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Troisieme jour: Yaakov

Yaakov et la fête de Soukot

« Dans les Soukot vous habiterez sept jours, tout citoyen en Israël habitera dans les Soukot. » (Vayikra 23, 42)

La Torah ordonne à chaque Juif d’abandonner sa maison, son confort, pour s’installer dans la Souka, demeure précaire et temporaire.

Le Rav Yechayaou Yossef Pinto Chlita, nous explique que derrière ce commandement, se cachent des raisons profondes.

La Torah, à travers cette Mitsva, nous inculque que toute notre vie sur terre n’est que précarité.

Le temps que nous passons ici n’est qu’un passage, une préparation au monde futur, le Olam Ha Emeth (le monde de vérité), qui lui, est éternel et infini.

Le Tour (Ora’h ‘Haïm simane 417) cite, au nom de son frère Rabbi Yéhouda, que les trois fêtes, Pessa’h, Chavouot et Soukot correspondent à nos Patriarches Avraham, Yts’hak et Yaakov.

Pessa’h correspond à Avraham, qui avait demandé à Sarah de préparer des gâteaux pour honorer ses invités au moment de Pessa’h, comme il est dit : 

« Avraham se hâta vers la tente, vers Sarah, il dit : Vite prends trois mesures de fleur de farine, pétris et fais des gâteaux » (Béréchit 18, 6).

Chavouot correspond à Yts’hak, car lors du Don de la Torah, le son du Chofar qui retentit au Mont Sinaï fut obtenu de la corne gauche du bélier qui monta en sacrifice à la place d’Yts’hak lors de la Akedat Yts’hak (la ligature d’Yts’hak), comme cela est enseigné dans les Pirkei de Rabbi Eliezer (chap 31).

Quant à la corne de droite, la plus grande, elle sera utilisée par Hakadoche Baroukh Hou, Qui en sonnera dans les temps futurs. Comme il est écrit : « En ce jour résonnera le grand Chofar » (Isaïe 27, 13)

Pour ce qui est de la fête de Soukot, elle correspond à Yaakov car il est écrit :

« Et Yaakov voyagea vers Soukot, il s’y construisit une maison. Et pour son bétail il fit des cabanes/Soukot, c’est pourquoi on appela cet endroit Soukot. » (Béréchit 33, 17)

En observant ces événements, nous remarquons que chacun a une relation plus ou moins directe à la fête.

Cependant, on pourrait s’étonner, en ce qui concerne Yaakov, car les cabanes qu’il construisit étaient destinées à son bétail.

Est-il possible que parce que Yaakov a agi ainsi pour son bétail, Hakadoche Baroukh Hou institua la fête de Soukot pour les générations suivantes ?

On aurait peut-être pu faire un lien entre cet événement et Soukot, si cette fête avait porté le nom des maisons que Yaakov construisit, comme il est dit :

«  … il s’y construisit une maison. », une vraie maison, fixe, durable et habitable.

Alors quel rapport peut-il y avoir entre la fête de Soukot et le bétail de Yaakov ?

En fait la « maison » que Yaakov bâtit n’était pas une maison telle que nous la définissons, c’est-à dire un lieu où l’on vit… mais c’était un Beth Hamidrach !

C’est en effet dans cette « maison » que Yaakov habita et s’assit, jours et nuits.

Pour sa famille, ses serviteurs et son bétail, il construisit des cabanes, lieu d’habitation précaire et fragile.

Yaakov n’a pas agi ainsi par souci d’économie ou par manque de moyen, car il pouvait bâtir une vraie maison pour chacun, mais uniquement pour ancrer en nous la valeur essentielle de la vie. Une maison fixe et durable, ce ne peut être que pour le Beth Hamidrach, lieu d’étude de la Torah et de la vie Éternelle.

Comme lieu d’habitation, en revanche, il choisit la précarité, afin de nous faire ressentir que nous ne sommes que de passage dans ce monde-ci.

Ainsi les choix volontaires de notre Père Yaakov, viennent nous éclairer sur le chemin à emprunter dans nos propres vies.

La fête de Soukot nous installe dans une habitation provisoire, pour nous faire comprendre profondément que l’essentiel de la vie dans ce monde-ci ne réside aucunement dans le confort.

Qu’Hachem fasse que par cet enseignement de notre Père Yaakov, nous distinguions la superficialité du matériel et transformions nos maisons fixes en Beth Hamidrach, lieu d’étude et de sainteté ! Amen

Le moteur du bonheur

« Dans les soukot vous habiterez sept jours, tout citoyen en Israël habitera dans les Soukot. » Vayikra (23, 42)

Dans la Guémara Souka 2b, nos Sages nous enseignent sur ce verset, que durant sept jours, nous devons sortir de notre demeure fixe pour rejoindre un habitat temporaire.

