9 mars 2021

Bechala’h: SUPER’’MANNE’‘ DESCEND DU CIEL

QUEL RAPPORT ENTRE LA TRAVERSÉE DE LA MER ET LA MANNE ?

Le grand commentateur Rabénou Bé’hayé rapporte que la Mer ne s’est pas fendue d’un seul coup devant les Bneï Israël mais au fur à mesure qu’ils avançaient dans l’eau elle s’ouvrait. A chaque pas, elle reculait un petit peu. Le Rav compare ce miracle avec celui de la Manne: le pain que les Bneï Israël ont mangé pendant les 40 ans du désert. On sait qu’un mois après la sortie d’Égypte les Bneï Israël avaient fini leurs provisions et c’est à ce moment-là que Moché Rabénou a fait descendre la Manne jour après jour pendant toutes leurs pérégrinations. Rabénou Bé’hayé pose la question : pourquoi Hachem n’a pas fait tomber ce pain du Ciel une fois par an ou une fois tous les 6 mois? Ce qui aurait réconforté les pères de familles en sachant de quoi ils allaient se nourrir le lendemain! Il répond que la forme de ces deux miracles (la Manne et la mer) était similaire. Chaque pas dans la Mer était une épreuve en soi, à savoir de placer sa confiance en Hachem qui allait ouvrir (ou non) la mer devant nos pas. Et aussi pour la Manne, chaque jour était une épreuve de craindre de ne pas avoir à manger pour le lendemain! C’était pour habituer les Bneï Israël à placer leur confiance en Hachem et leur apprendre à lever les yeux vers le Ribon Haolam qui détient, Lui seul, les clefs de la subsistance et de la délivrance. Et ce, jusqu’à aujourd’hui!

LA TRAVERSÉE DE LA MER : UN GRAND OU UN PETIT MIRACLE ?

Après que tous les Bneï Israël aient traversé la mer à pied sec au petit matin, Moché Rabénou étend sa main pour qu’elle ensevelisse les Egyptiens. Le verset dit ‘la mer est revenue à son état initial au petit matin’ (Chémot 14,27). Les Sages enseignent que le mot “Eitano”, mentionné dans le verset (que l’on traduit par ‘état initial’) veut dire aussi’ Tnaï’/‘condition’. Le midrach (Béréchit 5.5) dit en effet que depuis le début de la Création une condition préliminaire existait ; c’est que la création de la mer était assujettie à ce qu’elle se fende devant les Bneï Israël lors de la Sortie d’Égypte.. D’après le Midrach, la mer n’a pas voulu dans un premier temps se retirer devant les Bneï Israël. Et c’est uniquement lorsqu’Hachem a placé sa Main auprès de celle de Moché Rabénou que la mer s’est rétractée. Le Or Ha ‘Haïm pose deux questions :

s’il existait une condition première, comment se fait-il que la mer n’ait pas accepté de se fendre? (Quand on parle de la ‘mer’qui accepte ou non, il s’agit de l’Ange qui est préposé à son service, voir Tossphot Houlin 7).

Deuxièmement, on voit dans le Talmud qu’à de nombreuses reprises la mer s’est ouverte devant les Tsadikm comme Rabi Pinhas Ben Yaïr (Houlin 7) et pourtant aucune condition n’existait pour qu’elle se fende devant lui?

Le Or Ha ‘Haïm répond magistralement que cette condition n’était pas propre à la génération de la Sortie d’Égypte, mais elle est la part de tous les Talmidé ‘Hahamim qui font de l’étude de la Thora leur labeur quotidien! Par la force de la Sainteté de la Thora ils ont le pouvoir de décréter sur la nature comme le … Créateur Lui-même qui a ouvert la mer!! Or, à la Sortie d’Égypte, les Bneï Israël n’avaient pas encore reçu la Thora et donc la mer refusait de se fendre devant eux. Il n’y avait pas parmi eux de Bneï Thora pour que la mer se rétracte devant eux! Et c’est pour cette allusion que la Main d’Hachem s’est jointe à celle de Moché Rabénou pour montrer que Moché est aussi un Ben Thora ! Le Or Ha ‘Haïm conclut en disant qu’aujourd’hui chaque Ben Thora a cette faculté de changer les lois de la nature !!

On peut rajouter un petit mot au nom de saint Baba Salé . Le Choul’han Arouh’ 204.7 dit ‘celui qui boit de l’eau lorsqu’il est assoiffé fera la Brah’a Chéakol..’ Baba Salé explique que l’eau est une allusion à la Thora, et que si l’homme est assoiffé de Thora alors tout ce qu’il énoncera (Bidvaro) par sa parole s’accomplira (Chéhacol Nihié)!

Rav David Gold