« Le symbole du demi-Chékel »

Nous avons l’usage d’offrir avant Pourim l’argent du « Zéh’er Lémah’atsit Ha-Chékel » (l’argent qui « symbolise le demi-Chékel ») que tout le peuple d’Israël donnait à l’époque du Beth Ha-Mikdach.

Nous avons la tradition de récolter cet argent le soir de Pourim à la synagogue avant la lecture de la Méguila, comme nos maîtres l’enseignent (traité de Méguila 13b):
Il était dévoilé devant le Créateur du Monde qu’Hamann allait offrir des Chékalim pour l’extermination d’Israël, et c’est pourquoi Hachem a ordonné la Mitsva de donner le demi-Chékel, afin que les Chékalim d’Israël devancent les Chékalim d’Hamann.
Cependant, chacun est autorisé à s’acquitter de ce devoir quand il le désire avant Pourim.

Ne pas nommer cet argent «Mah’atsit Ha-Chékel» (demi-Chékel)
Les décisionnaires écrivent qu’il faut veiller à ne pas nommer cet argent « MAH’ATIST HA-CHÉKEL » (« DEMI-CHÉKEL ») mais plutôt « ZÉKHERE LÉ MA’HATIST HACHÉKEL » (« symbole du demi-Chékel ») car il faut craindre que l’on ne puisse offrir cet argent ailleurs qu’au Beth Ha-Mikdach comme le « MAH’ATIST HA-CHÉKEL » lui-même qui est interdit a tout profit, on ne pourra donc plus le donner à des nécessiteux.

Cette vigilance est mentionnée dans les propos des Guéonim:
« Le fait que l’on publie dans vos contrés le payement des Chékalim (en nommant l’argent de la Tsédakka « demi-Chékel »), n’est pas une bonne attitude, car il est à craindre que l’on ne puisse plus tirer profit de cet argent. »

Par conséquent, il est juste de dire seulement « Zéh’er Lémah’atsit Ha-Chékel » (l’argent qui « symbolise le demi-Chékel »), et s’écarter ainsi de toute crainte.

Quelle est la somme exacte que l’on doit donner pour le « Zéh’er Lémah’atsit Ha-Chékel »?
Il faut donner une somme qui correspond à la valeur de 10 g d’argent pur (même un peu moins).
Cependant, une personne dont la situation financière est difficile peut se contenter de donner 1 pièce de monnaie en souvenir du demi-Chékel, par exemple, un demi-Chékel en vigueur de notre époque (ou 50 centimes d’Euros en France).

Les femmes doivent également donner en souvenir du demi-Chékel.
Il est bon de donner aussi pour les enfants en bas âge (en dessous de 13 ans pour un garçon et en dessous de 12 ans pour une fille).

Certains donnent également pour les bébés dans le ventre de leurs mères (Torat Ha-Mo’adim).

À qui faut-il donner cet argent?

Il faut donner l’argent en souvenir du demi-Chékel aux nécessiteux. Le Gaon Rabbi H’aïm PALLAG’I z.ts.l écrit dans son livre Roua’h H’aïm (chap.694 note 2) qu’il faut donner cet argent à des Talmidé H’ah’amim (des érudits dans la Torah) qui font preuve d’assiduité dans l’étude de la Torah et dont la situation financière n’est pas bonne. Ce don est une Tséddaka très importante.

Celui qui s’efforce de soutenir financièrement les Talmidé H’ah’amim, afin de relever le prestige de la Torah et de ceux qui l’étudient, méritera de voir le prestige d’Israël.
Comme nos maîtres le disent dans la Guémara Bava Batra (10b):
Grâce à quoi se relèvera le prestige d’Israël? Grâce à Ki-Tissa (la Paracha où est mentionnée cette Mitsva de donner le demi-Chékel).

La somme en Shékel israéliens (nis) correspondante au symbole du demi-Chékel qu’il faut donner cette année (5779) pour ceux qui désirent accomplir la Mitsva dans tout son embellissement équivaut à environ 20 Shékel.

