16 juin 2024

Wort sur la Paracha…Beaalotekha

«Sur l’ordre de D., ils camperont, sur l’ordre de D., ils partiront» (9,20)

Ce verset est porteur d’une rĂšgle morale. Avant d’accomplir une action ou de se dĂ©placer, que l’homme dise toujours : avec l’aide de D., ou si D. le veut. Par exemple, s’il s’apprĂȘte Ă  se mettre en route, qu’il dise : je me dispose Ă  voyager, avec l’aide de D., et j’ai l’intention de faire une halte Ă  tel endroit, si D. le veut. Son Nom se trouvera ainsi constamment sur ses lĂšvres, au moment oĂč il conçoit son projet et lorsqu’il le met en application, pour chacune de ses actions. En agissant ainsi, une personne intĂ©riorisera et fixera dans son coeur les notions de base de la Ă©mouna, et cela amĂšnera de la bĂ©nĂ©diction dans sa vie. (Chlal Hakadoch)

« Puisque l’Eternel a dit du bien d’IsraĂ«l. » (10, 29)

L’expression diber tov (dit du bien) ne se trouve que deux fois dans la Bible : une fois ici et une autre dans le livre d’Esther, au sujet de MordĂ©khaĂŻ duquel il est dit qu’il « a parlĂ© pour le bien du roi ». L’auteur du Igra DĂ©kala en retire l’enseignement suivant : louer le peuple juif revient Ă  louer le Roi, c’est-Ă -dire le MaĂźtre du monde. Mais, l’inverse est aussi vrai : quiconque mĂ©dit des enfants

d’IsraĂ«l est considĂ©rĂ© comme avoir mĂ©dit du Roi des rois.

L’auteur du Ravid Hazaav explique dans cet esprit le verset « Selon la lĂ©sion (moum) qu’il aura faite Ă  autrui, ainsi lui sera-t-il fait » : celui qui attribue un dĂ©faut (moum) Ă  un homme, c’est comme s’il en attribuait au Saint bĂ©ni soit-Il. Aussi est-il de notre devoir de juger positivement autrui et de ne pas s’empresser d’affirmer qu’il avait l’intention de nous taquiner ou de mĂ©dire de nous.

« Puisque vous avez sanglotĂ© aux oreilles de l’Eternel en disant : “Qui nous donnera de la viande Ă  manger ? Nous Ă©tions plus heureux en Egypte !”, l’Eternel vous en donnera Ă  manger, de la viande. » (11, 18)

Le Or Ha’haĂŻm s’interroge : pourtant, quand un homme est plongĂ© dans la dĂ©tresse, il doit implorer l’Eternel, donc pourquoi furent-ils punis pour cela ?

RabbĂ©nou ‘HaĂŻm ben Atar – que son mĂ©rite nous protĂšge – rĂ©pond qu’il existe plusieurs sortes de pleurs : ceux exprimant l’espoir de l’homme, confiant que D.ieu lui enverra le salut, et invoquant Sa MisĂ©ricorde, et ceux provenant du dĂ©sespoir de celui croyant qu’il n’y a plus rien Ă  faire.

Il fut donc reprochĂ© aux enfants d’IsraĂ«l d’avoir pleurĂ© de dĂ©sespoir et par manque de foi en D.ieu. En effet, ils pensĂšrent que personne ne pourrait les secourir et ne priĂšrent pas avoir foi et espoir. Leur requĂȘte avait donc un aspect hĂ©rĂ©tique et s’apparentait Ă  une profanation du Nom divin, ce pour quoi ils furent punis.