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Sixième jour: Yossef

Yossef et la fête de Soukot

Le Sefer « Betsel Tomere » rapporte le Midrach Chémot Raba (1, 5), qui nous livre l’enseignement selon lequel son nom fut donné à Yossef haTsadik en rapport avec la Délivrance future, comme il est dit : « Et en ce jour, Hachem étendra-יוסיף – une seconde fois la main, pour reprendre possession du reste de son peuple… » (Yechaya 11, 11) D’après le verset de Yechaya, cité par le Midrach, c’est par Yossef que la Guéoula, la Délivrance, arrivera.

Dans le Sefer Yrmiya (Jérémie), il est écrit : « Ainsi parle Hachem : Une voix retentit dans Rama, une voix plaintive, d’amers sanglots. C’est Ra’hel qui pleure ses enfants, qui ne veut pas se laisser consoler de ses fils perdus ! Or dit Hachem, que ta voix cesse de gémir et tes yeux de pleurer, car il y aura une compensation à tes efforts. Ils reviendront du pays de l’ennemi. Oui, il y a de l’espoir pour ton avenir, dit Hachem : tes enfants rentreront dans leurs frontières. » (Yrmiya 31 ; 15-16-17)

L’auteur du Sefer « Divrei Yoël » (Parachat Vaye’hi) s’interroge sur ce verset du Sefer Yrmiya et se demande pourquoi c’est précisément Ra’hel qui fut désignée pour pleurer sur l’exil d’Israël. Pourquoi choisir Ra’hel et pas une autre matriarche ou un patriarche ?

Le Divrei Yoël explique le choix de Ra’hel grâce à la Guémara Sanhédrine 19b, qui répond au verset par le Tehilim (77, 16) : « Par ton bras tu libères ton peuple, les fils de Yaakov et de Yossef… »

La Guémara pose la question : Pourquoi les Bneï Israël sont-ils appelés ici les enfants de Yossef ? Est-ce Yakov ou est-ce Yossef qui a mis au monde les douze Tribus ?


La Guémara répond qu’en effet, Yaakov a mis au monde les douze Tribus, mais c’est Yossef qui les a nourries lors de la famine en Égypte (Béréchit 47, 12). C’est pour cette raison que les fils de Yaakov sont appelés ici les enfants de Yossef.

Ainsi, si tous les Bneï Israël sont appelés les Bneï Yossef, Ra’hel, la mère de Yossef, devient logiquement, elle aussi, la mère de tous ces enfants !

Nous comprenons désormais mieux pourquoi Ra’hel a été choisie parmi nos patriarches et matriarches pour pleurer sur le sort de ses enfants en exil, en reprenant notre Midrach cité au début : « c’est par Yossef que la Guéoula, la Délivrance, arrivera. »

Par ses prières, la mère de Yossef, Ra’hel Imenou, notre mère à tous, renforcera notre espoir dans cet exil dur et amer, en attendant qu’Hachem accomplisse Sa promesse : « Tes enfants rentreront dans leurs frontières », ce qui annonce la Délivrance future et finale.

Mais quel lien peut-on faire entre Yossef, la Délivrance finale et la fête de Soukot ?

בַּסֻּכֹּת תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים כָּל הָאֶזְרָח בְּיִשְׂרָאֵל יֵשְׁבוּ בַּסֻּכֹּת

« Dans les soukot vous habiterez sept jours, tout citoyen en Israël habitera dans les Soukot. » (Vayikra 23, 42)

Une question se pose sur la construction du verset. En effet, il commence avec une adresse directe : « vous habiterez/תֵּשְׁבוּ », et par la suite, en revanche, il utilise la forme indirecte : « tout citoyen habitera/יֵשְׁבוּ ».

Le Ari Zal explique que la première partie du verset représente l’ordonnance de la Mitsva de s’asseoir dans la Souka, qui s’adresse à tout le peuple. La seconde partie, quant à elle, est la promesse que celui qui accomplira cette Mitsva aura le mérite de יֵשְׁבוּ בַּסֻּכֹּת, de s’asseoir dans la Souka faite avec la peau du Léviathan.

