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Devarim – Chabat ‘Hazon

« Ce sont là les paroles que Moché adressa à tout Israël de l’autre côté du Jourdain (Yarden), dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Paran et Tofel, Labân, Hacéroth et Di-Zahav. » (Dévarim 1 ; 1)

Avec l’aide de Hachem, nous allons ouvrir le dernier livre du ‘Houmach, le Séfer Dévarim. Ce Livre est un long discours de Moché Rabénou, adressé à tout le peuple quelques jours avant sa mort, il commence par le verset que nous avons cité plus haut. Rachi nous explique que ces paroles sont des paroles de réprimande, et que…Lire la suite

As-tu espéré la délivrance ?

Cette période de deuil sur la destruction du Temple constitue également un temps où nous espérons que s’accomplisse enfin cette phrase de nos prières : « Montre-nous sa reconstruction et réjouis-nous par son rétablissement  »  (rituel  des fêtes,  n.d.t). Il est tout à fait approprié de rapporter à cette occasion les paroles suivantes extraites du Smak (un des Baalé Hatossefot, commentateur du Moyen-Age, n.d.t)       dans la première Mitsva de la Torah qu’il énumère : Savoir que c’est Lui qui a créé le Ciel et la Terre et qu’Il est le Seul à régner En-Haut et ici-bas et dans les  quatre points    cardinaux, comme il est écrit (Chémot 20, 2) : « Je suis Hachem ton D. » et aussi (Dévarim 4, 39) : « Tu sauras en ce jour que tu  intérioriseras dans ton cœur qu’Hachem est le D. dans les Cieux En-Haut et sur la Terre ici-bas et qu’il n’y en a pas d’autre ». Car le Saint-Béni-Soit-Il gouverne le monde entier par le souffle de Sa  parole.  Il nous a fait sortir d’Egypte et a accompli pour nous des prodiges. Aucun homme ne se cogne en effet le doigt ici-bas si cela n’a pas été décrété auparavant En-Haut, comme il est dit (Téhilim 37,23): « Hachem dirige les pas de l’homme ».

C’est à ce sujet que nos Sages enseignent lorsqu’on le juge après sa mort ”as-tu espéré la délivrance ?”

Et où est écrite cette Mitsva ? Elle est dépendante  d’une autre : la Mitsva d’avoir foi qu’Il nous a fait       sortir d’Egypte, comme il est écrit : « Je suis Hachem ton D. qui t’a fait sortir de la  terre d’Egypte ». Ce qui signifie : « Je désire que vous ayez foi que c’est Moi qui              vous ai fait sortir d’Egypte. De même, Je désire que  vous  ayez  foi  que  Je suis Hachem votre D. et que Je vous rassemblerai à l’avenir et vous délivrerai. » Car Il nous délivrera une seconde fois dans Sa miséricorde, comme il est dit (Dévarim 30, 3)          : « Et tu reviendras à Lui            et Il te rassemblera d’entre tous les peuples. » Et Rabbénou Péretz (dans ses annotations sur le Smak) d’expliquer : « Puisque espérer la délivrance est une Mitsva écrite dans la Torah, incluse dans le premier commandement “Je suis  Hachem  Ton D.”, c’est pour cela qu’on la réclame de l’homme au jour du jugement. »

Il s’ensuit que l’espérance dans la délivrance concerne chaque juif quel qu’il soit puisque la Mitsva de « Je  suis  Hachem Ton D. » inclut tout  Israël dont les ancêtres l’ont entendue au Sinaï. En outre, après 120 ans, le Tribunal Céleste demandera à chacun, et  pas  seulement  aux grands de la génération : « As-tu espéré en la délivrance ? » Et chaque juif sera sommé de répondre s’il a espéré et attendu ardemment notre délivrance et le rachat de nos âmes.

Le Rambam, pour sa part, écrit (Hilkhot Mélakhim, chap. 11) : « Tout celui qui n’attend pas sa venue (du Machia’h) renie  la Torah et Moché Rabbénou. » En revanche, celui qui attend, affirme Rav Lévi Its’hak de Berditchov (Kédouchat Halévi sur  Eikha) mérite déjà à présent de ressentir un peu  de  la  joie qui aura cours lors  de  la  reconstruction de Jérusalem.

