8 décembre 2021

Pourquoi continuer à jouer dans les poubelles à Rio ?

Notre paracha est, je l’avoue, très étonnante. Nous sommes la première année de la sortie d’Égypte, l’on vient à peine de recevoir les Dix Commandements, et déjà le peuple tombe dans une grande faute : le veau d’or. En effet, Hachem a donné, par l’intermédiaire de Moché Rabbénou, les Dix Commandements le 6 sivan, trois mois après la sortie d’Égypte. Et déjà quarante jours après, le 17 Tamouz, une partie du peuple trébuche dans la faute du veau d’or. Les Sages de mémoire bénie enseignent que le Satan, le mauvais penchant, a « embrouillé » le peuple. En effet, Moché était monté depuis déjà 40 jours sur le Mont Saint, et il devait redescendre ce même jour. Or Moché tarde, et le peuple voit dans les cieux le cercueil de Moché voltiger… Ils se disent que Moché est mort. Donc, il faut le remplacer. C’est alors que la tourbe égyptienne s’est approchée de Aharon, le frère de Moché, pour créer un nouvel intermédiaire entre le peuple et D’. Aharon souhaitait faire patienter le peuple, mais très rapidement, la foule jette dans le feu de l’or et, par magie, un veau d’or vivant sort des braises ! Moché redescendit du Mont Sinaï avec les Tables de la Loi. Il vit le spectacle désastreux des gens qui dansent et se soûlent devant cette nouvelle idole, et il décida de casser ces Tables qu’il venait tout juste de recevoir de la Main de D’, avant d’arriver au campement.

Les Sages dans la Guemara de Sanhédrin (63) ont un regard très perçant sur l’événement. Ils disent : « Le peuple connaît la niaiserie de l’idolâtrie ; au cours des générations, ceux qui pratiquent un culte idolâtre, c’est pour se permettre les relations interdites. » C’est-à-dire que tout engouement pour les idoles à travers les générations, c’est uniquement pour se permettre des petites entorses ici et là, à la morale et à la conscience humaine. Et si mes lecteurs ont encore un doute sur l’actualité de ces paroles, du genre « la Tora ne parle que pour une période antique », votre serviteur est tombé voici quelques jours sur un fascicule sur les dangers du net. Et dans ces quelques pages, on pouvait voir le président mondial de Facebook en train de se prosterner devant une statue du Grand-Orient. Or, on n’a pas besoin de sortir d’un magistère de l’University of New-York pour savoir qu’une statue d’or n’a pas de conscience, ni de vie. Donc, pourquoi un jeune homme intelligent et brillant – semble-t-il – devrait se prosterner et présenter cette photo au vu et au su de tout le monde ? C’est uniquement parce qu’il désire valider toutes les innombrables possibilités qu’offre la vie… D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que Facebook subventionne la Gay Parade jusque dans les rues de Jérusalem – à notre grande honte ! Donc, Facebook semble mener une bataille idéologique, et considère  l’homme comme un animal très intelligent, libre de tout faire avec son corps. Il n’existe plus de garde-fous, ni de barrières, qui sont relégués aux vieilles choses de la religion et des hommes en noirs de Bené Brak ou de Méa Chéarim, car il en reste encore… de ces derniers mohicans… Mon discours ne vise pas à juger cet homme, car, semble-t-il, il n’a pas étudié dans les saintes Yechivoth d’Erets Israël, ni d’Amérique. Donc, il n’a aucune conscience de ce qu’est la Tora et la Crainte du Ciel. Il ne lit pas non plus mon feuillet, et ne connaît pas la grandeur du peuple juif. C’est bien dommage. Or nous savons que les Mitsvoth – qui sont autant d’obligations  et d’interdits – sont à l’image de la magnifique redingote de fourrure du Prince de Galle, ou du costume tiré à quatre épingles porté par Trump. C’est une parure pour celui qui en connaît sa valeur. Mais pour l’enfant de 12 ans qui vit dans les taudis de Rio de Janeiro, il est beaucoup plus intéressant à ses yeux de se vautrer dans les poubelles de la grande ville à la recherche d’un jouet à deux sous, plutôt que de porter cet habit lourd et chaud… Fin de l’aparté. Et si parmi mes lecteurs, il y en avait qui se décident à finir de jouer dans les poubelles de la société ? Car, montrer aux yeux des 3000 supporters de son réseau sa vie familiale, cela touche un fondement de la vie juive. La famille, c’est sacré ! Et de sortir de ce site, Facebook et d’autres qui semblent encore plus corsés, je serais le plus heureux au monde…

