Choftim -Quel rapport entre le Backchiche et la Emouna (foi)?

Au début de notre Paracha est enseignée la Mitsva de placer des tribunaux rabbiniques afin de rendre la justice selon la Thora entre les membres de la communauté juive. Parmi les lois liées aux jugements on trouve l’interdit du ‘Cho’had’: le « Backchiche »!

Au début du Kovets Maamarim, le Rav Elhanan Wasserman Zatsal explique un principe sur ce phénomène. Mais avant cela, il pose une question fondamentale: pourquoi existe-t-il des gens incrédules concernant  l’existence d’Hachem et de la Création du Monde?  On constate d’autre part que parmi les Nations du Monde il y a eu de grands savants comme Aristote qui ne sont pas arrivés à la croyance en un D.ieu unique. Alors comment la Thora peut-elle demander à chaque Juif à partir de l’âge de 13 ans (!) de croire en D.ieu en la Thora et les Mitsvots?

Dans son développement, le Rav Wasserman explique que la Emouna(foi) en Hachem est quelque chose de très facile à appréhender et à vivre!  Il n’y a qu’à voir le monde, l’immensité de la mer (par exemple la vue splendide qu’ont les vacanciers des hauteurs de Natanya sur le littoral) ou les Alpes, pour comprendre que TOUT a été créé par la Libre Volonté d’Hachem! Et le but unique de cette création c’est qu’on Le serve au travers de la Thora et des Mitsvots – il n’existe pas d’autre justification!

Le Rav continue et demande : si c’est tellement simple alors pourquoi y a-t-il tant de gens qui ne partagent pas cet axiome évident? Il répond à partir de notre Paracha : c’est que dans toute cette création il existe un énorme Backchiche! En fait,  pour arriver à la résolution exacte d’un problème, il faut enlever les  intérêts que l’homme a de part et d’autre de la balance. Tant que l’homme n’arrive pas à se défaire des intérêts préliminaires, alors automatiquement son esprit ne sera pas libre de trancher le problème en toute sincérité!

La Guémara  Ktouvot(105:) donne l’exemple de Rabi Ychmaël qui devait juger son métayer sur une certaine affaire. Cependant, le jour du jugement, il est venu voir son maître qui était aussi son juge, avec une corbeille de fruits: en fait, le paiement de la semaine de location du champ. Seulement son habitude était de le payer toutes les veilles de Chabbath et là, son métayer a avancé le paiement au jeudi, jour du jugement. Rabi Ychmaël lui dira alors qu’il est impropre à le juger,  car d’avoir avancé le paiement hebdomadaire est assimilé à un Cho’had/pot de vin!

De là le Rav Wasserman dit que si pour un tout petit peu de pot de vin un grand Sage s’est rendu impropre à juger une affaire, alors que dira-t-on pour nos questions fondamentales?

Un homme qui n’a pas été éduqué dans la pratique de la Thora et des Mitsvots aura beaucoup de mal à accepter l’idée que son attitude  est erronée. On est trop bien installé dans la routine avec ses mauvaises habitudes qui font tinter à l’oreille :…’ Maurice, enfin tu ne vas quand même pas aller au cours du Lundi soir, le Rabin va te dire de ne pas aller au Ciné le samedi ou il te dira de changer de portable etc’… Donc de cette Mitsva du Cho’had il sort un principe imparable: c’est que l’homme n’appliquera sa jugeote que lorsqu’il aura préalablement ‘lavé’ sa tête de beaucoup de préjugés et autres intérêts! Et ce principe universel s’exerce dans de nombreux domaines de la vie : il n’y a qu’à ouvrir les yeux pour se rendre compte de l’étendue du travail à accomplir!

Rav David Gold 00 972.390.943.12

La franchise (seconde partie)

Vous savez pourquoi vous souffrez sans ce dernier point ? C’est parce que vous prenez l’entière responsabilité du bonheur de votre couple et cela vous épuise. Vous n’avez du répit qu’en sortant de la maison. Et quand vous rentrez, vous marchez sur des œufs. « Comment ne pas faire de gaffe ? » Libérez-vous, soyez francs, partager vos sentiments ! Avec les trois conditions – plus bas.

Exemple : Qu’est-ce qui fait que votre amitié avec votre meilleur ami est si forte ? Quand a-t-elle réellement commencer ? Pourquoi appréciez-vous chacune de ses paroles même s’il vous parle de son nouveau pantalon et que d’écouter un étranger à ce sujet vous ennuierait ?

La réponse est simple, c’est parce que vous vous êtes compris mutuellement, vous vous êtes ouverts l’un à l’autre et avez partagé vos sentiments les plus profonds. Du coup, vous pouvez parler de tout et cela reste intéressant pour vous, parce que votre ami vous intéresse même si le sujet est dérisoire à vos yeux.

Avec votre femme ça fonctionne de la même manière, et ce partage est nécessaire. S’il n’existe pas, certes vous êtes mariés, vous partagez des événements mais vous n’êtes pas proches, ni liés véritablement.

Donc, concrètement, que faut-il faire pour être franc et partager vos sentiments.

Ÿen parlant à la première personne « je »,

Ÿsans critiquer l’autre,

Ÿen partageant uniquement ce que vous ressentez dans cette situation et pas ce que l’autre a fait.

Ce que ça changera :

ŸVous vous sentirez à l’aise et détendu chez vous.

ŸVous serez heureux d’être en présence d’une personne qui vous comprend et vous respecte.

ŸVous sentirez que rien n’est insurmontable.

