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Cinquième jour: Aharon

Aharon et la fête de Soukot

La Guémara Taanit 9a nous enseigne ce qui suit :

« Rabbi Yossé ben Rabbi Yéhouda dit : trois grands guides se sont levés pour Israël. Il s’agit de Moché, Aharon et Myriam.

Aussi trois grands cadeaux ont été accordés à Israël par leurs mérites : la source d’eau, les colonnes de nuée et la manne.

La source d’eau fut accordée par le mérite de Myriam ; les colonnes de nuée par le mérite de Aharon et la manne, de Moché. »

C’est depuis la sortie d’Égypte, lorsque les Bneï Israël traversèrent le désert pendant quarante ans qu’Hakadoche Baroukh Hou opéra des miracles journaliers en mettant à leur disposition : la manne, la source d’eau et les Ananei Hakavod.

Dans la Torah, il est écrit : « Dans les cabanes / Soukot, vous habiterez sept jours, tout citoyen en Israël habitera dans les cabanes / Soukot. Afin que vos générations sachent que J’ai fait demeurer les Bneï Israël dans des cabanes / Soukot, quand Je les ai faits sortir du pays d’Égypte, Moi, Hachem votre D.ieu ! » Vayikra (23 ; 42-43)

La Guémara Souka 11b nous enseigne que pour Rabbi Eliezer, les Soukot mentionnées dans la Torah représentent les Ananei Hakavod, ces Nuées de Gloire que Hakadoche Baroukh Hou a établies pour protéger les Bneï Israël dans le désert. La fête de Soukot correspond donc, d’après cet enseignement, à la commémoration du souvenir de ces Ananei Hakavod.

Mais une question élémentaire se pose alors : qu’en est-il d’une commémoration de la Manne et du puits ? Pourquoi aucune Mitsva, ni fête ne sont associées à leur souvenir en leur honneur ? Devons-nous en conclure que le miracle des Ananei Hakavod était plus important que les autres ?

En réfléchissant, nous voyons certes que sans les miracles de la Manne et du Puits, les Bneï Israël auraient peut-être pu se procurer de quoi survivre tout de même. Ils possédaient du bétail et de l’argent, et auraient peut-être pu s’approvisionner auprès d’éventuelles peuplades du désert. Ces miracles témoignèrent d’une grandeur et d’une bonté Divine infinies, mais il n’en reste pas moins qu’ils auraient sans doute pu survivre sans.

En ce qui concerne les Ananei Hakavod, il en est tout autrement, en effet, leur présence était indispensable à leur survie, au point que nous devons donc célébrer perpétuellement leur souvenir.

Rappelons que lors de leurs pérégrinations dans le désert, les Bneï Israël étaient entourés de six nuées, une sur chacun des quatre côtés du camp, une en dessous et une au-dessus. Une septième nuée se tenait quant à elle devant eux, afin de les guider et de leur faciliter le voyage. Elle balayait le sol et chassait ainsi les reptiles, scorpions et tout autre insecte nuisible. Comme le souligne la Guémara, ces Nuées furent accordées par le mérite de Aharon, un mérite dont nous allons à présent tenter de décrire la teneur.

Quel fut le rôle de Aharon au sein du camp des Bneï Israël ?

Dans Avoth de Rabbi Nathan, Chapitre 12 il est écrit : « Dès que Aharon entendait que deux personnes étaient en discorde, il allait trouver l’une d’elles et lui décrivait à quel point l’autre regrettait cette dispute et il expliquait que son seul souhait était de s’excuser pour se réconcilier mais qu’elle n’arrivait pas à surmonter la honte qui la paralysait et l’empêchait d’agir.

Il parlait avec douceur, patiemment, expliquait, argumentait, sans compter son temps ni sa fatigue, jusqu’au moment où il était certain d’avoir déraciné toute idée de rancune ou de vengeance dans le cœur de son interlocuteur. Après avoir fini avec le premier, il se rendait chez le second, pour lui tenir le même discours.

Et inlassablement, il agissait ainsi jusqu’à ce que les deux personnes se réconcilient sincèrement. »

Il agissait également ainsi entre les époux, pour régler les différends surgissant dans les foyers. C’est d’ailleurs pour cette raison que lorsque Aharon quitta ce monde, toute la maison d’Israël le pleura pendant trente jours. Des milliers d’enfants furent nommés en son nom, car sans son intervention, ils n’auraient jamais vu le jour.

Aharon servait de médiateur entre les membres de la communauté, “PDG” du service après-vente des couples. Il rétablissait la paix au sein du peuple juif.