À titre indicatif, une once d’argent pèse 31.1 g. Il faut donc diviser le prix de l’once d’argent par 31.1, puis multiplier le résultat par 10, et on obtiendra la somme exacte qu’il faut donner.
Les décisionnaires débattent afin de définir s’il faut donner cette somme en tenant compte des taxes ou non.

Sur le plan pratique, notre maître le Rav z.ts.l nous a indiqué que l’on peut autoriser à ne pas tenir compte des taxes.

La personne qui s’imposera de donner davantage de Tsédaka et qui fera preuve de beaucoup de bonté sera digne de la bénédiction. Par conséquent, la somme qu’il faut donner cette année en Israël est d’environ 20 Shekels par personne.
Celui qui s’imposera d’ajouter sur cette somme sera digne de la bénédiction.
En France, cette somme s’élève cette année à environ 5.50 € par personne.

Pour les autres pays, la somme varie selon le cours de l’argent pur. C’est pourquoi il est important de se renseigner auprès d’experts en la matière, afin de déterminer avec précision quelle somme exacte on doit donner.

Pour les enfants en bas âge (en dessous de 13 ans pour un garçon et en dessous de 12 ans pour une fille), il est suffisant de donner la moitié de la pièce de la monnaie courante (En France, 50 centimes d’euros par enfant en bas âge. En Israël, 50 Agourrot par enfant en bas âge.)

L’avis des trois pièces:

Le RAMA écrit (chap.694) qu’il est bon de donner la somme de correspondante au symbole du demi-Chékel en 3 pièces, en rappel aux termes répétés 3 fois dans le verset « offrande pour Hachem » (« Térouma Lachem »). Cet usage est cité également par le Gaon Rabbi H’aïm FALLAG’I, ainsi que par notre saint maitre le Rav z.ts.l dans son livre H’azon Ovadia-Pourim (page 103). Selon cela, en Israël il faudrait donner 2 pièces de 5 Shékel, ainsi qu’une pièce de 10 Shékel. En France, il serait bon de donner la somme de 4.50 € en 2 pièces de 2 € et 1 pièce de 50 centimes.

(Source http://halachayomit.co.il/fr/default.aspx?HalachaID=842 )

Tou Bichevat, faisons fructifier nos mérites

RUPTURE DE STOCK

Tou Bichevat & la loi

La première michna du traité Roch Hachana énumère les quatre jours de l’année considérés comme un Roch Hachana, c’est-à-dire un nouvel an : tout d’abord le 1er Nissane qui est le nouvel an pour les règnes des rois et les fêtes. Vient ensuite le 1er Eloul qui est le nouvel an pour la dîme du bétail. Toutefois, Rabbi Eléazar et Rabbi Chimon pensent qu’il a lieu le 1er Tichri.

Le 1er Tichri est le début de l’année pour le compte des années de Chemita et de Yovel (jubilé), pour la plantation et les légumes.

Enfin, le 1er Chevat est le nouvel an pour les arbres, selon les propos de Beth Chamaï ; mais selon Beth Hillel, c’est le 15 du mois.

La Halakha est fixée selon Beth Hillel, aussi le nouvel an des arbres est fixé à Tou Bichevat, littéralement le 15 Chevat (les lettres טו/Tou ayant une valeur numérique de 15). Ce jour-là marque le début de l’année pour le maassère (la dîme) que l’on prélève sur la récolte (voir figure ci-après). Les fruits de l’arbre ne sont pas considérés selon l’année de leur récolte, mais selon celle de leur floraison. C’est ainsi que, si la floraison a eu lieu avant Tou Bichevat, on prélèvera sur ces fruits le maassère pour l’année écoulée. Mais si la floraison s’est faite après, on prélèvera le maassère pour la nouvelle année.

Le maassère est une obligation de la Torah de donner deux dîmes prélevées sur les produits de la terre d’Israël, toutes deux appelées maassère. La première – « maassère richone » – est donnée à un Lévi. La seconde – « maassère chéni » – est emportée à Yérouchalayim et consommée sur place ou bien rachetée avec des pièces d’argent qui sont ensuite apportées à Yérouchalayim pour y acheter de la nourriture qui sera consommée dans la ville sainte.