On veillera, par conséquent, à placer ce sujet en tête de ses préoccupations  (pour  le moins pendant cette période des trois semaines), comme l’illustre le Maguid de Douvno dans la parabole suivante : Un père riche          avait envoyé ses          cinq fils outre-mer vers un lieu de Torah. Un jour, l’un d’entre eux, Réouven tomba malade. Ses frères s’empressèrent de            lui faire consulter un médecin, spécialiste renommé qui après l’avoir soigneusement examiné rendit son diagnostic : « Sachez, dit-il, que votre frère est atteint d’une grave maladie et qu’il n’existe aucun remède à son mal              à l’exception d’un médicament extrêmement rare qui ne peut être      obtenu que moyennant une immense somme d’argent.

Ne vous             inquiétez pas, lui répondirent-ils, notre père est très  riche et très influent. Nous allons lui écrire une lettre et il nous enverra immédiatement l’argent nécessaire. »

Sur le champ, l’aîné des  frères  entreprit  de rédiger la lettre en question dont voici  le  contenu : « A l’intention de mon respecté père, Envoie-nous beaucoup d’argent car Chimone a cassé ses lunettes, Lévi a besoin de racheter des vêtements  neufs  car les siens sont vieux et usés et ne correspondent          plus à son rang. Notre frère Yéhouda également a emprunté 450 dinars et le temps du paiement est arrivé. Pour Réouven aussi, envoie une grosse somme, car il est gravement malade, sur le point de mourir, et le remède que le médecin préconise coûte une fortune (…) »

La lettre fut ainsi expédiée par la poste. Lorsqu’elle parvint dans les mains du père, celui-ci crut défaillir sous le choc mêlé de  colère qu’il ressentit à cause de la teneur insensée de son contenu. Comment son fils avait-il été à ce point idiot pour inverser entièrement les priorités ? Comment avait-il pu mentionner la maladie de son  frère  à  la fin de la lettre, comme un détail secondaire alors que     tous les              autres besoins n’avaient aucune importance comparés à la situation dramatique du malheureux agonisant ?

La morale de cette parabole est claire. Elle constitue un reproche ouvert à tous ceux qui énumèrent

au Saint-Béni-Soit-Il l’ensemble de leurs besoins et ”se souviennent” d’ajouter à la fin, comme un détail la mention :”que le Temple soit reconstruit très rapidement et de nos jours”, alors que cette supplique devrait se trouver en tête de nos préoccupations.

Le Yéarot Devach (1ère partie, fin du Drouch 1, 3) s’exprime lui en ces termes: « Seul celui qui n’a pas toute sa raison ne ressent pas la  souffrance due à la destruction du Temple. C’est malheureusement notre cas, nous qui, par manque de sagesse, ne ressentons pas réellement cette catastrophe. En revanche, les grands hommes  au  cœur pur ressentaient la         perte incalculable occasionnée par ce grand malheur. Si nous parvenions à percevoir ce que l’absence du Beth Hamikdach a laissé comme vide dans ce monde, nous n’aurions aucune envie  de manger ni boire mais uniquement de nous  rouler  dans la poussière. »

Rav Chimichone Pinkus, pour sa part, (dans Galout Véné’hama p.147-151) explique que les pleurs traduisent chez l’homme  le fait qu’il prend une part dans  la situation spirituelle du Klal Israël et  dans la souffrance de la Présence Divine. Lorsque l’on conduit un défunt à sa dernière demeure, seuls les  proches versent des larmes, seuls ceux qui ressentent une proximité avec lui sont saisis de sanglots. Il en est de même pendant cette période de deuil sur la destruction du Beth Hamikdach : chacun peut alors juger de  son  degré  de proximité avec la Sainteté, et de  la manière dont il se sent concerné et lié au peuple d’Israël et  au  Saint-Béni-Soit-Il.  Le travail du juif constitue à renforcer en lui ce sentiment (…). Celui qui pleure exprime par là qu’il est touché par la perte subie, qu’il ressent la douleur de l’absence, et grâce  à  cela il se rapproche  et se relie à la chose qu’il a perdue.

Celui, conclut-il, qui n’est pas capable de pleurer pendant ces trois semaines sur la destruction du Beth Hamikdach et sur l’exil de la Présence Divine doit s’asseoir par terre pour pleurer amèrement sur sa propre destruction spirituelle, sur le fait même qu’il ne parvient pas à pleurer sur son manque de sensibilité à l’absence du Beth    Hamikdach. Ne             pas ressentir ce vide traduit une vide dans sa propre spiritualité. Cette prise de conscience est en soi une bonne raison de verser des larmes.