Le comportement de Aharon est symbolisé par les Ananei Hakavod, explication : Nous savons que lorsque le temps est nuageux, les rayons du soleil ne passent pas. Plus la masse de nuages est compacte, plus ils font écran face au soleil.
Cette union nuageuse, ce bloc, réussit à contrer un élément a priori plus fort que lui tel que le soleil. Mais dès que les nuages se séparent et se dispersent, se forment des espaces que les rayons du soleil parviennent peu à peu à pénétrer.

Les Ananei Hakavod, les Nuées de Gloire, formaient des colonnes tellement compactes que rien ne pouvait passer, ni pluie, ni vent, ni aucun corps étranger susceptible d’incommoder les Bneï Israël.

Ces nuées étaient donc à l’image des Bneï Israël, unis, grâce au travail incessant de Aharon qui se démena corps et âme pour cette mission de préservation du peuple de D.ieu.

C’est pourquoi nous comprenons à présent que les Bneï Israël auraient pu survivre dans le désert sans la Manne ou sans le Puits de Myriam, mais ils n’auraient jamais pu vivre sans la A’hdout/unité que Aharon sut entretenir.

La fête de Soukot symbolise donc cette A’hdout au sein du peuple, au travers de ses différentes Mitsvot.

-La Mitsva du bouquet des quatre espèces constituant le Loulav que l’on doit unir et qui représentent les différentes catégories de Juifs :

Le Etrogue, doté de parfum et de goût, qui représente le Sage, le Talmid ‘Hakham, l’élite, rempli de savoir, de sagesse et de Mitsvot.

Le Loulav qui est une branche de palmier, sans parfum, mais porteur de fruits que sont les dattes. Il représente les Juifs qui ont des connaissances en Torah mais n’ont pas de bonnes actions.

Le Hadass (myrte), doté d’un parfum mais privé de fruits comestibles, représente les personnes qui ont des bonnes actions, mais qui ne possèdent pas de connaissance en Torah.

Enfin, la Arava (saule), démunie de fruit et de parfum, représente ceux qui n’ont ni connaissance, ni zèle dans l’accomplissement des Mitsvot.

Nous avons les devoir de les unir, afin que chacune complète l’autre. S’il manque une seule espèce, la Mitsva n’est pas accomplie, puisqu’incomplète.

-La Mitsva de la Souka de vivre dans une cabane, en souvenir des Ananei Hakavod, symbolise non seulement cette A’hdout mais aussi la notion de Chalom, tant recherchée par Aharon.

Dans la Téfila de Arvit, nous disons « étends sur nous la Souka de paix ».

De quoi s’agit-il, pourquoi une “Souka de paix” ?

Le Rav Dessler Zatsal pose et répond à cette question.

Il fait, dans son ouvrage « Mi’htav Mi Eliahou », un lien entre la « Souka de paix » que nous demandons à Hachem d’étendre sur nous et les Nuées de Gloire, qui nous ont protégés et enveloppés de la Chékhina lors de notre traversée du désert.

Comme nous l’avons à plusieurs reprises souligné, la Souka a pour but de nous sortir de notre univers matériel pour nous plonger dans la spiritualité. Lorsque l’Homme oublie sa course au succès, et ce, envers et contre tous, il oublie la notion de profit et tend vers l’harmonie et la paix. Lorsque les membres d’une société unissent ensemble leurs efforts, la réussite de l’un profite à tous les autres. L’envie et la haine disparaissent alors, pour laisser la place à la paix.

Ainsi nous comprenons mieux l’importance accordée au souvenir des Ananei Hakavod, plus que celle des autres miracles (la Manne et le Puits de Myriam).

Zman Sim’hatenou représente ce grand et intense moment de joie, quand tout le peuple ne forme qu’une seule entité, à l’image des quatre espèces réunies que l’on bénira d’une seule et même Berakha et que l’on secouera en direction des quatre points cardinaux sous la Souka, symbole de paix.

Des mots qui font mal

Comme nous l’avons déjà dit plus haut, la fête de Soukot symbolise, par la Souka et la Mitsva des quatre espèces, le Chalom.

Un Chalom que chacun d’entre nous désire vivre et ressentir au sein de son foyer et de son entourage. Chacun recherche des relations harmonieuses et paisibles avec autrui, car rien n’est parfait ni complet sans la paix. La paix, qui se dit Chalom en hébreu, vient de la même racine que Chlemout/perfection.

Le Sifri, Parachat Nasso, nous enseigne que le Chalom a une telle force que lorsqu’il règne au sein des Bneï Israël, Hakadoche Baroukh Hou ne permet pas au Satan de nous attaquer, même si les Juifs pratiquent l’idolâtrie ‘hass vé chalom !