Nous voyons ici que la Mitsva de Souka, elle aussi, fait allusion aux Temps Futurs, à la Délivrance, lorsque l’on sera assis dans la Souka en peau de Léviathan, comme il est écrit (Yechaya 4, 6) :

« Il y aura une Souka donnant tout au long du jour de l’ombre contre la chaleur, servant d’asile et de refuge contre l’orage et la pluie. »

Ainsi par la promesse divine faite à Ra’hel et donc, par le mérite de Yossef HaTsadik, nous sommes aujourd’hui assis dans la Souka et lorsque nous arriverons aux temps messianiques, nous serons tous assis dans la Souka en peau de Léviathan.

Plus encore, le Ari Zal enseigne que nous devons effectuer la Mitsva du Loulav dans la Souka, or le Loulav et la Souka sont deux Mitsvot totalement différentes et indépendantes l’une de l’autre. Tentons de comprendre le lien entre ces deux Mitsvot.

Dans la Guémara Souka 37b il est écrit :

Rabbi Yrmiya demande à Rabbi Zrika pour quelle raison nous ne mentionnons que le Loulav dans la bénédiction des quatre espèces ? 

(En effet, nous prenons les quatre espèces en main et nous bénissons Hachem : … Al netilat Loulav).

Rabbi Zrika lui répond que c’est parce que le Loulav est la plus grande des quatre espèces, autrement dit, il représente l’essentiel du bouquet des quatre espèces, ce qui lui vaut que la bénédiction se fasse en son nom (Rachi).

Rabénou Bé’hayé propose une autre explication : le Loulav présente de nombreuses feuilles, les unes plus hautes que les autres. Elles sont toutes reliées au tronc, à l’image de toutes les créatures du monde, qui proviennent d’une seule source : le Saint Béni Soit-Il, Hakadoche Baroukh Hou.

Le balancement des quatre espèces en direction des quatre points cardinaux possède un sens très profond.

Comme nous l’avons déjà vu (voir Aharon), les quatre espèces sont représentatives des différentes catégories de Juifs.

Nous savons aussi que notre peuple est dispersé aux quatre coins du monde. Mais dans chacune de nos Téfilot, nous prions pour son rassemblement.

Nous balançons nos quatre espèces, de l’avant vers l’arrière, en signe de vouloir faire revenir tous nos frères éloignés.

Et la raison pour laquelle nous ne mentionnons que le Loulav dans la bénédiction, c’est parce qu’il représente Yossef, selon le rite de la Kabale.

(Les trois Hadassim représentent Avraham, Yits’hak et Yaakov, les deux Aravot, Moché et Aharon, le Loulav représente Yossef et le Etrogue, David)

Nous pouvons à présent répondre à la deuxième question : Pourquoi le Ari Zal enseigne-t-il que nous devons effectuer la Mitsva du Loulav dans la Souka ? 

Comme nous l’avons vu, la Délivrance Future viendra par le mérite de Yossef et de la promesse d’Hachem faite à Ra’hel Imenou « tes enfants rentreront dans leurs frontières », ce qui nous donnera la possibilité de nous asseoir dans la Souka en peau de Léviathan.

Nous savons aussi que par les balancements du Loulav et des trois espèces, nous essayons de regrouper le peuple dispersé aux quatre coins du monde.

Nous voyons maintenant que les deux Mitsvot sont liées : nous agitons nos quatre espèces dans la Souka avec l’espoir qu’un jour très prochain, nous soyons tous délivrés de notre exil et rassemblés dans la Souka en peau de Leviathan, symbole d’une délivrance complète de notre peuple, Bimehera Béyaménou, Amen.

Un bunker pour l’avenir

Un Juif a le mérite, au fil de l’année, de pouvoir s’élever spirituellement, lors des grands événements du calendrier. En ce qui concerne notre période, elle est propice à une propulsion spirituelle.

Mais l’essentiel de l’examen est de savoir combien de temps et comment conserver ce niveau acquis, pour le reste l’année.

Explications :

Dans le Téhilim 27, il est écrit : « Hachem est ma lumière et mon salut… Il m’abritera sous Son pavillon… »

Nos Sages nous enseignent que le terme « ma lumière/ אורי » se rapporte à Roch Hachana ; « mon salut/ וישעי  » à Yom Kippour ; et « Il m’abritera sous son pavillon /כי יצפנני בסכה », à Soukot.

