
«Sur lâordre de D., ils camperont, sur lâordre de D., ils partiront» (9,20)
Ce verset est porteur dâune rĂšgle morale. Avant dâaccomplir une action ou de se dĂ©placer, que lâhomme dise toujours : avec lâaide de D., ou si D. le veut. Par exemple, sâil sâapprĂȘte Ă se mettre en route, quâil dise : je me dispose Ă voyager, avec lâaide de D., et jâai lâintention de faire une halte Ă tel endroit, si D. le veut. Son Nom se trouvera ainsi constamment sur ses lĂšvres, au moment oĂč il conçoit son projet et lorsquâil le met en application, pour chacune de ses actions. En agissant ainsi, une personne intĂ©riorisera et fixera dans son coeur les notions de base de la Ă©mouna, et cela amĂšnera de la bĂ©nĂ©diction dans sa vie. (Chlal Hakadoch)
« Puisque lâEternel a dit du bien dâIsraĂ«l. » (10, 29)
Lâexpression diber tov (dit du bien) ne se trouve que deux fois dans la Bible : une fois ici et une autre dans le livre dâEsther, au sujet de MordĂ©khaĂŻ duquel il est dit quâil « a parlĂ© pour le bien du roi ». Lâauteur du Igra DĂ©kala en retire lâenseignement suivant : louer le peuple juif revient Ă louer le Roi, câest-Ă -dire le MaĂźtre du monde. Mais, lâinverse est aussi vrai : quiconque mĂ©dit des enfants
dâIsraĂ«l est considĂ©rĂ© comme avoir mĂ©dit du Roi des rois.
Lâauteur du Ravid Hazaav explique dans cet esprit le verset « Selon la lĂ©sion (moum) quâil aura faite Ă autrui, ainsi lui sera-t-il fait » : celui qui attribue un dĂ©faut (moum) Ă un homme, câest comme sâil en attribuait au Saint bĂ©ni soit-Il. Aussi est-il de notre devoir de juger positivement autrui et de ne pas sâempresser dâaffirmer quâil avait lâintention de nous taquiner ou de mĂ©dire de nous.
« Puisque vous avez sanglotĂ© aux oreilles de lâEternel en disant : âQui nous donnera de la viande Ă manger ? Nous Ă©tions plus heureux en Egypte !â, lâEternel vous en donnera Ă manger, de la viande. » (11, 18)
Le Or HaâhaĂŻm sâinterroge : pourtant, quand un homme est plongĂ© dans la dĂ©tresse, il doit implorer lâEternel, donc pourquoi furent-ils punis pour cela ?
RabbĂ©nou âHaĂŻm ben Atar â que son mĂ©rite nous protĂšge â rĂ©pond quâil existe plusieurs sortes de pleurs : ceux exprimant lâespoir de lâhomme, confiant que D.ieu lui enverra le salut, et invoquant Sa MisĂ©ricorde, et ceux provenant du dĂ©sespoir de celui croyant quâil nây a plus rien Ă faire.
Il fut donc reprochĂ© aux enfants dâIsraĂ«l dâavoir pleurĂ© de dĂ©sespoir et par manque de foi en D.ieu. En effet, ils pensĂšrent que personne ne pourrait les secourir et ne priĂšrent pas avoir foi et espoir. Leur requĂȘte avait donc un aspect hĂ©rĂ©tique et sâapparentait Ă une profanation du Nom divin, ce pour quoi ils furent punis.
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