L’interdit bancaire

Roch Hachana approche, ce jour du jugement où les Livres de la vie et de la mort sont ouverts.  Chacun sera jugé pour l’année entière à venir, en fonction de l’année passée qui a pu être entachée de nos fautes et de nos rébellions envers Hakadoch Baroukh Hou. Que faire pour aborder ce jour si important ? Comment mériter un bon jugement ?

Essayons de répondre à travers l’histoire suivante :

David reçoit un coup de téléphone de son banquier lui annonçant que son découvert a atteint le seuil maximal. Neuf chèques lui ont déjà été refusés ; au dixième, ce sera l’interdit bancaire ! Pour terminer, il ajoute que s’il ne réglait pas ce découvert dans la semaine qui suit, il mettrait en marche la procédure.

Consterné et désemparé par ce qu’il vient d’entendre, David se demande que faire. Même s’il travaillait jour et nuit pendant une semaine, cela ne suffirait pas pour combler son découvert. David est pris de panique, et commence à regretter tous ses achats faits impulsivement et sans réflexion. Il regrette, pleure et avoue sa culpabilité en expliquant tout cela à son banquier. Mais ce dernier reste impassible ; cela ne le touche absolument pas.

Heureusement pour nous, notre compte en banque de Mitsvot n’est pas administré par un tel banquier !

En effet, en cette fin d’année, notre compte bancaire « Mitsva » peut être provisionné ou à découvert. Notre banquier, Hakadoch Baroukh Hou, sera prêt à nous écouter, à entendre nos pleurs, nos regrets et nos explications, mais aussi et surtout, nos engagements pour l’année à venir.

Tel est le pouvoir des séli’hot, qui constituent un rendez-vous quotidien avec le « Directeur » de la « banque de l’âme ».

Chaque jour, depuis le mois d’Elloul jusqu’à la veille de Yom kippour, nous avons l’opportunité de nous entretenir avec le Grand Patron.  Regrettons, pleurons et avouons, pour espérer voir notre « débit » s’effacer. Pourquoi pas même voir notre compte réapprovisionné si nous revenons vers Hachem par amour ?

En effet, la Guémara (Yoma 86b) nous enseigne que par le mérite de la Téchouva MiYira (repentir par crainte), les fautes volontaires (Zédonot) sont transformées en fautes involontaires (Chegagot). Par contre, si l’homme se repent par amour (Téchouva MéAhava), les fautes volontaires (Zédonot) sont transformées en Mitsvot. Aussi, en cette période de séli’hot, levons-nous tôt, réveillons-nous et implorons D.ieu de nous offrir la possibilité de faire une Téchouva MéAhava,  par amour, afin de multiplier nos mérites.

 Béatslakha!

Comment réduire la consommation de sel

Comment réduire la consommation de sel

A celui qui veut diminuer sa consommation de sel, il est recommandé de :

1. Ne pas ajouter de sel dans la nourriture.

2. Éviter de consommer des aliments riches en sel : bisli, chips, apéritifs en tous genres, olives, cacahuètes, biscuits, fromage ou poissons salés.

3. Consommer davantage d’aliments pauvres en sel. On peut s’habituer facilement au pain ou au fromage qui ont une faible teneur en sel. Les matsot, ainsi que les fruits et légumes en contiennent très peu.

4. Pour enlever la grande quantité de sel de la viande et des volailles, il est conseillé de les mettre à tremper dans l’eau puis de jeter cette eau avant la cuisson.

5. Si vous voulez rajouter du sel. Faites-le après la cuisson, car celle-ci élimine le goût salé mais pas l’élément chimique qu’il contient.

Le sel est une question de goût. Il est possible de s’habituer et d’accoutumer nos papilles gustatives à manger moins salé. Après avoir essayé pendant un mois de ne pas ajouter de sel, on découvrira tout à coup le goût réel des aliments. Un enfant habitué à des aliments très salés aura besoin, en grandissant, de plus en plus de sel pour en sentir le goût. Enlever la salière de la table est une excellente idée.

