8 août 2026

Sim’ha Torah

Ce chabath Ă  venir on fĂȘtera le dernier jour de Souccoth: Chemini AtsĂ©ret (traduction littĂ©rale: le 8° jour de clĂŽture). C’est aussi le jour qui a Ă©tĂ© choisi par les Sages pour cĂ©lĂšbrer Sim’ha Tora. A l’étranger, cela tombera dimanche oĂč l’on dansera avec tous les SifrĂ© Tora en l’honneur de la conclusion de toute leur lecture.

Il existe une intĂ©ressante discussion entre le Choul’han ‘Aroukh et le Rama (Or HaHaim 668) pour savoir si on doit mentionner le mot « â€˜Hag/la fĂȘte Â» Ă  la mention de Chemini AtsĂ©ret. En effet d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, tous les jours de fĂȘtes on intercale dans la priĂšre quotidienne la mention du jour saint. Par exemple Ă  Souccoth on dira « â€˜Hag Hasouccoth Â», pour Pessa’h: Â»â€˜Hag Hapessa’h Â». Seulement pour Chemini AtsĂ©ret qui est pourtant un jour fĂ©riĂ© d’aprĂšs le Rama on ne dira pas ‘Hag Chemini AtsĂ©ret seulement « Chemini AtsĂ©ret Â»(sans la prĂ©cision que c’est ‘Hag, jour de fĂȘte). Tandis que d’aprĂšs le Choul’han ‘Aroukh on dira « Chemini Hag HatsĂ©ret Â». Quel est le sens de cette discussion?

En fait, Chemini AtsĂ©ret n’est pas une fĂȘte comme les trois autres fĂȘtes du calendrier (Pessah, Chavouot et Souccoth). Il est vrai que c’est un jour fĂ©riĂ©, Yom Tov, mais ce n’est pas une fĂȘte de pĂšlerinage comme les autres. Par exemple, lors des trois fĂȘtes, les Juifs avaient la  Mitsva de monter Ă  JĂ©rusalem, pour le Temple et d’y apporter leurs sacrifices. Chaque juif avait la Mitsva d’apporter plusieurs offrandes (Korban Reiah, Sim’ha) et ce, durant les 6 jours de Hol HamoĂ©d. Mais pour le dernier jour de Souccoth (Chemini AtsĂ©ret) il ne restait aucune Mitsva de monter Ă  JĂ©rusalem ni d’apporter un sacrifice. Donc notre pĂšlerin par exemple qui est venu Ă  JĂ©rusalem pour Souccoth pouvait tranquillement retourner chez lui et finir le dernier jour de fĂȘte Ă  la maison. On aura donc compris la raison du Rama qui ne mentionne pas « â€˜Hag Â» dans la priĂšre. Tandis que d’aprĂšs le Choul’han ‘Aroukh, il ne peut qu’ĂȘtre d’accord avec le Rama que Chemini AtsĂ©ret n’est pas une fĂȘte de pĂšlerinage, seulement puisque ce jour est saint et en plus clĂŽture la fĂȘte de Souccoth: on pourra dire la mention de ‘Hag Ă  son sujet.

Le Sfat Emet (un des premiers Rabbi de la ‘Hassidout Gour) donne une intĂ©ressante explication Chemini AtsĂ©ret (Souccoth annĂ©e 5662). Chaque fĂȘte du calendrier dĂ©voile un peu de la prĂ©sence divine sur terre ! Lorsque le pĂšlerin arrivait Ă  JĂ©rusalem et apportait les sacrifices de la fĂȘte, il accĂ©dait Ă  un plus grand niveau de crainte du ciel! Le fait de voir les Cohanim en service, les sacrifices brĂ»ler sur l’autel du Beth Hamikdach cela Ă©veillait des sentiments de crainte et de rĂ©vĂ©rence vis avis de Celui qui rĂ©side dans ces lieux. De plus, chaque Juif devait apporter 2 sacrifices (Korban RĂ©ihya et Sim’ha) Ă  la vue du Beth Hamikdach. Or la vue « RĂ©yha Â» c’est le mĂȘme mot (Ă  l’envers) que Yira/la crainte. Explique le Sfat Emet, que chaque Juif qui arrivait au Temple, par le biais des sacrifices accĂ©dait Ă  la crainte du ciel ! D’autre part, chaque fĂȘte avait son influence particuliĂšre. En effet, chaque fĂȘte Ă©tait liĂ©e avec le service particulier de nos patriarches. On sait qu’Avraham (liĂ© avec Pessa’h) a fait dĂ©couvrir Hachem Ă  travers l’amour et la gĂ©nĂ©rositĂ©, tandis que Yitshaq (fĂȘte de Chavouot) Ă  servit D’ par la grande crainte (priĂšre) et Ya’akov (fĂȘte de Souccoth) au travers du Emet/la vĂ©ritĂ©. Explique le rav, lorsqu’un Juif arrivait au Temple Ă  Pessa’h il Ă©tait imprĂ©gnĂ© par la crainte au travers du prisme de l’amour inaugurĂ© par Avraham. A Chavouoth, le Juif percevait la crainte au travers de la peur d’Yits’haq tandis que Souccoth Ă©tait liĂ© avec le service de vĂ©ritĂ© de Ya’akov. (A vrai dire ce sont des notions difficiles Ă  apprĂ©hender, mais c’est toujours intĂ©ressant d’en avoir connaissance)