Dans le domaine des prélèvements de maassère, il faut savoir qu’aux années un, deux, quatre et cinq du cycle de la chemita, il faut prélever le maassère chéni. Les années trois et six, on prélève à la place le maassère ‘ani qui est donné aux pauvres.

Tou Bichevat est aussi la date où l’on clôture le compte des troisième et quatrième années d’un arbre planté deux ans auparavant. En effet, la Torah déclare[1] qu’il est interdit de consommer ou de tirer profit des fruits d’un arbre récemment planté ou replanté et ce, durant les trois premières années de sa vie. Pendant cette période de trois ans, ces fruits sont appelés ‘orla, et doivent être détruits. La quatrième année (révaï), ces fruits sont considérés comme saints et doivent être consommés à Yérouchalayim. Bien qu’en règle générale, les mitsvot concernant les récoltes ne s’appliquent qu’en Erets Israël, nous savons d’une tradition reçue par Moché Rabénou au Mont Sinaï que la ‘orla fait exception.

Comment calcule-t-on ces années de l’arbre ?

On les compte à partir de Roch Hachana (le 1er Tichri). Si l’arbre a été planté au moins 45 jours avant Roch Hachana, c’est-à-dire 15 jours de prise des racines et 30 jours qui seront considérés comme une année, on considère que l’arbre a un an. Après ce premier Roch Hachana, il entre dans sa deuxième année.

Par contre, si l’arbre est planté moins de 45 jours avant Roch Hachana, il n’entrera dans sa deuxième année qu’après le Roch Hachana suivant. Ensuite, la troisième et quatrième années seront comptées à partir du 15 Chevat (voir figure ci-dessous).


A priori, la date de Tou Bichevat est donc un repère dans le temps, un jour qui fixe des limites au point de vue de la loi mais qui n’est en aucun cas une fête. Bien qu’à Tou Bichevat on ne récite pas Ta’hanoun et qu’on ne doive pas jeûner[2], ce n’est pas pour autant un jour de fête.

Les coutumes du Sédère de Tou Bichevat

Cependant, il existe une coutume de consommer un grand nombre de fruits ce jour-là. Chacun organise un Sédère selon sa tradition régionale ou familiale. Certains consomment 7 fruits, de préférence les 7 fruits d’Israël. [Les produits agricoles qui caractérisent le pays d’Israël sont au nombre de sept[3] : « Un pays de blé et d’orge, de raisin, de figues et de grenades, un pays d’olives et de miel (de dattes). »]. D’autres personnes consomment 15 fruits car on est le 15 Chevat ou encore 30 fruits car le mois de Chevat a 30 jours, ou autant de fruits que possible !

Le but de ce Sédère n’est pas simplement de déguster des fruits, mais essentiellement de louer Hakadoch Baroukh Hou pour les fruits qu’Il nous offre, et de prier en ce nouvel an que les arbres soient bénis et que leurs fruits arrivent à maturité. Cependant, il existe une manière encore plus belle de louer Hakadoch Baroukh Hou : obéir aux lois de la Torah. Nous allons l’expliquer :

Il est primordial de savoir qu’une coutume, même très louable, ne pourra pas être observée au détriment d’une loi de la Torah. Celui qui pense qu’il y a une obligation de manger des fruits secs ce jour-là, tels que des figues, abricots ou dattes, doit savoir qu’une vérification soigneuse sera OBLIGATOIRE au préalable.

Prenons l’exemple de la figue, que certaines communautés ont pour coutume de manger ce jour-là. Du fait qu’aujourd’hui les figues sèches présentes sur le marché sont infestées d’insectes/tolaïm, sa vérification doit être faite de manière rigoureuse. Cependant, comme cette vérification est extrêmement difficile, les Rabbanim déconseillent fortement d’en consommer. Malgré tout, nous pourrons poursuivre le Sédère même sans manger de figues. Celui qui s’obstinera à en manger pour perpétuer la coutume de ses pères, perdra surement plus qu’il ne gagnera. Mais quiconque s’abstiendra d’en consommer sera digne de louanges et méritera une bénédiction particulière.

