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Aujourd’hui c’est Lag Baômer !!!

Est-ce qu’on peut dire à son ami, après le coucher du soleil, aujourd’hui on est Lag Baomer ?  Car il faut savoir que LaG Baomer c’est la guématria du chiffre 33 (Lamed (30), Guimel (3)). En fait le Chaaré Téchouva (486.6) rapporte qu’il s’agit d’une discussion entre les Poskims pour savoir s’il est rendu quitte. Et en définitive il rapporte le Birkat Yossef de la très renommée famille Azoulay qu’il faudra refaire le décompte mais sans la bénédiction (car il y a des Poskims qui considèrent qu’il s’est déjà rendu quitte). Donc on aura compris que ce mercredi soir il faudra faire attention dès le coucher du soleil de ne pas dire à son ami : »aujourd’hui c’est Lag baomer, vient on va allumer un feu/bougie  en l’honneur du Tsadiq Rabi Chimon ! »

Comme on parle de Lag, on est obligé de dore un mot sur le saint Rabi Chimon Bar Yohaï. Nous connaissons l’épisode sensationnel de la grotte. Pendant 13 années, rabbi Chimon et son fils rabbi Eliézer se sont cachés dans une caverne dans le nord du pays pour échapper aux griffes des romains. Pendant toutes ces années, Rabi Chimon avec son fils ont étudié la Thora dans des conditions extrêmes ! Les deux saints retiraient leurs habits et s’enfoncé dans le sable mouvant et étudiés la Thora. Ils mangeaient des fruits d’un caroubier miraculeux qui poussait dans la grotte et buvaient de l’eau de source naturelle ! La tradition dit que c’est durant cette période que rabbi Chimon a écrit le saint Zohar ! Après les 13 années, Rabi Chimon apprend que le décret de mort était aboli et qu’il pouvait sortir de sa grotte. C’est alors que Rabi Pinhas ben Yaïr (le gendre de Rabi Chimon et il y en a qui disent que c’est son beau-père)  vient à leur rencontre et les amènent dans les bains pour soigner leurs corps meurtries. Au moment où Rabi Pinhas fait un massage à Rabi Chimon, il voit toutes les blessures du corps de son beau-père et commencent à pleurer en disant : »malheur à moi qui est vu ce corps saint tant meurtries ! Rabi Chimon rétorqua : »Heureux sois tu qui a vu un tel spectacle !! Car précédemment (avant les 13 années de la grotte) lorsque je posais une question tu répondais de douze manières et aujourd’hui lorsque tu poses une question je réponds par 24 réponses ! » Fin du passage. (Chabbath page Lag/ 33 !!).

Pour nous c’est un message que rabbi Chimon fait passé au de là des époques : qu’un homme doit être content de toutes les peines qu’il a pu passer afin d’ accéder à un niveau spirituel qu’il n’avait pas auparavant ! Car si Rabi Chimon était heureux d’avoir passé toutes ses années dans les sables mouvants avec comme seul plaisir dégustatif une portion de caroubes( !) car grâce à cela il a grimpé dans la connaissance de la sainte Thora ; donc pour nous qui n’avons pas passé 13 ans dans un trou, mais par contre dès fois avoir pu traverser  pas mal de difficultés avant d’arriver à la lumière de la Thora donc à plus forte qu’on doit être HEUREUX pour toutes ces années de vaches maigres ! Et lorsque son ami lui dira : »pourquoi tu ne t’éclates pas sur les plages… » Il pourra leur répondre : »Si je n’avais pas passé toutes ces difficultés je ne  serais pas ce que je suis aujourd’hui : avec mon cours du soir de Thora, mes Téphilots tous les jours et le Chabbath !! Heureux est mon sort ! » Rabi Chimon vient nous dire que rétroactivement toutes les épreuves d’un homme valent le coup pour plus de spiritualité ! Intéressant, non ? Bar Yohaï, Bar Yohaï, Rabi Chimon Bar Yohai !!