Or, pour Chemini AtsĂ©ret il n’existait pas d’obligation d’apporter de sacrifice « RĂ©iyha Â» car ce n’était pas une fĂȘte de pĂšlerinage. Explique le rav, Chemini AtsĂ©ret est liĂ©e avec notre maitre MochĂ© RabĂ©nou ! C’est MochĂ© qui a fait descendre la Tora sur terre et c’est d’elle, la Tora, que chaque Juif puise sa crainte du ciel ! Or, cette Tora n’est pas l’apanage d’un endroit particulier sur terre ! Et celui qui l’étudie Lichma/pour elle-mĂȘme, dĂ©voilera la prĂ©sence divine sur terre ! Donc on aura bien compris la raison pour laquelle le jour de Sim’hat Tora on danse avec les SifrĂ© Tora: pour accĂ©der au mĂȘme niveau de crainte que si on avait offert un sacrifice au Temple! IntĂ©ressant, non?

SUR SIM’HAT TORA

Cette fois notre sipour se dĂ©roule voilĂ  prĂšs de 70 annĂ©es en AmĂ©rique Ă  Boston. LĂ -bas siĂšge une cour ‘hassidique auprĂšs d’un Tsadikq: l’Admour de Boston, rav EliĂšzer HalĂ©vy Horowits zatsal. Pour les fĂȘtes de fin de Souccoth, alors, dans son Beit Hamidrach tous ses ‘Hassidim se rĂ©unissaient pour fĂ©ter Sim’hah Tora. La joie Ă©tait trĂšs grande, tout le monde bondissait, dansait et chantait avec les SifrĂ© Tora de la shoule. Jusqu’au moment oĂč l’un des ‘Hassidim interrompt la grande allĂ©gresse. Il demande au public si c’est vraiment le moment d’ĂȘtre joyeux au moment oĂč nos frĂšres qui sont en Europe sont massacrĂ©s et envoyĂ©s dans les camps de concentrations ? La question Ă©tait tellement forte que tout le monde s’interrompit et se tut. Il y a un grand silence. C’est alors que l’Admour rĂ©pondit d’une maniĂšre formidable ! Il rapporta oralement le Rambam Ă  la fin des Halachoth de Soucca : ‘La joie qu’un homme a lors de l’accomplissement des Mitsvoth et l’amour qu’il porte Ă  Hachem (
) c’est une grande ‘avodat Hachem (
). Et celui qui se comporte avec lĂ©gĂšretĂ© dans ces moments est vĂ©ritablement digne de louanges car il sert Hachem par amour. Car il n’y a pas de plus grand niveau pour un homme que de se rĂ©jouir vis Ă  vis d’Hachem ! Comme on le voit avec le roi David pour lequel est dit qu’il danse et bondit DEVANT Hachem.’ Fin du Rambam, et l’Admour rajouta que puisque la joie c’est une ‘avoda, alors elle n’est pas liĂ©e aux conditions historiques ni aux difficultĂ©s du moment ! AprĂšs de telles paroles la joie de la Mitsva a pu reprendre avec encore plus de force! Et ces paroles de l’Admour rĂ©sonnent encore de nos jours au-delĂ  du temps et de l’espace!

Hag SamĂ©ah Ă  tous nos lecteurs et au Clall IsraĂ«l! A la semaine prochaine si D’ le veut

 David Gold rav et soffer Ă©criture askhĂ©naze , Ă©criture sĂ©pharade

Tel 00972 55  677 87 47 email 9094412g@gmail.com