22 juin 2024

ADAR…Sous le signe du poisson

Nos sages enseignent que le mois de Adar est placĂ© sous le signe du poisson. Voici des explications du Rav Nissim Dayan Chlita, rapportĂ© dans son sĂ©fer « Kol Ra’hel Â».
Le ‘Hatam Sofer Ă©crit que le Beth-Hamikdache est appelĂ© « tsavar/cou Â», comme il est Ă©crit dans Chir Hachirim (4;4) : « Ś›ÖŒÖ°ŚžÖŽŚ’Ö°Ś“֌ַŚœ Ś“֌֞Ś•ÖŽŚ“ ŚŠÖ·Ś•ÖŒÖžŚŚšÖ”ŚšÖ°/ton cou est comme la tour de David ». De mĂȘme que le cou est la voie de passage de la vie entre le corps et la tĂȘte, le Beth-Hamikdache est un passage pour relier le ciel et la terre.
Cependant, Ă  la venue du Machia’h [bimĂ©hĂ©ra bĂ©yamĂ©nou], le peuple juif sera uniquement sous le signe, ou plutĂŽt sous le mode, poisson. A cette Ă©poque, la prĂ©sence d’Hachem sera dĂ©voilĂ©e, comme il est dit (YĂ©chaya 11;9) : « La terre sera emplie de la connaissance de D.ieu Â». En effet, le poisson n’a pas de cou ; sa tĂȘte est reliĂ©e directement Ă  son corps et il est dĂ©tachĂ© de la terre, puisqu’il vit dans l’eau.
Au temps du Machiah’, nous serons directement liĂ©s Ă  Hachem, sans point de passage, sans contrainte matĂ©rielle.

Par contre, Essaw ressemble Ă  un porc, comme le rapporte Rachi (BerĂ©chit 26;34) : « Essaw est comparĂ© Ă  un porc, comme il est Ă©crit dans TĂ©hilim (80;14) :”que le porc de la forĂȘt mutile”. Lorsque cet animal est couchĂ©, il Ă©tend ses pattes pour montrer ses sabots, comme pour dire : voyez ! je suis pur ! Il en va de mĂȘme pour les princes de Essaw : ils volent et pillent tout en prenant des airs de gens honnĂȘtes  ».
Comme le poisson, le porc ne possĂšde pas de cou ; sa tĂȘte est directement reliĂ©e Ă  son corps. En ce qui le concerne, cela reflĂšte par contre son attachement aux plaisirs terrestres. En effet, le porc est glouton ; il est capable de se gorger sans jamais se sentir rassasiĂ©. [N’est-il pas intĂ©ressant de voir qu’en français, le mot corps est composĂ© des mĂȘmes lettres que le mot porcs ?]

Haman est un descendant d’Amalek, lui-mĂȘme descendant d’Essaw comparĂ© au porc qui n’a pas de cou. Tout son intellect est implantĂ© dans son corps qui le pousse Ă  vivre sous l’impulsion de ses envies et des tentations.
Haman pensait rĂ©gner sur le monde et le voulait dĂ©pourvu de juifs. Il voulait un monde conduit sous le signe du porc, une vie de dĂ©sirs et de tentations sans aucune spiritualitĂ©. Car telle est toute la guerre d’Amalek : combattre contre D.ieu et Sa Torah ! Mais au final, un retournement de situation se produisit : « le jour mĂȘme oĂč les ennemis des juifs avaient espĂ©rĂ© prendre le dessus sur eux, ce fut le contraire qui eut lieu, les juifs prirent le dessus sur ceux qui les haĂŻssaient. Â» (Esther 9;2). 
De plus, les BneĂŻ IsraĂ«l se sont multipliĂ©s et ainsi s’accomplit le verset (BerĂ©chit 48;16) : « qu’ils se multiplient abondamment au milieu du pays. Â» Rachi explique que le mot ”se multiplient/vĂ©yidgou” provient du mot poisson/dag, car les poissons fructifient et se multiplient sans que le mauvais Ɠil ait de prise sur eux.
En d’autres termes, Ă  Pourim, c’est la force de la tĂȘte, de la spiritualitĂ©, qui a pris le dessus sur celle du corps. Elle est reprĂ©sentĂ©e par le poisson dĂ©pourvu de cou dont la tĂȘte est reliĂ©e directement Ă  son corps mais chez qui, Ă  l’inverse du porc, la tĂȘte conduit le corps.
C’est le symbole du poisson du mois d’Adar, un message pour tous nos dĂ©tracteurs qui veulent Ă©liminer le peuple d’IsraĂ«l en voulant nous faire conduire par notre corps et vivre comme des porcs. Mais nous sommes les enfants d’IsraĂ«l, pas d’Amalek.
La GuĂ©mara (BĂ©rakhot 61b) relate que le royaume de Rome dĂ©crĂ©ta un jour qu’IsraĂ«l ne devait plus Ă©tudier la Torah. AprĂšs cela, Papous ben YĂ©houda trouva Rabbi Akiva qui rassemblait des Ă©lĂšves pour enseigner la Torah. II lui demanda : « Akiva, n’as-tu pas peur du gouvernement et de son dĂ©cret ? Â» II lui rĂ©pondit : « Je vais te raconter une parabole qui illustrera cela.
Un renard marchait le long d’une riviĂšre et observa les poissons qui s’assemblaient ici et lĂ  et qui fuyaient de ci de lĂ .
« Pourquoi fuyez-vous ? Â» leur demanda-t-il.
« A cause des filets et des piĂšges que placent les hommes Â» rĂ©pondirent-ils.
« Pourquoi ne pas venir sur la terre ferme ? Nous vivrons, vous et moi, comme ont vĂ©cu nos ancĂȘtres ! Â»leur proposa-t-il.
Ils lui rĂ©pondirent : « Si c’est toi qu’on appelle le plus rusĂ© des animaux, tu n’es qu’un insensĂ© ! Car si nous avons peur dans notre environnement, Ă  plus forte raison dans celui qui n’est pas le nĂŽtre ! Â»
II en va de mĂȘme pour nous. Maintenant que nous Ă©tudions la Torah Ă  propos de laquelle il est dit (DĂ©varim 30 ;20) : « Ś›ÖŒÖŽŚ™ Ś”Ś•ÖŒŚ Ś—Ö·Ś™ÖŒÖ¶Ś™ŚšÖž Ś•Ö°ŚÖ茚ֶŚšÖ° Ś™ÖžŚžÖ¶Ś™ŚšÖž /Car c’est lĂ  ta vie et la longueur de tes jours. Â», nous avons peur, Ă  plus forte raison si nous nous arrĂȘtions d’étudier la Torah ! Â»
Renforçons-nous dans l’étude de la Torah en ce mois de Adar, et puissions-nous mĂ©riter de voir trĂšs prochainement la venue du Machia’h et la rĂ©alisation des paroles du prophĂšte YĂ©chaya (11;9) : « La terre sera emplie de la connaissance de D.ieu Â», bimĂ©hĂ©ra bĂ©yamĂ©nou Amen.