Il y a pourtant un agent destructeur de cette paix. Son nom est Lachone Hara.

Le Maharal de Prague explique que le Lachone Hara possède une très importante force de discorde et donc de division. Cette force est à l’opposé de la mission des Bneï Israël, qui est de rester unis.

La plupart d’entre nous connaît l’interdiction et les méfaits du Lachone Hara. Pourtant, cela n’empêche pas qu’à travers le temps, cette force mauvaise a réussi à s’infiltrer en se faisant passer pour inoffensive. Il n’est pourtant pas très difficile de découvrir ses aspects destructeurs et les motifs de ceux qui l’alimentent : jalousie, colère, critique, orgueil, haine, vengeance…

Comment le Lachone Hara a-t-il pu s’imposer d’une telle façon ?

Le ‘Hafets ‘Haïm explique ce phénomène ainsi :

Si une personne désire manger un sandwich, mais ne trouve pas autour d’elle de quoi faire Nétilat Yadaïm, elle ne le mangera pas. Elle pourra passer ainsi une journée entière s’il le faut, à se retenir de manger, s’il ne lui est pas possible de se laver les mains. En revanche, en ce qui concerne le Lachone Hara, cette même personne, si scrupuleuse des Mitsvot, ne se privera pas d’en proférer.

Tout cela est dû à l’exemple. Cette personne, depuis son plus jeune âge, a toujours vu que l’on se lave les mains pour manger du pain, et que jamais, oui jamais, on n’a osé en consommer sans faire Nétilat Yadaïm. En revanche, elle a aussi vu ou plutôt entendu, et depuis son plus jeune âge, son père, sa mère, son entourage… dire du Lachone Hara librement. C’est ainsi qu’en grandissant, elle en dira aussi, tout naturellement !

Dans l’une de ses lettres, le Gaon de Vilna écrit : « Rien de ce que l’on dit ne se perd et tout est enregistré. Des anges sont envoyés auprès de chaque homme pour consigner toutes ses paroles et ils ne le quittent jamais. Car comme il est dit dans Kohélet (10,20) : L’oiseau du Ciel transmet le son de la voix et l’ange qui l’accompagne en rapporte les propos. »

Toutes paroles prononcées ici-bas auront donc un impact dans le ciel. Les mots pourront opérer des miracles grâce à nos Téfilot. Le Mekhilta, Parachat Bechala’h, compare la Téfila des Bneï Israël au mouvement des lèvres d’un ver à soie.

Chaque geste insignifiant de cette minuscule créature produit en effet un matériau de grande valeur. Il en est de même, et bien plus, de chaque murmure ou requête des Bneï Israël, qui ont le potentiel d’inverser toute situation, à tout moment. D’ailleurs, la force de nos Téfilot contribuera vivement à la venue du Machia’h.

A l’inverse, si ces paroles se font accusatrices envers un membre du Klal Israël, elles seront un outil utilisé par le Satan contre la mauvaise langue devant le Tribunal Céleste. Le Lachone Hara va fournir au Satan des arguments pour ouvrir des procédures. Le Zohar explique qu’il utilisera les mêmes paroles proférées par l’accusateur, pour constituer son propre dossier. Or ces procès ne font que retarder la venue du Machia’h.

Dans le Tana Debe Eliyahou Chap 28, il est écrit : « Mes chers enfants, quelle est la qualité que je vous demande ? C’est de vous aimer les uns les autres et de vous respecter mutuellement. »

Nos Sages nous disent que le Beth Hamikdach a été détruit à cause de la haine gratuite. La haine gratuite est la seule chose dans ce monde que l’on fasse gratuitement, sans recevoir de salaire.

On se porte même parfois volontaire avec empressement pour elle, tandis qu’avant de rendre un service, on pèsera le pour et le contre, on vérifiera les tenants et les aboutissants, combien on gagne et combien on perd… De la même façon que le Beth Hamikdach fut détruit par la haine gratuite, il ne sera reconstruit que par l’amour gratuit. Surveiller sa langue et son langage, voir le bien chez son prochain, le juger favorablement : toutes ces Mitsvot qui doivent devenir des réflexes accéléreront la venue du Machia’h.

David Hamélekh écrit dans les Tehilim (31,21) : תסתירם בסתר פניך מרכסי איש תצפנם בסוכה מריב לשנות

« Tu les protèges à l’abri de Ta face, contre les intrigues des gens, Tu les couvres dans la tente/Souka, contre la guerre des langues. »

Le Gaon de Vilna à partir de ce verset, nous dit que la Souka a la force de repousser le Lachone Hara. Il démontre cela grâce à la composition du mot Souka – סוכה

En hébreu il y a cinq groupes de lettres.

