RESTER LE MAÎTRE À BORD

« Aux plus nombreux tu donneras une plus grande part, aux moins nombreux une moindre part » (26-54).

Le “Ben Ich ‘Haï” zatsal raconte l’histoire suivante: un homme riche chevauchait vers la ville. En chemin, il croisa un homme estropié demandant l’aumône. 11 lui lança une pièce d’argent. L’estropié le bénit avec effusion et le pria de bien vouloir le prendre avec lui sur son cheval pour se rendre en ville car son invalidité ne lui permettait pas de faire un si long chemin. L’homme fut pris de compassion pour le mendiant estropié et le fit monter sur son cheval. Il lui confia les rênes et s’assit derrière lui pour le soutenir. Quand ils arrivèrent sur la place centrale de la ville, l’estropié dit au riche: “voilà, nous sommes arrivés, maintenant vous pouvez descendre et rentrer chez vous”… Le riche, surpris par l’effronterie de l’estropié, lui dit: “Est-ce mon cheval ou le tien ?” L’estropié s’écria avec colère : “Au secours, bonnes gens! Voyez, j’ai rendu service à ce monsieur et il s’apprête maintenant à me prendre mon cheval! Et moi, je ne suis qu’un pauvre estropié sans défense. Je l’ai fait monter sur mon cheval et il ne me remercie même pas, mais en plus il veut me rendre un mal pour un bien”. Les gens se mirent en colère et menacèrent le riche de l’emmener devant les tribunaux. Il dit: “Allons devant le juge pour qu’il tranche notre différent”. Ils se rendirent au tribunal et le juge écouta leurs arguments. Finalement, il déclara: “Les vraies allégations se décèlent facilement, le cheval appartient en vérité à l’homme riche. Mais qu’y puis-je, si de sa propre initiative il a perdu ses droits. Pourquoi a-t-il fait asseoir l’estropié devant lui et lui a-t-il donné les rênes ?”

Voici l’explication de cette parabole : l’homme a été créé pour accomplir les mitsvot et multiplier les actes de bonté. Etudier la Torah et renforcer sa foi en Dieu. Il est évident qu’il doit aussi pourvoir à ses besoins physiques comme se nourrir, boire, dormir, travailler. Il doit “transporter” sur son “cheval” les besoins de ce monde. Ceci à une condition: que les rênes restent toujours dans ses mains! Malheureusement, de nombreuses personnes en arrivent à perdre les rênes, et laissent leur mauvais penchant les diriger. Ils sont les esclaves de l’argent, de leur travail, de leur téléphone, de facebook ou de toutes sortes d’autres futilités encore,… et perdent ainsi les deux mondes à la fois.A l’instar de cette parabo le, le Ben Ich ‘Haï nous explique le sens du verset de notre paracha au sujet de la répartition de la terre d’Israël : « Aux plus nombreux tu donneras une plus grande part, aux moins nombreux une moindre part ». Cela ne vient pas seulement nous apprendre que les tribus les plus nombreuses ont reçu une plus grande part, proportionnelle à leur population. Se cache également ici un message plus profond : L’homme doit tenir les rênes dans ses mains: “Aux plus nombreux”, ce sont les sujets relatifs à la spiritualité; à eux, “tu donneras une plus grande part, et aux moins nombreux”, ce sont les sujets relatifs à notre monde matériel, “une part inférieure” : tu leur accorderas une part certes, mais moins conséquente que celle réservée à la spiritualité. N’oublie pas, ton âme devra toujours rester maître à bord !

Rav Moché Bénichou

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