8 août 2026

La digestion (suite et fin)

En principe, un homme sain et fort mangera deux fois par jour, mais les gens faibles et les personnes ùgées prendront plusieurs petits repas, car la nourriture abondante affaiblit leur estomac. Celui qui veut rester en bonne santé ne mangera pas avant que son estomac ne se soit vidé de la nourriture antérieure.

Normalement, chez les gens sains qui mangent et se fatiguent moyennement, la digestion complĂšte d’un repas moyen dure six heures, il est bon de sauter un repas par semaine – si possible la veille de Chabat – pour laisser l’estomac se reposer et renforcer sa capacitĂ© de digestion.

Il est bon de s’habituer Ă  manger du pain (cĂ©rĂ©ales) le matin. Celui qui veut manger plusieurs sortes d’aliments commencera par ceux qui sont laxatifs ; ensuite, il fera une petite pause pour ne pas les mĂ©langer avec les autres. De mĂȘme, il consommera d’abord des aliments lĂ©gers et digestes – par exemple, de la volaille avant la viande de boucherie, de la chair du petit bĂ©tail avant celle du gros bĂ©tail. Tout de suite aprĂšs le repas, il mangera des aliments astringents (qui constipent), mais pas en grande quantitĂ©.

Puisque la digestion commence dans la bouche sous l’effet du broyage par les dents et du mĂ©lange des sucs avec la salive, aucun aliment ne doit ĂȘtre avalĂ© sans mastication, pour ne pas faire retomber sur l’estomac tout le poids de la digestion.

Les hommes n’ont pas tous la mĂȘme nature, comme nous l’avons dĂ©jĂ  dit. Chacun doit choisir, suivant l’avis des mĂ©decins, les aliments qui lui conviennent, Ă  son lieu d’habitation et au moment voulus.

Concernant la boisson, l’eau constitue pour l’homme la boisson naturelle et saine pour le corps. Si elle est pure et claire, elle sert Ă  maintenir l’hydratation du corps et Ă  accĂ©lĂ©rer l’Ă©vacuation des dĂ©chets. On choisira de prĂ©fĂ©rence de l’eau fraĂźche – qui dĂ©saltĂšre et active la digestion -mais pas glacĂ©e au point d’Ă©teindre la chaleur naturelle du corps. Celui qui est las et fatiguĂ© doit veiller, Ă  plus forte raison, Ă  ne pas boire de l’eau trop froide car, Ă  cause de l’Ă©tat de lassitude et de fatigue, elle pourrait, Ă  D.ieu ne plaise, Ă©chauffer et faire fondre dangereusement la graisse du cƓur. MĂȘme si l’eau est bonne pour la santĂ© du corps, il ne faut pas en abuser. On ne doit pas en boire juste avant le repas, pour ne pas refroidir l’estomac et perturber la digestion. On pourra prendre un peu d’eau mĂ©langĂ©e Ă  du vin pendant le repas, puis boire modĂ©rĂ©ment quand le processus de digestion aura commencĂ©. Pour ne pas refroidir le foie, il ne faut pas boire de l’eau en sortant des bains publics ni, a fortiori, Ă  l’intĂ©rieur…

Celui qui veut rester en bonne santĂ© doit maĂźtriser ses Ă©motions – comme la joie, l’inquiĂ©tude, la colĂšre et la peur, qui sont des phĂ©nomĂšnes agissant sur le psychique. Un homme avisĂ© sera satisfait de son sort durant toute son existence Ă©phĂ©mĂšre, ne se fera pas de soucis pour un monde qui n’est pas le sien, et ne recherchera pas le luxe ; il sera de bonne humeur et d’une joie modĂ©rĂ©e, ceci augmentera la chaleur naturelle de son corps et facilitera la digestion et l’expulsion des dĂ©chets, fortifiera sa vue et ses autres sens, et renforcera son intelligence. Toutefois, il ne consommera pas, comme les sots, une grande quantitĂ© de nourriture, qui chasse et dissout la chaleur naturelle du corps, provoque un brusque refroidissement du cƓur et une mort prĂ©maturĂ©e. Cela arrive en particulier aux hommes gros dont la tempĂ©rature est relativement basse, en raison de l’Ă©troitesse de leurs vaisseaux sanguins et de la lente circulation du sang, qui est la principale source de chaleur. L’inquiĂ©tude, qui est le contraire de la joie, est nuisible, elle aussi, parce qu’elle refroidit le corps ; la chaleur naturelle se concentre au cƓur et provoque la mort. La colĂšre Ă©chauffe le corps et donne de la fiĂšvre. La frayeur engendre un refroidissement du corps ; c’est pourquoi, celui qui est effrayĂ© peut ĂȘtre pris de tremblements et mĂȘme mourir de froid. Il n’est pas bon de manger quand on est en colĂšre, effrayĂ© ou soucieux, mais seulement quand on Ă©prouve une joie modĂ©rĂ©e.

Extrait de l’ouvrage « Une vie saine selon la Halakha Â»

du Rav YĂ©’hezkel Is’hayek Chlita

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