Nous pouvons dès lors nous poser la question suivante : si nous avons la Mitsva de nous réjouir pendant la fête de Soukot, comme il est dit dans Vayikra (23, 40) : « … vous vous réjouirez devant Hachem, votre Elokim, durant sept jours. », nous devrions plutôt nous installer dans un hôtel de luxe ou dans un super club de vacances “Tout compris” avec toute la famille…

Pourquoi nous donne-t-on l’ordre d’aller dans une Souka, de quitter notre confort, pour dormir à la belle étoile, à l’étroit, sur un lit de camp (pour les plus chanceux) ? Ce déménagement ne risque-t-il pas plutôt de réduire notre joie ? En fait, nous comprenons ainsi que l’on ne peut atteindre une joie véritable que lorsque l’on reconnaît que ce monde-ci est temporaire et précaire.

Celui qui investit toute sa vie durant dans ce monde-ci, ne sera jamais heureux ni satisfait. Nos Sages nous enseignent en effet que celui qui a cent, en veut deux cents, celui qui a deux cents, en veut quatre cents, et ainsi de suite… L’envie et les plaisirs ne pouvant jamais être assouvis.

Comme il est dit dans Kohélet Raba (1, 34) : “Personne ne meurt avec la moitié de ses désirs réalisés.”

Ainsi, tous les jours de la vie de l’homme passés à la recherche des plaisirs de ce monde furent des jours de tristesse de ne pas avoir pu les satisfaire.

D’autre part, nous savons que celui qui court après la réalisation de ses désirs n’a finalement plus de vie, car l’envie et la jalousie le rongent.

Comme il est dit dans les Pirkei Avot (4, 21) : “La jalousie, la convoitise et la recherche des honneurs excluent l’homme du monde.”

L’homme ne parvient donc ainsi à aucune joie véritable !

Expliquons cela au moyen d’une parabole que nos Sages nous enseignent :

Le fils d’un roi était atteint d’une maladie qui le rendait nerveux et dépressif. Son père, inquiet de le voir ainsi, consulta les plus grands médecins et professeurs, mais aucun d’entre eux ne réussit à le guérir.

Le roi ne perdit pas espoir. Il fit venir un grand médecin d’un pays voisin qui après avoir ausculté et interrogé le prince sur différents points, annonça au père qu’il avait trouvé un moyen de guérir son fils. Le médecin prescrivit à son patient qu’il devait porter la chemise d’un homme heureux.

Sans perdre un instant, le roi envoya son fils chez les notables et propriétaires de grandes richesses, pensant que le bonheur s’y trouvait.

Cependant, les notables de la ville révélèrent au prince que justement, leurs biens et richesses leur causaient de nombreux soucis et de grandes tensions.

Le prince chercha donc ailleurs, chez les commerçants, les entrepreneurs… partout où les gens avaient l’air heureux… mais au cours de chacune de ses visites il obtint la même réponse.

Voilà notre prince encore plus malheureux qu’auparavant. Puis il croisa sur le chemin du retour un berger, qui lui vanta sa joie de vivre et son bonheur immense.

Aussitôt, le prince lui demanda sa chemise. Mais le berger lui répondit qu’il n’en avait pas, et que s’il en avait une, son bonheur serait moins grand, parce qu’il aurait le souci de la laver, de la repasser et de la conserver…

Nous comprenons maintenant que les deux commandements de la Torah ne se contredisent pas, au contraire…

C’est grâce à la Mitsva de la Souka que l’on atteindra la vraie joie.

En effet à Soukot, nous avons l’ordre de sortir totalement de notre maison et de son confort et de rentrer dans la Souka. Mais c’est justement à ce moment-là qu’il n’y a plus aucune inquiétude, ni aucune crainte… La joie est complète et véritable.

Ce n’est que lorsqu’un homme comprend que ce monde-ci n’est qu’un couloir vers le monde futur, qu’il investit dans la Torah et les Mitsvot.

Comme il est écrit dans les Pirkei Avot (4, 16) : Rabbi Yaacov dit : “Ce monde n’est que le couloir du Monde Futur. Prépare-toi dans le couloir, pour que tu puisses entrer dans le Palais”.

Se Sentir bien

Dans le Midrach Vayikra Raba 30, le Hadass est décrit comme celui qui a un parfum mais pas de goût. Aussi, dans le Zohar, il est dit que les trois hadassim correspondent aux patriarches, Avraham, Yits’hak et Yaakov.

Essayons de voir le lien qui existe entre le parfum et nos Patriarches.

Le Sfat Emeth nous explique qu’un parfum a le pouvoir de se dissiper et de se propager afin de pouvoir embaumer au loin. C’est une des raisons pour laquelle nous respirons des plantes odorantes chaque sortie de Chabbat, au moment de la havdala. Par cet acte, nous demandons que le « parfum » de Chabbat se propage tout au long de la semaine.

Chez nos Patriarches, un tel parfum existe aussi, ceci pour deux raisons.

סוכות 4

D’une part, ils ont ancré un parfum dans chacune des âmes des Bneï Israël, que possède même celui qui n’est pas encore dans les voies de la Torah.

