16 juin 2024

Vaye’hi: EN PLEIN DANS LE MILE

« et moi je t’ai donnĂ© une part sur tes frĂšres, que j’ai prise de la main du Emori, par mon Ă©pĂ©e et par mon arc. Â» (BerĂ©chit 48;22)

AprĂšs que Yaacov bĂ©nit son fils Yossef, il lui donne une part supplĂ©mentaire dans l’hĂ©ritage d’IsraĂ«l.  C’est la ville de Chekhem/Naplouse qu’il lui donne en rĂ©compense d’ĂȘtre enterrĂ© en IsraĂ«l et non en Egypte. Yaacov dira alors qu’il a conquis cette ville(Chekhem) Ă  l’aide de son glaive et de son arc. Les sages dans la GuĂ©mara Baba Batra (146) ainsi que le Targoum Onquelos traduisent Ă©tonnamment  ce passage que c’est par le biais de la priĂšre (traduction de glaive) et de la supplique (arc) que Yaacov a dominĂ© la ville de Chekhem. Quel rapport existe-t-il entre la TĂ©fila et l’Ă©pĂ©e?

Le Rav de Brisk (le Griz) explique la diffĂ©rence entre le glaive et l’arc : le premier est tranchant des deux cĂŽtĂ©s et avec peu de force on arrive Ă  ses fins destructrices, tandis que l’arc n’est dangereux que si on tend de toutes ses forces la corde. De plus, on a besoin d’une grande prĂ©cision pour atteindre sa cible. Lorsque le Targoum a traduit dans notre verset le glaive par la priĂšre et l’arc par la supplique, le Griz explique que c’est prĂ©cisĂ©ment l’image de notre TĂ©fila qui est donnĂ©e! Comme ce sont les derniers prophĂštes du SanhĂ©drin qui ont instituĂ© notre TĂ©fila: il suffira d’un peu de concentration dans les trois premiĂšres bĂ©nĂ©dictions pour qu’elle soit acceptĂ©e par Hachem. Tandis que la supplique comme c’est une priĂšre personnelle nĂ©cessitera beaucoup plus de ferveur pour ĂȘtre acceptĂ©e. La preuve, c’est la Guemara qui dit que s’il y a un malade dans sa maison, ses proches doivent aller voir le Sage pour qu’il prie pour lui. Puisqu’il s’agit d’une demande particuliĂšre, on aura besoin de l’aide d’une personne Ă©levĂ©e spirituellement pour que notre priĂšre soit acceptĂ©e.

La Providence Divine n’oublie personne

Il s’agit de la vie d’un rescapĂ© de la Choah qui du fait de toutes les atrocitĂ©s qu’il a vĂ©cues dĂ©cide lui et sa femme, de couper tout lien avec le judaĂŻsme (jusqu’à changer de nom de famille!) et de s’installer trĂšs loin de toute communautĂ©. Ils Ă©lĂšveront trois enfants dans l’absence totale du judaĂŻsme! Cependant Ă  l’approche de l’anniversaire des 13 ans de leur grand fils, le pĂšre lui promet de lui acheter tout ce qu’il dĂ©sire (rĂ©miniscence de la cĂ©rĂ©monie de la Bar Mitsva). On voit donc fils et pĂšre dĂ©ambuler dans les grands magasins de la ville Ă  la recherche d’un cadeau.  Cependant le fils n’y trouve rien d’intĂ©ressant jusqu’à ce que leurs pas les amĂšnent Ă  rentrer dans une boutique de 
judaĂŻca car l’enfant voit en vitrine un objet qui lui attire le regard! (On vous rappelle, le fils n’est pas au courant de ses racines juives!) En fait il s’agit d’une veille “antiquitĂ©”: une ‘Hanoukia faite en bois. Le fils dira Ă  son pĂšre: “Je veux cette lampe! » Le pĂšre qui connait la signification profonde de cet objet l’en dissuade, mais peine perdue, l’enfant le veut Ă  tout prix! Seulement le vendeur est aussi rĂ©ticent Ă  la vendre, car c’est un souvenir d’un camp d’extermination de Pologne. En effet, cette Hanoukia est un assemblage de morceaux de bois qui a Ă©tĂ© fabriquĂ© durant la guerre par de pauvres juifs avant leur extermination!  MalgrĂ© tout, le fils ne renonce pas et le pĂšre finalement proposera une belle somme et acquerra l’objet tant dĂ©siré 

De retour Ă  la maison et quelque temps aprĂšs avoir fĂȘtĂ© le “Happy birth day” de la Bar Mitsva manquĂ©e, le jeune jouait avec sa Hanoukia (car il n’avait aucune idĂ©e de la signification de cette lampe) et
patatras, elle tombe et se fragmente en de nombreux morceaux! Le pĂšre qui Ă©tait par hasard prĂ©sent commence Ă  aider son jeune fils Ă  la reconstituer. Seulement lors des manipulations, il remarque un bout de papier dans l’interstice d’un des Ă©lĂ©ments. Il prend le papier et commence Ă  le lire, puis d’un seul coup Ă©clate en sanglots et s’évanouit!! De nouveau le pĂšre reprend ses esprits, mais une nouvelle fois s’évanouit. C’est alors que la famille appelle le SAMU Ă  la rescousse. L’infirmier arrive et rĂ©ussi Ă  le rĂ©animer, c’est alors que le pĂšre s’explique: « sur ce papier est Ă©crit que l’artisan de cette Hanoukia l’a construite au pĂ©ril de sa vie dans un des Ghettos polonais. Le danger Ă©tait constant et il ne savait pas si lui-mĂȘme survivra Ă  chaque jour de l’allumage!  Seulement il conclut en implorant que tout celui qui dĂ©couvrira cette Hanoukia: qu’il l’allume en souvenir de toute sa famille morte en sanctifiant le Nom d’Hachem! Et qu’il prie aussi pour leurs Ăąmes
 SignĂ© untel qui n’est autre que son propre
 PÈRE !!! AprĂšs cette secousse tellurique, le pĂšre du Bar Mitsva ratĂ©, opĂšrera de grands changements: dĂ©cidera de dĂ©mĂ©nager auprĂšs d’une communautĂ© juive et progressivement redĂ©couvrira la Thora oubliĂ©e de ses parents. Aujourd’hui il fait partie des familles respectant la Thora et les Mitzvots ! Fin de l’histoire vĂ©ridique.

De lĂ  on pourra conclure que chaque effort dans la Thora, mĂȘme aux portes de la mort, n’est jamais perdu ! « EĂŻn yĂ©ouch baĂŽlam klall ! » (tiré  du livre Emouna ChĂ©lĂ©ma).