On raconte qu’un jour, trois petits-fils de grands Rabbanim, parmi eux le petit-fils du ‘Hafets ‘Haïm, étaient réunis et parlaient de la grandeur de leur grand-père.

Le premier louait son grand-père en racontant que ses bénédictions avaient toujours un effet, comme il est dit[4] : « וְתִגְזַר אוֹמֶר וְיָקָם לָךְ/tu prononceras une parole et elle sera accomplie pour toi ».

Le second aussi décrivit la piété et la vertu de son grand-père qui fit annuler de nombreux décrets divins visant la communauté, comme l’ont dit nos sages : « Le Tsadik décrète et Hachem accomplit ».

Le dernier, petit-fils du ‘Hafets ‘Haïm, répliqua que la grandeur de son grand-père tenait à ce qu’il accomplissait les commandements de D.ieu : Hachem décrète et le Tsadik accomplit, tout simplement. La vraie grandeur, c’est faire ce que D. attend de nous.

Préserver sa Néchama

La Torah interdit expressément la consommation d’insectes/tolaïm, lesquels sont souvent présents dans les fruits et les légumes que nous consommons quotidiennement. Cet interdit est l’un des principes importants de la cacheroute et l’un des fondements de la pureté de l’âme juive. En effet, nos sages ont déclaré à plusieurs reprises que consommer des aliments non cachère obstrue l’âme et réduit sa capacité à s’élever vers la spiritualité.

Le Midrach Tan’houma nous offre la parabole suivante : un médecin vient visiter deux patients. Au malade incurable, il permet de manger ce qu’il voudra, tandis qu’au second qui est en voie de guérison, le médecin impose un régime rigoureux.

Le Juif est appelé à vivre ! Il se trouve dans ce monde-ci pour servir Hachem et préparer sa vie future !

Même si, évidemment, on peut voir dans les lois de cacheroute un respect de règles d’hygiène, de médecine ou de diététique, ces raisons ne sont, en tout état de cause, que des éléments secondaires. Le but premier des lois de la cacheroute est notre obéissance à l’ordre de Hachem afin de garder notre Néchama en « bonne santé » spirituelle et de permettre à notre esprit de réfléchir sainement.

La Guémara[5] nous enseigne à propos du verset[6] : « אַל תְּשַׁקְּצוּ אֶת נַפְשֹׁתֵיכֶם בְּכָל הַשֶּׁרֶץ הַשֹּׁרֵץ וְלֹא תִטַּמְּאוּ בָּהֶם וְנִטְמֵתֶם בָּם/Ne vous rendez point abominables par toutes ces créatures rampantes ; ne vous souillez point par elles, vous en contracteriez la souillure. » – ne lis pas «וְנִטְמֵתֶם-Vénitmétème/vous en contracteriez la souillure», mais lis plutôt «וְנִטַמֵתֶם-Vénitamtème/ vous seriez obstrués par elles ». En effet, la consommation des créatures non cachère bouche les canaux spirituels reliant l’âme au corps de l’homme, donnant ainsi naissance à un esprit impur souillant la pensée puis les actes. La Guémara ajoute que celui qui se rend impur dans ce monde-ci sera impur aussi dans le Monde Futur.

Nos Sages énoncent le principe suivant :

« On est ce que l’on mange». De ce fait, il est primordial de faire toujours attention à ce que l’on porte à notre bouche. Le Rambam nous enseigne qu’une fois avalé, l’aliment fait partie intégrante de notre corps et influence automatiquement notre personnalité. Le Ari Zal précise que l’on ne se nourrit pas seulement de l’enveloppe matérielle de l’aliment, mais aussi du contenu spirituel qu’il renferme.

Aussi, chacun d’entre nous doit être vigilant pour lui-même et pour les siens, même dès leur plus jeune âge. S’il est vrai que pour un enfant, selon la Halakha, nous pouvons parfois être moins exigeants, il faut tout de même user de beaucoup de prudence afin de préserver sa Néchama.

