LA QUATRIÈME CLÉ

Si vous vous arrêtez là. Vous pourrez rendre heureuse votre conjoint. Cependant vous devez savoir que vous ne serez pas épanouie. De plus, il vous sera difficile au quotidien d’être vraiment à l’écoute et de devoir tout le temps la comprendre. Vous devrez supporter des remarques ou critiques qui vous font mal, et que finalement vous enterrerez quelque part en vous jusqu’à l’explosion finale. Dans une telle situation, la complicité, le respect ou la confiance n’existent pas, parce que même si dans le meilleur des cas, l’autre se sent compris et respecté, vous ne l’êtes pas. Vous n’êtes donc pas complice l’un avec l’autre, et il ne peut pas réellement vous respecter parce qu’il ne vous connait pas. Ça ne va qu’à sens unique. Ne ressentez-vous pas en partie ce malaise en vous ? Ne ressentez-vous pas que tout ce qui est écrit dans ces conseils de Shalom Bait vous demande de gros efforts sans pour autant encore vous sentir à l’aise à la maison ? Si vous ne le ressentez pas, peut-être avez-vous déjà cette clé dans votre relation.

Quel est donc ce dernier point qui peut tout changer ?

La franchise et le partage de sentiments. [Trois conditions obligatoires ! Voir plus bas]

Trop souvent nous croyons que garder nos sentiments pour nous est source de force. Nous croyons que nous gagnons à montrer à notre conjoint qu’on la comprend sans jamais, lui faire part de nos propres sentiments. Mais même s’il est vrai que vous lui évitez, à court terme, un petit mal-être en refoulant les sentiments désagréables que vous ressentez suite à son comportement. Sachez qu’à long terme, vous empêchez la relation d’évoluer.

Vous rêvez de paix, d’harmonie, de compassion, de respect, de simplicité. Mais dans quel monde allez-vous trouver toutes ses choses si vous ne vous ouvrez pas à l’autre ?!

Si ce point est tellement important c’est parce qu’elle ne peut pas vous respectez et vous appréciez si elle ne vous connait pas, si elle ne vous comprend pas. Mais elle n’y arrivera pas sans que vous lui partagiez vos sentiments.

Pour connaitre quelqu’un, il faut qu’il partage de sa vie et de ses sentiments.

À suivre…

Retrouvez les clés précédentes sur le site  www.ovdhm.com

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Parachat Ekev – Qu’est ce qu’une bonne Mitsva ?

« Et ce sera si vous écoutez ces préceptes et que vous les gardez, l’Éternel gardera l’alliance et la bonté qu’Il a jurées à tes pères.» (Dévarim 7 ; 12)

À propos de ce verset, Rachi nous explique que le mot  »ekev/et ce sera si » a un double sens, et fait allusion au mot  »talon ». Ce qui nous offre une autre lecture possible du verset : « Si vous écoutez les Mitsvot que les hommes foulent du talon… »

Nombre de commentateurs nous expliquent que la récompense d’une Mitsva ne se mesure pas ni à son importance ni à sa taille. Si la Torah détermine les peines encourues pour une Avéra, elle ne nous a pas donné le barème en ce qui concerne les Mitsvot et leurs récompenses.

Ainsi, comme nous l’enseigne Rabbi  Yéhouda Hanassi « … Applique-toi à observer les Mitsvot les moins importantes aussi bien que les Mitsvot les plus importantes, car tu ne sais pas quelle est la récompense attachée à l’accomplissement de chacune d’entre elles… ». S’il est vrai que pour la recherche d’un emploi, notre première interrogation sera celle du salaire, afin de mieux optimiser notre temps, car le temps c’est de l’argent ! Notre  »Job » premier qui est celui d’être Juif se base sur de tout autres données. Le salaire ne sera pas toujours proportionnel au temps passé pour accomplir la mitsva, ni à la grandeur de la tâche, car le système Divin dépasse notre entendement.

Rabénou Yona (Chaarei Téchouva 3;23) nous explique qu’il ne faudra pas attribuer une échelle de valeurs aux Mitsvot, mais plutôt considérer la grandeur de Celui qui les a ordonnées.

