8 décembre 2021

Hiloula de Rabbi Meir Baal Haness

On a pris l’habitude de marquer la Hiloula de Rabbi Meir Baal Haness le 14 Iyar mais les avis sont partagés sur la date précise de son décès. Chaque année, des dizaines de milliers de personnes se rendent toutefois ce jour là sur sa tombe pour des prières en sa mémoire. Rabbi Meir Baal Haness, qui faisait partie de la deuxième génération après la destruction du Second Temple, était un disciple de Rabbi Akiba. Il est considéré comme un grand sage en raison des miracles qu’il aurait accomplis.

Rabbi Meïr, de son vrai nom Rabbi Néhoraï, était l’un des cinq élèves de Rabbi Akiva qui reprirent l’Étude après la mort de 24 000 élèves pendant les jours du Omer allant de Pessa’h à Chavouot. Les quatres autres élèves étaient Rabbi Chimon Bar Yo’haï, Rabbi Yossi, Rabbi Yéhouda et  Rabbi Né’hémia.

Rabbi Meïr et Néron

La Guémara nous raconte : “L’empereur romain dépêcha Néron pour détruire Jérusalem. Lorsqu’il arriva à proximité de la ville, il voulut interroger le sort pour savoir si cela lui serait possible. Il lança une flèche vers l’Est, elle tomba sur Jérusalem ; de même vers les trois autres points cardinaux  : toutes tombèrent sur Jérusalem.

Il vit passer un enfant Juif et lui dit :
– Récite-moi ton verset ! L’enfant lui répondit :
– J’exercerai Ma vengeance sur Edom par mon peuple Israël” (Yé’hézkièl 25).

Il comprit ainsi qu’il réussirait dans son entreprise car D.ieu voulait détruire son Sanctuaire et Jérusalem, et que Rome avait été choisie comme instrument pour le faire. Mais il eut peur de la punition divine. Il prit la fuite de Rome et se convertit au Judaïsme après sa destitution. C’est finalement l’Empereur Titus qui détruisit Jérusalem et son Temple.

Rabbi Meïr fut l’un de ses descendants.” (Traité Guittin,138) D’ailleurs, il est intéressant de remarquer que Néron a le mot Ner (bougie) dans sont nom et le surnom Meïr veut dire “éclaire” en Hébreu parce qu’il éclairait les sages dans le domaine de la Halakha

Rabbi Meïr alla s’installer à Tibériade où il fonda un Beth Midrach. L’un de ses plus grands disciples fut Rabbi Yéhouda Hanassi, qui disait : “Si je suis plus brillant que mes compagnons d’étude, c’est parce que j’ai vu le dos de Rabbi Meïr” (Traité Erouvin).

Brouria, fille ainée de Rabbi ‘Hananya Ben Téradion devint la femme de Rabbi Meïr. Une sœur de Brouria fut enlevée par les romains et envoyée à Rome. Brouria dit à son mari : “C’est une chose odieuse pour moi de savoir que ma sœur est vouée à la honte”. Rabbi Meïr se munit d’une bourse remplie de dinars et partit en disant : “Si elle est restée pure, je la sauverai par un miracle ; sinon, le miracle ne se produira pas”.

Prenant les allures d’un cavalier romain, il alla trouver la jeune fille et se persuada qu’elle était toujours digne de sa famille. Se rendant auprès de son gardien, il lui dit :
– “Donne-moi cette jeune fille.
– Je ne peux pas, répondit le gardien, car je dois remettre aux agents du trésor public le prix de son déshonneur.
– Prends cette bourse, lui dit Rabbi Meïr ; tu garderas la moitié pour toi, et chaque fois que l’on te demandera de l’argent tu en donneras du restant.
– Mais quand cette moitié sera épuisée que ferais-je ? Répondit l’homme.
– Tu diras : “Elaha déRabbi Méïr ‘Anéni”, “D.ieu de rabbi Méïr, réponds-moi” et tu seras sauvé !
– Est-ce bien vrai ?”