Voici ce qu’écrit le Yaavets à ce sujet (Sidour Beth Yaakov) : « La faute qui consiste à ne pas prendre  le deuil comme il se doit sur Jérusalem est une raison qui justifie à elle seule le prolongement de notre exil. A mes yeux, elle constitue la source de toutes les terribles persécutions qui nous frappent et qui dépassent l’entendement, dans tous les endroits où nous avons été disséminés de par le monde. On nous poursuit sans répit  au  sein des peuples sans compter la situation misérable et à la pauvreté auxquelles nous sommes réduits, tout cela, parce que le deuil a quitté nos cœurs. »

Rav Elimélekh Biderman

Pin’has: Je vous prie de faire la Téfila

« Ordonne aux Bné Israël et dis-leur :  Mon offrande, l’aliment de Mon sacrifice qui est brûlée en odeur agréable, vous veillerez à l’apporter en  son  temps.  »  (28, 2)

Le Sfat Emet commente ce verset en associant au terme ‘veillez-Lichmor’ le sens ”d’attendre” (en hébreu, en effet, le verbe Lichmor peut signifier à la fois “veiller à” ou ”être dans l’attente”, n.d.t). Il signifie dès lors aussi : « Vous serez dans l’attente de l’apporter. » Toute la journée sera ainsi  une préparation dans  l’attente  de l’apporter. Toute la journée sera aussi une préparation dans l’attente impatiente de l’heure où l’on pourra enfin apporter le sacrifice perpétuel, et il en sera de même pour la prière (après la destruction du Temple, les prières quotidiennes ont été instituées en remplacement du sacrifice perpétuel du matin et de l’après-midi). Toute la journée d’un juif, explique-t-il, doit être pour lui secondaire en regard du moment où il prie et pendant lequel il vit réellement. C’est ainsi que le Maître du Kouzari enseigne à son disciple la vertu d’un juif fervent (Kouzari 3, 5) : « Cet instant (de la prière) sera pour lui l’essentiel de sa journée  et  le  centre  de ses préoccupations, tous             les autres moments n’étant que des moyens d’arriver à celui-ci. Il désirera ardemment retrouver cette proximité dans laquelle il ressemble aux êtres spirituels et        se distingue de l’animal.» (Le Kouzari explique dans  la suite  de  cet extrait que  la prière doit être pour  l’homme  comme un aliment qui le nourrit lors d’un repas jusqu’au prochain. De même, il tire sa subsistance spirituelle de la prière jusqu’à la prochaine.)

Un juif de Jérusalem dont l’un des membres de la famille devait subir une opération à l’hôpital Hadassa, décida que pour mettre toutes les chances de réussite de leur côté, il devait parler au préalable avec le directeur général de l’hôpital, dont dépendait chaque décision dans cet établissement. En tant que simple citoyen,   il  n’avait  pratiquement aucune chance de pouvoir accéder directement à cet homme qui occupait un poste aussi élevé. Il voulut donc solliciter l’aide  de Rav Firrer, le conseiller médical connu pour ses relations avec le monde de la santé en  Israël (et également  à l’étranger) afin qu’il intercède pour lui auprès de ce directeur .

Le temps ne jouant pas en faveur du malade, il décida  finalement  de  prendre sa voiture pour se rendre à Hadassa. En chemin, il tenta de joindre Rav Firrer pas  moins d’une dizaine  de  fois mais sans succès. Soudain, il aperçut un homme sur le bas-côté de la route qui lui fit signe qu’il était tombé en panne. Au début, il pensa l’ignorer. Il était bien le dernier à être disponible à ce moment crucial où il tentait par tous les moyens de joindre cet intermédiaire tellement nécessaire. Tout d’un coup, à son immense surprise, il se rendit compte que cet         homme n’était autre que… le directeur de l’hôpital en personne! Il n’était dès lors plus nécessaire ni de parler au conseiller, ni à ses secrétaires.