Conclusion: Cher lecteur, plus vous serez conscient que l’industrie alimentaire cherche à vous faire avaler le plus possible de sel pour vous rendre la nourriture plus savoureuse et afin que vous achetiez leurs produits, plus vous serez en mesure de sauver votre vie. Il est important de vérifier le taux de sodium de chaque aliment pour connaître sa teneur en sel et de se limiter à une alimentation pauvre en sel.

Je vous recommande de faire le test suivant : relevez les différences de teneur en sodium dans toutes les sortes de fromage blanc qui se trouvent dans votre épicerie habituelle. Vous serez  étonné de la somme d’informations qui sont à votre portée et que vous ne soupçonniez pas jusqu’à présent. [Par exemple, le fromage Cottage contient beaucoup plus de sel qu’un fromage blanc habituel.]

Extrait de l’ouvrage « Une vie saine selon la Halakha »

du Rav Yé’hezkel Is’hayek Chlita

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Réponses à vos questions

Pourquoi certains jeunent la veille de Roch Hachana ?

Ce jour-là un tiers des fautes de l’homme sont pardonnées. Le deuxième tiers est pardonné pendant les dix jours de pénitence et le troisième tiers est pardonné le jour de Yom Kippour. (Halikhot Mo’ëd)

Doit-on prendre sur nous ce jeune la veille dans la prière de Min’ha ?

Si on a l’habitude de jeuner tous les ans on n’aura pas besoin de prendre sur nous le jeune la veille dans la prière de Min’ha. De plus il ne sera pas nécessaire de jeuner jusqu’à la sortie des étoiles, mais jusqu’à Plag Hamin’ha (soit une heure et quart avant la nuit – en heures zmanioth).

Par contre si on n’a pas l’habitude de jeuner tous les ans la veille de Roch Hachana on devra le prendre sur nous la veille à Min’ha. Dans ce cas on devra jeuner jusqu’à la sortie des étoiles sauf si nous spécifions de finir le jeune plus tôt. (Halikhot mo’éde p.78)

Quels vœux sont annulés lors de Hatarat Nédarim ?

Hatarat Nédarim n’annule que les vœux qu’une personne a fait et qu’elle ne se souvient plus d’avoir fait. Par contre un vœu que l’on se rappelle n’est pas annulé par Hatarat Nédarim sauf s’il  le précis explicitement  devant trois personnes et qu’au moins une des trois connaisse les lois de Hatarat Nédarim. (Halikhote Mo’ëd p.84)

Peut-on nommer une personne pour quelle fasse Hatarat Nédarim pour nous ?

On ne peut pas nommer une personne pour quelle fasse Hatarat Nédarim pour nous, car pour annuler un ou plusieurs vœux il faut que la personne concernée se trouve devant ceux qui vont lui annuler le vœu.

Un homme peut être l’intermédiaire de sa femme pour lui annuler ses vœux, car la femme est comme son mari (ichto ke goufo). Il est quand même mieux qu’elle lefasse elle-même  si elle en a la possibilité. (Halikhot Mo’ëd  p87-88)  

Est-ce que les femmes doivent- réciter la bénédiction de Chéé’hiyanou après l’allumage des bougies de Roch Hachana ?

Bien que certaines femmes ont pris l’habitude à Roch Hachana de réciter la bénédiction de Chéé’hiyanou après l’allumage des bougies, il est préférable qu’elles ne la récitent pas et qu’elles se rendent quittes de cette bénédiction au moment du Kidouche.

Une femme qui récite Chéé’hiyanou après l’allumage ne devra pas répondre Amen à cette bénédiction dans le Kidouche, car cela est considéré comme une interruption.

Si elle a répondu et qu’elle désire boire du vin du Kidouche elle devra faire la bénédiction de Boré péri Haguéféne. (‘Hazon ‘Ovadia Yamim Noraïm p.62)  

Pourquoi disons-nous ‘Ossé Hachalom  à la place de Ossé Chalom (à la fin de la amida) pendant les dix jours de pénitence ?

 Le mot  Hachalom à la même valeur numérique que le nom d’un ange appelé Saprie-l. Cet ange est préposé à inscrire les hommes dans le livre de la vie et donc nous faisons allusion à son nom dans le mot Hachalom afin de mériter d’être nous aussi inscrits dans le livre de la vie. (‘Hazon ‘Ovadia Yamim Noraïm  p.82)

Le conflit (Deuxième partie)

A présent, qu’est-ce qui est la première cause d’éloignement dans le couple ? 