L’enthousiasme des enfants pour les Mitsvot sera d’autant plus fort que les parents se sont montrés vigilants quant à la cacheroute des aliments qu’ils consomment. La nourriture est le carburant de l’homme, elle l’aide dans son service divin.

Manger cachère, ce n’est pas simplement regarder les étiquettes. C’est aussi prendre conscience que la nourriture que l’on va consommer sert à sanctifier le Nom de Hachem et à optimiser notre conduite dans tous les domaines. Je mange donc je suis…… Juif !

En d’autres termes, un Juif négligeant les lois de cacheroute affaiblit sa capacité à comprendre le message de la Torah. Il ne s’agit pas ici d’intelligence : manger cachère ne rend pas plus intelligent mais nous rend plus réceptifs, plus fins intellectuellement et affectivement, pour percevoir et accepter de faire ce que Hachem attend de nous.

Acquérir et faire fructifier ses mérites

C’est pour cela que vérifier l’absence de tolaïm est un devoir pour chacun de nous. Comme les insectes ne sont pas toujours identifiables au premier abord, il est important de savoir comment vérifier un aliment pour détecter rapidement et efficacement leur présence.

La consommation d’insectes morts ou vivants est l’une des fautes plus graves de la Torah. À titre de comparaison, un homme qui mange un morceau de porc enfreint un seul commandement négatif de la Torah [ce qui est déjà très grave] , alors que celui qui avale ne serait-ce qu’un tout petit insecte, transgresse 4, 5 ou 6 interdits, selon les cas.

Il existe trois groupes d’insectes interdits :

1. Les insectes vivant dans l’eau, comme ceux que l’on trouve dans les poissons ; leur consommation représente 4 interdits.

2. Les insectes rampants, tel un ver dans une pomme, une cerise ou un abricot… 5 interdits.

3. Les insectes ailés, comme un moucheron dans une salade:        6 interdits.

La transgression de ces interdits est multipliées par le nombre d’insectes contenu dans un même aliment ! Cela signifie qu’une personne peut transgresser, par simple négligence, un très grand nombre d’interdits en mangeant un aliment non vérifié préalablement, alors que cette même personne ne consommerait pour rien au monde le moindre morceau de porc ou de viande taref [que D.ieu nous préserve].

Regardons à présent l’aspect positif : à la fin du traité Makot[7], Rabbi ‘Hannania ben Akachia dit : « Hakadoch Baroukh Hou a voulu faire acquérir des mérites à Israël, c’est pour cela qu’Il leur a donné Torah et Mitsvot en abondance… »

Un jeune garçon qui ne comprenait pas le sens de cette Michna alla un jour questionner son Rav :

Si Hakadoch Baroukh Hou a voulu nous faire acquérir des mérites, pourquoi a-t-Il multiplié les Mitsvot positives et négatives ? Chacune d’entre elles est au contraire comparable à un adversaire, car elles sont si nombreuses qu’elles peuvent nous faire transgresser à chaque instant.

Le Rav lui répondit que la Torah nous a ordonné de nombreux interdits, comme ceux qui concernent la consommation de créatures répugnantes, d’insectes rampants, ou de vers. Bien que de toute manière, les gens s’abstiennent d’en consommer car ils sont dégoûtants, la Torah nous le prohibe. Pourquoi ? Pour la seule raison qu’Hachem a cherché par là à augmenter la récompense d’Israël et à nous faire acquérir des mérites, en faisant une mitsva du fait de s’abstenir de les manger. De ce fait, quiconque avale ne serait-ce qu’un tout petit insecte transgresse 4, 5 ou 6 interdits ; mais s’il s’en abstient et vérifie tout ce qu’il mange, sa consommation se transforme en mérites !

Aussi, si pour nous le Sédère de Tou Bichevat a pour but de louer et de remercier Hakadoch Baroukh Hou, organisons un Sédère de Tou Bichevat rare et louable de non-consommation d’insectes ! Nos vérifications et/ou nos abstentions donneront du na’hat/ plaisir à Hachem, et nous apporteront les plus belles bénédictions.


