Qu’est-ce que les « Chovavim » ?

Qu’est-ce que les « Chovavim » ?

Le terme « Chovavim » est un acronyme des six premières Paracha du livre de Chémot (Chémot, Vaéra, Bo, Béchala’h, Ytro et Michpatim (שמות-וארא-בא-בשלח-יתרו-משפטים.)

Le terme de “chovavim” renvoie aussi au verset de : “Chouvou banim chovavim èrpa méchouvotékhèm – Revenez enfants rebelles ! Je guérirai vos égarements” (Yrmiyahou 3;22). Le prophète interpelle les enfants d’Israël, qui se sont laissé aller à tous les excès,et les invite à la réparation et au repentir. Malgré toutes les dérives et la gravité de leurs péchés, rien n’est encore perdu, ils sont qualifiés « d’enfants, de fils » rebelles certes, mais ils n’ont pas perdu cette qualité de « fils » !

La particularité de cette période des « Chovavim » tient dans cette possibilité qui nous est donnée de « réparer » la faute commune aux hommes, celle de la dispersion des énergies de vie (perte de semence). Ce que nos maîtres qualifient l’éparpillement des étincelles de sainteté. Cette faute volontaire ou non, a des conséquences terribles sur la vie des individus comme sur celle de l’ensemble d’Israël.

Comportement durant cette période

Les gens pieux ont l’habitude de jeûner tous les jeudis, et certains même le lundi, de cette période. Ces jeûnes sont considérés comme des jeunes volontaires, et il sera nécessaire d’accepter ce jeûne sur soi la veille lors de la Téfila de Min’ha. Si dix personnes jeûnent, ils liront la Paracha habituellement lue les jours de jeûnes.

Ces jours de jeûne seront consacrés essentiellement à la prière et au Tikoun spécifique, on y récitera des Sélihots et le fameux ‘Anénou institué par le Rachach.

Mais pour tous, que l’on jeune ou non, il convient en cette période de redoubler d’effort dans l’étude de la Torah. En y consacrant plus de temps et en s’y investissant avec plus d’ardeur. Nos sages enseignent que la faute de perte de semence cause une détérioration au niveau du « Daat-l’intellect », il convient donc d’agir à ce même niveau, quoi de plus puissant que l’étude approfondie et soutenue qui est de cette même qualité pour y parvenir.

Dans l’introduction de l’ouvrage “Iglé Tal” il est écrit que l’étude profonde est pratiquement la seule solution pour arranger ce qui a été dégradé. Il convient d’investir toutes ses facultés intellectuelles dans cette réparation puisque la faute est justement liée aux Séfirot de l’intellect.

La lecture des Téhilim est fortement recommandée pendant cette période, sans négliger l’étude du Moussar, afin de parvenir un peu à raffiner ses qualités et traits de caractère.

Même pour ceux qui ne jeûnent pas, ils seront vigilants de ne s’adonner à aucun excès pendant ou entre les repas. Il convient aussi de faire du bien autour de soi plus qu’à son habitude, de prélever de la Tsédaka en faveur de ceux qui se consacrent à l’étude.

Puisqu’ il y a un lien étroit entre la parole et la sainteté du Brit, on prendra garde de toute discussion inutile ou vaine. Il est conseillé de faire autant que cela se peut le jeûne de la parole pendant tous ces jours, même durant quelques heures. Cerataines communautés instaurent un jour entièrement consacré à la prière et à l’étude, de sorte qu’y participe le plus grand nombre possible de personnes. La fixation de ce jour est essentielle, cela éloigne les accusations, annule les mauvais décrets et apporte de nombreuses bénédictions.

Enfin le Ari Zal souligne l’importance de réciter le Chéma avant le coucher, cette lecture est d’une puissance telle qu’elle détruit toutes les forces néfastes qu’engendre cette faute. Elle possède aussi la propriété de réhabiliter les énergies perdues et de leur faire réintégrer le domaine de la sainteté.

Pourquoi spécifiquement en cette période ?

L’essentiel de ces jeûnes en cette période vise à réparer la « perte de semence » et ces jours sont propices à cette réparation. La raison de cela tient à la lecture de ces Parachiot qui retracent l’exil et la servitude qui sont la réparation des pertes d’Adam pendant les 130 ans où il s’éloigne de sa femme.

Le Ari zal explique longuement le concept même de l’exil et de la servitude en Égypte. Il dit : “Tu dois savoir qu’Adam harichone en s’éloignant de son épouse ‘Hava pendant 130 ans, a éparpillé les énergies vitales qui sont allées se loger dans les profondeurs obscures. C’est le concept du « mélange du bien et du mauvais » conséquence directe de la faute originelle, celle de l’arbre de la Connaissance du bien et du mal.

Ces énergies saintes de grande qualité sont reconduites à plusieurs reprises en ce monde, elles prennent à chaque fois des formes différentes (guilgoulim). Ces énergies seront habillées une première fois dans la génération d’Enoch qui « invente » le concept de l’idolâtrie. Puis dans la génération du déluge qui commettra la même faute qu’Adam. Ils déversèrent leur semence à terre, comme dit le verset : “Toute chair avait corrompu sa voie sur la terre”.

Ces âmes reviennent plus tard en s’habillant cette fois dans la génération de ceux qui construisent la Tour de Bavel. Et enfin ces âmes seront les habitants de la ville de Sédom.

Le processus de purification de ces âmes ressemble à celui des métaux précieux. L’or et l’argent contiennent des impuretés et des scories qui sont éliminées au fur et à mesure de leurs raffinements. La servitude en Égypte est appelée « le creuset de raffinement-Kour habarzel ». On remarque que Pharaon fait jeter au fleuve les garçons, cela est en rapport avec la faute qui amènera le déluge. Il oblige le peuple à construire des villes, ils seront asservis par de durs labeurs de l’argile et des briques qui correspondent à la construction de la tour de Bavel.

La lecture des Parachiot telle que nous la faisons aujourd’hui n’est pas fortuite, mais traduit une illumination particulière qui correspond à la période que nous vivons. De même les mois de cette période sont aussi spécifiques à cette réparation. Nous devons faire le maximum en cette période de Chovavim pour parvenir à réparer les conséquences de cette faute.

Les Sages nous ont souvent mis en garde que les conséquences de la dispersion des énergies vitales sont terribles et rendent la vie encore plus difficile qu’elle ne doit l’être. En essayant de réparer cette faute, on répare notre âme, notre personnalité et on élimine tous les maux qui nous ont assaillis. Cette Téchouva est une véritable ouverture vers les sources de bontés et de bénédictions qui ne peuvent à présent que se libérer pour que nous les recevions avec abondance.

Extrait d’un article de M.Baruch