Avraham et la fĂȘte de Soukot
L’opportunitĂ© de recevoir les Oushpizine, chaque jour de Soukot, reprĂ©sente un cadeau exceptionnel d’Hakadoche Baroukh Hou, Ă la condition que nous rĂ©ussissions Ă le percevoir et Ă le ressentir.
Ce cadeau a Ă©tĂ© offert aux BneĂŻ IsraĂ«l par le mĂ©rite d’Avraham Avinou, comme nous l’explique le Chem mi ChemouĂ«l :
Dans le Midrach BĂ©rĂ©chit Raba il est Ă©crit qu’Hachem a promis Ă Avraham qu’il serait rĂ©compensĂ© pour avoir dit aux trois anges qui lui avaient rendu visite « ⊠et reposez vous sous cet arbre. » (BĂ©rĂ©chit 18, 4) La rĂ©compense promise par Hachem fut la suivante :
« Dans les Soukot vous habiterez sept jours… » (Vayikra 23, 42).
En quoi la mitsva de la Souka reprĂ©sente-t-elle une rĂ©compense ? En effet, la Souka est dĂ©jĂ une mitsva en soi ! Dans la mesure oĂč une Mitsva est un commandement Divin, comment considĂ©rer qu’un devoir peut avoir la valeur d’un cadeau ?
Expliquons cela grĂące aux propos du Zohar Hakadoche, qui montre que le verset « Dans les soukot vous habiterez sept jours… » (Vayikra 23, 42) fait rĂ©fĂ©rence aux Oushpizine venant nous rendre visite dans nos Soukot.
C’est cette visite qui reprĂ©sente la rĂ©compense.
Le Midrach nous enseigne que le dĂ©but du verset « Dans les soukot vous habiterez sept jours… » (Vayikra 23, 42) se rapporte aux Oushpizine, et la fin du verset « … tout citoyen en IsraĂ«l habitera dans les Soukot » (Vayikra 23, 42) se rapporte Ă nous et Ă notre devoir de vivre dans la Souka.
Comme nous l’avons soulignĂ© plus haut, Hachem envoie les Oushpizine Kadichim (Les invitĂ©s saints) dans notre Souka par le mĂ©rite d’Avraham Avinou.
La raison en est qu’il Ćuvra toute sa vie pour ramener les hommes sous les ailes de la ChĂ©khina. ReprĂ©sentant de lâhospitalitĂ© dans ce monde, il pouvait et savait allier le service d’Hachem et le ‘Hessed envers les hommes. Il s’occupait d’individus de tous les niveaux, des plus sages aux plus simples. Avraham Avinou Ă©tait totalement dĂ©nuĂ© d’orgueil. Ainsi, toutes ses actions Ă©taient-elles dirigĂ©es vers Le CrĂ©ateur.
C’est pour cette raison qu’Hachem offrit Ă ses descendants le cadeau inestimable des Oushpizine.
PuisquâAvraham Avinou fit entrer des Ă©trangers sous sa tente, avec pour objectif de les rapprocher de l’arbre de vie et de les Ă©lever plus haut, les Oushpizine viennent eux-mĂȘmes d’en haut, pour Ă©lever chaque Ben IsraĂ«l vers les plus hauts sommets de la ChĂ©khina.

Le mérite de la Brit Mila
Quel lien peut-il y avoir entre Avraham et la fĂȘte de Soukot ?
L’auteur du « Barekh MochĂ© » nous le dĂ©voile de la plus belle des façons…
Dans la Torah, (BerĂ©chit 18, 1), il est Ă©crit : « Hachem lui apparut dans les plaines de MamrĂ©, et il Ă©tait assis Ă lâentrĂ©e de la tente, par la chaleur du jour. »
Rachi nous explique qu’Hachem s’est dĂ©voilĂ© Ă Avraham dans les plaines de MamrĂ©, car MamrĂ© l’avait conseillĂ© Ă propos de la Brit Mila.
Rachi puise sa source dans le Midrach Tanâhouma Parachat VayĂ©ra, dans lequel apparaĂźt le rĂ©cit suivant :
Avraham avait trois amis : AnÚre, Echkol et Mamré.
AprĂšs qu’Hachem ait ordonnĂ© Ă Avraham de se circoncire, ce dernier alla demander conseil Ă ses trois amis.
