29 novembre 2021

Les repas de ‘Hanouka

Question: Y a-t-il une obligation et une Mitsva à prendre des repas durant les jours de ‘Hanouka, au même titre qu’il y a une obligation de prendre un repas le jour de Pourim?

Réponse: Notre maitre le RAMBAM écrit au début des règles relatives à ‘Hanouka:
« Au temps du 2ème Temple, lorsque les rois Grecques promulguèrent des décrets sur Israël et voulurent abolir leur religion, ils ne les laissèrent pas s’adonner à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des Mitsvot. Mais le D.ieu de nos ancêtres les pris en pitié et les sauva. Les enfants de la famille des ‘Hachmonaïm ont obtenu la victoire et les ont tués. Puis, ils placèrent un roi parmi les Cohanim, et la royauté d’Israël fut réinstaurée pour plus de 200 ans, jusqu’à la destruction du 2ème Temple.
En raison à ces évènements, les sages d’Israël de cette époque instituèrent que ces 8 jours devront être des jours de joie et de louanges (Hallel), et que l’on allume des bougies le soir aux portes des maisons. » Fin de citation.

C’est pourquoi, nos maitres ont instauré durant les jours de ‘Hanouka de multiplier les louanges (Hallel) et les marques de reconnaissance (‘Al Hanissim) envers Hachem, mais ils ne nous ont pas instauré de multiplier des festins de joie, comme ils nous l’ont instauré pour les jours de Pourim. De nombreux décisionnaires des derniers siècles font cette remarque : En quoi les jours de ‘Hanouka sont ils différents des jours de Pourim, pour que nos maitres n’instaurent pas de multiplier les repas et la joie durant ‘Hanouka?

En effet, le Gaon Rabbi Chélomo KLUGER écrit que selon l’opinion du RAMBAM – qui écrit explicitement que les jours vde ‘Hanouka sont « des jours de joie » –  il y a aussi une Mitsva de multiplier les repas que l’ont fait durant ‘Hanouka. Il s’étonne particulièrement des autres décisionnaires des derniers siècles qui ne mentionnent pas les propos du RAMBAM sur ce point.
En réalité, le Gaon MAHARCHAL l’a devancé dans son livre Yam Chel Chélomo, où il écrit que selon l’opinion du RAMBAM il y a une Mitsva dans le fait de prendre des repas durant ‘Hanouka, mais la majorité de nos maitres les décisionnaires médiévaux écrivent explicitement qu’il n’y a pas de Mitsva particulière dans le fait de prendre des repas de réjouissance durant ‘Hanouka.
C’est aussi ce qui est expliqué dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.670).
Nous devons donc comprendre pourquoi selon l’opinion de la majorité des décisionnaires, nos maitres ne nous ont pas instauré de prendre des repas de Mitsva et de joie durant les jours de ‘Hanouka?

Le Gaon auteur du Toré Zahav (le TAZ) écrit une magnifique réponse sur ce point.
En effet, il semble que la raison pour laquelle nos maitres n’ont pas fixé ici de devoir de réjouissance (à travers des repas) comme pour Pourim, réside dans le fait qu’à Pourim le miracle était explicite, pour sauver les vies du peuple d’Israël, car les non-juifs avaient décrété l’extermination physique du peuple d’Israël, et Hachem renversa le complot de Haman l’impie, et Israël obtint la victoire. Sur cela, il est approprié de faire une réjouissance dans ce monde-ci, à travers un festin de Mitsva, en mangeant et en buvant. Ce qui n’est pas le cas pour le miracle de ‘Hanouka, car même si l’on a bénéficié de la délivrance d’Hachem par la victoire des ‘Hachmonaïm dans la guerre, malgré tout, le miracle n’était pas spécialement notoire, si ce n’est celui qui fut réalisé avec la fiole d’huile, grâce auquel ils purent allumer les lumières de la Ménorah du Temple durant 8 jours, et ce miracle fut particulièrement divulgué.
C’est pourquoi, nos maitres fixèrent d’exprimer notre reconnaissance et de prononcer des louanges, car ce miracle ne provoque pas de joie particulière dans ce monde-ci, et le fait du sauvetage des vies humaines du peuple d’Israël reste secondaire par rapport à celui du sauvetage des âmes, la vie spirituelle était alors beaucoup plus en danger que la vie physique. C’est pourquoi, nos maitres ont fait un souvenir du miracle le plus explicite, en instaurant les louanges (le Hallel) et la reconnaissance (‘Al Hanissim), car tel est la volonté d’Hachem sur cela.
C’est également ainsi qu’explique notre maitre le ’HYDA dans son livre Ma’hzik Béra’ha.

En conclusion: MARAN tranche dans le Choul’han ‘Arou’h : « La multiplication des repas que l’on prend durant ‘Hanouka, sont des repas facultatifs, car nos maitres n’ont pas fixés ces jours pour le festin et la réjouissance. »
Le RAMA ajoute sur cela : « Selon certains décisionnaires, il y a un peu de Mitsva dans le fait de multiplier les repas, car durant ces jours, il y a eu la restauration de l’autel, et l’on a l’usage de dire des chants de louange pendant les repas que l’on multiplie durant ces jours, et dans ces conditions ils deviennent des repas de Mitsva. »
Même notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l cite dans son livre ‘Hazon Ovadia-‘Hanouka (page 16) d’autres propos de nos maitres les décisionnaires médiévaux ainsi que les décisionnaires des derniers siècles, selon qui il y a un peu de Mitsva lors de ces repas. Il ajoute que l’on doit y prononcer des enseignements de Torah et des propos qui stimulent la crainte du Ciel, et dans ces conditions, ces repas deviennent de façon certaine des repas de Mitsva.

Le Gaon auteur du Ben Ich ‘Haï écrit (Vayechev) qu’il faut particulièrement augmenter les plats durant les repas du Chabbat ‘Hanouka, plus que durant les autres Chabbatot de l’année.