L’auteur du « Darkei Moussar » va nous aider à réfléchir sur le déroulement de ces étapes :

A Roch Hachana, l’homme atteint un niveau tellement haut de Kédoucha, qu’il est capable de « palper » la vérité, en particulier grâce aux sonneries du Chofar. Comme l’explique le Rambam, le rôle du son du Chofar est de réveiller celui qui s’est endormi. L’homme se réveille et voit de ses yeux, « ma lumière/ אורי », les voies de D.ieu qui s’éclairent.

Après cette première phase, vient le temps de « mon salut/וישעי », Yom Kippour.

Yom Kippour est le jour où Hakadoche Baroukh Hou nous sauve et nous pardonne de nos fautes. Nous sommes sauvés, car nos fautes obstruaient notre cœur et notre néchama ; or sans ce sauvetage, il nous serait impossible de sortir de cette ” boue “. Hakadoche Baroukh Hou nous a offert ce grand jour pour nous laver et nous purifier. C’est un acte de pur ‘Hessed d’Hachem : nous pardonner et remettre nos compteurs à zéro. C’est grâce à cela que l’homme pourra s’élever à un niveau supérieur. Ce ‘Hessed d’Hachem nous ouvre une voie d’élévation, une piste de décollage pour aller plus haut.

Cependant, après avoir eu accès à ces niveaux, une troisième phase déterminante est indispensable.

« Il m’abriterait sous son pavillon /כי יצפנני בסכה », c’est la fête de Soukot.

L’homme doit s’abriter contre toutes les attaques du Yetser Hara, grand « patron » de ce monde matériel. Nous devons tous « courir aux abris », nous isoler avec Hakadoche Baroukh Hou.

Sans cette condition, tout ce qui aura été acquis durant les deux premières phases sera perdu.

Le Gaon Rav Yits’hak Blazer Zatsal explique que lors des Téfilot de Roch Hachana, un homme peut s’élever et se rapprocher d’Hachem, mais par la suite, au moment du repas, il risque de tout perdre. Un attachement trop sérieux aux plaisirs de la table le fera se détacher de cette connexion établie auparavant grâce à ses Téfilot. En effet les plaisirs de ce monde sont la perte de l’homme, comme il est dit : « Rabbi Eléazar Hakapar dit : l’envie, la volupté et l’ambition abrègent la vie de l’homme », Pirkei Avot (4, 21).

Le Machguia’h de Loumza, Rav Moché Rozenstein Zatsal, explique cette idée à l’aide de la parabole suivante :

Il existe un animal du désert que l’on nomme « bardelasse ». C’est une espèce de félin. Il chante une mélodie qui attire l’attention de l’homme et lorsque celui-ci se rapproche pour mieux entendre, il le capture pour l’amener dans sa tanière.

Une fois arrivé là-bas, il aspire le cerveau de sa victime et ne laisse qu’un corps inerte mais intacte. Celui qui se ballade dans le désert et qui connaît la technique de la bardelasse, sait aussi que le sang de l’homme la repousse. Avant leurs expéditions, les hommes avisés se feront donc volontairement une petite entaille afin de laisser couler quelques gouttes de sang et d’écarter tout risque d’attaque.

De la même façon que la «  bardelasse » chante devant l’homme, ainsi le Olam hazé chante pour nous attirer vers lui. Lui aussi aspire notre cerveau et notre Néchama puis laisse un corps « intact » ! Nous devons donc nous abriter sous les ailes de la Chékhina, afin d’éloigner tout risque de séduction des pièges de ce monde.

La Souka nous garde encore au chaud, à l’abri de toute attaque extérieure. Elle nous aide à concrétiser la bonne volonté dont nous avons fait preuve durant Roch Hachana et Yom Kippour.

Comme nous l’avons déjà expliqué, c’est dans la Souka que va se concrétiser le fabuleux processus de Téchouva, qui ne fait que commencer. La Souka est en fait un bunker face au Yetser Hara, elle est le vernissage de la Téchouva.

La Souka sera une protection « écran total » qui fera effet tout au long de l’année, comme celle dont bénéficièrent les Bneï Israël dans le désert…

Les unes avec les autres

Le Beth Yossef dans le Tour (Or Ha’haïm 651, 11), s’interroge sur la façon de tenir les quatre espèces. Doit-on les rassembler lors du balancement, ou bien tenir les Loulav-Hadass-Arava à droite et le Etrogue à gauche ?