Avraham se rendit tout d’abord chez AnĂšre et lui expliqua l’ordonnance d’Hachem, puis il lui demanda conseil sur la façon d’agir. AnĂšre lui rĂ©pondit ainsi : âSouhaites-tu donc t’handicaper ? Les proches des rois que tu as tuĂ©s peuvent surgir Ă tout moment pour t’assassiner et ton Ă©tat ne te permettra pas de fuir !â
Insatisfait du conseil, Avraham se rendit auprĂšs dâEchkol. De la mĂȘme façon, il lui expliqua l’ordonnance d’Hachem et lui demanda conseil sur ce qu’il devait faire. Echkol lui rĂ©pondit :
âTu es dĂ©jĂ ĂągĂ©, si tu te circoncis, tu perdras beaucoup de sang, tu ne le supporteras pas et tu en mourras.â
Insatisfait lĂ encore de cette rĂ©ponse, il se rendit enfin auprĂšs de MamrĂ©. Celui-ci, trĂšs Ă©tonnĂ© de la demande d’Avraham lui rĂ©pondit :
â Comment moi, pourrais-je te conseiller Ă propos dâune telle ordonnance ? Cet ordre vient de Celui qui t’a sauvĂ© de la fournaise ardente. C’est Ă©galement Lui qui a fait tant de miracles pour toi lors des guerres que tu as menĂ©es contre les rois, et dont tu es sorti victorieux. Tu n’a donc qu’Ă agir selon Son ordonnance !â
Hachem dit à Mamré :
« Tu lui as donné le conseil de se circoncire, ainsi Je me dévoilerai à lui dans ton territoire. »
Sur ces mots du Midrach, les Tossefot posent la question suivante : â Comment est-il possible qu’un homme tel quâAvraham, qui par la force de sa Emouna et de son Bitaâhone avait pu se mesurer et surmonter toutes les Ă©preuves qu’Hachem lui avait envoyĂ©es, demande conseil Ă des amis pour l’accomplissement de la Mitsva de Brit Mila, alors qu’il en avait reçu lâordre Divin !? “
Par ailleurs, comment AnĂšre et Echkol ont-ils pu rĂ©pondre de la sorte, alors qu’ils avaient aussi Ă©tĂ© tĂ©moins des miracles qu’Hachem avait accomplis pour Avraham ? Comment pouvaient-ils sâinquiĂ©ter pour la sĂ©curitĂ© ou la santĂ© d’Avraham si celui-ci exĂ©cutait lâordre Divin ?
Le ‘Hatam Sofer Ă©crit dans ses Drachot (Chabbat Chouva 29a). Pourquoi la fĂȘte de Soukot, qui a Ă©tĂ© instaurĂ©e en souvenir des NuĂ©es de Gloire, se dĂ©roule-t-elle en Tichri, alors que les NuĂ©es de Gloire Ă©taient prĂ©sentes toute lâannĂ©e dans le dĂ©sert, et cela pendant les quarante ans que les BneĂŻ IsraĂ«l s’y trouvĂšrent ?
Pourquoi par ailleurs, ne pas fĂȘter le souvenir du puits de Myriam et de la Manne, qui Ă©taient eux aussi des miracles dĂ©voilĂ©s ? Pourquoi ne rappeler que le souvenir des NuĂ©es de Gloire ?

La joie de la fĂȘte de Soukot tient son origine dans le pardon accordĂ© par Hachem aux BneĂŻ IsraĂ«l Ă l’issue de Yom Kippour.
La preuve que les BneĂŻ IsraĂ«l ont Ă©tĂ© pardonnĂ©s de la faute du Veau d’or est le retour des NuĂ©es de Gloire dans leur camp.
En effet, lors de la faute du Veau d’Or, les NuĂ©es de Gloire avaient disparu du camp dâIsraĂ«l. Mais aprĂšs Yom Kippour, les BneĂŻ IsraĂ«l furent pardonnĂ©s. MochĂ© descendit le lendemain du mont SinaĂŻ et demanda aux BneĂŻ IsraĂ«l d’apporter des offrandes d’or, de cuivre… Ces offrandes, qui seront utilisĂ©es pour la construction du Michkan, serviront d’expiation Ă la faute du Veau d’Or. Tout le peuple sâagita pendant quatre jours, afin d’apporter ce qu’il avait de plus cher. C’est alors que les NuĂ©es de Gloire rĂ©apparurent. Une grande joie rĂ©gna ce jour-lĂ dans le camp dâIsraĂ«l, car ce fut le signe que leur faute avait Ă©tĂ© expiĂ©e.
C’est donc le 15 Tichri que les NuĂ©es de Gloire se rĂ©installĂšrent dans le camp et que les BneĂŻ IsraĂ«l retournĂšrent dans leurs Soukot.
