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Les Pirkeï Avot

Les Chabatot entre Pessa’h et Chavouot, la coutume veut que l’on étudie les Pirkeï Avot. Ce traité se nomme « Avot/pères », parce qu’il est composé de leçons de morale et de réprimandes à l’intention de l’homme, comme le fait un père pour diriger son fils dans le droit chemin. De ce fait, en utilisant ce titre, nos sages ont exprimé l’idée que l’ensemble des développements de ces sujets dans la Michna et la Guémara trouvent leurs origines dans le traité de Avot. Ainsi en étudiant les enseignements des Pirkeï Avot, on découvrira les fondements de tous les préceptes relatifs au comportement, transmis par la Torah pour élever l’homme.

À la différence des autres traités de Michna, les Pirkeï Avot ne traitent pas des lois relatives à une Mitsva spécifique. Son contenu est axé sur l’apprentissage des bonnes midot, les règles de bonne conduite et de savoir-vivre. On pourrait avoir tendance à penser que les grands principes contenus dans ce traité ont déjà été abordés par les philosophes et les sages non juifs. Mais ne nous trompons pas. Ceux-ci ont pu découvrir ces principes d’éthique à travers leurs propres réflexions ou expériences, dans le seul but de vivre dans un monde meilleur en essayant de parfaire la société. Mais pour nous, ces règles d’éthique font partie intégrante de notre Torah, qui a été donnée à Moché Rabénou au Sinaï puis transmise de génération en génération. Aujourd’hui, encore pour continuer cette chaîne et nous rattacher à Hachem, il est indispensable, de nous rapprocher d’un Rav, digne de ce nom, bien entendu, c’est–à-dire un homme de référence à tous les niveaux, empli de crainte du Ciel, d’amour et de connaissances de la Torah. Le juif fonctionne sur le mode de la transmission et non sur celui de la découverte autodidacte.

Le Méam Loez explique que les jours du Ômère sont des jours saints semblables à ceux du mois d’Elloul. Pendant cette période, nous devons trembler de crainte et nous repentir comme on tremble à Roch Hachana. En cette saison printanière, le temps se réchauffe, les pulsions physiques s’éveillent et le yétser hara se renforce. L’homme se libère, il sort se promener pour se divertir et est attiré par les plaisirs de ce monde. Le climat ne convenant que trop à ce délassement, il est très facile de se laisser aller aux tentations. C’est alors que l’homme risque de négliger le service d’Hachem, l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot.

C’est pour ces raisons qu’il est d’usage d’étudier ce traité en cette période, car il est composé de paroles de morale, de règles de bonne conduite et de savoir-vivre. Cette étude empêchera l’homme de succomber à ses désirs, l’orientera et l’encouragera dans l’accomplissement des Mitsvot et l’étude de la Torah grâce à laquelle il dominera le yétser hara.

Étudier les Pirkeï Avot ne signifie pas se contenter de les lire ou de les chanter à la synagogue le Chabat. Chacun de nous doit s’efforcer de les étudier durant tous les jours du Ômère, Michna après Michna, de les lire et de les comprendre. Il existe aujourd’hui, Baroukh Hachem, de nombreux ouvrages traduits et expliqués accompagnés de magnifiques commentaires. Organisons notre temps pour étudier chaque jour, avec l’aide de D.ieu, deux ou trois Michnayot, et ainsi optimiser cette remarquable tradition.