Il y avait autour d’eux des chiens méchants qui mordaient les passants, le gardien de la jeune fille leur jeta un peu de terre, et les chiens se précipitèrent sur lui. Il s’écria alors :
– “D.ieu de Meïr, viens à mon secours !”
Les chiens le lachèrent. Con­vain­cu par ce miracle, il donna la jeune fille à Rabbi Meïr. Le gou­verneur, s’empara du gardien et le condamna à la potence.
– “D.ieu de Meïr réponds-moi !” implora-t-il.
Il fut impossible de le pendre…

La Reine Cléopâtre demanda à Rabbi Meïr :

– “Je sais que les morts reviendront à la vie, puisqu’il est écrit : Et il apparaîtront dans la cité comme des herbes des champs. Mais je voudrais savoir : lors­qu’ils quitteront leurs tombes, seront-ils vêtus ou non ?”
– “Faisons une analogie” lui répondit Rabbi Meïr : “Si un grain de blé, que l’on sème et que l’on enfouit tout nu sous terre, en ressort lorsqu’il a germé, habillé de plusieurs couches ; à plus forte raison les justes, que l’on enterre sans leurs vêtements, se lèveront vêtus.” (Traité Sanhédrine).

Rabbi Meïr fut témoin de l’assassinat et du martyre des justes de son temps. Il vit comment les romains lacérèrent le corps de son saint maître Rabbi Akiva, avec des peignes de fer, et comment Rabbi ‘Hananya Ben Téradion qui rassemblait les foules et leur enseignait la Thora, fut condamné par les romains à être brûlé vif.

Rabbi Meïr était très proche du peuple d’Israël, à tel point qu’il aurait demandé à être enterré debout afin qu’il puisse veiller sur le Peuple Juif. Il mourut hors d’Israël. A sa demande son cercueil fut ramené plus tard et enterré à Tibériade.

Le crachat dans l’oeil

Rabbi Meïr donnait un cours au Beth-Hamidrach tous les vendredi soir. Une femme avait l’habitude de venir écouter son cours. Il arriva une fois que Rabbi Meïr s’étendit sur son sujet, et quand la femme retourna chez elle, les bougies de Chabbat étaient déjà éteintes.
Son mari l’interrogea : « Où étais-tu ? »
« J’écoutais le discours de Rabbi Meïr » répondit-elle.
« Eh bien », dit le mari, « tu ne rentreras pas avant d’aller cracher au visage de ce bavard. »
Rabbi Meïr, dans son esprit prophétique le sut; il fit semblant d’avoir mal à l’oeil et demanda si une femme dans l’assemblée connaissait les murmures pour guérir et vienne pour le soulager (les murmures s’accompagnaient de crachats).
Cette femme se présenta.
« Sais-tu murmurer les formules pour les yeux ? »
« Non » fut la réponse. Rabbi Meïr lui recommanda alors de lui cracher 7 fois au visage. Il lui dit alors : « Ton mari t’a ordonné de me cracher une fois au visage, tu lui diras que tu as craché 7 fois. » Ses élèves s’insurgèrent : « Nous aurions pu faire venir ce mari et lui infliger la flagellation, jusqu’à ce qu’il se réconcilie avec sa femme. »
« Mon honneur est-il plus cher que celui du Créateur ? » répondit Rabbi Meïr. « Le Nom ineffable qui a été écrit sur le parchemin doit être effacé dans l’eau afin de ramener la paix entre un homme et son épouse. Le nom de Meïr ne doit-il pas s’effacer à plus forte raison !? »

Rabbi Meïr mourut hors d’Israel.
Il demanda à ses disciples : » vous mettrez mon cercueil au bord de la mer, du côté de la Terre Sainte, afin que les passant s’écrient : Ici repose l’homme que des paroles haineuses ont chassé du pays « .
Etant parti en exil, il voulait du moins n’être séparé de cette Terre qu’il avait tant Aimée que par les vagues de la mer. Ses dernières volontés furent ponctuellement exécutées ; son cercueil fut ramené plus tard et enterré à TIBERIADE, à proximité des thermes et du lac de TIBERIADE.

(Source https://www.chiourim.com – https://beth-chelomo.org)