D’autre part, nos Pères qui ont vécu avant le don de la Torah, on su capter son « parfum » avant même qu’elle ne soit donnée. Ils ont su capter le parfum d’une Torah qui ne sera donnée que bien plus tard, car la force d’un parfum est qu’il embaume jusqu’au lointain.

Il est écrit dans Chir Hachirim (1, 3) :

« Tes parfums sont suaves à respirer ; une huile aromatique qui se répand, tel est ton nom. »

Les actions qu’ont accomplies nos Pères représentent ces « parfums suaves », et nous, nous sommes cette « huile aromatique qui se répand ».

Ainsi, nous aussi nous possédons en nous le parfum de nos Pères, c’est-à-dire cette sensibilité de l’odorat.

C’est pourquoi, grâce à notre pouvoir, nous avons le devoir de ressentir déjà ici-bas le parfum du olam haba et de nous y préparer jour après jour.

Kohélet

« Si le serpent mord faute d’avoir été charmé, alors le maître du langage n’a aucun avantage. » (10, 11)

Dans la Guémara Taanit 8a, Reich Lakich nous explique le sens de ce verset :

Dans les temps futurs, tous les animaux se regrouperont et viendront auprès du serpent et lui diront : « Le lion lui, saisit sa proie et la mange ; le loup déchire sa proie et la mange ; mais toi quel plaisir as-tu à mordre les gens et à les tuer ? »

Alors le serpent leur répondra « et le maître du langage n’a aucun avantage » ; c’est-à-dire que celui qui médit des autres, lui non plus ne jouit pas de ses propos préjudiciables.

En d’autres termes, le jour du jugement du serpent, celui-ci sera humilié pour ses actes mauvais, mais il rétorquera que les médisants aussi agissent comme lui, ce qui les entraînera avec lui dans sa chute.

C’est pour cela qu’il est écrit dans Kohélet (5, 5) : « Ne permets pas à ta bouche de charger ta personne d’un péché… et ne prétends pas devant l’émissaire que c’était une erreur. » C’est-à-dire, lorsque la bouche prononce des paroles de Lachone hara, elle pèche contre tout le corps, car elle amène le châtiment sur lui. Et si tu penses que lorsque tu profères ces paroles, personne ne t’entend, détrompe-toi.

Comme il est dit dans le Midrach Devarim Raba (6, 5) : « Sache que je nomme auprès de toi un envoyé chargé d’enregistrer toutes les paroles que tu profères contre ton prochain ».

Et si cela nous laisse septique, le ‘Hafets ‘Haïm déjà en son temps, enseignait un grand moussar sur le téléphone. Il enseignait que grâce à lui, on pouvait désormais prendre conscience de la possibilité de transmission d’une parole d’un endroit à l’autre ! Si déjà le ‘Hafets ‘Haïm, il y a plus d’un demi siècle avait observé ce phénomène pour nous faire réaliser combien les paroles de la Torah sont authentiques (à l’époque il n’y avait pas de téléphone et pourtant nous était prédit que nos paroles seraient rapportées la Haut), combien nous, dans ce monde de communication parvenue à son apogée, pouvons vivre leur véracité !

Comme il est dit « … car l’oiseau du ciel transmettra le son de la voix et la gent ailée rapportera les propos. » Kohélet (10, 20)

Le Gaon de Vilna écrit dans son testament que nous serons jugés pour chaque parole que nous aurons prononcée, rien ne sera perdu, même pas la plus petite remarque. La faute du Lachone hara est la plus grave de toutes, car comme nous l’enseignent nos Sages, c’est l’une des fautes dont, si l’on s’empêche de la commettre, on mange les fruits dans ce monde, mais dont le capital sera pour le monde futur. »

C’est ainsi qu’il est écrit dans Kohélet (6, 7) : « Tout le labeur de l’homme est pour sa bouche », c’est-à-dire que toutes les Mitsvot et bonnes actions accomplies par l’homme ne suffisent pas pour annuler les paroles de lachone hara prononcées.

Dans les Pirkei Avot (1, 17) il est écrit : « J’ai passé toute ma vie au milieu des Sages, et je n’ai rien trouvé de plus salutaire que le silence… celui qui parle trop occasionne des péchés. »

Cela ne signifie pas que nous devons rester muets et silencieux, mais nous devons veiller à ne pas médire de notre prochain. Comme il est dit : « Celui qui met un frein à sa bouche et à sa langue se préserve de bien des tourments. » Michlei (21, 23)

Le ‘Hafets ‘Haïm affirme que l’étude des lois du langage nous rendra obligatoirement meilleurs, car en nous efforçant continuellement d’éviter de faire du mal à notre prochain, soit par une parole vexante, soit par un affront, soit par un manque de respect quelconque, cela nous permettra de nous construire intérieurement, et de créer des relations de qualité avec nos semblables, basées sur la sincérité.

Si chacun d’entre nous étudie chaque jour quelques minutes les lois du langage, tous les efforts qu’il investira au service de cette étude et de son application, entraîneront un surcroît de clémence dans le monde, et constitueront une source de forces pour une vie de bonheur et de paix.