6 octobre 2022

Wort sur la Paracha…Beaalotekha

«Sur l’ordre de D., ils camperont, sur l’ordre de D., ils partiront» (9,20)

Ce verset est porteur d’une règle morale. Avant d’accomplir une action ou de se déplacer, que l’homme dise toujours : avec l’aide de D., ou si D. le veut. Par exemple, s’il s’apprête à se mettre en route, qu’il dise : je me dispose à voyager, avec l’aide de D., et j’ai l’intention de faire une halte à tel endroit, si D. le veut. Son Nom se trouvera ainsi constamment sur ses lèvres, au moment où il conçoit son projet et lorsqu’il le met en application, pour chacune de ses actions. En agissant ainsi, une personne intériorisera et fixera dans son coeur les notions de base de la émouna, et cela amènera de la bénédiction dans sa vie. (Chlal Hakadoch)

« Puisque l’Eternel a dit du bien d’Israël. » (10, 29)

L’expression diber tov (dit du bien) ne se trouve que deux fois dans la Bible : une fois ici et une autre dans le livre d’Esther, au sujet de Mordékhaï duquel il est dit qu’il « a parlé pour le bien du roi ». L’auteur du Igra Dékala en retire l’enseignement suivant : louer le peuple juif revient à louer le Roi, c’est-à-dire le Maître du monde. Mais, l’inverse est aussi vrai : quiconque médit des enfants

d’Israël est considéré comme avoir médit du Roi des rois.

L’auteur du Ravid Hazaav explique dans cet esprit le verset « Selon la lésion (moum) qu’il aura faite à autrui, ainsi lui sera-t-il fait » : celui qui attribue un défaut (moum) à un homme, c’est comme s’il en attribuait au Saint béni soit-Il. Aussi est-il de notre devoir de juger positivement autrui et de ne pas s’empresser d’affirmer qu’il avait l’intention de nous taquiner ou de médire de nous.

« Puisque vous avez sangloté aux oreilles de l’Eternel en disant : “Qui nous donnera de la viande à manger ? Nous étions plus heureux en Egypte !”, l’Eternel vous en donnera à manger, de la viande. » (11, 18)

Le Or Ha’haïm s’interroge : pourtant, quand un homme est plongé dans la détresse, il doit implorer l’Eternel, donc pourquoi furent-ils punis pour cela ?

Rabbénou ‘Haïm ben Atar – que son mérite nous protège – répond qu’il existe plusieurs sortes de pleurs : ceux exprimant l’espoir de l’homme, confiant que D.ieu lui enverra le salut, et invoquant Sa Miséricorde, et ceux provenant du désespoir de celui croyant qu’il n’y a plus rien à faire.

Il fut donc reproché aux enfants d’Israël d’avoir pleuré de désespoir et par manque de foi en D.ieu. En effet, ils pensèrent que personne ne pourrait les secourir et ne prièrent pas avoir foi et espoir. Leur requête avait donc un aspect hérétique et s’apparentait à une profanation du Nom divin, ce pour quoi ils furent punis.