Rav David Gold

Se raser et se couper les cheveux à Lag Baomer ??

Le Choul’hane Arou’h (simane 493;2) écrit que nous avons coutume de ne pas nous couper les cheveux et de ne pas se raser la barbe pendant la Séfirat Haômère jusqu’à Lag Baômère le 33ème jour. On attendra le 34ème jour du Ômère pour se couper les cheveux. Cet usage est en signe de deuil pour les 24000 élèves de Rabbi Akiva.

En effet voici plus de 1900 ans, pendant la période du Ômère, une terrible épidémie frappa les élèves de Rabbi Akiva. 24000 élèves sont morts de Askara/diphtérie, l’une des morts les plus douloureuses parmi toutes celles dont parle la Guémara (Berakhot 8a). C’est une des maladies les plus terribles. Rachi explique que la gorge du malade se resserre et qu’il s’étouffe lentement jusqu’à en mourir. Selon certains avis, les élèves furent punis parce qu’ils ne se respectaient pas suffisamment. D’autres pensent que c’est parce qu’ils ne voulaient pas s’enseigner la Torah l’un à l’autre, ce qui constitue une faute grave. Si un juif a des connaissances en Torah, il doit les transmettre aux autres. Il est interdit d’étudier uniquement pour soi-même, pour sa culture personnelle !

Cette épidémie a pris fin le 33ème jour du Ômère. Pour s’en rappeler, nous avons l’usage d’adopter plusieurs coutumes de deuil pendant cette période. Nous ne célébrons pas de mariages, nous n’écoutons pas de musique et nous ne nous coupons pas les cheveux ni se rasons notre barbe. (Mais il faut savoir que le compte du Ômère se poursuit après cette période. Parfois, certains se trompent entre les coutumes du Ômère et le compte, et cessent de compter après le 33ème jour du Ômère.) Les femmes et les enfants ne sont pas concernés par cette coutume.

Cependant, il est dit dans le séfer «Chaar Hakavanot » que le Ari Zal ne se coupait pas les cheveux jusqu’à la veille de Chavouot. Le Rachach recommande de faire très attention à l’avis du Ari Zal.

Le séfer « ‘Hemdat Yamim » explique d’une tout autre manière le fait de ne pas se raser pendant la période de la Séfirat Haômère. Ce n’est pas à cause du deuil que l’on porte pour les 24000 élèves de Rabbi Akiva mais pour nous sanctifier d’une « sainteté supérieure ». Pendant cette période, dit-il, chaque juif a la chance de s’élever et d’atteindre deux niveaux, celui de kadoch/saint, et celui de tahor/pur.

« Pur » grâce à la Séfirat Haômère qui, comme cela a été expliqué auparavant, sont des jours de purification.

« Kadoch » en se laissant pousser les cheveux, car il ressemble au Nazir, comme il est dit : « קָדֹשׁ יִֽהְיֶה גַּדֵּל פֶּרַע שְׂעַר רֹאשֽׁוֹ/il sera saint, il laissera pousser la chevelure de sa tête » (Bamidbar 6;5).

Les cheveux, disent les sages, sont une marque d’orgueil et de ce fait, une véritable source d’oubli d’Hakadoch Baroukh Hou. En laissant pousser désordonnée sa chevelure, l’homme se détache de ce qui peut mener à l’orgueil et renonce a priori au plaisir de s’embellir, dans l’unique intention de se préserver de la faute et de s’attacher à Hachem. En se séparant de ce qui véhicule la faute, on s’élève et on se sanctifie.

C’est ainsi que le « ‘Hemdat Yamim » conseille à quiconque désire se sanctifier de se laisser pousser les cheveux durant ces 49 jours. Puis la veille de Chavouot, il les coupera et se trempera au Mikvé en préparation à la fête de Chavouot, comme le fait une femme pour se purifier avant de s’unir à son époux.