Parachat Choftim – L’élément essentiel

 « Des juges et des officiers tu te donneras dans toutes tes portes que Hachem ton Elokim te donne… » Dévarim (16 ; 18)

Le mois de Elloul est la période propice à la Téchouva.

En effet, à quelques semaines de Roch Hachana, chacun d’entre nous se doit de faire un bilan personnel sur ses actes et comportements passés, afin d’aborder la nouvelle année sur des bases meilleures. Évidement, la Téchouva se vit et s’applique au quotidien, et toute l’année ! Mais disons que Eloul est particulièrement propice, parce que nous approchons de notre Jugement.

C’est pour cela qu’il est conseillé de procéder méthodiquement, en passant en revue tous nos actes passés, et surtout, en gardant à l’esprit qu’il n’existe pas de Téchouva Grande Vitesse, car ce serait le meilleur moyen de dérailler.

Notre Paracha, qui se lit en cette période, nous offre une ligne de conduite pour mener à bien notre Téchouva. Elle s’adresse à chacun d’entre nous, du moins Tsadik au plus Tsadik, parce que la Téchouva, c’est le fait de vouloir être meilleur que ce que l’on était hier. Pour cela une introspection est nécessaire afin d’évaluer où nous en sommes. Ce qui nous permettra de gravir les échelons de l’amélioration personnelle et de bonifier notre Avodat Hachem.

Les premiers mots de notre Paracha nous procurent les consignes indispensables à la construction de notre Téchouva. En effet le verset nous dit : « Des juges et des officiers tu te donneras dans toutes tes portes que Hachem ton Elokim te donne… »

Rachi explique que les juges sont ceux qui fixent la loi et les officiers sont ceux qui la font appliquer, en employant divers moyens, voire la force si nécessaire.

Lors de notre introspection, nous devrons donc nous positionner en tant que juges et officiers pour nous-mêmes. Évidement nous ne fixons pas la loi, mais nous devons objectivement nous regarder pour estimer si nous l’appliquons comme il se doit. Discerner les bonnes actions des moins bonnes actions, et pour celui qui n’aurait que des bonnes actions, (si cela existe !), chercher à les accomplir d’une façon encore meilleure.

Pour parvenir à ce niveau de jugement de soi-même, un élément essentiel est à développer : notre « Yirat chamayim », la Crainte du Ciel. Et outre cela, savoir que plus cette crainte sera vraie et sincère, plus elle nous permettra de nous juger avec justesse et sévérité.

Si l’on sait et que l’on se rappelle régulièrement qu’il y a un regard constant sur nous, qui fait le compte de nos bonnes et mauvaises actions et détermine en fonction de cela, notre destinée, nos épreuves, notre parnassa, notre santé, notre temps de vie, notre monde futur, etc. Nous avons plus qu’intérêt à commencer à faire notre propre jugement pour avancer, et faire Téchouva avant de nous présenter à Lui.

C’est comme à l’école, au moment de la dictée, chaque faute d’orthographe fait descendre la note, le plus important est la relecture de notre copie, afin de nous assurer que l’on a appliqué toutes les règles de grammaire, avant de la remettre à l’instituteur.

Dans un second temps, après nous être jugés nous-mêmes, nous devons être des officiers pour appliquer les lois. Que cela signifie-t-il ?

Afin de mieux comprendre, prenons l’exemple suivant :

A la suite d’un nombre important d’accidents de la route, causés par des automobilistes au téléphone, le ministère des transports a décidé de promulguer une loi contre ce fléau, afin de réduire et de faire cesser le nombre d’accidents.

Une fois la loi votée, une campagne de publicité est mise en place au travers des différents médias pour en avertir la population. Quelques semaines passent, après un premier bilan, les chiffres n’ont pas bougé, et les automobilistes continuent à parler tout en conduisant.

Cette fois-ci, le ministre décide donc de sanctionner : celui qui transgressera la loi sera pénalisé d’une amende, se verra retirer des points, etc… Une nouvelle campagne est lancée, annonçant évidemment les sanctions qui seront administrées à celui qui enfreindra la loi.

Un deuxième bilan est alors effectué, et à la grande satisfaction de tous, les chiffres ont baissé, les sanctions annoncées ont eu un fort impact de dissuasion sur la conduite des automobilistes.

Encore une fois c’est donc la Yirat Chamayim qui va nous aider, nous dissuader de fauter. Si nous sommes vraiment conscients du risque que l’on encourt en n’appliquant pas les lois de Hachem, les sanctions que nous pourrons subir, dans ce monde-ci ou dans le Monde Futur, nous ne pourrons qu’être empreints de peur et notre conduite ne pourra que s’améliorer.

