28 septembre 2022

A quoi pensent les « grands religieux » dans les moments difficiles ?

La Paracha commence par la prière de notre maitre Moshé Rabénou afin de rentrer en Terre Sainte. On le sait, Moshé n’a pas la permission de monter en Erets Israël après la faute de « Mé Mériva » et doit céder la conduite de la nation à Yéhochoua son fidèle élève. Seulement les Sages de mémoires bénies enseignent dans le Midrash que Moshé a beaucoup prié pour annuler le décret de D.ieu. D’ailleurs Rachi enseigne que le mot « Véhéthanan » est une manière de prier (il y en a dix comme la supplique, la prière, la demande etc…). Donc Moshé demanda la grâce du Ciel sans faire valoir aucun mérite particulier. D’une manière générale lorsqu’un homme demande à son supérieur, par exemple, une avancée dans l’échelle salariale, il emploiera toute une stratégie pour arriver à ses fins : Il fera valoir le fait qu’il a réussi à augmenter le chiffre d’affaires alors que la situation générale était au grand marasme… Or, Moshé Rabénou agira différemment. Il demandera à D.ieu de lui accorder cette faveur, de monter en Erets Israël, sans aucune contrepartie il aurait pu dire, « Hachem, c’est moi qui ait fait sortir le Clall Israël d’Egypte, j’ai nourri des millions de personnes dans le désert et j’ai fait descendre ma Thora des Cieux… N’est-ce pas le meilleur des arguments ? À côté de la simple marge de bénéfice de notre commercial ?. Rachi enseigne que les Tsadiquims de notre peuple prient sans faire valoir aucun de leur mérite ! Et pour cause, Hachem est le moteur de tous les biens faits sur terre. C’est Lui la racine de la générosité entre les hommes car le monde a été créé sous le signe de la bonté « Olam Hessed Ybané ». Depuis la naissance jusqu’à notre dernier jour, Hachem se tient derrière nos pas et nous soutient dans tous nos cheminements… Qu’on le veuille ou non, qu’on fasse partie des « libéraux » ou des anarchistes ! Donc lorsque je fais une Mitsva ou une bonne action ce n’est qu’un rendu de pièces d’un très gros billet qu’on a reçu gratuitement…N’est-ce pas mes chers lecteurs ? Pour plus de détail voir le Chaar Avodat HaElokim dans Hovot Halévavot.

Un Midrash enseigne que Moshé a prié 515 Téphilots afin de monter au pays où les Yeux de Hachem le scrutent depuis le début de l’année jusqu’à la fin (515 est la valeur numérique du mot « Vahéthanan »). Cependant il sera finalement débouté. On apprend de cet épisode que dès fois les portes des cieux sont fermées… Cependant Moshé Rabénou ne faiblira pas même après avoir essuyé ce refus. En effet, à la fin de la Paracha de Massei il est indiqué une Mitsva particulière de construire des villes de refuges. Il en existait trois du côté Est du Jourdain, la Jordanie actuelle et trois en Terre Sainte. Et les Sages dévoilent que tant que les villes en Terre sainte n’étaient pas inaugurées, les villes de l’autre côté du Jourdain n’avaient pas la capacité de protéger le meurtrier par inadvertance voir mon développement des semaines précédentes. Si on avait été à la place de notre saint Maitre, on aurait très bien pu « mettre la clef sous la porte » et ne pas construire ces villes de refuge au-delà du Jourdain car, à quoi bon ? Seulement Moshé Rabénou n’est pas du même calibre, excusez-moi pour l’expression et surtout de nous comparer un tant soit peu avec le plus grand des prophètes de tous les temps… et même s’il sait que les dés sont jetés qu’il ne pourra pas rentrer en Israël, il fera tout pour accomplir les commandements et même une moitié de commandement… Voir Or Hahaim Siman 472 dans le Chaar Téchouva.

A la fin de la lecture de la Thora on lira dans la Haphtatra un passage de la prophétie de Isaïe qui commence par ces mots : » Nahamou, Nahamou Ami… Consolez, consolez-vous mon peuple dit Hachem… » Il s’agit d’une prophétie qui vient donner la consolation au peuple qui part en exil et cela nous apprend que malgré la catastrophe de la destruction du Sanctuaire, Hachem ne s’est pas détaché entièrement de son peuple et n’a pas choisi une autre peuplade comme les latins de Rome ni même les Indiens d’Amérique…. Dans la suite, il est marqué  » la végétation se fane, les plantes se dessèchent car le vent (chaud)de D.ieu souffle et détruit toute cette verdure… » C’est le symbole de la dureté de l’exil : la peine encourue pour s’être détourné de la Voix de D.ieu. Cependant il est aussi marqué dans cette même prophétie : » Parler au cœur de Jérusalem… ». Le Rav Gamliel Rabinovitch Chlita explique que la dureté de l’exil vient pour réveiller notre cœur ! Lorsque le prophète énonce la destruction et la désolation symbolisé par le soleil torride qui dessèche et fait mourir toutes les plantes c’est un gage afin d’arriver au « Cœur de Jérusalem ». Car l’affliction de l’exil est LA manière dont Hachem s’y prend pour que la parole de D.ieu rentre dans le cœur de son peuple. On accèdera à la repentance lorsque le cœur de l’homme sera touché. Lorsque l’on atteint les sentiments de l’homme et pas son intellect on arrivera à un véritable repentir et ainsi on accèdera à la consolation.

Pour finir je vous ferai part d’une anecdote d’un grand de notre peuple, le Rav de klauzenbourg. Le Rav passera une année entière dans les camps et lors d’une de ses tribulations de misère il sera pris sous le feu des nazis lors d’une sélection. Malheureusement il recevra un éclat de verre dans la région du thorax à quelques centimètres du cœur… Le sang se déversera abondamment, il était tombé à terre… A deux doigts de rendre son âme, il vit une branche d’arbre avec des feuilles touffues. Il prit ces feuilles et les appliqua sur sa plaie béante. Il fera alors une prière à D.ieu : « Hachem, si Tu me guéri et que tu me fasses vivre, je te promets qu’après la guerre je construirais un hôpital. Et cet établissement soignera les malades d’Israël ainsi que des nations du monde comme quoi les grands « religieux » habillés tout en noir avec de grands chapeaux n’ont d’autre soucis que de faire du bien à leur prochain et même aux non-juifs et ce, dans des conditions les plus extrêmes… ndlr je doute que parmi les nations du monde on ne trouve un seul homme qui ferait pareil vœu dans une situation semblable, n’est-ce pas mes chers lecteurs de Navarre jusqu’en Afrique du Sud ? Fin de l’aparté. Et l’incroyable se réalisera puisque d’une manière miraculeuse la plaie se cicatrisera et rapidement le Rav retrouvera la santé… Après avoir traversé tous les affres de la guerre, le Kauzenbourg-Rebbe s’installera dans un premier temps en Amérique puis en Israël où il concrétisera son vœu en fondant l’hôpital « Laniado » de Natanya dans le nord de la ville et depuis plus de 60 années de fonctionnement il soigna des dizaines de milliers de malades de la communauté ainsi que des gentils sans distinction de race et de religion… Tout cela grâce ou à cause d’une balle perdue des allemands… « La végétation se dessèche au soleil. La parole de Dieu se concrétise… Parle au cœur de Jérusalem… ».

Rav David Gold