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Pin’has: Je vous prie de faire la Téfila

« Ordonne aux Bné Israël et dis-leur :  Mon offrande, l’aliment de Mon sacrifice qui est brûlée en odeur agréable, vous veillerez à l’apporter en  son  temps.  »  (28, 2)

Le Sfat Emet commente ce verset en associant au terme ‘veillez-Lichmor’ le sens ”d’attendre” (en hébreu, en effet, le verbe Lichmor peut signifier à la fois “veiller à” ou ”être dans l’attente”, n.d.t). Il signifie dès lors aussi : « Vous serez dans l’attente de l’apporter. » Toute la journée sera ainsi  une préparation dans  l’attente  de l’apporter. Toute la journée sera aussi une préparation dans l’attente impatiente de l’heure où l’on pourra enfin apporter le sacrifice perpétuel, et il en sera de même pour la prière (après la destruction du Temple, les prières quotidiennes ont été instituées en remplacement du sacrifice perpétuel du matin et de l’après-midi). Toute la journée d’un juif, explique-t-il, doit être pour lui secondaire en regard du moment où il prie et pendant lequel il vit réellement. C’est ainsi que le Maître du Kouzari enseigne à son disciple la vertu d’un juif fervent (Kouzari 3, 5) : « Cet instant (de la prière) sera pour lui l’essentiel de sa journée  et  le  centre  de ses préoccupations, tous             les autres moments n’étant que des moyens d’arriver à celui-ci. Il désirera ardemment retrouver cette proximité dans laquelle il ressemble aux êtres spirituels et        se distingue de l’animal.» (Le Kouzari explique dans  la suite  de  cet extrait que  la prière doit être pour  l’homme  comme un aliment qui le nourrit lors d’un repas jusqu’au prochain. De même, il tire sa subsistance spirituelle de la prière jusqu’à la prochaine.)

Un juif de Jérusalem dont l’un des membres de la famille devait subir une opération à l’hôpital Hadassa, décida que pour mettre toutes les chances de réussite de leur côté, il devait parler au préalable avec le directeur général de l’hôpital, dont dépendait chaque décision dans cet établissement. En tant que simple citoyen,   il  n’avait  pratiquement aucune chance de pouvoir accéder directement à cet homme qui occupait un poste aussi élevé. Il voulut donc solliciter l’aide  de Rav Firrer, le conseiller médical connu pour ses relations avec le monde de la santé en  Israël (et également  à l’étranger) afin qu’il intercède pour lui auprès de ce directeur .

Le temps ne jouant pas en faveur du malade, il décida  finalement  de  prendre sa voiture pour se rendre à Hadassa. En chemin, il tenta de joindre Rav Firrer pas  moins d’une dizaine  de  fois mais sans succès. Soudain, il aperçut un homme sur le bas-côté de la route qui lui fit signe qu’il était tombé en panne. Au début, il pensa l’ignorer. Il était bien le dernier à être disponible à ce moment crucial où il tentait par tous les moyens de joindre cet intermédiaire tellement nécessaire. Tout d’un coup, à son immense surprise, il se rendit compte que cet         homme n’était autre que… le directeur de l’hôpital en personne! Il n’était dès lors plus nécessaire ni de parler au conseiller, ni à ses secrétaires.

Souvent, il arrive qu’un juif se tienne au milieu de sa prière et se mette à penser : « Ah! Comment vais-je pouvoir arranger rapidement ce problème, parler avec un certain homme d’affaires, courir chez tel médecin, supplier le responsable de la caisse de prêt ou faire des courbettes au banquier,   essayer de m’attirer la grâce de… ? Il ne cesse de remuer dans son  cœur et dans son cerveau le monde entier. Pourquoi ne comprend-il     pas qu’en priant, c’est comme s’il  se  trouvait (si l’on peut dire) devant ce directeur en personne ? Le psychologue et la personne prête à le comprendre, il les trouvera dans la bénédiction de ”Atta ‘Honène” (où l’on demande à Hachem la sagesse), le professeur spécialisé dans celle de   ”Réfaénou” (réservée à la guérison, n.d.t), la subsistance dont il a besoin et la richesse dans celle de ”Barekh Alénou” (ce qui lui épargnera d’avoir à trouver grâce auprès de quiconque), la paix  dans  son  ménage dans celle de ”Sim Chalom”, etc.

