5 août 2026

Choftim -Quel rapport entre le Backchiche et la Emouna (foi)?

Au dĂ©but de notre Paracha est enseignĂ©e la Mitsva de placer des tribunaux rabbiniques afin de rendre la justice selon la Thora entre les membres de la communautĂ© juive. Parmi les lois liĂ©es aux jugements on trouve l’interdit du ‘Cho’had’: le « Backchiche »!

Au dĂ©but du Kovets Maamarim, le Rav Elhanan Wasserman Zatsal explique un principe sur ce phĂ©nomĂšne. Mais avant cela, il pose une question fondamentale: pourquoi existe-t-il des gens incrĂ©dules concernant  l’existence d’Hachem et de la CrĂ©ation du Monde?  On constate d’autre part que parmi les Nations du Monde il y a eu de grands savants comme Aristote qui ne sont pas arrivĂ©s Ă  la croyance en un D.ieu unique. Alors comment la Thora peut-elle demander Ă  chaque Juif Ă  partir de l’Ăąge de 13 ans (!) de croire en D.ieu en la Thora et les Mitsvots?

Dans son dĂ©veloppement, le Rav Wasserman explique que la Emouna(foi) en Hachem est quelque chose de trĂšs facile Ă  apprĂ©hender et Ă  vivre!  Il n’y a qu’Ă  voir le monde, l’immensitĂ© de la mer (par exemple la vue splendide qu’ont les vacanciers des hauteurs de Natanya sur le littoral) ou les Alpes, pour comprendre que TOUT a Ă©tĂ© créé par la Libre VolontĂ© d’Hachem! Et le but unique de cette crĂ©ation c’est qu’on Le serve au travers de la Thora et des Mitsvots – il n’existe pas d’autre justification!

Le Rav continue et demande : si c’est tellement simple alors pourquoi y a-t-il tant de gens qui ne partagent pas cet axiome Ă©vident? Il rĂ©pond Ă  partir de notre Paracha : c’est que dans toute cette crĂ©ation il existe un Ă©norme Backchiche! En fait,  pour arriver Ă  la rĂ©solution exacte d’un problĂšme, il faut enlever les  intĂ©rĂȘts que l’homme a de part et d’autre de la balance. Tant que l’homme n’arrive pas Ă  se dĂ©faire des intĂ©rĂȘts prĂ©liminaires, alors automatiquement son esprit ne sera pas libre de trancher le problĂšme en toute sincĂ©ritĂ©!

La GuĂ©mara  Ktouvot(105:) donne l’exemple de Rabi YchmaĂ«l qui devait juger son mĂ©tayer sur une certaine affaire. Cependant, le jour du jugement, il est venu voir son maĂźtre qui Ă©tait aussi son juge, avec une corbeille de fruits: en fait, le paiement de la semaine de location du champ. Seulement son habitude Ă©tait de le payer toutes les veilles de Chabbath et lĂ , son mĂ©tayer a avancĂ© le paiement au jeudi, jour du jugement. Rabi YchmaĂ«l lui dira alors qu’il est impropre Ă  le juger,  car d’avoir avancĂ© le paiement hebdomadaire est assimilĂ© Ă  un Cho’had/pot de vin!

De lĂ  le Rav Wasserman dit que si pour un tout petit peu de pot de vin un grand Sage s’est rendu impropre Ă  juger une affaire, alors que dira-t-on pour nos questions fondamentales?

Un homme qui n’a pas Ă©tĂ© Ă©duquĂ© dans la pratique de la Thora et des Mitsvots aura beaucoup de mal Ă  accepter l’idĂ©e que son attitude  est erronĂ©e. On est trop bien installĂ© dans la routine avec ses mauvaises habitudes qui font tinter Ă  l’oreille :
’ Maurice, enfin tu ne vas quand mĂȘme pas aller au cours du Lundi soir, le Rabin va te dire de ne pas aller au CinĂ© le samedi ou il te dira de changer de portable etc’… Donc de cette Mitsva du Cho’had il sort un principe imparable: c’est que l’homme n’appliquera sa jugeote que lorsqu’il aura prĂ©alablement ‘lavĂ©’ sa tĂȘte de beaucoup de prĂ©jugĂ©s et autres intĂ©rĂȘts! Et ce principe universel s’exerce dans de nombreux domaines de la vie : il n’y a qu’Ă  ouvrir les yeux pour se rendre compte de l’Ă©tendue du travail Ă  accomplir!

Rav David Gold