot étudié par les Avré’hims du collel. Bien entendu il convaint notre nouveau venu, El’hanan, de participer à cette joie. Seulement notre ancien aura une condition à sa venue: « Qu’il y ait du herring et des Craquers à table! » Pour nos fidèles lecteurs qui ne savent pas la signification de ces mots, il s’agit du fameux hareng avec des biscottes dont raffolent nos frères Ashkénazes! Le Gabay dévoué ira donc dans la supérette du coin pour acheter ce poisson fumé avec les fines tranches d’oignon ainsi que les Craquers…

Le jour dit, toute la communauté fête la fin d’étude des Avréhims, et à la fin tout le monde mange le somptueux repas en l’honneur de la Thora. Seulement on peut voir qu’Elhanan ne mange QUE son herring et ses biscottes: il ne touchera rien de tout le somptueux repas! A la fin des festivités, le Rav Pèrets ainsi que le gabay s’approchent de notre vétéran pour lui demander ses impressions et lui demander pourquoi n’a-t’il pas mangé de cette bonne nourriture? Notre homme dira: » Cette soirée était formidable! Seulement j’ai préféré manger de mon herring car ce poisson a une longue histoire! Et il raconta son histoire : » Quand j’étais jeune, j’habitais une ville perdue aux confins des Etats unis dans l’état de l’Ohio. Cela remonte à des années en arrière. A l’époque, je n’avais absolument une éducation juive. Je savais à peine que j’étais juif, ni le Shabat, ni les fêtes, ne parlons pas des Tephillin! En un mot, je me comportais comme l’écrasante majorité des jeunes américains de mon époque! Mon hobby était le sport. Chaque samedi je me rendais au terrain de Basquet Ball. Comme je vous l’ai dit je n’avais aucune idée du Shabat. Une fois, alors que j’avais dans les 14 ans je me suis rendu au terrain de jeu. C’est alors que le Rav de la ville m’a vu et m’a interpelé il connaissait un peu mes parents pour savoir que je faisais partie de la communauté. Il me dit: « Shabat Chalom, Young Boy! », c’était la première fois que j’entendais parler du Shabat. Le Rav, Rabi Jacob Robintson Zatsal me dit de sa voix avenante que j’étais invité à venir à la Séouda Chlichit dans la synagogue du quartier. Comme son allure et sa personnalité inspirait une grande bonté, je l’ai suivi. C’était la première fois de ma vie que j’entrais dans un lieu de culte de la communauté. Là-bas je découvris un monde complètement inconnu pour moi. Des gens assis à une grande table avec toutes sortes de chapeaux sur leur tête, et tous écoutaient le rav qui faisait la Dracha (discours) de la Séouda Chlichit. A l’époque je ne comprenais absolument rien aux paroles du rav, mais ce qui m’intéressait c’était de manger du herring qui ornait les tables. C’était drôlement bon! Quand j’ai fini mon petit encas, je quittais les lieux. Seulement à la sortie, le Rav m’a gentiment caressé ma houppette qui ornait mon visage sans me dire un mot. Après j’ai retrouvé mes copains au terrain de basket! La semaine suivante, la même chose s’est renouvelée, j’étais présent lors du 3ème repas car j’aimais beaucoup le hareng. Ce petit traintrain dura… 5 années! Jusqu’à ce que j’atteigne l’âge de 19 ans. A cette époque s’ouvrait devant moi un choix concernant mon avenir. C’était le moment où je devais choisir ma voie après le Bac. Qu’elle université choisir? C’était l’époque de la Paracha Vayétsé , le moment où Jacob est parti de la maison de son père! Le Rav lors de la Séouda Chlichit fit une Dracha dont je me souviendrais toute ma vie ! Il dit : « Un Juif ne dois pas être aveugle! Il existe un Créateur du monde, la Thora qu’IL a donnée à son peuple. Et cette Thora OBLIGE tout Juif même le plus éloigné! Un Juif ne peut pas être comme ce morceau de Herring bien huileux… (Il désigna alors mon plat préféré!) allongé paisiblement sur une tranche de biscotte et ressentir comme s’il était le roi sur la planète! Il arrivera le jour où ce herring se trouvera englouti tout cru, et il devra rendre des comptes sur sa grande paresse et son aveuglement de ne pas avoir vu la vérité de la Thora! Réveillez-vous mes frères, tout le temps où sa flamme (l’âme) est encore allumée, on peut réparer la situation! Tout le temps où le herring n’est pas avalé, on peut se parfaire! » Tout le monde s’est esclaffé de rire… sauf MOI. Les paroles du Rav sont entrées profondément en moi. J’ai réfléchi pour la première fois de ma vie que je n’étais pas moins que ce morceau d’Herring que je mangeais goulument! Je ne comprenais rien à ma vie, pourquoi suis-je venu sur terre, qu’elle est la signification de cela? Est-ce que j’étais venu uniquement pour gagner (beaucoup) de dollars? Je me suis dit alors que je ne voulais pas finir comme ce morceau d’Herring! En un mot je devais absolument connaitre les réponses qui sont dans la Thora! Je demandais alors au Rav où je pouvais apprendre la Thora? Il me répondit: il existe la Yéchiva du Rav Moché Feinstein Zatsal. Depuis, j’ai fait mon petit chemin dans la Thora. De là, vous comprenez le rapport très spécial que je garde avec ce poisson! Je lui dois mon judaïsme, jusqu’à ce jour! C’est pourquoi j’essaye de l’honorer dans toutes les bonnes circonstances. » Fin de cette véritable histoire!

ET pour nous, c’est une réflexion –après la Don de la Thora- de savoir le sens de notre vie. En Amérique les gens ne voulaient pas finir comme ce heiring! Peut-être qu’en France, on ne veut pas finir comme les croissants chauds dans la tasse de chocolat. (Histoire véridique rapportée par le journaliste Rav Yacov Lévy)

Shabat Chalom et a la semaine prochaine Si D.ieu Le Veut

Rav David Gold