 Le conflit.

Et qu’est ce qui est la première cause de rapprochement dans le couple ?

Le conflit.

Ce paradoxe est en fait l’une des clés de la communication pour améliorer toute relation de couple. En effet, savoir gérer un conflit pour l’amener à des conclusions constructives plutôt qu’à une déchirure qui laisse des traces, est un atout que chacun se doit d’avoir dans sa main.

Un mauvais conflit peut être dévastateur, il peut nous convaincre que nous ne sommes pas avec la bonne personne, qu’elle est source de malheur, qu’elle nous pourrit l’existence ! Il peut avoir des répercussions sur nos enfants et leurs futures relations conjugales. Même après réconciliation, une dispute laisse des traces, c’est inéluctable. Tout ça, c’est sans parler de la souffrance ressentie pendant tout le temps de la dispute qui finalement n’aura servi à rien, si ce n’est de reconstruire le rapport entre nous. Mais nous aurions pu le faire sans que cela dégénère et sans cette souffrance…

« N’oubliez pas, être célibataire signifie faire des erreurs qui n’engagent que nous. Être marié, c’est faire des erreurs qui font souffrir notre conjoint ».

Tout conflit démarre par une situation,  un élément déclencheur auquel nous faisons face et qui éveille en nous un sentiment négatif (stress, colère, fatigue, frustration…).

C’est notre réaction à ce sentiment négatif qui va définir dans quel conflit, nous sommes en train de rentrer.

Retrouvez les clés précédentes sur le site  www.ovdhm.com

Rav Boukobza 054.840.79.77

aaronboukobza@gmail.com

Paracha Ki Tavo – Commencer avec les bénédictions

Le Rav Nissim Hacohen zatsal, président du tribunal rabbinique de Djerba, ne recevait pas de rétribution pour ses fonctions rabbiniques; il travaillait à la sueur de son front pour sa subsistance. En effet, il était orfèvre spécialisé dans l’or et l’Eternel le bénissait dans tout ce qu’il entreprenait. Il avait construit sa foi en D.ieu depuis son enfance. Il avait travaillé comme apprenti chez Maïmon Hacohen, un orfèvre spécialisé.

Maïmon s’engagea à payer une somme d’argent fixe à son apprenti chaque semaine. Cependant, Maïmon n’avait jamais en sa possession suffisamment d’argent, et il ne payait pas son apprenti chaque semaine comme promis. L’apprenti pensa: « Si je réclame mon salaire, je mets mon maître dans l’embarras car il n’a pas d’argent. Je n’oserais pas lui faire commettre la faute de retenir le salaire de son ouvrier qui devient effective à partir du moment où l’ouvrier réclame son dû (Baba métsia 111a)! Toutefois, si je laisse ses dettes augmenter, je ne recevrai rien. Que dois-je faire? ».

Voici la solution qu’il trouva: il prit une boite vide qu’il cacha dans un coin de l’atelier d’orfèvrerie et de temps en temps il y jeta un bout d’argent, des débris d’or, des déchets petits et négligeables, dont la disparition ne causait pas de pertes.

Deux ans plus tard, l’apprenti s’adressa à son employeur: « Quand allez-vous me payer? » Maïmon lui répondit: « Viens, nous allons faire les comptes! » L’apprenti lui rappela combien de semaines il avait travaillé et combien il s’était engagé à le rétribuer chaque semaine. Le visage de Maïmon s’assombrit, il s’écria: « Où vais-je trouver une si grande somme d’argent? »

L’apprenti se leva, se dirigea vers un recoin de l’atelier et retira une lourde boite de la montagne de déchets entassés. Il versa le contenu de la boite sur un plateau de la balance et le visage de Maïmon s’éclaira. Il plaça sur l’autre plateau des poids et il constata que la montagne de résidus dépassait largement le montant du salaire qu’il devait payer à son apprenti.

Maïmon enlaça chaleureusement son apprenti si intelligent et dit: « Que l’Eternel te bénisse, car sans cette solution, je n’aurais jamais réussi à te payer! » Cette histoire est véridique. Elle nous servira de parabole concernant la paracha de la semaine et les jours de jugement qui s’approchent.

