Ce chabath Ă venir on fĂȘtera le dernier jour de Souccoth: Chemini AtsĂ©ret (traduction littĂ©rale: le 8° jour de clĂŽture). Câest aussi le jour qui a Ă©tĂ© choisi par les Sages pour cĂ©lĂšbrer Simâha Tora. A lâĂ©tranger, cela tombera dimanche oĂč lâon dansera avec tous les SifrĂ© Tora en lâhonneur de la conclusion de toute leur lecture.
Il existe une intĂ©ressante discussion entre le Choulâhan âAroukh et le Rama (Or HaHaim 668) pour savoir si on doit mentionner le mot « âHag/la fĂȘte » Ă la mention de Chemini AtsĂ©ret. En effet dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, tous les jours de fĂȘtes on intercale dans la priĂšre quotidienne la mention du jour saint. Par exemple Ă Souccoth on dira « âHag Hasouccoth », pour Pessaâh: »âHag Hapessaâh ». Seulement pour Chemini AtsĂ©ret qui est pourtant un jour fĂ©riĂ© dâaprĂšs le Rama on ne dira pas âHag Chemini AtsĂ©ret seulement « Chemini AtsĂ©ret »(sans la prĂ©cision que câest âHag, jour de fĂȘte). Tandis que dâaprĂšs le Choulâhan âAroukh on dira « Chemini Hag HatsĂ©ret ». Quel est le sens de cette discussion?
En fait, Chemini AtsĂ©ret nâest pas une fĂȘte comme les trois autres fĂȘtes du calendrier (Pessah, Chavouot et Souccoth). Il est vrai que câest un jour fĂ©riĂ©, Yom Tov, mais ce nâest pas une fĂȘte de pĂšlerinage comme les autres. Par exemple, lors des trois fĂȘtes, les Juifs avaient la Mitsva de monter Ă JĂ©rusalem, pour le Temple et dây apporter leurs sacrifices. Chaque juif avait la Mitsva dâapporter plusieurs offrandes (Korban Reiah, Simâha) et ce, durant les 6 jours de Hol HamoĂ©d. Mais pour le dernier jour de Souccoth (Chemini AtsĂ©ret) il ne restait aucune Mitsva de monter Ă JĂ©rusalem ni dâapporter un sacrifice. Donc notre pĂšlerin par exemple qui est venu Ă JĂ©rusalem pour Souccoth pouvait tranquillement retourner chez lui et finir le dernier jour de fĂȘte Ă la maison. On aura donc compris la raison du Rama qui ne mentionne pas « âHag » dans la priĂšre. Tandis que dâaprĂšs le Choulâhan âAroukh, il ne peut quâĂȘtre dâaccord avec le Rama que Chemini AtsĂ©ret nâest pas une fĂȘte de pĂšlerinage, seulement puisque ce jour est saint et en plus clĂŽture la fĂȘte de Souccoth: on pourra dire la mention de âHag Ă son sujet.
Le Sfat Emet (un des premiers Rabbi de la âHassidout Gour) donne une intĂ©ressante explication Chemini AtsĂ©ret (Souccoth annĂ©e 5662). Chaque fĂȘte du calendrier dĂ©voile un peu de la prĂ©sence divine sur terre ! Lorsque le pĂšlerin arrivait Ă JĂ©rusalem et apportait les sacrifices de la fĂȘte, il accĂ©dait Ă un plus grand niveau de crainte du ciel! Le fait de voir les Cohanim en service, les sacrifices brĂ»ler sur lâautel du Beth Hamikdach cela Ă©veillait des sentiments de crainte et de rĂ©vĂ©rence vis avis de Celui qui rĂ©side dans ces lieux. De plus, chaque Juif devait apporter 2 sacrifices (Korban RĂ©ihya et Simâha) Ă la vue du Beth Hamikdach. Or la vue « RĂ©yha » câest le mĂȘme mot (Ă lâenvers) que Yira/la crainte. Explique le Sfat Emet, que chaque Juif qui arrivait au Temple, par le biais des sacrifices accĂ©dait Ă la crainte du ciel ! Dâautre part, chaque fĂȘte avait son influence particuliĂšre. En effet, chaque fĂȘte Ă©tait liĂ©e avec le service particulier de nos patriarches. On sait quâAvraham (liĂ© avec Pessaâh) a fait dĂ©couvrir Hachem Ă travers lâamour et la gĂ©nĂ©rositĂ©, tandis que Yitshaq (fĂȘte