Souvent, il arrive qu’un juif se tienne au milieu de sa prière et se mette à penser : « Ah! Comment vais-je pouvoir arranger rapidement ce problème, parler avec un certain homme d’affaires, courir chez tel médecin, supplier le responsable de la caisse de prêt ou faire des courbettes au banquier,   essayer de m’attirer la grâce de… ? Il ne cesse de remuer dans son  cœur et dans son cerveau le monde entier. Pourquoi ne comprend-il     pas qu’en priant, c’est comme s’il  se  trouvait (si l’on peut dire) devant ce directeur en personne ? Le psychologue et la personne prête à le comprendre, il les trouvera dans la bénédiction de ”Atta ‘Honène” (où l’on demande à Hachem la sagesse), le professeur spécialisé dans celle de   ”Réfaénou” (réservée à la guérison, n.d.t), la subsistance dont il a besoin et la richesse dans celle de ”Barekh Alénou” (ce qui lui épargnera d’avoir à trouver grâce auprès de quiconque), la paix  dans  son  ménage dans celle de ”Sim Chalom”, etc.

Cette approche de l’existence, poursuit le Sefat Emet, est valable  également  tant  que nous sommes  en  exil  dans  l’attente de voir le Beth Hamikdach reconstruit et les sacrifices à nouveau offerts sur l’autel.  En désirant             ardemment que ce temps revienne, nous possédons une part dans les sacrifices qui étaient offerts jadis et dans la construction future du troisième Temple, Biméera Béyaménou Amen !

Un juif ne peut parvenir  à  ce  désir  que s’il est convaincu que toute sa situation spirituelle et matérielle ne dépend que de  la prière. C’est dans cela qu’il doit mettre l’essentiel de ses efforts. Nos pères investissaient toutes leurs forces dans la prière parce qu’ils savaient qu’elle est la source de tous les profits.

Le ‘Hizkouni, dans son  commentaire  sur le verset « (…) Voici les fils de  Yaakov qui lui naquirent à Padan Aram (Et non pas à Beth Lekhem où  Ra’hel  Iménou  décéda en accouchant de Biniamine). L’explication en est, répond-il, que, lors de la naissance de Yossef (plus haut dans le verset 30, 24), elle pria à Hachem « Yossef Li Hachem Ben A’her », « Qu’Hachem m’ajoute un autre fils ». Cette prière            fut exaucée lorsque Biniamine naquit plus tard. Cependant, la Torah considère qu’il était déjà né à l’endroit (Padan Aram) et à l’heure où elle épancha son cœur en suppliques pour mériter un autre fils. Car telle             est la force de la prière : concrétiser la réalité dès le  moment  où elle est exaucée.

Rav Elimélekh Biderman

‘Houkat: La maladie d’Amour

« Alors Hachem suscita contre le peuple les serpents brûlants qui mordirent le peuple, et il périt une multitude d’israélites. Et le peuple s’adressa à Moché et ils dirent : “Nous avons péché en parlant contre Hachem et contre toi ; intercède auprès de Hachem, pour qu’Il détourne de nous ces serpents !” Et Moché intercéda en faveur du peuple. Hachem dit à Moché : “Fais toi-même un serpent et place-le en haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu’il le regarde et il vivra !” »  Bamidbar (21 ; 6-8)

Cet épisode vient nous dévoiler l’une des raisons et des causes de la maladie et de la souffrance. Pourquoi donc Hachem a-t-Il « besoin » de nous faire souffrir ?

Le Rav Mordekhaï Miller nous offre une parabole provenant d’un discours du Rav ‘Haïm de Vologin :

Un jour, un enfant avait contracté une maladie mortelle et il dormait sans discontinuer. Les médecins prévinrent le père que si on ne le sortait pas de sa léthargie d’une façon ou d’une autre, cela lui serait fatal.

Le père mit alors tout en œuvre pour sauver son fils : Il retira d’abord les coussins, l’enfant ouvrit un œil et se rendormit. Il l’allongea sur du bois à la place du matelas moelleux, mais ce fut sans effet… Il se résigna ensuite, après de nombreuses autres tentatives infructueuses, à l’allonger sur des clous, car seule une telle douleur pourrait le réveiller et le sauver de sa léthargie mortelle.

Aussi pénibles que soient les souffrances de l’enfant, qui peut imaginer la douleur du père ?

Malheureusement, il arrive que le peuple Juif ressemble à cet enfant, en s’endormant en tant que Juif et en n’accomplissant plus son rôle. Hachem lui apporte alors la preuve la plus éclatante de Son amour en essayant par tous les moyens de le réveiller.

Hachem nous envoie donc des maladies par amour, des souffrances par bonté, afin de nous réveiller, et de nous rapprocher de Lui. Ce sont donc, malgré les apparences, des preuves d’amour et d’intérêt pour nous.