Le Beth Yossef nous répond qu’aucune Guémara ni aucun décisionnaire ne mentionnent une quelconque obligation de rassembler les quatre espèces ! Seul un écrit d’un grand Sage italien, le Rav Ména’hem Mirékanti, dans la Parachat Emor, nous enjoint de les rassembler. Le secret de cet enseignement lui est venu un soir, en rêve.

Lors de la fête de Soukot, le Rav Mirékanti reçut chez lui un homme Ashkénaze pieux, le Rav Yits’hak. Lorsque le Rav Mirékanti s’endormit, il fit un rêve dans lequel il vit son invité, Rav Yits’hak, en train d’écrire le nom de D.ieu d’une curieuse façon. Il écrivit tout d’abord י ה ו et plus loin, éloigné des autres lettres, le ה .

Toujours dans son rêve, le Rav Mirékanti, interpella son invité et lui demanda pourquoi il agissait ainsi. Rav Yits’hak lui répondit que c’était l’habitude chez les Ashkénazes, d’écrire ainsi le nom de D.ieu. Le Rav Mirékanti le reprit, lui expliqua qu’il devait rapprocher les lettres les unes des autres. C’est ce que fit Rav Yits’hak. Une fois le nom d’Hachem rassemblé, le Rav Mirékanti se réveilla.

Il ne comprit ni son rêve, ni le message qu’il renfermait.

Le lendemain, à la synagogue, au moment où tout le monde prend ses quatre espèces pour procéder aux balancements, le Rav aperçut son invité tenant le Loulav-Hadass-Arava à droite et le Etrogue à gauche. Il comprit aussitôt son rêve…

Les quatre espèces possèdent en chacune d’elle une parcelle du nom Divin, et il faut les tenir réunies.

Kohélet

« Réjouis-toi, jeune homme, dans ton jeune âge, que ton cœur soit en fête au temps de ton adolescence. Suis librement les tendances de ton esprit, et ce qui charme tes yeux ; sache seulement que D.ieu t’appellera en jugement pour tout cela. » (11, 9)

Dans son ouvrage, « Machal Venimchal », le Ben Ich ‘Haï nous explique ce verset de la manière suivante :

Il souligne tout d’abord que ce verset comporte trois parties, qui correspondent aux trois sortes de plaisirs de l’homme dans ce monde :

« Réjouis-toi, jeune homme, dans ton jeune âge » désigne le Malbouch, les plaisirs de la mode et des beaux vêtements.

« que ton cœur soit en fête au temps de ton adolescence » désigne la A’hila, les plaisirs de la table, la gourmandise et la boisson.

« Suis librement les tendances de ton esprit, et ce qui charme tes yeux » désigne les Tiyoulim, les plaisirs des promenades et des ballades.

Au passage, le Ben Ich ‘Haï nous fait remarquer que les premières lettres de ces plaisirs assemblées forment le mot Tamé/impur (Tiyoulim, A’hila et Malbouch), car la multiplication de ces plaisirs peut nous faire sombrer dans l’impureté.

Le Ben Ich ‘Haï souligne que dans ce verset, il n’est fait mention d’aucun interdit ou conseil de privation, tels que « habits-toi avec des haillons », « mange du pain dur » ou « reste chez toi entre quatre murs » !

Bien au contraire le verset te dit : « Réjouis-toi… sois en fête… suis librement les tendances de ton esprit… ».

Pourtant le verset conclut par : « sache seulement que D.ieu t’appellera en jugement pour tout cela », afin de nous signaler tout de même que nous serons jugés pour toutes ces choses « permises », nous devrons rendre des comptes. Pourquoi devrions-nous rendre des comptes sur des choses permises, qu’est-ce que cela signifie ?

Dans le tribunal Céleste, la question ne sera pas « pourquoi as-tu agi ainsi, en portant un beau costume ou de jolis vêtements ? »

Mais on nous dira : «  Lorsque tu as porté ce beau costume, tu étais heureux et tu as prononcé la bénédiction de Chéé’héyanou.

Mais est-ce que ta joie fut aussi grande lorsque tu as accompli la Mitsva ordonnée par Hachem que lorsque tu as revêtu ton nouveau costume ? »

On nous jugera sur notre enthousiasme pour l’accomplissement des Mitsvot, en comparaison à notre enthousiasme pour jouir des plaisirs de ce monde.