Cette approche de l’existence, poursuit le Sefat Emet, est valable  également  tant  que nous sommes  en  exil  dans  l’attente de voir le Beth Hamikdach reconstruit et les sacrifices à nouveau offerts sur l’autel.  En désirant             ardemment que ce temps revienne, nous possédons une part dans les sacrifices qui étaient offerts jadis et dans la construction future du troisième Temple, Biméera Béyaménou Amen !

Un juif ne peut parvenir  à  ce  désir  que s’il est convaincu que toute sa situation spirituelle et matérielle ne dépend que de  la prière. C’est dans cela qu’il doit mettre l’essentiel de ses efforts. Nos pères investissaient toutes leurs forces dans la prière parce qu’ils savaient qu’elle est la source de tous les profits.

Le ‘Hizkouni, dans son  commentaire  sur le verset « (…) Voici les fils de  Yaakov qui lui naquirent à Padan Aram (Et non pas à Beth Lekhem où  Ra’hel  Iménou  décéda en accouchant de Biniamine). L’explication en est, répond-il, que, lors de la naissance de Yossef (plus haut dans le verset 30, 24), elle pria à Hachem « Yossef Li Hachem Ben A’her », « Qu’Hachem m’ajoute un autre fils ». Cette prière            fut exaucée lorsque Biniamine naquit plus tard. Cependant, la Torah considère qu’il était déjà né à l’endroit (Padan Aram) et à l’heure où elle épancha son cœur en suppliques pour mériter un autre fils. Car telle             est la force de la prière : concrétiser la réalité dès le  moment  où elle est exaucée.

Rav Elimélekh Biderman

‘Houkat: La maladie d’Amour

« Alors Hachem suscita contre le peuple les serpents brûlants qui mordirent le peuple, et il périt une multitude d’israélites. Et le peuple s’adressa à Moché et ils dirent : “Nous avons péché en parlant contre Hachem et contre toi ; intercède auprès de Hachem, pour qu’Il détourne de nous ces serpents !” Et Moché intercéda en faveur du peuple. Hachem dit à Moché : “Fais toi-même un serpent et place-le en haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu’il le regarde et il vivra !” »  Bamidbar (21 ; 6-8)

Cet épisode vient nous dévoiler l’une des raisons et des causes de la maladie et de la souffrance. Pourquoi donc Hachem a-t-Il « besoin » de nous faire souffrir ?

Le Rav Mordekhaï Miller nous offre une parabole provenant d’un discours du Rav ‘Haïm de Vologin :

Un jour, un enfant avait contracté une maladie mortelle et il dormait sans discontinuer. Les médecins prévinrent le père que si on ne le sortait pas de sa léthargie d’une façon ou d’une autre, cela lui serait fatal.

Le père mit alors tout en œuvre pour sauver son fils : Il retira d’abord les coussins, l’enfant ouvrit un œil et se rendormit. Il l’allongea sur du bois à la place du matelas moelleux, mais ce fut sans effet… Il se résigna ensuite, après de nombreuses autres tentatives infructueuses, à l’allonger sur des clous, car seule une telle douleur pourrait le réveiller et le sauver de sa léthargie mortelle.

Aussi pénibles que soient les souffrances de l’enfant, qui peut imaginer la douleur du père ?

Malheureusement, il arrive que le peuple Juif ressemble à cet enfant, en s’endormant en tant que Juif et en n’accomplissant plus son rôle. Hachem lui apporte alors la preuve la plus éclatante de Son amour en essayant par tous les moyens de le réveiller.