La Téchouva passe donc inévitablement par le développement de notre crainte de Hachem, qui nous permettra d’être juges et officiers de nos actes propres.

Revenons à présent à notre verset, qui nous explique comment ne pas faiblir et optimiser la Yirat chamayim que l’on a acquise : « Des juges et des officiers tu te donneras dans toutes tes portes que Hachem ton Elokim te donne… » (Dévarim 16 ; 18)

Quelles sont ces portes ?

Le Chla’ nous explique que ces portes sont au nombre de sept : deux yeux, deux oreilles, deux narines, une bouche.

Ce sont par ces portes que peut venir la faute, et c’est donc à ces endroits stratégiques qu’intervient la Téchouva, nous invitant à protéger nos « entrées-sorties ».

Préserver notre vue de mauvaises images, fermer nos oreilles et notre bouche au Lachone hara’…

Agir comme un officier pour nous-mêmes et établir des barrières comme trier nos lieux de sorties, nos amis… Nous rapprocher de Hakadosh Baroukh Hou en augmentant nos discussions avec Lui par la prière, nos rencontres avec la Chékhina par la fréquentation des lieux d’étude, etc…

Tels des officiers, comme dit Rachi, nous devons être capables d’employer tous les moyens. Même si les restrictions que nous nous imposons sont pénibles, ce que susurre notre Yetser Hara’, nous devons être forts, et agir comme si une gigantesque campagne publicitaire nous remémorait sans cesse les dangers de la faute, nous rappelant ce que nous avons à « perdre » et surtout à gagner en surmontant les épreuves.

Cette Téchouva doit être progressive mais constante, le but est d’avancer et non de tomber. Lorsque l’on reste trop longtemps immobile sur une échelle, on chute. Alors gravissons marche par marche, tout doucement mais sans nous arrêter.

Chabat Chalom

Rav Mordékhaï Bismuth

Parachat Réé – Av, le mois du père

Pourquoi les grandes vacances ont-elles lieu en cette période entre les mois d’Av et d’Elloul ? Elles auraient pu tomber à ‘Hanouka ou à Pessa’h…

Il est écrit dans notre paracha : « Banim atem lachem/vous êtes des fils pour D.ieu » (Dévarim 14;1). Essayons de comprendre cette notion de « banim ». Que signifie être les enfants de Hakadoch Baroukh Hou ?

La Guémara (Baba Batra 10a) nous donne quelques précisions à ce sujet :

« vous êtes appelés fils et vous êtes appelés serviteurs ; lorsque vous faites la volonté de D.ieu, vous êtes appelés des fils, mais lorsque vous ne faites pas la volonté de D.ieu, vous êtes appelés des serviteurs. » fin des paroles de la Guémara.

Dans un premier temps, il faudrait essayer de comprendre cet enseignement de la Guémara. A première vue, cela ne semble pas très logique. En effet, que je fasse Sa Volonté ou pas, cela change-t-il quelque chose si je suis son fils ? Et dans le sens inverse, pourquoi serais-je appelé serviteur si je ne fais pas Sa volonté ?!

Il aurait été plus logique d’écrire ces deux informations dans le sens inverse : si tu fais Sa volonté tu es appelé Son serviteur, mais si tu ne fais pas Sa volonté, tu es appelé Son fils. Car que l’on veuille ou non, un fils reste un fils ; ferait-il les plus grandes sottises, il restera à jamais Son fils, contrairement à un serviteur.

Pour mieux comprendre la Guémara, il faut procéder à une lecture plus attentive du mot « volonté ». Accomplir une volonté, c’est lorsque celle-ci n’a pas été demandée ou imposée par l’autre. Prenons un exemple : imaginez que votre père rentre à la maison après une journée de travail. Vous le voyez fatigué de sa journée. Sans qu’il vous le demande, vous devinez qu’un bon café ou un grand verre d’eau fraîche lui ferait du bien. En le lui apportant, vous accomplissez sa volonté. Si, par contre, il vous le demande, cela devient obligatoire. Ce n’est plus une « volonté », mais une obligation découlant des lois de Kiboud Av [respect du père].

Agissons ainsi avec notre Père, Hakadoch Baroukh Hou. Soyons comme des fils qui font Sa volonté et pas comme des fonctionnaires qui font le strict minimum (ce qui, pour certains et dans certaines situations, sera tout de même très bien ; chacun doit savoir où il se situe).