Aussi, le tribunal Céleste nous demandera : « Tu as mangé, tu as bu et tu en as tiré des plaisirs, tu en as joui… Mais dis-nous si tu as autant savouré et bu les paroles de Torah que tu as apprises et entendues, que les mets et boissons que tu as consommés ! »

Enfin, toute la semaine pendant ton travail, tes amis te proposèrent des promenades ou des ballades, mais jamais tu n’abandonnas ton poste pour aller t’évader, même si dehors il faisait bon, jamais les tentations ne prenaient le dessus sur le travail… Alors le tribunal Céleste demandera : «  Comment et pourquoi le Chabbat, as-tu pu perdre des heures à te balader, comment as-tu pu perdre autant d’heures sacrées conçues pour les plaisirs spirituels ?! »

En réfléchissant et en observant, l’homme arrivera à la conclusion que toutes les accusations portées contre lui ne seront que le fruit de son comportement vis-à-vis du matériel au détriment du spirituel.

Chaque chose de la vie courante pourra occasionner une remontrance, c’est ce que signifie la conclusion de notre verset « sache seulement que D.ieu t’appellera en jugement pour tout cela. », afin de nous dire que les reproches concerneront nos lacunes dans notre Avodat Hachem, en mesurant la différence entre notre engagement dans le spirituel et celui dans les plaisirs terrestres.

Tout ne se fera donc que dans une évaluation par rapport à nous avec nous-mêmes, jamais en nous comparant aux autres. Tel est le message de notre verset.

Troisieme jour: Yaakov

Yaakov et la fête de Soukot

« Dans les Soukot vous habiterez sept jours, tout citoyen en Israël habitera dans les Soukot. » (Vayikra 23, 42)

La Torah ordonne à chaque Juif d’abandonner sa maison, son confort, pour s’installer dans la Souka, demeure précaire et temporaire.

Le Rav Yechayaou Yossef Pinto Chlita, nous explique que derrière ce commandement, se cachent des raisons profondes.

La Torah, à travers cette Mitsva, nous inculque que toute notre vie sur terre n’est que précarité.

Le temps que nous passons ici n’est qu’un passage, une préparation au monde futur, le Olam Ha Emeth (le monde de vérité), qui lui, est éternel et infini.

Le Tour (Ora’h ‘Haïm simane 417) cite, au nom de son frère Rabbi Yéhouda, que les trois fêtes, Pessa’h, Chavouot et Soukot correspondent à nos Patriarches Avraham, Yts’hak et Yaakov.

Pessa’h correspond à Avraham, qui avait demandé à Sarah de préparer des gâteaux pour honorer ses invités au moment de Pessa’h, comme il est dit : 

« Avraham se hâta vers la tente, vers Sarah, il dit : Vite prends trois mesures de fleur de farine, pétris et fais des gâteaux » (Béréchit 18, 6).

Chavouot correspond à Yts’hak, car lors du Don de la Torah, le son du Chofar qui retentit au Mont Sinaï fut obtenu de la corne gauche du bélier qui monta en sacrifice à la place d’Yts’hak lors de la Akedat Yts’hak (la ligature d’Yts’hak), comme cela est enseigné dans les Pirkei de Rabbi Eliezer (chap 31).

Quant à la corne de droite, la plus grande, elle sera utilisée par Hakadoche Baroukh Hou, Qui en sonnera dans les temps futurs. Comme il est écrit : « En ce jour résonnera le grand Chofar » (Isaïe 27, 13)

Pour ce qui est de la fête de Soukot, elle correspond à Yaakov car il est écrit :

« Et Yaakov voyagea vers Soukot, il s’y construisit une maison. Et pour son bétail il fit des cabanes/Soukot, c’est pourquoi on appela cet endroit Soukot. » (Béréchit 33, 17)

En observant ces événements, nous remarquons que chacun a une relation plus ou moins directe à la fête.

Cependant, on pourrait s’étonner, en ce qui concerne Yaakov, car les cabanes qu’il construisit étaient destinées à son bétail.

Est-il possible que parce que Yaakov a agi ainsi pour son bétail, Hakadoche Baroukh Hou institua la fête de Soukot pour les générations suivantes ?

On aurait peut-être pu faire un lien entre cet événement et Soukot, si cette fête avait porté le nom des maisons que Yaakov construisit, comme il est dit :

«  … il s’y construisit une maison. », une vraie maison, fixe, durable et habitable.

Alors quel rapport peut-il y avoir entre la fête de Soukot et le bétail de Yaakov ?