Il est Ă©crit dans les Pirkei de Rabbi Eliezer quâAvraham fut circoncis le jour de Yom Kippour. En effet, chaque annĂ©e, Hakadoche Baroukh Hou voit le sang de la Mila d’Avraham Avinou et pardonne les fautes de ses enfants lors de Kippour.
Le pardon qu’Hachem nous accorde le jour de Kippour pour la faute du Veau d’Or, revient donc entiĂšrement au mĂ©rite du sang de la Mila d’Avraham Avinou !
Un pardon qui occasionna, ne l’oublions pas, le retour des NuĂ©es de Gloire, autrement dit de la Souka, dans la joie la plus intense !
Revenons maintenant Ă notre premiĂšre question : comment Avraham a-t-il pu demander conseil Ă ses amis au sujet de la Brit Mila ?
La vraie question d’Avraham nâĂ©tait pas de savoir s’il devait ou non faire la Mila, il ne remettait absolument pas en cause l’ordre d’Hachem, il voulait en fait obtenir un conseil sur le moment le plus adaptĂ© pour l’accomplir. Avraham Avinou ne savait pas s’il devait accomplir la mitsva de la Brit Mila le jour de Kippour, jour difficile Ă cause du jeĂ»ne qui lâaffaiblirait, ou le lendemain, jour plus propice, afin d’ĂȘtre moins exposĂ© au danger.
C’est sur ce point prĂ©cis qu’AnĂšre et Echkol ont rĂ©pondu. Selon eux, il valait mieux reporter l’accomplissement de cette mitsva au lendemain afin de diminuer les risques.
MamrĂ©, quant Ă lui, grĂące au conseil plein de Emouna et de Bita’hon qu’il lui donna, eut le mĂ©rite de voir son nom sanctifiĂ© et ses plaines choisies pour le dĂ©voilement dâHachem Ă Avraham.
Avraham Ă©couta le bon conseil. C’est donc Ă l’Ăąge de quatre-vingt-dix-neuf ans, le jour de Kippour, jour de jeĂ»ne et de TĂ©fila, qu’il accomplit lui mĂȘme sa Mila !
C’est en lâhonneur de ce dĂ©vouement sans limites que chaque annĂ©e, de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, nos fautes sont pardonnĂ©es ; ce sont grĂące Ă ces gouttes de sang que la faute du Veau dâOr a pu ĂȘtre expiĂ©e et que les NuĂ©es de Gloire sont revenues dans le camp des BneĂŻ IsraĂ«l.
En toute sécurité
Comme nous le savons et comme le monde nous le rappelle sans cesse s’il nous arrivait de l’oublier, le peuple juif est diffĂ©rent. Ce n’est pas du racisme, ni de lâorgueil, c’est la rĂ©alitĂ© !
Nous sommes le peuple élu, nous sommes les Bneï Israël, les enfants de D.ieu !
La fĂȘte de soukot souligne cette diffĂ©rence.
En effet, en gĂ©nĂ©ral un homme se sent plus en sĂ©curitĂ© lorsqu’il est dans sa demeure que lorsquâil est Ă lâextĂ©rieur. Sa maison le met Ă l’abri du froid et des intempĂ©ries, ainsi que des bĂȘtes ou des brigands. Mais hors de ces limites, l’homme est alors beaucoup moins confiant et se sent plus exposĂ© aux dangers.
Quant Ă nous, BneĂŻ IsraĂ«l, tout au long de lâannĂ©e, nous savons que la sĂ©curitĂ© ne vient pas de nos maisons, car tout est entre les mains d’Hakadoche Baroukh Hou et ce nâest que Lui qui veille sur nous.
C’est d’ailleurs ce que signifient les trois lettres inscrites Ă lâextĂ©rieur de nos Mezouzot : Ś© â Ś â Ś- Chomer Dlatot IsraĂ«l â Gardien des portes dâIsraĂ«l.
Mais le plus Ă©tonnant dans cette attitude qui fait notre spĂ©cificitĂ©, c’est notre engouement Ă lâarrivĂ©e de la fĂȘte de Soukot.
En effet, nous quittons alors nos maisons, nos biens et nos meubles, pour rejoindre une Souka parfois Ă©troite et toujours moins confortable. Nous n’avons plus de murs de briques ou de bĂ©ton, mais des murs de toile ou de bois, pour les Soukot les plus luxueuses.
Le toit n’est constituĂ© que de branchages, de guirlandes, de papiers et de luminaires colorĂ©s. Les bĂȘtes et les insectes sont nos nouveaux voisins, si ce n’est parfois nos colocataires…
Et pourtant, c’est dans un Ă©lan d’amour, d’un cĆur rempli de joie et de confiance totale envers Hachem, que chaque annĂ©e, nous quittons nos maisons pour nous installer dans une Souka pendant sept jours !