Lorsque le serpent fit fauter Adam et ‘Hava, sa punition fut que, dorénavant, il ne se nourrirait que de poussière. A première vue on ne comprend pas la punition, au contraire semble-t-il, voilà plutôt une bénédiction, car il trouvera sa subsistance à tous les coins de rue avec une extrême facilité !

En réalité, il n’y a pas pire malédiction ! Car de cette façon, tous les contacts avec Hachem sont coupés. Le fait de le combler physiquement et matériellement fut un moyen de l’écarter définitivement de la face du Créateur. Il n’a plus de besoins, donc plus besoin de connexions avec le Ciel. Livré à lui-même, sans Guide et sans plus aucune possibilité d’œuvrer pour le Bien.

Tous nos besoins ne sont qu’un moyen et non pas un but. J’ai besoin de me nourrir, donc je vais étudier, chercher un travail et me nourrir.

Mais ce n’est pas le contraire : j’ai besoin de manger donc je fais les études les plus poussées qui existent, je cherche un travail le plus haut placé, je brigue la fonction la plus rémunératrice, et je ne passe ma vie qu’à cela, en oubliant femme, enfants, Torah, etc.

Il ne faut pas confondre le moyen et le but.

Nous devons nous nourrir pour avoir des forces afin de réaliser la Volonté du Créateur ! Et non pas réaliser la volonté de mon EGO ! Le but ultime et essentiel est de nous relier au Créateur du monde.

C’est de là que nous voyons le sens de la souffrance, tant qu’il y a des « bobos », des angoisses, voire pire ‘Hass véChalom, nous restons en contact avec Hachem. Elle est envoyée pour éveiller en nous le besoin de retourner vers D.ieu. Si nous sommes conscients que la maladie est envoyée par le Ciel afin de nous rapprocher de Lui, alors nous comprendrons que dans la salle d’attente du médecin, il sera de mise de profiter de cette attente pour lire quelques Téhilim, faire une introspection, et essayer de comprendre pourquoi nous sommes assis là en cet instant.

Aucun événement n’arrive pour rien, et si l’on doit attendre 6 mois un rendez-vous avec un grand professeur, c’est sans doute que 6 mois doivent être consacrés à la Téchouva. Plus l’attente ou le traitement sont longs, plus Hachem attend de nous quelque chose en retour…

A la fin de notre verset, nous lisons que  le peuple s’est tourné vers Moché afin qu’il intercède en sa faveur. A notre époque aussi nous rendons visite aux Guédolim pour obtenir leur berakha et recevoir ainsi de l’aide pour affronter les diverses épreuves de la vie. Et c’est une très bonne habitude, car grâce à leur puissante intelligence, leur objectivité, leur pureté, ils peuvent analyser les problèmes mieux que personne, en outre, leur mérites nous permettent de trouver grâce aux yeux du Créateur.

Pourtant, cela n’est pas suffisant. Comme Hachem a répondu à Moché : “Fais toi-même un serpent et place-le en haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu’il le regarde et il vivra !” »

Le fait de regarder ce serpent, nul ne pouvait le faire à la place du malade, et cet acte venant de lui et non d’un intermédiaire, témoignait de sa croyance parfaite dans les pouvoirs guérisseurs de Hachem, Seul D.ieu, Tout Puissant.

Hakadoch Baroukh Hou attend de nous un acte qui montre notre entière dévotion.

Le monde actuel cherche souvent à occulter cette vérité, mais nous devons garder à l’esprit que le Maître de l’univers, le Créateur du monde, est notre Père qui recherche notre amour et notre reconnaissance, afin de nous offrir la rédemption. AMEN !

Rav Mordékhai Bismuth

Le masque qui dévoile

Cette semaine en France et les semaines dernières en Erets nous lisons la célèbre paracha des Tsitsit où il est écrit : « parle aux enfants d’Israël et dis leur : ils feront des Tsitsit pour eux mêmes…un cordon d’azur…et vous le regarderez et vous vous rappellerez…et vous ne vous égarerez pas… »

Rav Dessler Zatsal explique que le Tsitsit est un instrument de mémoire, et voici ce qu’il écrit à ce sujet dans son célébre Mikhtav Mi-Eliyahou :

« Comment faut-il procéder pour, dans les profondeurs de son coeur, mettre en œuvre le souvenir ? Comment se rappeler les valeurs oubliées ? Nous l’apprenons dans le paragraphe sur les Tsitsit, puisque la Mitsva les concernant nous a été donnée dans le but explicite de nous amener à nous souvenir, comme il est dit : «Afin que vous vous souveniez de toutes les Mitsvot…»

La Mitsva des TSITSIT est présentée d’une manière quelque peu insolite : PARLE AUX ENFANTS D’ISRAËL. Le mot daber («parle») est souvent employé pour souligner la dureté du langage. Parler durement [à une personne mûre] permet de la choquer et d’ouvrir ses oreilles [spirituelles]. Puis : ET DIS-LEUR. Le mot émor («dire») comporte une connotation plus tendre ; l’amour et la tendresse transmettent le message au cœur. La présentation du sujet doit donc être placée à la fois sous le signe de la crainte et celui de l’amour.