Pour revenir à la question posée initialement : « pourquoi les grandes vacances tombent-elles en cette période ? », essayons de définir les « grandes vacances ». C’est une longue période où les enfants n’ont plus école. Se trouvant à la maison du matin jusqu’au soir, ils sont en mode « demandeur » : j’ai faim, fais-moi ci, achète-moi ça, je veux ça… Ils font des bêtises, se chamaillent, se salissent… Donc, en fonction de chaque situation, les parents doivent menacer, intervenir, sévir… Mais parfois, souvent même, on craque. Comme ce sont nos enfants, nous les connaissons bien ; nous savons qu’il y a parmi eux l’enfant calme, l’agité, le sensible, le lent, le malin… Chacun ne peut pas répondre aux mêmes exigences. Mais c’est surtout une période exceptionnelle de proximité entre les membres de la famille qui, pendant plusieurs semaines, vivent ensemble constamment.

Alors on essaie d’en profiter : on évite les punitions, on multiplie l’écoute et les récompenses, même si parfois…

Nous sommes à la veille du mois d’Elloul, la période des séli’hot. Nous allons demander à notre Père, Avinou Malkénou, de nous pardonner, d’accepter notre Téchouva et nos Téfilot, de nous inscrire dans le livre de la vie, de la santé, de la parnassa…. A plusieurs reprises, nous invoquons Hakadoch Baroukh Hou en tant que père. Mais pour appeler un père, encore faut-il être un fils…

Pendant les « grandes vacances »,juste avant Elloul, les Séli’hot et Roch Hachana, nous allons demander d’être jugés comme des banim, des fils, et non pas comme des avadim, des serviteurs, car la bienveillance d’un père envers son fils est incomparable.

Les « grandes vacances » sont une période privilégiée pour nous faire prendre conscience des jours exceptionnels qui s’annoncent. En cette période, nous allons jouer le rôle du père plus que jamais, afin de mieux s’imprégner cette notion de « Rah’em av âl banim – la pitié du père envers ses enfants ». Forts d’avoir intégré cette notion, notre travail du mois d’Elloul sera de jouer le rôle de l’enfant envers Hakadoch Baroukh Hou.

Puisque durant la période des « grandes vacances », nous avons ressenti ce qui est désagréable à un père, nous pourrons aborder Elloul comme des enfants exemplaires, en essayant de parfaire notre comportement avec notre Père.

Si nous sommes Ses fils, Hachem connaît nos capacités et sait que nous ne pouvons pas tous répondre aux mêmes exigences. Toutefois, Il verra les efforts que nous avons investis pour améliorer notre comportement et notre relation avec Lui.

Profitons de cette période de proximité et de miséricorde avec notre Père, pour investir le maximum d’efforts et arriver méritants au jour du jugement.

Chabat Chalom

Rav Mordékhaï Bismuth

Réponses à vos questions

1)Dans quelle condition est-il permis de trier Chabbat ?

Bien qu’il soit interdit de trier Chabbat, il le sera permis si toutes les trois conditions suivantes sont remplies

trier le bon du mauvais

trier avec la main et non pas avec un ustensile

trier que pour le consommer immédiatement.

2)Est-ce que la fourchette est considérée comme la main ou comme un ustensile ?

Tout l’interdit de trier est spécifiquement avec un ustensile qui est conçu pour cela (comme une passoire, un tamis, etc…). Par contre les couverts comme les fourchettes ou les cuillères ne sont pas considérés comme des ustensiles pour trier mais ne sont que la continuité de la main, on peut donc les utiliser pour trier Chabbat. (‘Hazon ‘Ovadia Chabbat vol.4 p. 173)   

3) Sur quelles plantes odorantes récite t-on, “Bore ‘atsei besamim” ou “Bore ‘isbei besamim” ?

Sur les plantes qui viennent d’un arbre on dit Bore ‘atsei besamim. Si ce sont des herbes on dira Bore ‘isbei besamim. Si elles proviennent d’une autre source (naturelle) on dira Bore minei bessamim. (Chou’hane ‘Aroukh Simane 216§13)

4)Doit-on réciter le Gomel après un accident de voiture (qu’Hachem nous protège) ?

Si une personne sort indemne d’un accident, elle ne récitera pas le Gomel par contre si elle a été blessée même si elle ne retrouve pas son état normal, elle devra réciter le Gomel. (Kitsour Yalkout Yossef p. 149-151)


5)Existe-t-il une Segoula contre le mauvais œil ?

Le Rav Elimelekh Biderman Chlita rapporte au nom du Rav Menahem Mendel de Reminov une Segoula contre le mauvais œil qui est  de dire trois fois le verset « Vani tefilati lekha Adonai éte ratson aneni beemet yichekha » puis on dira « Ribono Chel Olam Baal hachemot Hayotsim mipasouk Vani berov hasedekha  avo betekha echta’have el hekhal kodchekha mirache tevot oumisofe tevot veemtsae tevot tasir ha’ena bicha mi(untel fils d’untel) veyi ratson kihilou kavanti dekol hakavanot chekivene Rav Houna alav hachalom. » ( Beer Haparacha Devarim p.21 note 24)