Plus loin, dans la paracha, il est enseigné que Moché Rabbénou a installé sa tente loin du campement. L’explication est que, puisque le peuple avait fauté avec le veau d’or, le peuple devenait persona non grata vis-à-vis de D’. Donc Moché Rabbénou fit ce calcul : si, vis-à-vis de D’, le peuple est en anathème, pareillement il doit l’être vis-à-vis de moi ! (cf. Rachi 33.7.). Moché plaça donc sa tente à près d’un kilomètre deux cent du campement. Celui qui voulait demander une loi devait se rendre en dehors du campement vers sa tente. Le verset dit : « Et lorsque Moché sortit vers sa tente, tout le monde le regardait et se levait à son passage » (33.8.). Le Midrach apprend de ce passage qu’un homme doit se lever devant un ancien ou devant un Talmid ‘Hakham, et aussi devant un chef de tribunal. Le ‘Hida, que son mérite nous protège, explique la raison de ces honneurs : « Lorsque la Tora ordonne d’honorer l’érudit, ce n’est pas vis-à-vis de sa personne, mais pour la Tora qu’il a étudiée et apprise. Car, lorsqu’on fait grandir le Talmid ‘Hakham, par des marques d’honneurs, le peuple écoutera plus attentivement ses paroles, et la pratique de la Tora s’en verra grandie. De plus, les jeunes, voyant tous les honneurs accordés à l’érudit, seront enclins, eux aussi, à étudier la Tora. » Fin de l’extrait. Peut-être ce passage est l’antidote de la faute du veau d’or, à toute époque. Car l’idolâtrie enseigne qu’il n’existe pas de limites, si ce n’est l’ego de l’homme. Or, en rendant honneur à l’érudit, on montre que la Tora prime. Ce passage est à mettre en parallèle avec une fameuse Guemara (Pessa’him 22). Il est enseigné que rabbi ‘Akiva faisait l’exégèse du verset : « Tu craindras LE D’ », où l’on apprend qu’il existe une Mitsva de craindre l’Éternel. Or, dans le verset, il est marqué une redondance : l’article « le », dont on aurait pu se passer. Et rabbi ‘Akiva d’enseigner que cette redondance vient englober la crainte que l’on doit avoir des Talmidé ‘Hakhamim, au même titre qu’on doit avoir la crainte révérentielle de D’ ! La raison en est qu’ils sont le gage que la Tora ne s’oubliera pas dans la communauté. Car sans les Avrékhim, ceux qui étudient la Tora, la pratique de la Tora et des Mitsvoth sera diminuée. Car, qui enseigne au reste de la population les nombreuses lois de la Tora, ou qui indique à la communauté la marche à suivre ? L’honneur que l’on conférera aux Avrékhim et Rabbanim, est le gage que le message éternel de la Tora persistera jusqu’à la venue du Machia’h…

On finira par une courte anecdote sur un des grands de la ‘Hassidouth : le Imré Emet. Il avait l’habitude d’aller tous les matins, avant la prière, au Mikvé, le bain rituel. Tous les jours, il faisait un long trajet pour se rendre au Mikvé. Une fois, son secrétaire lui demanda : « Je ne comprends pas le rav. La maison du rav est à quelques dizaines de mètres du Mikvé. Or le rav fait tous les matins une longue marche de près de 10 minutes ! Quelle en est la signification ? Le rav répondit : « Je le sais. Seulement à côté de notre quartier – un peu plus loin -, il existe toute une population juive éloignée de toute pratique. Pour beaucoup, ils ne font pas le Chabbath, ni mettent les Téphilinnes. J’ai pris la décision de faire cette marche matinale afin qu’ils me voient – vieux rav juif de la ville – , et qu’ils s’arrêtent un court instant dans leurs occupations, et me lancent : « Chalom Alékhem Kavod/honneurs au HaRav ». Ainsi, lorsqu’ils s’arrêtent et font des honneurs, parce que je suis le rav, ils héritent en cela du monde futur par l’importance qu’ils donnent à la Tora. Remarquez la finesse : le rav n’a pas dit qu’ils le fassent pour son honneur, mais qu’ils le fassent pour l’honneur de la Tora !

