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CHELA’H LEKHA: Hafrachat ‘hala

Cette semaine nous découvrons dans notre paracha (Chap 15; 17-21) la fabuleuse Mitsva de la « Hafrachat ‘hala, voici quelques points  qui expliquent le but et le sens de cette Mitsva.

Pourquoi cette Mitsva est-elle spécifiquement réservée aux femmes ?

Les femmes sont responsables de prélever la ‘hala, comme l’enseigne le Midrach Beréchit Raba (Beréchit 14 ; 1.), car ‘Hava a fait déchoir Adam Harichone et l’a rendu impur. Or Adam Harichone était surnommé la ” ‘Hala du monde” car il avait été confectionné d’un mélange d’eau et de poussière de la terre, assimilable à une pâte. La femme doit allumer les bougies avant Chabbat car la première femme a éteint la lumière du monde en incitant Adam à fauter. Enfin, elle doit observer les lois de Nida pour avoir versé le sang du premier homme en le faisant devenir mortel.

Une seconde raison que donne Rachi (Chabbat 31b) pour laquelle les femmes sont tenues de prélever la ‘hala est que la maîtresse de maison a habituellement la charge des tâches ménagères.

La Michna (Chabbat 2;6) dit : « A cause de trois transgressions, les femmes meurent au moment de l’accouchement : parce qu’elles ne font pas attention aux lois de nida, de ‘hala et d’allumage des lumières de Chabbat. » La Guémara (Chabbat31b) explique le sens de cette Michna de la façon suivante. Hakadoch Baroukh Hou a dit : « J’ai mis en vous un révi’it de sang (la quantité minimum nécessaire pour la survie d’un homme) et c’est pour cela que Je vous ai donné un commandement concernant le sang (nida). De plus, Je vous ai appelés ”prémices”, c’est pour cela que Je vous ai donné un commandement concernant les prémices (‘hala). Enfin l’âme que J’ai placée en vous est appelée ”lumière”, c’est pour cela que Je vous ai donné un commandement concernant la lumière (de Chabbat). Si vous remplissez ces obligations, très bien, mais sinon, Je reprendrai vos âmes. »

Rachi explique que l’expression « Je reprendrai vos âmes », signifie qu’Hachem reprendra le révi’it de sang, éteindra notre lumière (Néchama) et annulera notre nom de prémices.

RÉPARER LA FAUTE ORIGINELLE

Comme nous l’avons dit, c’est pour réparer la faute de ‘Hava que les femmes sont plus visées par l’accomplissement de cette Mitsva.

En effet, Adam Harichone qui fut créé la veille de Chabbat était  «’halato chel Olam – la ‘hala du monde ». Par sa faute, ‘Hava détériora cette « ‘hala » et par ce prélèvement, elle réparera en quelque sorte cette faute et cette ‘hala. C’est pour cela que la coutume répandue dans le Klal Israël est de cuire du pain, « les ‘hallot », en l’honneur du Chabbat, afin que la femme puisse prélever la ‘hala.

Le Midrach Tan’houma (Parachat Noa’h 1) nous l’enseigne en effet : « D’où apprenons-nous la Mitsva de ‘hala? C’est parce qu’elle (‘Hava) a rendue impure la ‘hala du monde, comme l’a dit Rabbi Yossi ben Douméska : « De même que la femme mélange sa pâte avec de l’eau puis prélève la ‘hala, ainsi Hachem a confectionné Adam Harichone, comme il est écrit (Beréchit 2;6-7) : ”Et une vapeur d’eau s’élevait de la terre, elle abreuvait toute la face du sol. Hachem-Elokim forma l’homme de la poussière de la terre…” »

Il existe un second Midrach (Beréchit Raba 14;1) semblable au précédent : Le verset dit (Beréchit 2;7): « Hachem-Elokim forma l’homme de la poussière de la terre » et (Michlé 29;4) : « Un roi érige son pays dans la justice ». Ce roi, c’est le Roi des rois, Hakadoch Baroukh Hou, qui érige la terre dans la justice et qui a créé le monde selon l’attribut de justice, comme il est dit (Beréchit 1;1) : « Au commencement, Elokim créa les cieux et la terre » . Aussi il est écrit (Michlé 29;4) : « avide de don, il le ruine » – il s’agit de Adam Harichone qui fut l’achèvement de la ‘hala du monde. Et l’on appelle la ‘hala, térouma, comme il est dit (Bamidbar 15;20) « Les prémices de votre pâte, une ‘hala, vous prélèverez… ».

Le Talmud Yérouchalmi (Chabbat 6) dit que Adam Harichone était une ‘hala pure pour le monde, comme il est écrit (Beréchit 2;7) « Hachem-Elokim forma l’homme de la poussière de la terre ». Rabbi Yossi bar Kétsarta dit : « comme cette femme qui mélange sa pâte avec de l’eau puis prélève la ‘hala ; puisque la femme entraîna la mort [d’Adam], la Mitsva de la ‘hala lui fut remise ».

POUR LE CORPS ET L’ÂME

Le Séfer Ha’hinoukh (Mitsva 385), un ouvrage ayant pour but d’expliquer la racine et la nature de chaque Mitsva, ainsi que ses différentes raisons pour nous les faire comprendre et définir notre rôle et notre travail, explique la chose suivante. C’est un fait que l’alimentation est vitale pour l’homme et que la plus grande partie de l’humanité se nourrit de pain. C’est pourquoi Hachem a voulu nous fournir un mérite permanent grâce à cette Mitsva liée intrinsèquement à notre pain quotidien. Ainsi, par l’intermédiaire de cette Mitsva, une bénédiction reposera sur notre pain et nous pourrons acquérir un mérite. De ce fait, notre pâte à pain devient une nourriture pour le corps mais aussi pour l’âme.

POUR LES SERVITEURS D’HACHEM

Le Séfer Ha’hinoukh (Mitsva 385) offre une seconde explication : le prélèvement de ‘hala permet de nourrir les serviteurs d’Hachem, les Cohanim, sans leur occasionner d’efforts. Contrairement au prélèvement de la grange (Térouma guédola) qui leur était destiné, mais dont ils bénéficiaient au prix d’efforts tels que tamiser et moudre la récolte, la ‘hala leur était donnée sans effort de leur part.

Extrait de l’ouvrage « La ‘Hala, un prélèvement pour Hachem » LIRE UN EXTRAIT