[1] Vayikra 19:23-24

[2] Choul’hane Aroukh §131,6

[3] Devarim 8;8

[4] Iyov 22;28

[5] Yoma 39a

[6] Vayikra 11;43

[7] Page 23b

Qu’est-ce que les « Chovavim » ?

Qu’est-ce que les « Chovavim » ?

Le terme « Chovavim » est un acronyme des six premières Paracha du livre de Chémot (Chémot, Vaéra, Bo, Béchala’h, Ytro et Michpatim (שמות-וארא-בא-בשלח-יתרו-משפטים.)

Le terme de “chovavim” renvoie aussi au verset de : “Chouvou banim chovavim èrpa méchouvotékhèm – Revenez enfants rebelles ! Je guérirai vos égarements” (Yrmiyahou 3;22). Le prophète interpelle les enfants d’Israël, qui se sont laissé aller à tous les excès,et les invite à la réparation et au repentir. Malgré toutes les dérives et la gravité de leurs péchés, rien n’est encore perdu, ils sont qualifiés « d’enfants, de fils » rebelles certes, mais ils n’ont pas perdu cette qualité de « fils » !

La particularité de cette période des « Chovavim » tient dans cette possibilité qui nous est donnée de « réparer » la faute commune aux hommes, celle de la dispersion des énergies de vie (perte de semence). Ce que nos maîtres qualifient l’éparpillement des étincelles de sainteté. Cette faute volontaire ou non, a des conséquences terribles sur la vie des individus comme sur celle de l’ensemble d’Israël.

Comportement durant cette période

Les gens pieux ont l’habitude de jeûner tous les jeudis, et certains même le lundi, de cette période. Ces jeûnes sont considérés comme des jeunes volontaires, et il sera nécessaire d’accepter ce jeûne sur soi la veille lors de la Téfila de Min’ha. Si dix personnes jeûnent, ils liront la Paracha habituellement lue les jours de jeûnes.

Ces jours de jeûne seront consacrés essentiellement à la prière et au Tikoun spécifique, on y récitera des Sélihots et le fameux ‘Anénou institué par le Rachach.

Mais pour tous, que l’on jeune ou non, il convient en cette période de redoubler d’effort dans l’étude de la Torah. En y consacrant plus de temps et en s’y investissant avec plus d’ardeur. Nos sages enseignent que la faute de perte de semence cause une détérioration au niveau du « Daat-l’intellect », il convient donc d’agir à ce même niveau, quoi de plus puissant que l’étude approfondie et soutenue qui est de cette même qualité pour y parvenir.

Dans l’introduction de l’ouvrage “Iglé Tal” il est écrit que l’étude profonde est pratiquement la seule solution pour arranger ce qui a été dégradé. Il convient d’investir toutes ses facultés intellectuelles dans cette réparation puisque la faute est justement liée aux Séfirot de l’intellect.

La lecture des Téhilim est fortement recommandée pendant cette période, sans négliger l’étude du Moussar, afin de parvenir un peu à raffiner ses qualités et traits de caractère.

Même pour ceux qui ne jeûnent pas, ils seront vigilants de ne s’adonner à aucun excès pendant ou entre les repas. Il convient aussi de faire du bien autour de soi plus qu’à son habitude, de prélever de la Tsédaka en faveur de ceux qui se consacrent à l’étude.

Puisqu’ il y a un lien étroit entre la parole et la sainteté du Brit, on prendra garde de toute discussion inutile ou vaine. Il est conseillé de faire autant que cela se peut le jeûne de la parole pendant tous ces jours, même durant quelques heures. Cerataines communautés instaurent un jour entièrement consacré à la prière et à l’étude, de sorte qu’y participe le plus grand nombre possible de personnes. La fixation de ce jour est essentielle, cela éloigne les accusations, annule les mauvais décrets et apporte de nombreuses bénédictions.