La paracha nous rapporte les paroles de réprobations redoutables et ses concrétisations. Ce n’est pas pour rien que nos sages ont fixé de lire cette paracha avant Roch hachana. En effet, la guémara enseigne (Méguila 31b): « Le Tana, Rabbi Chimon ben Elazar, enseigne qu’Ezra décréta qu’Israël devrait lire les malédictions recensées dans le livre de Dévarim avant Roch hachana… Quelle en est la raison? Abayé enseigne: afin que l’année se termine ainsi que ses malheurs ». Explication: nous nous trouvons à la fin du mois d’Eloul, le mois de la miséricorde et des supplications, le mois pendant lequel nous entamons un examen de conscience. Ceux qui sont sincères avec eux-mêmes constateront avec amertume: Qu’avons-nous à présenter à notre Créateur? Quelle Torah et quelles mitsvot vont-elles pouvoir nous défendre? Soudain, tel un trait de lumière perçant l’obscurité, nous nous souviendrons que nous possédons notre « tirelire » de tourments. Toutes les tracasseries dont nous avons souffert pendant l’année qui vient de s’écouler, toutes nos petites inquiétudes, toutes nos peines et nos souffrances, les insultes et les infortunes, nos chagrins et nos déceptions ainsi que nos pertes d’argent; tout cela sera pris en compte! Ils seront placés sur la balance en face des accusations déposées contre nous.

Cependant, nous portons nos yeux vers les cieux et implorons: « Que l’année se termine ainsi que ses malédictions! » A partir d’aujourd’hui, Maître du monde, nous espérons ne plus avoir recours aux souffrances et aux malheurs pour équilibrer les comptes. Car nous espérons nous améliorer, ajouter des mitsvot et réduire les fautes de manière à ne pas subir de mauvais décrets mais au contraire: « Que l’année commence ainsi que ses bénédictions! »

Rav Moché Bénichou

Parachat Ki Tavo – Alors que tu avais toutes les possibilités

Dans la 6° montée est égrenée une suite de malédictions et de mauvais décrets. Le Ohr Ha’Haïm explique que le début de toutes ces grandes catastrophes est provoqué par le fait que le Clall Israel se détourne de l’ETUDE DE LA THORA! Comme il est dit: ‘Celui qui se détourne de la Thora se détourne du Créateur Lui-même!! ‘D’entre toutes les énumérations de ces malédictions un verset fait comme une coupure: « A cause du fait que tu n’as pas servi Hachem avec JOIE et BON COEUR alors que tu avais toutes les possibilités (matérielles)/Mérov Kol alors tu serviras tes ennemis dans la famine et la misère, et tu porteras sur ton cou un joug de fer etc.etc. » Dévarim 28.47.La Thora vient nous dire qu’une bonne partie des malédictions qui suivront dépendent du manque de joie dans le Service Divin! Le Zihron Yossef rapporte 2 explications.

1° D’après le Ari Zal (rapporté dans le ‘Hayé Adam 67.13) disant que de ce verset on apprend qu’un juif doit être HEUREUX dans l’application des MITSVOTS plus encore que la joie que peuvent lui procurer tous les grands plaisirs de ce monde! Plus encore que les diamants et pierres précieuses!! C’est la signification de « Rov Kol »: de tous les plaisirs. Le niveau est franchement très élevé! Et que dirons nous, nous, le commun des mortels, qui ne sommes pas encore(!) arrivés à ce niveau? Et aussi, comment comprendre la suite du verset qui fait dépendre de ce manque de joie toute une succession de malédictions terribles?!

 2° explication beaucoup plus proche de notre niveau c’est celle de Rachi et du Or HaH’aim. On parle dans le verset d’un homme qui a le « Rov Kol », c’est à dire qui a tous les moyens matériels pour servir son Créateur. Il a la belle maison, le bon salaire tous les mois, la/les voiture(s). Pourtant, il ne fait RIEN: pas de Chabbath, ni de Téphilots etc. un vrai ‘Misquen’! C’est de ce genre de personne que la Thora parle. D’après cela, la lecture de la Paracha nous sera beaucoup plus clémente : « alors que tu avais tout (Rov Kol), tu n’as pas servi ton D.ieu etc. »!!