En fait la « maison » que Yaakov bâtit n’était pas une maison telle que nous la définissons, c’est-à dire un lieu où l’on vit… mais c’était un Beth Hamidrach !

C’est en effet dans cette « maison » que Yaakov habita et s’assit, jours et nuits.

Pour sa famille, ses serviteurs et son bétail, il construisit des cabanes, lieu d’habitation précaire et fragile.

Yaakov n’a pas agi ainsi par souci d’économie ou par manque de moyen, car il pouvait bâtir une vraie maison pour chacun, mais uniquement pour ancrer en nous la valeur essentielle de la vie. Une maison fixe et durable, ce ne peut être que pour le Beth Hamidrach, lieu d’étude de la Torah et de la vie Éternelle.

Comme lieu d’habitation, en revanche, il choisit la précarité, afin de nous faire ressentir que nous ne sommes que de passage dans ce monde-ci.

Ainsi les choix volontaires de notre Père Yaakov, viennent nous éclairer sur le chemin à emprunter dans nos propres vies.

La fête de Soukot nous installe dans une habitation provisoire, pour nous faire comprendre profondément que l’essentiel de la vie dans ce monde-ci ne réside aucunement dans le confort.

Qu’Hachem fasse que par cet enseignement de notre Père Yaakov, nous distinguions la superficialité du matériel et transformions nos maisons fixes en Beth Hamidrach, lieu d’étude et de sainteté ! Amen

Le moteur du bonheur

« Dans les soukot vous habiterez sept jours, tout citoyen en Israël habitera dans les Soukot. » Vayikra (23, 42)

Dans la Guémara Souka 2b, nos Sages nous enseignent sur ce verset, que durant sept jours, nous devons sortir de notre demeure fixe pour rejoindre un habitat temporaire.

Nous pouvons dès lors nous poser la question suivante : si nous avons la Mitsva de nous réjouir pendant la fête de Soukot, comme il est dit dans Vayikra (23, 40) : « … vous vous réjouirez devant Hachem, votre Elokim, durant sept jours. », nous devrions plutôt nous installer dans un hôtel de luxe ou dans un super club de vacances “Tout compris” avec toute la famille…

Pourquoi nous donne-t-on l’ordre d’aller dans une Souka, de quitter notre confort, pour dormir à la belle étoile, à l’étroit, sur un lit de camp (pour les plus chanceux) ? Ce déménagement ne risque-t-il pas plutôt de réduire notre joie ? En fait, nous comprenons ainsi que l’on ne peut atteindre une joie véritable que lorsque l’on reconnaît que ce monde-ci est temporaire et précaire.

Celui qui investit toute sa vie durant dans ce monde-ci, ne sera jamais heureux ni satisfait. Nos Sages nous enseignent en effet que celui qui a cent, en veut deux cents, celui qui a deux cents, en veut quatre cents, et ainsi de suite… L’envie et les plaisirs ne pouvant jamais être assouvis.

Comme il est dit dans Kohélet Raba (1, 34) : “Personne ne meurt avec la moitié de ses désirs réalisés.”

Ainsi, tous les jours de la vie de l’homme passés à la recherche des plaisirs de ce monde furent des jours de tristesse de ne pas avoir pu les satisfaire.

D’autre part, nous savons que celui qui court après la réalisation de ses désirs n’a finalement plus de vie, car l’envie et la jalousie le rongent.

Comme il est dit dans les Pirkei Avot (4, 21) : “La jalousie, la convoitise et la recherche des honneurs excluent l’homme du monde.”

L’homme ne parvient donc ainsi à aucune joie véritable !

Expliquons cela au moyen d’une parabole que nos Sages nous enseignent :

Le fils d’un roi était atteint d’une maladie qui le rendait nerveux et dépressif. Son père, inquiet de le voir ainsi, consulta les plus grands médecins et professeurs, mais aucun d’entre eux ne réussit à le guérir.

Le roi ne perdit pas espoir. Il fit venir un grand médecin d’un pays voisin qui après avoir ausculté et interrogé le prince sur différents points, annonça au père qu’il avait trouvé un moyen de guérir son fils. Le médecin prescrivit à son patient qu’il devait porter la chemise d’un homme heureux.

Sans perdre un instant, le roi envoya son fils chez les notables et propriétaires de grandes richesses, pensant que le bonheur s’y trouvait.