Soyez courageux ! Ce que nous enseignons ici n’a rien d’une potion magique. Bien évidement il y aura quand même certains moments dans votre vie où vous traverserez des conflits. Et il est fort probable que vous receviez des remarques même en agissant de la sorte. Prenez sur vous d’aller de l’avant, de changer le niveau de votre relation. Apprenez à lui parler, à l’écouter, à la comprendre et à vous ouvrir à elle comme vous l’auriez fait naturellement avec d’autres proches, et méritez votre récompense, une relation de respect, de passion et d’amour.

Permettez-moi à présent une question. N’en avez-vous pas marre d’avoir toujours les mêmes problèmes de communication dans votre couple, ne voulez-vous pas vivre des choses plus intenses, plus profondes ? Alors prenez avec vous ces conseils et permettez-vous d’avoir de la complicité dans votre relation. La construction du couple ne s’arrête peut être jamais, on peut toujours être plus proche d’une autre personne. On peut toujours mieux aimer et respecter l’autre. Mais cela n’est pas une raison pour ne pas commencer quelque part. Ces clés de la communication sont justement là pour vous donner un bagage de départ. Ayez confiance en vous et en votre conjoint qui veut aussi votre bonheur, et commencez à construire. Bonne chance !

Le plus gros problème dans cette démonstration, c’est que lorsqu’on partage nos sentiments avec notre épouse, il faut d’abord l’avoir écouté et comprise sinon elle se sentira agressée et vous parlera peut-être avec agressivité. Il y a des exceptions à tout, attendez-vous parfois à être agressé même lorsque vous avez tout bien fait. On est dans la vie, face a une personne qui a des sentiments, et non pas face à une machine.

De manière naturelle lorsque cela arrive, qu’une personne dévoile ses sentiments et est agressée, elle se sent trahie. Trahie, parce qu’elle s’est ouverte et qu’autrui en a profité pour la rabaisser. De ce fait, il faut créer une situation dans laquelle votre conjoint acceptera vos sentiments. Plus vous écouterez, comprendrez, respecterez votre femme telle qu’elle est, plus elle sera apte à accepter vos sentiments et pourra vous comprendre. Plus cela arrivera dans votre maison, plus vous créerez de l’harmonie et de la complicité dans votre couple. Or plus vous serez proches l’un de l’autre, plus chacune de vos paroles respectives sera naturellement importante et particulière aux yeux de l’autre.

À suivre…

Retrouvez les clés précédentes sur le site  www.ovdhm.com

Rav Boukobza 054.840.79.77

Parachat Réé – Doit-on mettre les téfilines dans tous les cas ?

Dans la première montée de notre Paracha est indiquée la manière dont le Clall Israël doit conquérir la terre de Canaan. Il s’agit surtout d’anéantir et de détruire tous les lieux d’idolâtrie qui existaient en Terre Sainte. Et au détour des versets on apprend aussi qu’inversement, il existe un interdit de faire de même par rapport à la Thora. Il est écrit:« Lo Taasoun Ken L’Hachem EloKéh’em»(Réé 12.4): Tu ne feras pas pareillement à ton D.ieu. Le commentaire Rachi explique à partir de ce verset qu’il y a un interdit d’effacer le Nom d’Hachem. Par exemple si on écrit le nom d’Hachem comme il est mentionné dans la Thora ou dans le Sidour et ce, même en français, il sera défendu de l’effacer ni de le raturer. La raison en est qu’il est saint.

Une intéressante question a été posée à ce sujet aux Posquims/décisionnaires de la génération précédente. Dans le cas où un malade est soigné dans le service des maladies contagieuses d’un hôpital, est-ce qu’il pourra mettre les Téphilines durant le temps de son hospitalisation? L’enjeu de la question est qu’avec l’aide du Ciel le malade sortira rétabli de son mal, cependant les autorités médicales brûleront TOUTES les affaires lui ayant appartenu de crainte que la maladie ne se propage! Donc est-ce que notre homme pourra mettre ses Téphilines sachant qu’en fin de compte ils seront  brûlés?! Deux grands Poskims d’avant-guerre le Hazon Nahum et le Dovev Mécharim (siman 99) tranchent qu’il est interdit de mettre les Téphilines dans de telles conditions. La raison est que dans notre Paracha il est marqué l’interdit «Tu ne feras pas ainsi vis-à vis d’Hachem!».

Pourtant un autre Possek le Imré David tranche lui, positivement. L’enjeu de la question est de savoir si lorsque les autorités de l’hôpital brûleront tous les objets du malade est-ce que l’action est directement imputable au malade ou non? On s’explique; la Guémara dans Chabat 120 apprend de notre Paracha que c’est précisément lorsque l’homme fait l’action d’effacer le Nom d’Hachem qu’il y a AVERA. Mais si l’action est INDIRECTE alors la faute n’a pas la même gravité. En langage Talmudique cela s’appelle GRAMA/action indirecte. Le sujet est complexe, mais un des Rabanims rapporte comme preuve l’exemple d’Elicha Baal Kanfaïm (dans Chabat 130). C’est un Tsadiq qui décide malgré l’interdiction formelle des romains de mettre ses Téphilines. Or il sait pertinemment que si les autorités l’attrapaient, ils détruiraient les précieux Phylactères! Et la suite est connue, c’est que lorsque la police romaine l’attrapa, ses Téphilines se transformèrent en… ailes d’oiseaux!! Au-delà du miracle, on voit qu’Elicha a mis les phylactères au risque de se les voir confisqués et détruits. Donc on pourrait apprendre d’ici que l’action des romains (la destruction des tephilines) n’est pas imputable à Elicha.

D’autres preuves sont rapportées ici et là, mais finalement le Dovev Mécharim conclura qu’il est préférable que notre malade ne porte pas les Phylactères tout le temps de son hospitalisation pour ne pas en venir à une désacralisation du Nom Divin qui y est contenu.

Rav David Gold 00 972.390.943.12