On finira par l’explication du Maguid Michné qui nous donne une des clefs pour accéder à cette joie…: ‘ Un homme doit trouver la joie dans le service d’Hachem parce que c’est son libre choix de faire le Bon et le Vrai. Le fait qu’un homme sait que ce qu’il fait c’est le Vrai Bien ultime sur terre c’est la clef de la JOIE. Car on sait bien que toutes les choses sur terre ne sont que futilités et n’ont pas d’importance! Le fait de s’occuper des choses véritables qui sont la Thora et les Mitsvots, cela amène la joie véritable. Car en cela l’homme comprend et accomplit le but de sa venue sur terre!!’.

Une fois un homme d’âge mûr, visiblement complètement étranger à l’endroit, est arrivé dans une des synagogues de Toronto au Canada. Le Rav de la Beth Haknesseth: le Rav Yacov Kaméniétsky Zatsal s’approche de lui, et lui demande cordialement s’il cherche un Sidour ou une Téphila etc. L’homme lui répondit que non. Le Rav ayant des doutes sur la judaïcité de notre invité de passage  lui demanda directement s’il était Juif. La réponse était affirmative et pour lui en donner la preuve il lui récita par cœur le verset de notre Paracha: « Ta’hat Acher Lo Avadta Et Hachem/du fait que tu n’as pas servi ton D.ieu alors que tu avais les possibilités etc.. » (Devarim28.47)  Il continuera encore quelques versets mentionnant  les malédictions qui suivent.

La surprise fut très grande pour le Rav, et il lui demanda de quelle manière il connaissait ces versets tout à fait inhabituels pour le commun des mortels alors qu’il ne connait même pas le ‘b-a ba’ du judaïsme? Il lui répondit que durant la guerre il se trouvait à Auschwitz. Là-bas il faisait partie d’un groupe de travail qui devait amener d’un bout à l’autre du camp des sacs très lourds de ciment. Et tout ça, au pas de course! Parmi ce groupe ‘d’esclaves’ se trouvait un Juif qui à chaque moment de cette course sans fin récitait à haute voix: « Ta’hat Acher Lo Avadta Et Hachem… » (Précisément les versets de notre Paracha qui traitent des malédictions…) Le Rav lui demanda de qui il s’agissait.  Il lui répondit qu’il s’agissait de l’Admour de Klauzenbourg qui faisait partie de leur section et répétait tout le temps ces versets! C’est tout ce que je connais de notre Thora. Fin de l’anecdote.

Et c’est certainement grâce à ces versets de la Thora que le Rav de Klauzenbourg a trouvé dans ces terribles moments la force de surmonter ces épreuves. Car certainement qu’il avait DEJA compris que s’il y a colère divine c’est qu’il y a faute du Clall Israel  ! Et qu’à Auschwitz ce n’était pas le silence d’Hachem -comme certains l’on dit – mais au contraire une grande colère du Créateur contre son Peuple aimé qui s’est détourné de Lui !!

Rav David Gold 00 972.390.943.12

Parachat Ki Tavo – L’influence visuelle

« Maudit soit quiconque n’accomplira pas (YAKIM) les paroles de cette Torah-ci pour les faire… » Devarim 27;26

Les commentateurs expliquent de différentes manières le terme Yakim/accomplir, et la signification de ce verset, qui clôt les malédictions.

Une des nombreuses réponses données par nos Sages, est de traduire « Yakim » par lever.

Le Yerouchalmi (Sota 7;4 -Korban Ha Eda), explique qu’il ne s’agit pas d’une Mitsva d’ordre général, mais elle fait référence à celui qui ne lève pas « YAKIM » le Sefer Torah comme il faut. Mistva plus connue sous le nom de la Hagbaa (action de lever et de présenter la Torah à l’assemblée).

Les paroles du Yerouchalmi ont de quoi nous surprendre, surtout que d’après nos connaissances, la Hagbaa n’est pas une Mitsva de la Torah. Qui y a-t-il de si grave de « mal » faire la Hagbaa ?!

