16 juin 2024

Le Rambam (Beit abĂ©’hira, chapitre 8) explique que la garde du Temple de JĂ©rusalem est un commandement positif. Bien qu’il n’y ait Ă  craindre ni ennemis, ni voleurs, il faut monter la garde pour l’honorer: un palais prend toute sa majestĂ© quand il est entourĂ© d’une garde royale. Pourquoi ne redoutait-on pas les cambriolages au Temple ? Il parait qu’il Ă©tait rempli d’or Ă  perte de vue ! Des arbres sur l’esplanade (Yoma 21b), une grappe de raisin gĂ©ante Ă  l’entrĂ©e du palais, une broche gĂ©ante (Yoma 37a), tout ça en or massif.

Quand les Grecs envahirent IsraĂ«l, leur dirigeant, Antiocus convoita les trĂ©sors du Temple. Il chargea son gĂ©nĂ©ral en chef, Elidorus, d’aller piller le butin sacrĂ©. Le Cohen gadol le mit en garde, les Cohanim se mirent Ă  redoubler de priĂšres, mais Elidorus ne se dĂ©contenança point. Il pĂ©nĂ©tra dans le palais et fut Ă©bloui par la splendeur des objets en or massif. C’est alors qu’un cheval en or se mit Ă  galoper dans sa direction. Il fut Ă  son niveau en une fraction de seconde et le gĂ©nĂ©ral grec fut alors frappĂ© par les deux anges en or qui chevauchaient le cheval. Elidorus fut Ă©vacuĂ© du Temple, blessĂ© et aveuglĂ©. Tout le peuple se mit Ă  entonner des louanges Ă  Dieu qui avait fait imposer le respect de son sanctuaire aux yeux du monde.

Quand Elidorus se prĂ©senta devant son roi, il lui dit : “si tu as des ennemis dont tu veux te dĂ©barrasser, envoie-les essayer Ă  leur tour de ramener le butin du Temple. Car l’Eternel rĂ©side dans cet endroit et quiconque essayerait de mettre la main sur son butin sera mis Ă  mort”. Vous avez certainement bien compris maintenant pour quelle raison il n’y avait pas besoin de monter la garde dans le Temple pour Ă©viter des cambriolages !

On raconte dans le livre “La Djerba juive” (page 42) que la fameuse synagogue “El Djerba” fut suivant la tradition construite par des Cohanim qui fuirent le premier exil et qui amenĂšrent avec eux une des portes du Temple. La synagogue Ă©tait d’une grande saintetĂ©, les portes de l’armoire qui abritait les sifrĂ© Torah Ă©taient plaquĂ©es or et les coffrets des sifrĂ© Torah Ă©taient en argent massif. MalgrĂ© la profusion d’or et d’argent, personne n’avait jamais osĂ© y dĂ©rober la moindre chose, pas mĂȘme les Arabes. Il advient un jour que passa une caravane de chameaux devant la synagogue et les Arabes dĂ©cidĂšrent de s’emparer de jarres d’huile qui se trouvaient devant la synagogue. Ils descendirent des chameaux, pĂ©nĂ©trĂšrent dans la cour de la synagogue pour s’emparer des jarres et les charger sur le dos de leurs chameaux. Ils se fĂ©licitĂšrent d’avoir rĂ©ussi l’opĂ©ration sans se faire repĂ©rer, ils remontĂšrent vite sur les chameaux en leur ordonnant de se relever. Mais les chameaux ne bronchĂšrent pas et malgrĂ© les cris et les coups, ils refusĂšrent de prendre la route. Les brigands comprirent qu’il se passait quelque chose de surnaturel Ă  cause de la grande saintetĂ© du lieu. Ils furent obligĂ©s de renoncer Ă  emporter leur butin et ils remirent les jarres oĂč ils les avaient dĂ©robĂ©es. Ce n’est qu’alors que les chameaux se relevĂšrent, tous ensemble sans aucune hĂ©sitation, Ă  l’exception d’un d’entre eux. Impossible de le faire bouger jusqu’à qu’on s’aperçoive qu’il Ă©tait restĂ© un petit bout de paillasse qui provenait de la synagogue sur le dos du chameau. Et ce n’est qu’aprĂšs avoir restituĂ© ce bien que le chameau accepta de reprendre la route avec ses compagnons. Si ces animaux furent si sensibles Ă  la saintetĂ© du lieu, alors ne serions-nous pas nous aussi capables de ressentir du respect et de la crainte quand nous sommes Ă  la synagogue ou Ă  la maison d’Ă©tude !!

Rav Moché Bénichou