Cependant, les notables de la ville révélèrent au prince que justement, leurs biens et richesses leur causaient de nombreux soucis et de grandes tensions.

Le prince chercha donc ailleurs, chez les commerçants, les entrepreneurs… partout où les gens avaient l’air heureux… mais au cours de chacune de ses visites il obtint la même réponse.

Voilà notre prince encore plus malheureux qu’auparavant. Puis il croisa sur le chemin du retour un berger, qui lui vanta sa joie de vivre et son bonheur immense.

Aussitôt, le prince lui demanda sa chemise. Mais le berger lui répondit qu’il n’en avait pas, et que s’il en avait une, son bonheur serait moins grand, parce qu’il aurait le souci de la laver, de la repasser et de la conserver…

Nous comprenons maintenant que les deux commandements de la Torah ne se contredisent pas, au contraire…

C’est grâce à la Mitsva de la Souka que l’on atteindra la vraie joie.

En effet à Soukot, nous avons l’ordre de sortir totalement de notre maison et de son confort et de rentrer dans la Souka. Mais c’est justement à ce moment-là qu’il n’y a plus aucune inquiétude, ni aucune crainte… La joie est complète et véritable.

Ce n’est que lorsqu’un homme comprend que ce monde-ci n’est qu’un couloir vers le monde futur, qu’il investit dans la Torah et les Mitsvot.

Comme il est écrit dans les Pirkei Avot (4, 16) : Rabbi Yaacov dit : “Ce monde n’est que le couloir du Monde Futur. Prépare-toi dans le couloir, pour que tu puisses entrer dans le Palais”.

Se Sentir bien

Dans le Midrach Vayikra Raba 30, le Hadass est décrit comme celui qui a un parfum mais pas de goût. Aussi, dans le Zohar, il est dit que les trois hadassim correspondent aux patriarches, Avraham, Yits’hak et Yaakov.

Essayons de voir le lien qui existe entre le parfum et nos Patriarches.

Le Sfat Emeth nous explique qu’un parfum a le pouvoir de se dissiper et de se propager afin de pouvoir embaumer au loin. C’est une des raisons pour laquelle nous respirons des plantes odorantes chaque sortie de Chabbat, au moment de la havdala. Par cet acte, nous demandons que le « parfum » de Chabbat se propage tout au long de la semaine.

Chez nos Patriarches, un tel parfum existe aussi, ceci pour deux raisons.

סוכות 4

D’une part, ils ont ancré un parfum dans chacune des âmes des Bneï Israël, que possède même celui qui n’est pas encore dans les voies de la Torah.

D’autre part, nos Pères qui ont vécu avant le don de la Torah, on su capter son « parfum » avant même qu’elle ne soit donnée. Ils ont su capter le parfum d’une Torah qui ne sera donnée que bien plus tard, car la force d’un parfum est qu’il embaume jusqu’au lointain.

Il est écrit dans Chir Hachirim (1, 3) :

« Tes parfums sont suaves à respirer ; une huile aromatique qui se répand, tel est ton nom. »

Les actions qu’ont accomplies nos Pères représentent ces « parfums suaves », et nous, nous sommes cette « huile aromatique qui se répand ».

Ainsi, nous aussi nous possédons en nous le parfum de nos Pères, c’est-à-dire cette sensibilité de l’odorat.

C’est pourquoi, grâce à notre pouvoir, nous avons le devoir de ressentir déjà ici-bas le parfum du olam haba et de nous y préparer jour après jour.

Kohélet

« Si le serpent mord faute d’avoir été charmé, alors le maître du langage n’a aucun avantage. » (10, 11)

Dans la Guémara Taanit 8a, Reich Lakich nous explique le sens de ce verset :

Dans les temps futurs, tous les animaux se regrouperont et viendront auprès du serpent et lui diront : « Le lion lui, saisit sa proie et la mange ; le loup déchire sa proie et la mange ; mais toi quel plaisir as-tu à mordre les gens et à les tuer ? »

Alors le serpent leur répondra « et le maître du langage n’a aucun avantage » ; c’est-à-dire que celui qui médit des autres, lui non plus ne jouit pas de ses propos préjudiciables.

En d’autres termes, le jour du jugement du serpent, celui-ci sera humilié pour ses actes mauvais, mais il rétorquera que les médisants aussi agissent comme lui, ce qui les entraînera avec lui dans sa chute.