de Chavouot) Ă servit Dâ par la grande crainte (priĂšre) et Yaâakov (fĂȘte de Souccoth) au travers du Emet/la vĂ©ritĂ©. Explique le rav, lorsquâun Juif arrivait au Temple Ă Pessaâh il Ă©tait imprĂ©gnĂ© par la crainte au travers du prisme de lâamour inaugurĂ© par Avraham. A Chavouoth, le Juif percevait la crainte au travers de la peur dâYitsâhaq tandis que Souccoth Ă©tait liĂ© avec le service de vĂ©ritĂ© de Yaâakov. (A vrai dire ce sont des notions difficiles Ă apprĂ©hender, mais câest toujours intĂ©ressant dâen avoir connaissance)
Or, pour Chemini AtsĂ©ret il nâexistait pas dâobligation dâapporter de sacrifice « RĂ©iyha » car ce nâĂ©tait pas une fĂȘte de pĂšlerinage. Explique le rav, Chemini AtsĂ©ret est liĂ©e avec notre maitre MochĂ© RabĂ©nou ! Câest MochĂ© qui a fait descendre la Tora sur terre et câest dâelle, la Tora, que chaque Juif puise sa crainte du ciel ! Or, cette Tora nâest pas lâapanage dâun endroit particulier sur terre ! Et celui qui lâĂ©tudie Lichma/pour elle-mĂȘme, dĂ©voilera la prĂ©sence divine sur terre ! Donc on aura bien compris la raison pour laquelle le jour de Simâhat Tora on danse avec les SifrĂ© Tora: pour accĂ©der au mĂȘme niveau de crainte que si on avait offert un sacrifice au Temple! IntĂ©ressant, non?
SUR SIMâHAT TORA
Cette fois notre sipour se dĂ©roule voilĂ prĂšs de 70 annĂ©es en AmĂ©rique Ă Boston. LĂ -bas siĂšge une cour âhassidique auprĂšs dâun Tsadikq: lâAdmour de Boston, rav EliĂšzer HalĂ©vy Horowits zatsal. Pour les fĂȘtes de fin de Souccoth, alors, dans son Beit Hamidrach tous ses âHassidim se rĂ©unissaient pour fĂ©ter Simâhah Tora. La joie Ă©tait trĂšs grande, tout le monde bondissait, dansait et chantait avec les SifrĂ© Tora de la shoule. Jusquâau moment oĂč lâun des âHassidim interrompt la grande allĂ©gresse. Il demande au public si câest vraiment le moment dâĂȘtre joyeux au moment oĂč nos frĂšres qui sont en Europe sont massacrĂ©s et envoyĂ©s dans les camps de concentrations ? La question Ă©tait tellement forte que tout le monde sâinterrompit et se tut. Il y a un grand silence. Câest alors que lâAdmour rĂ©pondit dâune maniĂšre formidable ! Il rapporta oralement le Rambam Ă la fin des Halachoth de Soucca : âLa joie quâun homme a lors de lâaccomplissement des Mitsvoth et lâamour quâil porte Ă Hachem (âŠ) câest une grande âavodat Hachem (âŠ). Et celui qui se comporte avec lĂ©gĂšretĂ© dans ces moments est vĂ©ritablement digne de louanges car il sert Hachem par amour. Car il nây a pas de plus grand niveau pour un homme que de se rĂ©jouir vis Ă vis dâHachem ! Comme on le voit avec le roi David pour lequel est dit quâil danse et bondit DEVANT Hachem.â Fin du Rambam, et lâAdmour rajouta que puisque la joie câest une âavoda, alors elle nâest pas liĂ©e aux conditions historiques ni aux difficultĂ©s du moment ! AprĂšs de telles paroles la joie de la Mitsva a pu reprendre avec encore plus de force! Et ces paroles de lâAdmour rĂ©sonnent encore de nos jours au-delĂ du temps et de lâespace!
Hag SamĂ©ah Ă tous nos lecteurs et au Clall IsraĂ«l! A la semaine prochaine si Dâ le veut
David Gold rav et soffer écriture askhénaze , écriture sépharade
Tel 00972 55 677 87 47 email 9094412g@gmail.com
Plus d'histoires
BĂ©houkotaĂŻ: Quand le mur super sophistiquĂ© nâexiste plusâŠ
Quand il est bon de se rafraĂźchir la mĂ©moire (Zakhor)âŠ
Vaera: Des Grenouilles dans le café!