Plus encore, la Guémara (Meguila 32a) nous enseigne que celui qui fait la Hagbaa reçoit une récompense qui vaut à elle seule, celle de tous ceux qui sont montés à la Torah!

A cela le Rav Nevenstal pose deux questions :

1-En quoi et pourquoi cette Mitsva est-elle aussi importante ?

2-Si selon le Yerouchalmi, ce verset se rapporte à la Hagbaa et non pas à l’accomplissement des Mitsvot, alors comment comprendre la fin du verset « …pour les faire ». C’est à dire comment relier l’action de la Hagbaa et celui d’accomplir les Mitsvot ?

Dans un premier temps, regardons, comment cette Mitsva est présentée dans la Halakha :

Le Choul’hane Aroukh (134§2) écrit que celui qui fait la Hagbaa doit exposer les lettres du Séfer Torah à l’assemblée…car c’est une grande Mitsva pour les hommes comme pour les femmes de regarder les lettres du Séfer Torah à ce moment-là.

Le Michna Broura (ibid.) rapporte qu’en effet d’après les Mékoubalim (Ari Zal) lorsqu’une personne regarde les lettres à ce moment-là, un grand flux de lumière se déverse sur cette personne. Il semble d’après cela, qu’un des buts de la Hagbaa est de propager de la Kédoucha à l’assemblée qui la captera à la vue des lettres du Sefer Torah.

Par nature, et notre génération le sait mieux que n’importe qui, l’homme est plus influencé par ce qu’il voit, que par tout autre moyen de communication. Il y a certes le poids des mots, mais il y a le choc des photos. Une image vaut mille mots, et cela tous les plus grands publicitaires le savent et l’utilisent sans limite pour influencer la société.

L’acte de la Hagbaa lorsqu’il est bien fait, va révéler aux fidèles une notion de respect, de gloire, de splendeur envers la Torah. Elle est portée, levée, présentée… comme Hamavdil et uniquement pour comprendre : lorsqu’un joueur de foot soulève le trophée, les supporters captent toute la splendeur de la victoire, de l’équipe, du joueur…

Mais si cette Hagbaa, est mal faite, ou faite d’une façon rapide et bafouée, la Torah risque d’être dépréciée aux yeux de ceux qui auront vu cette scène, que D.ieu préserve.

Le Rav explique que même si nous connaissons l’importance de la Torah et que nous la respectons, que nous écoutons les paroles de nos sages, que nous voulons enraciner dans nos cœurs et nos esprits. La vision d’une telle scène aura plus d’influence sur nos actes que sur nos connaissances.

Le phénomène de l’influence déterminante de la vision sur notre comportement est vaste et profond. Il concerne chacun d’entre nous. Afin de nous convaincre que nul n’est écarté de ce phénomène, nous allons rapporter quelques exemples.

Dans la Paracha Ki tissa, l’épisode de la faute du veau d’or met en relief ce phénomène. Il est écrit : «  ce fut quand il approcha du camp et vit le veau, que la colère de Moché s’enflamma, il jeta les tables de ses mains et les brisa au pied de la montagne. » (Chémot 32 ;19).  Bien qu’Hachem informa Moché que le peuple est en train de fauter par le biais du veau d’or, Moché ne brisera les tables qu’après avoir vu le peuple danser autour de l’idole.

Sur cet épisode de nombreux commentateurs posent la question suivante :

Moché avait pourtant déjà entendu de la bouche d’Hachem, que les Bneï Israël fautaient !?

Quelle nouveauté ou surprise y avait-il pour lui, en les voyants ?

L’Alchikh rajoute : pourquoi Moché n’a-t-il brisé lorsqu’il apprit ça de la bouche d’Hachem ?!

Certes il le savait, mais maintenant il le voyait. Et l’ouïe ne laisse pas une impression aussi forte que la vue ! Nous dit la Mekhilta (Parachat Yitro).

Même pour  un homme tel que Moché Rabénou, le plus grand de tous les prophètes, on remarque qu’il y a tout de même une différence entre l’annonce d’un événement et sa vision. Car ce n’est qu’après avoir vu les bneï Israël fauter qu’il les brisa.