Hachem nous envoie donc des maladies par amour, des souffrances par bonté, afin de nous réveiller, et de nous rapprocher de Lui. Ce sont donc, malgré les apparences, des preuves d’amour et d’intérêt pour nous.

Lorsque le serpent fit fauter Adam et ‘Hava, sa punition fut que, dorénavant, il ne se nourrirait que de poussière. A première vue on ne comprend pas la punition, au contraire semble-t-il, voilà plutôt une bénédiction, car il trouvera sa subsistance à tous les coins de rue avec une extrême facilité !

En réalité, il n’y a pas pire malédiction ! Car de cette façon, tous les contacts avec Hachem sont coupés. Le fait de le combler physiquement et matériellement fut un moyen de l’écarter définitivement de la face du Créateur. Il n’a plus de besoins, donc plus besoin de connexions avec le Ciel. Livré à lui-même, sans Guide et sans plus aucune possibilité d’œuvrer pour le Bien.

Tous nos besoins ne sont qu’un moyen et non pas un but. J’ai besoin de me nourrir, donc je vais étudier, chercher un travail et me nourrir.

Mais ce n’est pas le contraire : j’ai besoin de manger donc je fais les études les plus poussées qui existent, je cherche un travail le plus haut placé, je brigue la fonction la plus rémunératrice, et je ne passe ma vie qu’à cela, en oubliant femme, enfants, Torah, etc.

Il ne faut pas confondre le moyen et le but.

Nous devons nous nourrir pour avoir des forces afin de réaliser la Volonté du Créateur ! Et non pas réaliser la volonté de mon EGO ! Le but ultime et essentiel est de nous relier au Créateur du monde.

C’est de là que nous voyons le sens de la souffrance, tant qu’il y a des « bobos », des angoisses, voire pire ‘Hass véChalom, nous restons en contact avec Hachem. Elle est envoyée pour éveiller en nous le besoin de retourner vers D.ieu. Si nous sommes conscients que la maladie est envoyée par le Ciel afin de nous rapprocher de Lui, alors nous comprendrons que dans la salle d’attente du médecin, il sera de mise de profiter de cette attente pour lire quelques Téhilim, faire une introspection, et essayer de comprendre pourquoi nous sommes assis là en cet instant.

Aucun événement n’arrive pour rien, et si l’on doit attendre 6 mois un rendez-vous avec un grand professeur, c’est sans doute que 6 mois doivent être consacrés à la Téchouva. Plus l’attente ou le traitement sont longs, plus Hachem attend de nous quelque chose en retour…

A la fin de notre verset, nous lisons que  le peuple s’est tourné vers Moché afin qu’il intercède en sa faveur. A notre époque aussi nous rendons visite aux Guédolim pour obtenir leur berakha et recevoir ainsi de l’aide pour affronter les diverses épreuves de la vie. Et c’est une très bonne habitude, car grâce à leur puissante intelligence, leur objectivité, leur pureté, ils peuvent analyser les problèmes mieux que personne, en outre, leur mérites nous permettent de trouver grâce aux yeux du Créateur.

Pourtant, cela n’est pas suffisant. Comme Hachem a répondu à Moché : “Fais toi-même un serpent et place-le en haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu’il le regarde et il vivra !” »

Le fait de regarder ce serpent, nul ne pouvait le faire à la place du malade, et cet acte venant de lui et non d’un intermédiaire, témoignait de sa croyance parfaite dans les pouvoirs guérisseurs de Hachem, Seul D.ieu, Tout Puissant.

Hakadoch Baroukh Hou attend de nous un acte qui montre notre entière dévotion.

Le monde actuel cherche souvent à occulter cette vérité, mais nous devons garder à l’esprit que le Maître de l’univers, le Créateur du monde, est notre Père qui recherche notre amour et notre reconnaissance, afin de nous offrir la rédemption. AMEN !

