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Béhar: Parnassa, pourquoi vouloir aider Hachem ?

« Et lorsque vous direz : « Que mangerons-nous durant la septième année… ? » Vayikra (25 ; 20)

La Torah nous ordonne : « Six années tu ensemenceras ton champ… Et la septième année sera un Chabbat de repos pour le pays, un Chabbat pour Hachem… »

La Paracha de cette semaine nous enseigne une grande leçon de Bita’hon, confiance en Hachem.

Cette mitsva est la Chemita, le Chabbat de la terre, qui dure un an.

C’est l’une des mitsvot les plus difficiles à réaliser, en effet, la Torah ordonne de laisser son champ à l’abandon, ouvert au public, ses arbres fruitiers livrés à tous les passants, et tout cela sans rien dire, pendant un an.

Une année entière sans production : pas de récoltes, pas de gains, une année sabbatique en l’honneur de Hachem, une année basée sur la Emouna Chéléma.

La Torah, connaissant la nature de l’homme et anticipant sur notre réaction, nous dit : « Et lorsque vous direz : « Que mangerons-nous durant la septième année… ? »[1], voici ce que Hachem répond : « J’ordonnerai ma bénédiction pour vous dans la sixième année, elle fera la récolte pour trois années. » [2]

La Rav Eliaou Lopian, dans son Séfer Lev Eliaou, nous rapporte le récit suivant :

L’un de ses élèves avait décidé de quitter la Yéchiva pour étudier la médecine. Après avoir appris cette nouvelle, le Rav convoqua l’élève pour connaître la raison de cette décision.

Celui-ci lui répondit qu’il était obligé de quitter la Yéchiva pour l’université, afin de subvenir aux besoins de son futur foyer : il se marierait sans doute prochainement et aurait des enfants.

Le Rav lui rétorqua : « Te marier ? Tu es sûr que tu vas te marier ? D’où sais-tu que tu trouveras une femme ? Et des enfants, tu es certain que tu en auras ? Tes études de médecine serviront à faire vivre ta famille ? Tu en es sûr ? Pour tous ces cas tu fais donc confiance à Hachem, alors pour le reste tu le dois aussi ! »

Cela signifie que nous accordons une immense confiance à Hachem dans presque tous les domaines de la vie, mais pour la parnassa, nous essayons de donner un « coup de main » à D.ieu !

Le Rav Lopian nous apprend : « Les personnes qui n’ont pas de Bita’hone mangent tous les jours du pain sec. Ayant peur de ne pas en avoir pour le lendemain, elles en gardent toujours de côté. »

Celui qui a confiance en Hachem a du pain frais tous les jours.

Il est vrai que chacun d’entre nous se doit de faire une certaine Hichtadloute, mais malgré tout, la parnassa est distribuée par le Ciel. Cette Hichtadloute se fait au travers du travail, mais aussi de la prière et de notre soumission totale à Notre Créateur, ce qui s’appelle Bita’hone.

Hachem éprouve ses enfants pour qu’ils se tournent vers Lui, ceci afin de créer une proximité avec eux, et c’est pourquoi leur subsistance dépend entièrement de Lui.

Les élèves de Rabbi Chimone Bar Yo’haï lui demandèrent pourquoi Hachem avait fait descendre la Manne chaque jour et non pas une seule fois par mois ou par an dans le désert ? Le Maître leur répondit par la parabole suivante : « Un roi octroya une pension annuelle à son fils, mais il constata qu’il ne le voyait de ce fait qu’une seule fois par an, le jour de la remise de la pension. Il décida dès lors de lui verser la même somme, mais répartie sur chaque jour de l’année. »

Ainsi, au grand bonheur du père, le contact devint permanent avec son fils. C’est pour cette raison d’ailleurs, que la Torah considère le pauvre comme mieux loti que le riche. L’épreuve de la richesse étant beaucoup plus dangereuse, en effet lorsque l’on a tout, on a tendance à oublier Notre Papa. Nous n’avons plus de raison de faire appel à Lui, alors que lorsque l’on est pauvre c’est tout le contraire, on le supplie jour après jour de nous aider à nourrir notre famille, le contact est permanent et l’on respecte mieux Sa volonté en gardant les mitsvot qu’Il a ordonnées.

La Chemita que nous avons évoquée au début de ce commentaire, ainsi que chaque épreuve concernant la parnassa, ne sont là que pour nous rapprocher de Lui. Comme un père aimant Hachem veut le contact, pour notre bien, et pour nous prodiguer du bien. Ces moments d’épreuve engendrent la proximité avec Lui, des moments forts où l’on se sent détachés de tout le reste et où tous nos espoirs sont placés en Lui, qu’en Lui, car Il est, était et sera Le Maître du monde.

Avoir la Bita’hone en Hachem c’est une berakha assurée. Comme nous le disons quotidiennement dans le Birkat Hamazone : « Baroukh Haguévère, Achère Ivta’h B’Hachem… » : Béni soit l’homme qui aura confiance en D.ieu.

Rav Mordékhaï Bismuth


[1]Vayikra (25 ; 20)

[2]Vayikra (25 ; 21)