21 octobre 2021

‘Hag Ha’aassif ou fête de la récolte

« Toutefois, au quinzième jour du septième mois, quand vous recueillerez la récolte de la terre, vous célébrerez la fête d’Hachem pendant sept jours… » (Vayikra 23, 39)

Le Rambam fait remarquer, dans « le Guide des égarés », que la Mitsva de Souka intervient justement au moment des récoltes. Soukot est d’ailleurs aussi appelée « la fête de la récolte ».

Elle a lieu à la fin de l’été, à l’époque où l’homme a fini d’engranger les produits de sa terre. C’est la saison où l’on ramasse tous les produits des champs et des vignes.

A cette époque particulière de l’année, l’homme a tendance à s’enorgueillir, à éprouver de la satisfaction de son travail, au point, souvent, d’en oublier que tous ces bienfaits viennent de D.ieu et non pas de son propre labeur.

L’homme est ainsi dominé par son Yetser Hara, qui tente de le convaincre que la fortune et la richesse sont les valeurs essentielles de la vie, afin de lui faire oublier la spiritualité. C’est alors que la Torah lui ordonne de quitter sa maison et tous ses biens, pour s’installer dans la Souka.

Hachem, dans Son immense Bonté, veut rediriger l’esprit de l’homme, afin qu’il n’oublie pas la véritable finalité de la vie.

Ainsi soutenu par Hachem, l’homme saura éprouver de la joie autrement que par l’acquisition de biens terrestres.

Dans une période aussi heureuse que l’est la saison des récoltes, l’homme doit se souvenir d’où il vient et surtout comment il est arrivé où il est aujourd’hui.

Sa reconnaissance envers Hakadoche Baroukh Hou sera ainsi décuplée.

La Souka nous rappelle que nous dépendons de la protection de D.ieu. Par nature, la cabane est fragile et ne nous garantit donc pas un toit solide au-dessus de nos têtes.

Le Gaon Rabbi Yossef Chaoul Natenzon Zatsal explique pour quelle raison la Souka doit être construite exclusivement sous le ciel et non pas sous le toit de la maison ou sous un arbre. Conscient de la précarité de son habitat, l’homme mettra dorénavant sa confiance en D.ieu (Bita’hone) et non pas en son semblable.

C’est pour cette raison également que dans la Torah, l’annonce de la mitsva de la Souka intervient toute de suite après la sortie d’Égypte. La libération miraculeuse des Bneï Israël ne s’est réalisée avec l’aide ni d’un ange, ni d’un séraphin, mais uniquement par Hachem Lui-même (‘Haïm Cheyèch Bahem).

De plus, la Souka nous rappelle que la vie sur terre n’est que temporaire et que notre courte existence, comme cette courte période de sept jours, n’est en fait qu’une préparation pour la vie éternelle, où seule comptera la richesse spirituelle.

Nous abandonnons tous nos biens à l’entrée de la Souka et ne conservons que la Torah et les Mitsvot que nous emporterons dans le monde futur.

Cette interprétation de la fête de Soukot nous encourage à amasser toutes les richesses spirituelles acquises grâce à nos prières et notre Téchouva pendant le mois de Tichri, afin d’en bénéficier tout au long de l’année à venir.