Celles qui se prononcent avec les dents : ז ס ש ר צ

Celles qui se prononcent avec les lèvres : מ ב ו פ

Celles qui se prononcent avec la gorge : א ה ח ע

Celles qui se prononcent avec le palais : ג י כ ק

Celles qui se prononcent avec la langue : ד ט ל נ ת

Le mot Souka – סוכה est composé de lettres appartenant seulement aux quatre premiers de ces cinq groupes (excepté la langue). La Souka, emblème de la paix, recèle aussi dans son nom une protection contre le Lachone Hara.

Nous devons agir comme nous l’enseigne Hillel : « Sois parmi les disciples de Aharon, qui aime la paix et poursuit la paix, qui aime les hommes et les rapproche de la Torah. » Pirkei Avot (1,12).

Le ‘Hafets ‘Haïm affirme que l’étude de Chemirat Halachone (les lois du langage) nous rendra obligatoirement meilleurs, car en nous efforçant continuellement d’éviter de faire du mal à notre prochain, soit par une parole vexante, soit par un affront, soit par un manque de respect, nous pourrons nous construire intérieurement, et ainsi créer des relations de qualité avec nos semblables, basées sur la sincérité et le don.

Si chacun d’entre nous étudie chaque jour quelques minutes les lois du langage, tous les efforts que nous mettrons au service de cette étude et de son application entraîneront un surcroît de Ra’hmanout (Clémence) dans le monde et constitueront une source de forces pour une vie de bonheur et de paix. Amen

Réparer nos actes

Rabénou Bé’hayé explique que les quatre espèces font allusion à certains membres essentiels du corps humain qui peuvent nous permettre d’accomplir aussi bien des Mitsvot, que ‘hass vé chalom, des Avérot.

Tout d’abord le Etrogue, comparé au cœur et le Hadass, comparé à l’œil, deux membres à propos desquels la Torah nous avertit : « Ne vous égarez pas après votre cœur et après vos yeux » Bamidbar (15,39). Rachi nous dit que le cœur et les yeux sont les explorateurs du corps. Ils se font les agents pour conduire à la faute. Ainsi, l’œil voit, le cœur désire et le corps agit. Le Rav Wolbe Zatsal dit que les yeux voient ce que le cœur désire.

Ensuite vient la Arava, qui est comparée aux lèvres. Les lèvres et la bouche pourront c’est vrai, exprimer les plus belles Téfilot, et remplacer en cela les sacrifices en attendant la reconstruction du Beth Hamikdach. Mais les lèvres peuvent aussi, que D.ieu nous en préserve !, changer en un instant et de façon dramatique la nature d’une situation ou d’une relation, en proférant des mots qui blessent, qui vexent et finalement, qui tuent ! Cela bien sûr, lorsqu’elles profèrent du Lachone Hara.

Enfin, le Loulav est comparé à la colonne vertébrale de l’homme, source de sa force, celle qui le maintient, le nourrit et alimente son cerveau, celle qui peut lui permettre de courir vers les Mitsvot ou au contraire de courir pour sombrer vers le néant.

Rabénou Bé’hayé nous dévoile que les quatre espèces constituent une réparation des fautes commises avec ces membres, car il est une règle que pour toute faute existe une réparation possible en contrepartie.

La Guémara Baba Batra 4a nous enseigne au sujet de Hordous, qui tua des milliers de Sages d’Israël, qu’il demanda à Shimone ben Cheta’h s’il y aurait un jour une réparation à tous ses actes.

Shimone ben Cheta’h lui répondit : « Puisque tu as éteint la lumière du monde en tuant ces Sages, efforce-toi de la rallumer, en t’occupant de la construction du Beth Hamikdach, qui est la lumière du monde. »

C’est ce que fit Hordous, en érigeant un magnifique Beth Hamikdach.

Ainsi, la Mitsva des quatre espèces que l’on agite nous permettra de réparer les fautes accomplies par les membres symbolisés par chaque espèce.

Kohélet

« Jouis de la vie avec la femme que tu aimes tous les jours de ta vie éphémère, qu’Il t’a donnée sous le soleil, car c’est ta part dans la vie… » (9, 9)

« Tout ce que tes propres moyens permettent à ta main de faire, fais-le pendant que tu en as la force, car il n’y a ni action, ni compte, ni connaissance dans le Cheol vers lequel tu te rends. » (9, 10)

Dans son ouvrage Ahavat ‘Hessed (3, 4), le ‘Hafets ‘Haïm nous explique le lien entre ces deux versets, grâce à la parabole suivante :

C’est l’histoire d’un homme qui fut très riche, il fut aussi très intelligent et doué dans son métier et il était très savant dans les sciences.