C’est pour cela qu’il est écrit dans Kohélet (5, 5) : « Ne permets pas à ta bouche de charger ta personne d’un péché… et ne prétends pas devant l’émissaire que c’était une erreur. » C’est-à-dire, lorsque la bouche prononce des paroles de Lachone hara, elle pèche contre tout le corps, car elle amène le châtiment sur lui. Et si tu penses que lorsque tu profères ces paroles, personne ne t’entend, détrompe-toi.

Comme il est dit dans le Midrach Devarim Raba (6, 5) : « Sache que je nomme auprès de toi un envoyé chargé d’enregistrer toutes les paroles que tu profères contre ton prochain ».

Et si cela nous laisse septique, le ‘Hafets ‘Haïm déjà en son temps, enseignait un grand moussar sur le téléphone. Il enseignait que grâce à lui, on pouvait désormais prendre conscience de la possibilité de transmission d’une parole d’un endroit à l’autre ! Si déjà le ‘Hafets ‘Haïm, il y a plus d’un demi siècle avait observé ce phénomène pour nous faire réaliser combien les paroles de la Torah sont authentiques (à l’époque il n’y avait pas de téléphone et pourtant nous était prédit que nos paroles seraient rapportées la Haut), combien nous, dans ce monde de communication parvenue à son apogée, pouvons vivre leur véracité !

Comme il est dit « … car l’oiseau du ciel transmettra le son de la voix et la gent ailée rapportera les propos. » Kohélet (10, 20)

Le Gaon de Vilna écrit dans son testament que nous serons jugés pour chaque parole que nous aurons prononcée, rien ne sera perdu, même pas la plus petite remarque. La faute du Lachone hara est la plus grave de toutes, car comme nous l’enseignent nos Sages, c’est l’une des fautes dont, si l’on s’empêche de la commettre, on mange les fruits dans ce monde, mais dont le capital sera pour le monde futur. »

C’est ainsi qu’il est écrit dans Kohélet (6, 7) : « Tout le labeur de l’homme est pour sa bouche », c’est-à-dire que toutes les Mitsvot et bonnes actions accomplies par l’homme ne suffisent pas pour annuler les paroles de lachone hara prononcées.

Dans les Pirkei Avot (1, 17) il est écrit : « J’ai passé toute ma vie au milieu des Sages, et je n’ai rien trouvé de plus salutaire que le silence… celui qui parle trop occasionne des péchés. »

Cela ne signifie pas que nous devons rester muets et silencieux, mais nous devons veiller à ne pas médire de notre prochain. Comme il est dit : « Celui qui met un frein à sa bouche et à sa langue se préserve de bien des tourments. » Michlei (21, 23)

Le ‘Hafets ‘Haïm affirme que l’étude des lois du langage nous rendra obligatoirement meilleurs, car en nous efforçant continuellement d’éviter de faire du mal à notre prochain, soit par une parole vexante, soit par un affront, soit par un manque de respect quelconque, cela nous permettra de nous construire intérieurement, et de créer des relations de qualité avec nos semblables, basées sur la sincérité.

Si chacun d’entre nous étudie chaque jour quelques minutes les lois du langage, tous les efforts qu’il investira au service de cette étude et de son application, entraîneront un surcroît de clémence dans le monde, et constitueront une source de forces pour une vie de bonheur et de paix.

Oushpizine – Invitation à la Kédoucha

Peu de livres abordent ce sujet, mais nous avons une chance inouïe de pouvoir inviter sous notre Souka, des invités d’honneur. Cet ouvrage, « Oushpizines, une invitation à la Kédoucha » est un petit guide qui vous accompagnera à chaque instant de la fête de Soukot. Chaque jour est dédié à l’Ouchpez correspondant, avec des louanges à son intention, son histoire liée à la fête de Soukot, une petite anecdote sur les Arbaat haminim et un passage du livre de Koheleth (L’Ecclésiaste) écrit par le roi Salomon (Chlomo Hamelekh), le plus sage de tous les hommes. Le but de cet ouvrage est de donner une nouvelle dimension spirituelle à la fête de Soukot et de contribuer à la diffusion de la Torah : « Afin que vos générations sachent que J’ai fait demeurer les Bnei Israël dans des cabanes, quand Je les ai faits sortir du pays d’Égypte, Moi, Hachem, votre D.ieu ! » (Vayikra 23 ; 42-43)

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