Afin de mieux comprendre cet étrange phénomÚne, nos Sages font la comparaison suivante :
On annonce aux habitants de la ville Ploni, qu’un grand criminel rĂ©cidiviste vient de sâĂ©chapper de la prison locale. Imaginant cet homme rĂŽdant dans les alentours, les habitants ne se sentent pas en sĂ©curitĂ© malgrĂ© leurs portes barricadĂ©es et verrouillĂ©es. Qui sait s’il ne forcera pas les serrures ou n’essaiera pas de passer par la fenĂȘtre?
Mais voici que les habitants entendent le cortĂšge royal qui sâapproche de chez eux. Le Roi en personne les convoque.
Ils quittent aussitÎt leurs maisons pour aller à la rencontre du Roi, avec un sentiment de totale sécurité.
Ces habitants, ce sont les BneĂŻ IsraĂ«l et le Roi, câest Hakadoche Baroukh Hou ; lâentourage du Roi, ce sont les sept fidĂšles bergers, les Oushpizine : Avraham, Yts’hak, Yaakov, MochĂ©, Aaron, Yossef, David ; la convocation Ă©crite du Roi, câest la Torah, qui nous invite Ă quitter nos demeures pour sĂ©journer, pendant sept jours, dans la Souka, sous la protection de lâĂternel !
Tout cela afin que nous rĂ©alisions, lors de notre entrĂ©e dans la Souka, que le seul espoir pour IsraĂ«l, câest de sâen remettre Ă la protection de son Roi…
Ă droite ou Ă gauche
Nos Sages nous enseignent que le bouquet des quatre espĂšces vĂ©gĂ©tales que nous prenons lors de la fĂȘte de Soukot, est Ă lâimage des diffĂ©rents « types » de Juifs :
Le Ă©trogue, dotĂ© dâun bon parfum et dâun bon goĂ»t, reprĂ©sente le Sage, le Talmid ‘Hakham, lâĂ©lite du peuple, riche de savoir, de sagesse et de Mitsvot.
Le loulav, qui est une branche de palmier, est sans parfum, mais porteur de fruits que sont les dattes.
Il reprĂ©sente les Juifs qui ont des connaissances en Torah, mais n’ont pas de bonnes actions.
Le hadass (myrte), dotĂ© dâun parfum mais privĂ© de fruits comestibles, reprĂ©sente les personnes qui ont des bonnes actions mais ne possĂšdent pas de connaissance en Torah.
La arava (saule), dĂ©pourvue de fruit et de parfum, reprĂ©sente ceux qui nâont ni connaissance, ni zĂšle pour l’accomplissement des Mitsvot.
Le Rav YĂ©houda Tsadka Zatsal, dans son livre âKol YĂ©houdaâ, rapporte une question citĂ©e dans la GuĂ©mara Souka 37b : Raba pose la question suivante :
« Comment se fait-il qu’on dispose le loulav Ă droite et le Ă©trogue Ă gauche ? En effet, dâun cĂŽtĂ© il y a trois Mitsvot et de lâautre une seule mitsva ! »
Rav Tsadka développe et étoffe la question de la Guémara.
« Comment se fait-il que le Ă©trogue, qui reprĂ©sente le Sage Talmid ‘Hakham, lâĂ©lite du peuple, se trouve Ă gauche, alors que dâaprĂšs son rang il aurait dĂ» se trouver Ă droite !
Le Loulav, le Hadass et la Arava reprĂ©sentent ensemble trois mitsvot, c’est pour cela qu’ils sont placĂ©s Ă droite, alors que le Ă©trogue est seul, malgrĂ© sa haute stature spirituelle et sa sagesse. »
Rav Tsadka nous enseigne ici que l’allusion faite par la GuĂ©mara signifie que le Sage le plus parfait, qui rassemble toutes les plus belles qualitĂ©s, s’il n’entraĂźne pas avec lui les Juifs qui ressemblent au Hadass ou Ă la Arava, autrement dit, s’il ne partage pas son Ă©tude, et ne la diffuse pas au travers de coursâŠ, n’aura jamais prĂ©sĂ©ance sur le Loulav, qui est certes plus petit spirituellement, mais attire les autres.