Rav Mordékhai Bismuth

Béaalotékha: Forfait illimité

«Hachem dit à Moché : Est-ce que le bras d’Hachem est trop court ? » (Bamidbar 11, 23)

Cet appel constitue un encouragement pour chaque juif à repousser de son cœur toute inquiétude convaincu que son Père Céleste s’occupe de tous ses besoins.

Il est fréquent, en effet, que lorsque naissent des sujets  d’inquiétude  importante ou non, dans le domaine spirituel et plus encore matériel, une personne s’y morfonde. Elle ne cesse de penser : « Que va-t-il advenir de mes revenus qui demeurent insuffisants pour vivre, quel sera mon sort dans les Chidoukhim, quand viendra  la  guérison ou la délivrance, comment parvenir à m’affranchir d’untel qui me fait concurrence ou d’un autre qui n’arrête pas de ternir ma réputation ?  » Ce  sera alors  le moment de savoir  que  ces  épreuves  ont un but unique : le Créateur désire que Ses enfants aient confiance en Lui et prennent conscience que, sans Son aide, rien de petit ou de  grand  n’est  possible. De cette manière, l’homme trouve la sérénité et la tranquillité d’esprit, d’autant plus qu’en réalité, cette inquiétude n’a aucun fondement. En effet, rien ni personne ne peut lui nuire ni lui venir en aide, lui causer la moindre perte ou lui apporter le plus petit profit, si cela n’a pas été décrété par Hachem, Créateur du Ciel et de la Terre.

La Guémara (Sanhédrine 106b) enseigne que ”la Torah de Doèg le Edomite n’était que superficielle”. (Doèg fut le conseiller du Roi Chaoul. Erudit en Torah, il fait néanmoins partie des quatre personnages bibliques qui n’ont pas de part au Monde Futur pour avoir discrédité David et ceux qui l’aidèrent dans sa fuite et provoqué ainsi l’exécution par Chaoul de Nov, une ville entière de Cohanim, n.d.t) Certains expliquent cette Guémara de manière allusive (en s’appuyant sur le nom Doèg qui  signifie  en  hébreu  ”s’inquiéter”,  n.d.t) : un homme  qui s’adonne à l’étude  de la Torah et qui est constamment  en proie à la crainte et à l’inquiétude, tant  dans le domaine  spirituel  que  matériel (au sujet de sa subsistance ou de  ses  autres besoins) témoigne par cela que sa Torah demeure  superficielle.  Car  l’étude a pour effet d’imprégner le cœur de l’homme d’une foi intègre dans le Saint-Béni-Soit-Il et, par conséquent, de repousser toute inquiétude lorsqu’il doit faire face aux vicissitudes de l’existence. Au contraire, il est convaincu que tout ce qui lui arrive provient de  son  Père  Céleste et  ne  peut  lui  être que bénéfique.

Un homme richissime avait une fille unique parée de  toutes  les  vertus, Lorsque celle-ci arriva en âge de se marier, son père envoya un émissaire  à l’un  des  plus  grands  Roch Yéchiva en lui   demandant de lui  trouver un mari érudit en Torah, craignant D. et doté des meilleures qualités. Le ‘Hatan pouvait, promit-il, être sûr de ne manquer de rien. Toutes les  dépenses  du  mariage  seraient à son compte et son gendre vivrait à sa charge durant toute son existence. Avec l’aide de D., il n’aurait donc jamais à s’inquiéter de sa subsistance ni d’aucun besoin. Quelques jours après, le Roch Yéchiva fit savoir au père qu’il avait un Ba’hour d’une érudition sans pareille et animé d’une crainte d’Hachem sans compromis qui convenait parfaitement à ses exigences. Sur le champ, le riche se  mit en route avec émotion dans l’intention cependant de tester les connaissances   du dit   Ba’hour dans les sujets talmudiques les plus ardus. Il comptait en         outre vérifier de près sa conduite. Le ‘Hatan fit, en effet, preuve d’une érudition immense dans tous les domaines de la Torah et lui fit bonne impression quant à ses traits de caractère. Le père qui ne cessait de s’émerveiller de ses      connaissances si vastes en Torah associées à un esprit acéré sans pareil, décida qu’il serait son gendre.