Enfin le Ari Zal souligne l’importance de réciter le Chéma avant le coucher, cette lecture est d’une puissance telle qu’elle détruit toutes les forces néfastes qu’engendre cette faute. Elle possède aussi la propriété de réhabiliter les énergies perdues et de leur faire réintégrer le domaine de la sainteté.

Pourquoi spécifiquement en cette période ?

L’essentiel de ces jeûnes en cette période vise à réparer la « perte de semence » et ces jours sont propices à cette réparation. La raison de cela tient à la lecture de ces Parachiot qui retracent l’exil et la servitude qui sont la réparation des pertes d’Adam pendant les 130 ans où il s’éloigne de sa femme.

Le Ari zal explique longuement le concept même de l’exil et de la servitude en Égypte. Il dit : “Tu dois savoir qu’Adam harichone en s’éloignant de son épouse ‘Hava pendant 130 ans, a éparpillé les énergies vitales qui sont allées se loger dans les profondeurs obscures. C’est le concept du « mélange du bien et du mauvais » conséquence directe de la faute originelle, celle de l’arbre de la Connaissance du bien et du mal.

Ces énergies saintes de grande qualité sont reconduites à plusieurs reprises en ce monde, elles prennent à chaque fois des formes différentes (guilgoulim). Ces énergies seront habillées une première fois dans la génération d’Enoch qui « invente » le concept de l’idolâtrie. Puis dans la génération du déluge qui commettra la même faute qu’Adam. Ils déversèrent leur semence à terre, comme dit le verset : “Toute chair avait corrompu sa voie sur la terre”.

Ces âmes reviennent plus tard en s’habillant cette fois dans la génération de ceux qui construisent la Tour de Bavel. Et enfin ces âmes seront les habitants de la ville de Sédom.

Le processus de purification de ces âmes ressemble à celui des métaux précieux. L’or et l’argent contiennent des impuretés et des scories qui sont éliminées au fur et à mesure de leurs raffinements. La servitude en Égypte est appelée « le creuset de raffinement-Kour habarzel ». On remarque que Pharaon fait jeter au fleuve les garçons, cela est en rapport avec la faute qui amènera le déluge. Il oblige le peuple à construire des villes, ils seront asservis par de durs labeurs de l’argile et des briques qui correspondent à la construction de la tour de Bavel.

La lecture des Parachiot telle que nous la faisons aujourd’hui n’est pas fortuite, mais traduit une illumination particulière qui correspond à la période que nous vivons. De même les mois de cette période sont aussi spécifiques à cette réparation. Nous devons faire le maximum en cette période de Chovavim pour parvenir à réparer les conséquences de cette faute.

Les Sages nous ont souvent mis en garde que les conséquences de la dispersion des énergies vitales sont terribles et rendent la vie encore plus difficile qu’elle ne doit l’être. En essayant de réparer cette faute, on répare notre âme, notre personnalité et on élimine tous les maux qui nous ont assaillis. Cette Téchouva est une véritable ouverture vers les sources de bontés et de bénédictions qui ne peuvent à présent que se libérer pour que nous les recevions avec abondance.

Extrait d’un article de M.Baruch

Oushpizine – Invitation à la Kédoucha

Peu de livres abordent ce sujet, mais nous avons une chance inouïe de pouvoir inviter sous notre Souka, des invités d’honneur. Cet ouvrage, « Oushpizines, une invitation à la Kédoucha » est un petit guide qui vous accompagnera à chaque instant de la fête de Soukot. Chaque jour est dédié à l’Ouchpez correspondant, avec des louanges à son intention, son histoire liée à la fête de Soukot, une petite anecdote sur les Arbaat haminim et un passage du livre de Koheleth (L’Ecclésiaste) écrit par le roi Salomon (Chlomo Hamelekh), le plus sage de tous les hommes. Le but de cet ouvrage est de donner une nouvelle dimension spirituelle à la fête de Soukot et de contribuer à la diffusion de la Torah : « Afin que vos générations sachent que J’ai fait demeurer les Bnei Israël dans des cabanes, quand Je les ai faits sortir du pays d’Égypte, Moi, Hachem, votre D.ieu ! » (Vayikra 23 ; 42-43)

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