C’est ce que vient nous enseigner la Mitsva de la Hagbaa, connaissant la nature de l’homme, la Torah comprend que l’homme ne respectera la Torah que si Elle est levée à une hauteur respectable et de façon honorable. Si la Torah s’est montrée très sévère sur cet acte « Maudit soit quiconque n’accomplira pas … », c’est parce que cet acte d’apparence extérieur à le pouvoir de renforcer ou affaiblir l’homme dans son Avodat Hachem/service Divin.

On peut ainsi déjà répondre à la question posée plus haut, comment comprendre la fin du verset « …pour les faire ». C’est parce que le Yakim, la Hagbaa, la vision de cette « présentation » de la Torah aura une influence directe sur notre conduite.  Cette influence visuelle nous mènera à l’accomplissement, pour les faire.

Revenons à cette interrogation : Pourquoi Moché n’a-t-il brisé les Louhot lorsqu’il apprit la faute des bneï Israël de la bouche d’Hachem ?!

Le Rav Moché Feinstein Zatsal, y répond lors d’une question de halakha: « est-il possible de s’aquitter de la mitsva de bikour ‘holim (visite aux malades) par téléphone ? ». Il rapporta aussi cet épisode afin de prouver l’impact de la vue.et rajoute aussi, que Moché n’a pas brisé les Lou’hot au moment où Hachem lui appris la terrible nouvelle, car Moché compris qu’il y aurait beaucoup plus d’impact à la vision de cet acte, que s’il l’avait fait seul en haut du Har Sinaï. Encore une fois la Torah souligne l’impact de l’influence visuelle.

Mais le Alchikh Akadoch répond autrement à sa question. Il explique qu’en descendant Moché entendit les Bneï Israël chantants, il sentait les Bneï Israël en délire… il pensait que tous ces actes auraient peut-être une réparation, il avait un espoir de téchouva pour les Bneï Israël, qui se seraient éventuellement repentis à la vue des Lou’hot. Mais rien de tout ça, ils continuèrent à chanter et danser autour du veau d’or. C’est à la vue de cela que Moché a abandonné sa première idée, en les voyants heureux dans leur faute, il comprit qu’il n’y avait plus d’espoir.

Comment et pourquoi les Bneï Israël a la vue des Lou’hot ne se sont-ils pas repentis ? Selon tout ce qu’il a été dit plus haut, le phénomène de l’influence de la vision joue un rôle plus qu’important. Comment sont-ils restés insensibles ?!

L’ouvrage Méacher Léavinou, y répond par la parabole suivante:

Un homme avait un fils aveugle qui avait déjà consulté les plus grands médecins dans l’espoir de lui rendre la vue, mais en vain. Un jour, son fils entra dans une boutique et toucha un objet rond. Il demanda à un homme près de lui quel était cet objet. « C’est une ampoule, lui répondit-il. Elle permet d’éclairer dans l’obscurité. » Très heureux, l’enfant appela son père dans la boutique et lui annonça qu’il avait enfin trouvé un remède qui lui permettrait de voir. Un homme venait de lui expliquer qu’une ampoule éclaire dans l’obscurité. Par conséquent, il lui demanda de lui acheter une ampoule ! Triste de décevoir son fils, le père lui expliqua que l’ampoule éclaire seulement les voyants qu’une obscurité occasionnelle empêche de voir. Mais celui dont les yeux ne peuvent pas voir, cette ampoule est inutile.

On comprend mieux pourquoi les Bneï Israël n’ont pas été sensibles à la vue des lou’hot, car au même moment ils étaient dans l’euphorie de leur faute, ils étaient plongés dans la pénombre, ils étaient devenus complètement insensibles.

La vue de l’acte de la Hagbaa vient nous ouvrir notre cœur pour nous sensibiliser et influencer notre comportement vers l’accomplissement des mistvot.

On peut déduire aussi que chacun d’entre nous peut par nos actions et notre conduite influencer son prochain. En accomplissant les mitsvot avec joie et un comportement respectueux, on réalisera un kidouch Hachem qui dégagera un flux d’influence positif et donnera envie aux autres de suivre son exemple pour qu’eux aussi puissent s’é  « lever » et « les faire… »

Chabat Chalom

Rav Mordékhaï Bismuth