Lorsqu’arriva l’heure de conclure  l’union et de lever les verres en l’honneur de l’heureux événement et alors qu’on  était sur le point de ”casser l’assiette”, le  Ba’hour demanda au  père  quelle  somme il prévoyait de donner  en  dot…  Ce  dernier se leva brusquement, se dirigea vers le Roch Yéchiva et lui annonça  que  le Chidoukh était annulé et qu’il refusait catégoriquement de donner sa fille  à  un tel Ba’hour. Le Rav, surpris, lui demanda s’il s’était aperçu chez lui d’un quelconque manque de connaissances ou de crainte de D., ou encore s’il avait découvert un défaut caché.

« Ses connaissances en Torah  et  sa  crainte de D. sont immenses, répondit le père, et il est promis à un grand avenir. Cependant, son manque de bon sens n’a d’égal que sa stupidité. Toute la ville connaît la grandeur de ma richesse et la réputation de ma famille. Tous savent également que je ne possède qu’une fille unique. Cela signifie que tous mes biens sont destinés à ma fille et à son  mari depuis le jour du mariage  et  en  particulier, après 120 ans lorsqu’ils seront mes uniques  héritiers.  Par  conséquent, ses doutes quant au montant de la dot, traduisent un manque de perspicacité évident et pour rien au monde je ne le prendrai comme mari pour ma fille ! »

Cette histoire est un exemple de notre situation : pourquoi s’inquiéter de de la manière dont notre subsistance nous parviendra ? N’est-il pas écrit : « L’argent est à Moi l’or est à Moi, parole du  D.  Tout puissant » (‘Hagaï 2, 8) ? Le monde entier et tout ce qu’il contient est Sa propriété. Sa richesse (si on peut  dire !)  est connue de tous et de plus, les Bné  Israël sont Ses enfants  bien-aimés,  comme   il   est   dit   (Jérémie   31,   19)  : « Ephraïm est mon fils chéri, mon enfant de prédilection », à l’instar de l’enfant unique de ce père richissime. Dès lors, si un juif s’inquiète encore en se demandant constamment ”d’où me viendra l’aide nécessaire ? Comment pourvoirai-je aux besoins de ma famille  ?”, il  ressemble  à ce  Ba’hour et à sa question insensée :”combien recevrai-je en dôt ?”. Ne comprend-il pas qu’en recevant pour femme la fille de ce riche, il recevra également tout ce dont il a besoin ?

Il en est de même  de chaque juif : il doit  se rappeler que son Père Céleste  est présent en permanence et lui promet qu’il ne manquera de rien, comme il est dit: « Rien ne manque à ceux  qui  le  craignent.» (Téhilim 34, 10)

Rav Elimélekh Biderman Chlita

La fermeture des synagogues

Tout le monde connaît et se souvient de cette pancarte qui ornait les murs de nos synagogues « si tu viens à la synagogue pour parler, où iras-tu pour prier ? ». Combien ce slogan est malheureusement d’actualité !

La synagogue, vous rappelez-vous cet endroit ? Conçu officiellement pour prier et parler à Hachem. Mais ces dernières semaines nous nous voyons contraint de prier dans des halls d’immeubles, entre deux bâtiments, ou encore seul chez soi ! Que s’est-il passé ? Afin de comprendre voici ci-dessous un enseignement du Or Tsadikim au sujet de la synagogue :

Nos Sages de mémoire bénie, nous ont expliqué pourquoi les synagogues et les salles d’étude furent comparées aux fleuves, comme il est écrit « Elles se développent comme des vallées, comme des vergers le long d’un fleuve » (Bamidbar 24;6)