Par le mérite d’un Téhilim

J’ai lu tout dernièrement une petite anecdote qui mérite d’être connue. En Erets, il existe un feuillet publié toutes les semaines qui renforce grandement la foi en D’. Entre autre, il propose une ligne téléphonique, en Erets, mais aussi aux USA, en Angleterre, en Belgique – pour quand la France ? –  où tout un chacun peut raconter son expérience sur la Providence divine, ou même les mini-miracles vécus dans sa vie. Dans les colonnes de ce feuillet, ils rapportent le coup de fil d’un membre de la communauté de Mexico City. Il s’agit du fils du rav de la ville, le rav Perets. Il raconte : « Dernièrement, j’ai été contacté par une personne de la communauté de Mexico-City qui m’a demandé de venir participer à un repas de reconnaissance à Hachem. Il s’agissait d’un monsieur de la communauté qui venait de sortir du Covid. Puisqu’il s’en était sorti, il voulait faire une se’ouda, un repas. Le jour dit, je me trouvais avec dix-sept autres personnes autour d’une grande table d’honneur. À un moment donné, le maître de maison se leva. Il était visiblement très ému, car il tremblait de tous ses membres. « J’ai eu le corona, il y a quelques semaines encore. Mon état était particulièrement grave. Je suis resté des semaines entières dans un hôpital de la capitale. Puis je suis tombé dans un profond coma. Seulement, je me souviens parfaitement de ce qui s’est passé. Je me suis vu monté au Ciel. Je suis arrivé à un endroit où j’ai rencontré ma mère qui était décédée depuis longtemps. Elle vint à ma rencontre et me dit : « Qu’est-ce que tu fais ici, redescends en bas. » Je lui répondis que je le voulais bien, mais comment faire ? Elle me dit alors : « Sache qu’en bas, on prie pour toi afin que tu restes en vie. Tu peux redescendre grâce aux gens qui prient pour toi. » On me montra alors dix-huit personnes qui lisaient les Téhilim, les psaumes pour ma guérison. Et c’est donc vous qui m’avez sauvé de la mort ! » Et il se rassit. « Moi », racontait le fils du rav Perets, « je ne me rappelais pas que j’avais prié pour cet homme. Puis, au final, je me rappelais qu’un jour, on m’avait demandé de faire un Téhilim pour sa guérison. » On prie afin que D’ ait de la miséricorde vis-à-vis du malade. C’est grâce à ces prières que cet homme recouvrit la santé et redescendit sur terre ! Grâce aux Téhilim de ces dix-huit personnes ! Fin de l’anecdote qui vient nous dire une chose : notre prière a beaucoup de force. Et c’est elle qui entraînera la guérison de tous nos malades, et que D’ ait de la miséricorde pour Son peuple. En particulier, on priera pour Noam Réphael Ben Miriam, Moshé (Fred) Ben Assia (Alice), Erran Haim Ben Zahava, Réphael Ben Simha, parmi tous les malades du Clall Israel.

Coin Hala’ha – Trente jours avant les fêtes de Pessa’h, on s’efforcera d’apprendre les nombreuses lois de cette fête. Durant ces jours d’avant Pessa’h, il existe la coutume de collecter de l’argent pour les pauvres de la communauté, afin de leur permettre d’acheter le nécessaire, comme les Matsoth et le vin, ce qu’on appelle « Kim’ha depiss’ha». Tout le mois de Nissan, on ne fait pas les Tahnounim, supplications après la prière, ni on ne fait d’oraisons funéraires, ni même de jeûnes, par exemple le jour de l’année de ses parents (Siman 429).

Shabbat Shalom, et à la semaine prochaine, si D’ le veut.

David Gold – Sofer écriture ashkénaze et écriture sépharade