Kohélet
« Ce qui est courbĂ© ne peut ĂȘtre redressĂ©. » (1, 15)
Tant qu’un homme est dans ce monde ici-bas, il peut grĂące Ă la TĂ©chouva, reconstruire ce qu’il a dĂ©truit, car ses fautes sont effacĂ©es par le pardon attribuĂ©.
Mais une fois parvenu dans le monde futur « Ce qui est courbĂ© ne peut ĂȘtre redressĂ© ».
Tels que nous sommes une fois arrivĂ©s lĂ -bas avec nos fautes, ainsi nous resterons Ă jamais. Il n’y a plus aucune possibilitĂ© de se rattraper. Avec nos bagages lourds ou lĂ©gers, nous subirons pour lâĂternitĂ©.
Comme l’explique le Rambam Hilkhot TĂ©chouva (3, 3), aprĂšs la mort, notre compteur de Mitsvot s’arrĂȘtera et nous serons jugĂ©s sur le chiffre qui y figurera.
Essayons d’expliquer cette notion par la parabole suivante :
Deux complices de nombreux vols, crimes et autre, meurent. Lâun des deux, reçu parmi les mĂ©chants, chercha son ami dans tous les coins du Guehinome persuadĂ© de le retrouver logĂ© Ă la mĂȘme enseigne que lui. Ne le trouvant point il regarda en direction des Justes et le trouva, jouissant de la lumiĂšre CĂ©leste.
Il protesta et proclama que son jugement avait été faussé.
On lui rĂ©pondit cependant que son ami avait eu assez d’intelligence pour se repentir avant de mourir. Il rĂ©torqua que lui aussi, Ă prĂ©sent, souhaitait faire TĂ©chouva !
Mais on lui expliqua que câĂ©tait impossible : le monde ici-bas est considĂ©rĂ© comme une prĂ©paration au monde futur, comme erev Chabbat (veille de Chabbat). Comme il est dit dans la GuĂ©mara Avoda Zara 3a : « Celui qui s’est donnĂ© de la peine erev Chabbat mangera durant le Chabbat. »
Si nous ne prĂ©parons rien, nous n’aurons rien !
C’est pour cela que nos Sages nous enseignent dans les Pirkei Avot : « Fais TĂ©chouva un jour avant ta mort… » A ce sujet, la GuĂ©mara Chabbat 153a rapporte le rĂ©cit suivant :
Les Ă©lĂšves de Rabbi Eli’Ă©zer lui demandĂšrent : « Est-ce qu’un homme sait quand viendra son heure de mourir ? » Justement leur rĂ©pondit-il, « fais TĂ©chouva aujourdâhui de peur que demain tu ne meures… » Ainsi, tous tes jours auront Ă©tĂ© vĂ©cus dans la TĂ©chouva.
Il est Ă©crit « Qu’Ă tout moment, tes vĂȘtements soient blancs et que l’huile ne cesse de parfumer ta tĂȘte » KohĂ©let (9, 8). RabĂ©nou Yona (Chaarei Tchouva 2, 15) nous enseigne que la blancheur des vĂȘtements fait allusion Ă la puretĂ© de lâĂąme repentie et l’huile, aux bonnes actions et Ă la bonne rĂ©putation.
Le Midrach KohĂ©let (9, 6), compare cela Ă la femme d’un marin qui chaque jour se parait et se maquillait alors que son mari Ă©tait en mer. Ses voisines lui demandĂšrent « Ton mari n’est-il pas en mer ? Pourquoi te pares-tu ainsi ? » Elle leur rĂ©pondit « Mon mari est marin ; un vent se lĂšvera peut-ĂȘtre et le ramĂšnera rapidement, c’est alors que je serai dĂ©jĂ prĂȘte Ă le recevoir. »
RabĂ©nou Yona poursuit : « Un homme doit trouver chaque jour de nouvelles Mitsvot Ă accomplir, de peur que n’arrive son tour de disparaĂźtre et que son manque de Mitsvot ne lui fasse dĂ©faut. » Le Midrach KohĂ©let (3, 24) dit : « Si un homme accomplit une Mitsva peu avant sa mort, on considĂ©rera qu’il a accompli toute la Torah et qu’il ne lui manquait que cette Mitsva. Par contre, celui qui commet une avĂ©ra peu avant sa mort, sera considĂ©rĂ© comme ayant nĂ©gligĂ© toute la Torah…
« Ce qui est courbĂ© ne peut ĂȘtre redressĂ© », toute personne sensĂ©e ne devra avoir aucune certitude dans ce monde quant au lendemain. Penser Ă ce concept en permanence nous assurera dâĂ©chapper au pĂ©chĂ© et de nous rĂ©server la meilleure des places dans le monde futur.
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