Nos Sages de mémoires Bénies illustrent ce principe par la métaphore suivante : Un roi désira embellir son jardin par des arbres et des plantes. Il ordonna à ses jardiniers d’y planter diverses variétés, sans leur préciser le salaire qu’ils percevraient pour chacune. En effet, s’ils connaissaient le salaire fixé pour chaque espèce, ils ne se consacreraient uniquement qu’aux arbres les plus rémunérateurs.

Il en est ainsi pour les Mitsvot. Hachem désire nous offrir le bonheur d’accomplir toutes les Mitsvot afin que l’on puisse bénéficier des récompenses qu’Il nous a promises. Nous ne devons donc pas en « piétiner » aucune, même pas celles que NOUS considérons avec NOS petits yeux d’hommes, comme petites.

Rabénou Bé’hayé nous donne comme exemple la Mitsva des  »pas » : le fait de marcher pour se rendre à la Synagogue, pour se rendre auprès d’un malade ou encore accompagner un défunt à sa dernière demeure, etc… Il explique que le salaire des «pas » est grand.

Dans la Guémara (Souka 25a), il est énoncé un principe : « ossek bamitsva patour mine hamitsva », tout celui qui est occupé à une Mitsva est dispensé d’une autre mitsva. Le Ritva  nous explique que lorsque l’on est en train d’accomplir une mitsva, même si une seconde plus « importante » se présente à nous, nous devrons continuer la première, car ce choix ne nous appartient pas.

La Torah et les Mitsvot ne sont pas un menu à la carte, elles ne doivent pas subir un tri sélectif selon un prix ou une préférence, mais elles doivent être accomplies lorsqu’elles se présentent, uniquement parce qu’elles nous ont été offertes. Une Mitsva qui se présente est déjà un cadeau en soi. Et si l’on se pose encore la question de savoir qu’est-ce qu’une « bonne » Mitsva, nous devons nous dire en guise de réponse, que c’est celle qui se présentera. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on souhaite « tizké lémitsvot » à quelqu’un qui vient d’en accomplir une, ce qui signifie : « Que tu aies le mérite de voir se présenter à toi d’autres mitsvot ! ». Tous nos faits et gestes « mitsvotiques » sont assurés d’un salaire, contrairement aux actes profanes.

Prenons l’exemple d’un jeune chef d’entreprise qui mettra corps et âme pour monter son projet. Des jours et des nuits, des stress et des angoisses, sans savoir vraiment s’il parviendra à atteindre ses objectifs financiers. Et parfois, après tous ces mois de travail et d’acharnement, c’est par un dépôt de bilan que tout cela s’achève, sans argent et encore moins, sans succès ni plus d’espoir. Au contraire, dans la vie Juive authentique, et par exemple dans l’étude de la Torah, comme nous le disons chaque jour après avoir terminé une étude : « Je te remercie Hachem mon D.ieu, d’avoir établi mon lot parmi ceux qui séjournent dans les Batei Midrachot, et de ne pas avoir établi mon lot parmi les oisifs … Je peine et ils peinent : je peine et reçois une récompense, et ils peinent et ne reçoivent pas de récompense… »

En effet, après une étude, qu’elle ait été comprise ou non, nous percevrons tout de même un salaire, pour prix de l’étude. Hachem est Miséricordieux et le « système » qu’Il a instauré nous permet de bénéficier de toutes Ses bontés. Par exemple, même sans avoir accompli de mitsva, juste en ayant eu l’intention de le faire, cela nous est compté comme si cela avait été fait. Par contre c’est l’inverse pour les aveyrot/les fautes, il faut avoir péché en acte pour être puni, l’intention n’est pas prise en compte.  

La Torah est donc remplie de trésors, chaque mitsva qu’elle propose nous conduit à remplir notre « porte-monnaie » pour ce monde et l’Autre, soyons conscients de nos richesses, et ne les laissons pas filer entre nos doigts ! Le matériel quant à lui nous satisfait quelques secondes, voire quelques minutes, et puis tout se volatilise, comme si ce n’avait été qu’une illusion. 

Empressons-nous, et même précipitons-nous, pour appliquer les commandements ordonnés par Hachem, quels qu’ils soient, et même si nous ne les comprenons pas. Car salaire il y aura, et que nous sommes certains en agissant ainsi, sans aucun doute, de nous trouver dans le Bien.

Chabat Chalom

Rav Mordékhaï Bismuth