Le mot TSITSIT signifie «un regard concentré» (voir Rachi). ILS FERONT DES TSITSIT POUR EUX-MEMES. L’objet du regard concentré doit être soigneusement préparé. Il faut donc absolument qu’il soit dirigé vers nous-mêmes.

AUX COINS DE LEURS VETEMENTS. Un endroit toujours facilement accessible à l’examen.

 ILS AJOUTERONT […] UN CORDON D’AZUR. Pour réaliser cette influence considérable, il fallait une association supplémentaire : «La laine bleu azur ressemble à la mer, la mer ressemble au ciel et le ciel au Trône céleste.» Ce rapprochement est destiné à nous faire prendre conscience du fait que les Mitsvot viennent de Dieu et qu’elles ont pour but la sanctification de son Nom et la proclamation qu’il est notre Roi (tel est le sens des mots : «Trône céleste»). Lorsque quelqu’un reconnaît la véritable valeur des commandements divins, il est prêt pour la notion de TSITSIT, pour le regard intense et profond qui éloigne l’oubli de son cœur.

Mais tout cela n’est pas suffisant. Il faut encore autre chose : CELA SERA POUR VOUS DES TSITSIT. Il vous faut vous préparer. Vous devez sentir que par le biais de ce signe vous allez entrer dans une concentration profonde, grâce à laquelle : ET VOUS LE REGARDEREZ : il s’agit de Hachem ; non pas, bien évidemment, de son essence — aucune créature ne peut la sonder — mais de sa providence, y compris tout ce qui existe dans le monde et tout ce qu’il y advient. Voir Hachem, c’est voir qu’il n’est rien d’autre dans le monde que son ‘héssed, c’est également constater de la manière la plus claire qui soit, avec les yeux que nous prêt  avoir perçu cette vision d’une totale clarté, que la Torah désigne sous l’expression «et vous le regarderez», que l’on peut accéder avec une sincérité totale au niveau appelé : ET VOUS VOUS RAPPELLEREZ… C’est de cette manière seulement que le vrai souvenir est possible.

A défaut de tous ces préliminaires, notre «souvenir» n’est pas digne d’être appelé ainsi, parce qu’il est alors fondé sur l’illusion et la fausseté. Il n’est certes pas facile de se rappeler du plus profond de son cœur, comme nous y invite la Torah lorsqu’elle dit : [ET VOUS VOUS RAPPELLEREZ] TOUS LES COMMANDEMENTS DE HACHEM. Seul celui dont le cœur  est concentré en permanence sur Hachem exclusivement peut se rappeler tous ses commandements, et alors : ET VOUS LES EXÉCUTEREZ. Là où il n’y a pas de véritable souvenir, il n’y aura pas d’action. De là on s’élèvera à l’étape suivante : ET VOUS NE VOUS ÉGAREREZ PAS… » (fin des paroles du Rav Dessler)

De nos jours, n’ont n’avons pas encore le mérite de porter ce fil azur influent, mais les éventements actuels nous offrent un nouvel instrument de mémoire : ce masque que le monde entier porte pour se protéger du virus.. Ces masques qui cachent notre visage nous dévoilent la présence divine.

De plus, majoritairement bleu azur, ils ressemblent, si l’on peut s’exprimer ainsi, en quelques points au commandement du Tsitsit. Il se place à un endroit toujours visible à l’image du Tsitsit qui se porte aux coins du vêtement. Sa couleur bleu azur, qui à lui aussi peut s’appliquer l’enseignement de la guémara «La laine bleu azur ressemble à la mer, la mer ressemble au ciel et le ciel au Trône céleste.»

En le voyant on ne peut que se rappeler que tout ce chamboulement mondial n’est que Sa volonté, et en ayant cela en tête on réalisera « et vous ne vous égarerez pas… »