22 juin 2024

Wort sur la paracha…MIKETS

«Les frÚres de Yossef descendirent à dix pour acheter du blé en Egypte» (42,3)

Selon Rachi : le texte ne dit pas : « les fils de Yaakov », mais : « les frĂšres de Yossef », pour souligner qu’ils s’en voulaient de l’avoir vendu et qu’ils avaient pris la rĂ©solution de se comporter fraternellement avec lui et de procĂ©der Ă  son rachat quelque pĂ»t en ĂȘtre le coĂ»t.

Les Ă©gyptiens Ă©taient des descendants de Ham, ce qui implique qu’ils Ă©taient trĂšs foncĂ©s de peau. De leur cĂŽtĂ©, Yossef et ses frĂšres avaient une peau claire, et il Ă©tait facile de dire qu’ils Ă©taient frĂšres. D’ailleurs, c’est pour cela qu’il les accusa immĂ©diatement d’espionnage, afin qu’on ne les associe pas facilement Ă  lui. (SiftĂ© Cohen)

« Que le D.ieu tout-puissant vous donne de la compassion.» (Béréchit 43, 14)

A priori, il aurait été plus logique de dire : « Que le D.ieu toutpuissant vous prenne en compassion. »

Rabbi MochĂ© Yé’hiel d’Ojrov zatsal explique que celui qui dĂ©sire que le Ciel ait pitiĂ© de lui doit, tout d’abord, se conduire lui-mĂȘme de la sorte Ă  l’égard de son prochain, en vertu du principe Ă©noncĂ© par nos Sages : « Quiconque a pitiĂ© des gens, le Ciel le prend en pitiĂ©. » (Chabbat 151a)

Ainsi, Yaakov souhaita Ă  ses fils de recevoir de l’Eternel la vertu de la compassion, afin qu’ils puissent l’utiliser en faveur d’autrui, puis, consĂ©quemment, jouir eux-mĂȘmes de cette disposition favorable de la part du CrĂ©ateur.

« Or, ils venaient de quitter la ville, ils en Ă©taient Ă  peu de distance, lorsque Yossef dit Ă  l’intendant de sa maison : “Va, cours aprĂšs ces hommes (
).” » (BĂ©rĂ©chit 44, 4)

La formulation de ce verset semble souligner que, du fait que les frĂšres de Yossef ne s’étaient pas encore trop Ă©loignĂ©s, il a demandĂ© Ă  son intendant de les poursuivre. Quel rapport entre ces deux faits ?

Rabbi ‘HaĂŻm Vital explique que la tĂ©filat hadĂ©rekh a pour but de nous assurer la protection lors d’un voyage ; mais, nous ne la prononçons qu’aprĂšs nous ĂȘtre Ă©loignĂ©s d’au moins une parsa (environ 4 kilomĂštres) de la ville. Yossef, conscient qu’ils rĂ©citeraient cette priĂšre en route, ordonna qu’on les poursuive avant qu’ils ne s’éloignent trop, c’est-Ă -dire avant qu’ils ne la prononcent.

Certains expliquent que Yossef ordonna qu’on remplisse leurs sacs de vivres « autant qu’ils en peuvent contenir », justement pour leur alourdir la charge et les empĂȘcher d’avancer vite, ce qui lui permettrait de les poursuivre et de les rattraper plus facilement.