Un fleuve, on y entre impur, on en sort pur, de même les synagogues et les salles d’étude, on y entre avec la souillure de ses fautes, on demande la miséricorde du Saint Béni soit-Il qu’il nous pardonne, alors on en sort pur, car la synagogue et la salle d’étude sont « Mikdach méat /un petit sanctuaire ». À cause de l’amour du Saint béni soit-Il pour Israël; Il ne les quitte jamais, même en exil; la présence divine réside à l’intérieur de chaque synagogue. Donc, avant d’y entrer, on se débarrassera de toutes les pensées qui risquent de troubler la prière. On n’entrera pas dans une synagogue avec précipitation, comme on pénètre chez soi ou chez son ami, mais on se tiendra un moment a l’entrée, le temps de faire entrer la crainte de D… dans son cœur, car Sa sainteté réside dans la synagogue, comme le dit notre père Yaakov : « Que ce lieu est redoutable ! Ce n’est autre que la maison du Seigneur » (Beréchit 28,17).

Chaque fois que nous nous adressons au Saint Béni soit-Il, nous mentionnons tout d’abord le mérite de nos ancêtres, car c’est grâce à leur mérite que notre prière est entendue. On pénètre dans la synagogue avec soumission et avec peur. On se courbe devant L’arche Sainte.

La présence divine réside dans la synagogue aussi veillerons-nous a nous conduire dans son enceinte avec le plus grand respect. Le saint Ari zal n’y élevait jamais la voix, même dans sa prière par suite de sa grande soumission et sa crainte de D…, seulement le jour de Chabat, il élevait un peu la voix dans la lecture des Téhilim en l’honneur du Chabat.

À plus forte raison, on ne s’engager a dans aucune conversation qui n’a aucun rapport avec la prière. Même après la prière, quand la présence divine réside encore dans la synagogue, celui qui élève la voix pour parler de sujets qui sont sans rapport avec la prière ou avec l’éloge de D…, béni soit-Il, traite avec mépris la sainteté de D… et expulse la présence divine de la synagogue. Maudit est le serviteur qui jette dehors son maître de sa maison.

La présence divine se plaint et l’accuse : « Le Seigneur m’a livré entre des mains contre lesquelles je ne puis me défendre » (Lamentations 1,14). II est dit alors a son propos « La colombe ne trouva pas de point d’appui pour la plante de ses pieds » (Berechit8,9). Car dans I’exil, elle ne trouve refuge que dans les synagogues d’Israël. À cause d’un ignorant qui parle de choses futiles et élève la voix comme s’il se trouvait dans un de leurs théâtres, la présence divine n’a d’autre choix que de sortir et d’errer. À son propos il est dit « Un fils sot cause le tourment de sa mère » (Proverbes 10,1). Sa punition est telle, que D… nous en préserve, qu’il se retrouvera lui-même entre les mains de gens cruels qui ne lui laisseront ni répit, ni refuge. Aussi prendrons-nous garde à respecter les conseils de nos Sages, alors notre âme s’illuminera de la lumière de la vie. (fin des paroles du Or Tsadikim)

Voilà déjà plus de deux mois, qu’Hachem nous a scellé toutes Ses synagogues, sans force ni violence, juste avec une bactérie microscopique ! Nous n’avons pas su honorer et respecter Son sanctuaire et Sa couronne, Il a placé la « corona » pour nous empêcher d’y rentrer. Ce virus qui tue, certes mais doit être sujet de réflexion et de remise en question.

Rappelons-nous à l’époque où nous nous croyons permis de tout, dans ces lieux saints nous avons sans retenu parler de tout et surtout de rien ; utilisé nos téléphones à tort et à travers etc.!

Mais surtout, ce qu’il y a de très étonnant en Israël, alors que les commerces, canyone, salles de sport et j’en passe ont repris du service, les synagogues n’ont toujours pas eu d’autorisation officielle d’ouvrir ! Ce n’est pas la faute du gouvernement, mais juste la volonté d’Hachem, Il désire nous faire comprendre notre délit, d’avoir enfreint délibérément l’honneur de Son sanctuaire. A méditer….