Mais voilà qu’un jour, sa situation financière devint précaire, puis il perdit tout ce qu’il possédait, jusqu’à ne plus avoir de quoi manger.

Il comprit très vite qu’il devait chercher un travail pour subvenir à ses besoins.

Ayant conscience de ses aptitudes particulières, il contacta de grandes firmes afin d’obtenir un haut poste bien rémunéré, mais il enchaîna les refus et il épuisa tous ses contacts et connaissances. Sa situation devenait de plus en plus critique.

Les poches vides, il abandonna l’idée d’obtenir un poste à responsabilité et il décida de saisir la première opportunité qui s’offrirait à lui. Évidemment, il trouva très vite un petit job mal payé, mais il en fut tout de même satisfait.

Quelque temps plus tard, lorsqu’il rencontra un ancien ami à lui, qui s’empressa de lui demander où il en était, il lui fit part de sa nouvelle activité professionnelle fort mal payée… Son ami surpris lui rappela ses capacités et ses diplômes, et lui fit remarquer que ni son travail ni son salaire ne correspondaient à ses aptitudes.

L’autre lui expliqua ceci : « J’en suis tout à fait conscient, et ce n’est pas faute d’avoir cherché, mais en vain. Je ne pouvais plus me permettre de rentrer à la maison les mains vides. C’est pourquoi, vu la situation, j’ai été obligé de prendre ce qu’Hachem me présenta, et je Lui en suis très reconnaissant. »

Après cette parabole, le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne qu’il y a trois actes essentiels que l’homme doit chérir dans sa vie :

  1. L’étude de la Torah, qui représente l’essentiel des trois, car son salaire équivaut à toutes les Mitsvot et son absence, à toutes les avérot (que D.ieu nous en préserve).
  2. La Téchouva, très appréciée et très chère aux yeux d’Hakadoch Baroukh Hou.
  3. La recherche des Mitsvot et des occasions d’en accomplir, comme il est écrit : « Celui qui poursuit la justice et la bonté trouvera la vie, la justice et l’honneur. » Michlei (21, 21)

Un autre point fondamental que nous livre le ‘Hafets ‘Haïm, est que les livres saints nous enseignent que lorsque les termes « ‘Hokhma/Sagesse » et « Daat/Connaissance » apparaissent dans Kohélet, il s’agit en réalité de la Torah, qui est la source de toute Sagesse et Connaissance. En outre, lorsque le verset nous parle de « ‘Hechbon/compte », cela fait allusion à la Téchouva, à laquelle on ne peut accéder qu’en faisant un bilan de nos actes.

A présent nous pouvons expliquer pourquoi nos deux versets sont juxtaposés.

Au début il est dit « Jouis de la vie avec la femme que tu aimes… », la femme ici, désigne la Torah.

« tous les jours de ta vie éphémère », les jours de notre vie sont appelés ainsi car ils sont limités, on ne peut donc pas se permettre de les gaspiller pour les futilités terrestres. On doit optimiser le temps qui nous est donné par l’étude, ce qui nous conduira à la Téchouva et à l’accomplissement des Mitsvot. En effet, comme on le dit dans la Amida au moment de la bénédiction pour la Téchouva : nous commençons d’abord par une requête pour l’étude de la Torah, et c’est seulement après cela que nous demandons de l’aide pour la Téchouva. Plus nous nous éloignons de l’étude de la Torah, moins nous pouvons accomplir la Avodat Hachem (service Divin).

« Tout ce que tes propres moyens permettent à ta main de faire, fais-le pendant que tu en as la force… »

L’homme est parfois tellement occupé qu’il lui est impossible de se poser un instant pour étudier la Torah ou pour faire le bilan de ses actions afin de faire Téchouva, et c’est parfois quand il est trop tard qu’il prend conscience qu’il est incapable de mettre en application deux des trois actes chéris d’Hachem, c’est-à-dire l’étude de la Torah et la Téchouva… il ne lui reste alors plus rien, enfin presque.

« Tout ce que tes propres moyens permettent à ta main de faire, fais-le… » On doit malgré tout chercher à faire des bonnes actions… « car il n’y a ni action, ni compte, ni connaissance dans le Chéol vers lequel tu te rends. »

C’est pour cela que l’on devra saisir toutes les Mitsvot, quelles qu’elles soient, qui se présentent à nous durant notre passage éphémère dans ce monde-ci, et s’en emparer comme s’il s’agissait de perles précieuses.